‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 238 sur 345 · LE MINISTRE DE LA GUERRE PRESCRIT LA RETRAITE SUR LA MAYENNE · texte numérisé non relu

LE MINISTRE DE LA GUERRE PRESCRIT LA RETRAITE SUR LA MAYENNE

Le ministre de la guerre répondit le 13, à six heures du matin, par le télégramme ci-après :

« Quelle que soit la cruauté de la fortune à notre égard » elle est impuissante à lasser des hommes tels que vous, » qui sont résolus à soutenir jusqu'à épuisement total la » guerre sainte contre l'étranger, La confiance du Gou- » vernement n'est en rien diminuée , et l'échec , quelque 'j grave qu'il soit, que vous avez subi, ne doit être qu'une » leçon et qu'une excitation de plus à bien faire.

« Cela dit, je réponds à votre dépêche de ce matin. )) Quand je vous ai parlé, à Josnes, des lignes de Carentan, » j'ai voulu seulement indiquer que la résistance à ou- » trance du pays avait une dernière forteresse inexpugna- » ble. Mais nous n'en sommes pas encore là au lendemain " d'un premier échec. Ma pensée, au contraire, a toujours ' été que le terrain devait être disputé pied à pied, comme 'j vous l'avez fait déjà dans votre belle retraite. Quant au » dessein que vous nourrissiez, me dites-vous, .de vous » arrêter, s'il était possible, entre Alençon et Prez-en-Pail, ) pour de là tenter une marche hardie sur Paris par Dreux » etÉvreux, je vous ferai remarquer que cette tentative

" généreuse était de nature à amener la perte de votre » armée. D'une part, en effet, vous auriez couru le risque » de ne point refaire vos troupes avant de reprendre votre n marche, et, d'autre part, vous auriez infailliblement » rencontré sur votre chemin l'armée de Frédéric- Charles, " commandant général des forces prussiennes dans l'Ouest, " laquelle, parcourant du Mans à Dreux ou à Mantes, une » corde dont vous-même parcourriez l'arc, vous aurait » nécessairement gagné de vitesse.

n Nous estimons donc qu'à tous les points de vue, la " retraite sur Mayenne et Laval est infiniment préférable. » Il va de soi qu'en vous parlant de la rivière Mayenne ') comme ligne défensive, nous n'avons nullement entendu » vous prescrire d'aller jusque-là. C'est une limite extrême » que nous vous avons indiquée ; mais il est certain que si ') vous trouvez dans l'intervalle, par exemple dans la forêt » de Sillé, de bonnes positions défensives, nous nous en " applaudirons pour notre part; car, ainsi que je vous l'ai » dit en commençant, nous désirons que le sol de la patrie )5 soit disputé pied à pied

M Je suis d'ailleurs en mesure, à l'aide des dépêches I que je viens de recevoir de Paris et parmi lesquelles se > trouve une lettre du général Trochu , de vous dire que I les vivres ne manquent nullement dans la place et que • le général lui-même recule la fatale échéance jusqu'à la ' fin du mois. Gela nous laisse le temps, avec l'énergie ' que vous saurez puiser en vous-même , de regagner le ' terrain perdu, mais il n'y a pas un jour qui ne doive être ' utilement employé.

» Signé : Léon Gambetta. »

Les instructions ci-après, données à Domfront et à Sillée-Guillaume, les 12 et 13 janvier, indiquent les mesures

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