ET 21 DÉCEMBRE. LA DEUXIEME ARMÉE SUR SES POSITIONS
Le 20 décembre, les derniers mouvements de retraite de la deuxième armée étaient exécutés conformément aux instructions qui précèdent, et le 21 au matin tous les corps occupaient exactement les positions qui leur avaient été assignées. La température était rude; une neige épaisse couvrait le sol et rendait la marche pénible, les routes difficiles; le pays n'offrant que très-peu de ressources en habitations pour le cantonnement^ les troupes pour la plupart campaient sous la petite tente , et souffraient beaucoup du froid; les malades étaient nombreux, la petite vérole sévissait avec force; les hôpitaux et les ambulances créés par la charité publique étaient encombrés de fiévreux et de blessés.
«î LA DEUXIÈME ARMÉE DE LA LOIRE.
La ville, envahie par les fuyards qui avaient prëcëdé l'armée , par des corps francs arrivés de toutes les directions , par les détachements dirigés de tous les dépôts sur leurs corps respectifs \ ne put être évacuée que quelques jours après , grâce aux deux régiments de gendarmerie et aux mesures sévères dont l'exécution leur était confiée. C'est là, du reste, la conséquence inévitable de toute retraite; et si quelques jeunes troupes fatiguées, souffrant des rigueurs exceptionnelles de la saison , ayant perdu au feu presque tous leurs cadres, se laissèrent aller un instant à une débandade regrettable , l'armée, il faut lui rendre cette justice, opéra généralement ses mouvements avec oi'dre, se maintenant assez compacte pour que l'ennemi dût renoncer à la harceler.
La deuxième armée était donc au Mans. C'était beaucoup de l'y avoir amenée et de l'avoir placée dans des conditions où elle allait pouvoir se refaire, mais il fallait, tout en la réorganisant , dissimuler l'état dans lequel elle se trouvait , surveiller les mouvements de l'ennemi , et préparer une action nouvelle dès qu'elle serait possible, bien déterminée et opportune.