‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 281 sur 345 · LIVRE CINQUIEME. — LAVAL · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIEME. — LAVAL

son corps à Ghâteau-Gonthier et environs. Le général Déranger s'apprêtait à se porter sur la Mayenne avec la légion de la Loire-Inférieure, pour concourir avec le général Gléret à la défense du val de la Loire, sur la rive droite, et se relier à Gathelineau. Le général Lipouski, qui devait être placé à l'aile gauche, fut maintenu provisoirement en avant de Mézidon, qu'il couvrait avec ses francs-tireurs; le général de Colomb s'occupait de lui réunir les mobilisés dont il devait prendre le commandement. Enfin les bataillons de la Mayenne, qui étaient à Ernée avec le colonel Ramatow^ski, passaient à la disposition du commandant général des forces de Bretagne, pour être portés sur la Mayenne.

Quelques changements eurent alors lieu dans le personnel des généraux de la deuxième armée :

Le général Dargent était nommé commandant titulaire du 19® corps, et remplacé à la V division par le général Bardin. Le général Deplanque, appelé à un commandement dans les lignes de Garentan, cédait au général Gérez, rentrant d'Afrique, la V^ division du 16^ corps. Enfin le général de Jouffroy, dont la santé fatiguée réclamait du repos, avait pour successeur le général Maurandy, auquel cette satisfaction était due après la mesure, si peu justifiée, dont il avait été victime à la suite des affaires de Ghambord. Les reconnaissances du 29 au matin n'avaient rien signalé comme menace directe sur le front de l'armée. Un officier prussien avait été tué à Gourcité par les éclaireurs de la division Rousseau, qui avaient fait en outre quelques prisonniers.

L'ennemi continuait néanmoins ses mouvements dans

toutes les directions, montrait des équipages de pont

entre le Mans et Sablé , exécutait des travaux de défense

sur les points qu'il occupait, et forçait les habitants des

villages à combler les coupures et à enlever les abatis

que le comité de défense avait faits sur les principales communications du pays.

Le général Loysel, commandant au Havre, avait télégraphié que le corps du grand-duc de Mecklembourg semblait avoir terminé son mouvement sur Rouen, qu'une partie s'était dirigée sur Monville et l'autre sur Barentin. Qui pourrait dire le résultat qu'il eût été possible d'obtenir en opérant contre cette portion ainsi séparée des armées allemandes, si les forces de Bretagne eussent été plus tôt disponibles?

PREMIÈRES NOUVELLES DE l' ARMISTICE.

Telle était donc la situation réelle des choses, quand le 29 janvier*, dans l'après-midi, le général en chef reçut de la délégation de Bordeaux la dépêche suivante :

« La délégation du gouvernement établie à Bordeaux, » qui n'avait jusqu'ici, sur les négociations entamées à » Versailles, que des renseignements fournis par la presse » étrangère , a reçu cette nuit le télégramme suivant, » qu'elle porte à la connaissance du pays dans sa teneur » intégrale :

» M, Jules Favre, ministre des affaires étrangères , M à la délégation de Bordeaux .

« Versailles, 28 janvier, onze heures quinze du soir.

» Nous signons aujourd'hui un traité avec M. le comte ') de Bismark. — Un armistice de vingt et un jours est » convenu. — Une assemblée est convoquée à Bordeaux » pour le 15 février. — Faites connaître cette nouvelle à « toute la France. — Faites exécuter l'armistice, et convo- » quez les électeurs pour le 8 février. — Un membre du » gouvernement va partir pour Bordeaux.

» Signé : Jules Favre.

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