‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 247 sur 345 · LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS · texte numérisé non relu

LIVRE QUATRIÈME. — LE MANS

> renversent les cavaliers qui s'opposent à leur passage ; » ils sont sourds à la voix des officiers. On en a tué deux, '» et cet exemple n'a rien fait sur les autres. Les Prussiens " sont entrés à Épineux-le-Ghevreuil et à Loué. Je '> trouve autour de moi une telle démoralisation , que les w généraux du corps d'armée m'affirment qu'il serait très- » dangereux de rester ici plus longtemps. Je suis désolé de » battre encore en retraite. Si je n'avais pas avec moi un 0 matériel considérable qu'il faut essayer de sauver , je » mi'efforcerais de trouver une poignée d'hommes déter- ») minés et de lutter même sans espoir de succès. Mais ce » serait, il me semble, insensé de sacrifier huit batteries » pour n'arriver, en résumé, à aucun résultat utile. Je ne M me suis jamais trouvé, depuis trente-neuf ans que je suis » au service, dans une position aussi navrante pour

» moi ^

De son côté , le général de Colomb , commandant le 17" corps, ne donnait pas sur l'état moral de ses troupes des renseignements plus satisfaisants. Plus encore que celles du 16® corps, elles étaient à bout de forces. Le temps était, en effet, d'une rigueur exceptionnelle: la neige ne cessait pas; le froid était intense; le pays offrait peu d'abris ; les convois ne marchaient qu'avec les plus grandes difficultés ; les distributions de vivres ne pouvaient se faire exactement, et les hommes, vêtus d'une façon insuffisante, mal chaussés pour la plupart, constamment mouillés sans pouvoir se sécher, se laissaient aller au découragement. Il fallait cependant faire tête à l'ennemi , qui apparaissait sur toutes les routes en avant de nos lignes. La retraite sans combattre c'était la débandade , l'abandon d'une partie de notre maté-

^ J.e commandant ea cheF, en transmettant textuellement cette dépêche au ministre, exposait la situation générale dans le même télégramme. — Voir à la note n» 35.

riel, et peut-être, si les Allemands étaient audacieux, la perte de rarmée *.

Le mouvement de recul du 1 6' corps affaiblissait l'aile droite et pouvait permettre à l'ennemi de se porter sur le flanc dès lors de'couvert du 17° corps. Les éclaireurs algë-» riens qui s'étaient portés à Gonlie et qui battaient tout le pays dans la direction du Mans, signalaient partout sa présence. Toutefois, comme un effort principal semblait devoir se faire en avant de Sillé-le-Guillaume où le 21* corps occupait de solides positions, bien couvert sur sa gauche par les volontaires de Cathelineau qui observaient la Sarthe aux environs de Fresnay, il se pouvait qu'une résistance heureuse arrêtât la poursuite.

15 I>|,Ç£MBfi£. COMBAT DE SILLÉ-LE-GUILLAUME.

C'est dans ces conditions que l'action s'engagea, le 15 au matin , en avant de Sillé-le-Guillaume. L'ordre fut immédiatement donné sur toute la ligne de résister à tout prix et le plus longtemps possible, tout en acheminant sur les derrières le gros matériel de l'artillerie et les impedimenta dans les directions de Mayenne et de Laval , de façon à les mettre à l'abri et à ne pas gêner les mouvements.

Dès huit heures, les éclaireurs algériens, obligés de se retirer de Gonlie , annoncèrent la marche de l'ennemi sur Sillé-le-Guillaume. Arrivés en vue de la 3* division du 21' corps, bien établie sur les crêtes qui dominent cette petite ville à l'est , ils se portèrent sur la route de Rouez pour la rattacher à la gauche du 17^ corps.

Le général de Villeneuve, qui commandait cette 3* division , l'avait disposée de la façon suivante : le 78' mobiles à l'embranchement de la route de Crissé et de celle de Conlie; au centre, la 1" brigade se reliant ainsi avec

> Voir la note n» 36.

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