CONDITIONS DE L ARMISTICE
L'article 1", après avoir fixé la durée de la convention, portait : « Les armées belligérantes conserveront leurs po- » sitions respectives, qui seront séparées par une ligne de » démarcation. Cette ligne partira de Pont-l'Évéque , sur » les côtes du département du Calvados , se dirigera sur » Lignières dans le nord-est du département de la Mayenne , » en passant entre Briouze et Fromentel, en touchant au » département de la Mayenne à Lignières, elle suivra la )) limite qui sépare ce département de celui de l'Orne et » de la Sarthe jusqu'au nord de Morannes, et sera con- » tinuée de manière à laisser à l'occupation allemande les » départements de la Sarthe, de l'Indre-et-Loire, de Loir- » et-Cher, du Loiret, de l'Yonne, jusqu'au point.., etc. »
Le général en chef répondit immédiatement au prince Charles pour lui accuser réception du document qu'il avait
1 Voir à l'Appendice du livre V le texte de cette convention et la lettre du prince.
bien voulu lui communiquer, et lui déclarer, qu'à partir du 31 à midi, tous ses avant-postes se tiendraient à dix kilomètres en deçà de la ligne de démarcation. Il ajoutait ensuite : « Afin d'éviter toute ambiguïté, le général com- " mandant en chef la deuxième armée française se repor- » tant au texte de l'article V, fait connaître au comman- » dant en chef des forces allemandes que par suite des » positions occupées actuellement par les troupes fran- » çaises, il a admis de la façon suivante la ligne de dé- » marcation : de Honfleur sur la côte, par Pont-l'Évêque, V Lisieux, Livarot, le Haras-du-Pin, Argentan, Écouché, ;) Fromentel, Ranes, Garrouges, Lignières, et à partir de » là, la limite des départements de la Mayenne avec !) l'Orne et la Sarthe , et du Maine-et-Loire avec la Sarthe » et l'Indre-et-Loire. »>
INSTRUCTIONS DU 30 JANVIER POUR l'eXÉCUTION DE l' ARMISTICE.
Des instructions en conséquence furent immédiatement données aux commandants des corps d'armée, avec l'ordre de s'y conformer pour le 31 janvier à midi, heure à laquelle leurs avant-postes devaient être repliés à dix kilomètres en deçà de la ligne de démarcation ainsi déterminée *.
Toutefois, en raison de leur éloignement du grand quartier général, les généraux Gléret et Dargent étaient autorisés, tout en se conformant aux instructions d'ensemble, à traiter, pour les détails, directement avec les commandants des corps ennemis qu'ils avaient en face d'eux, à la condition de rendre compte d'urgence de ce qui pourrait se produire.
Tout en faisant exécuter complètement et loyalement
^ Voir à l'Appendice du livre V les instructions du 30 janvier.