LIVRE SIXIEME. — POITIERS
DÉFENSE DE LA BRETAGNE (Général de Colomb) ,
n Le général de Colomb reste chargé de la défense du » pays, de la Seine à la Loire, en occupant les positions que
V doivent quitter les trois corps de la deuxième armée. Il » dispose pour cela de la division Saussier distraite du >' 19® corps, de la division Goujard distraite du 2P corps, » du 17^ corps moins la première division passée au 16% » et des forces de Bretagne, de la Mayenne et de la Loire- )' Inférieure , organisées sous le commandement des géné-
V raux Lipouski , Charette, Cathelineau et Béranger.
» Les troupes sous le commandement du général Cléret » recevront ultérieurement l'ordre de passer sur la rive )' gauche de la Loire pour concourir à la défense de la y. vallée et par suite de Nantes.
» Pendant que les mouvements prescrits ci-dessus >' s'exécuteront, et jusqu'à nouvel ordre, le général de M Colomb , dont le quartier général restera à Laval , aura )j le commandement de toute l'armée, par délégation du " général en chef, qui se rend le 12 à Bordeaux comme » député des Ardennes.
» Afin de dissimuler à l'ennemi les mouvements qui » vont se faire, le général de Colomb fera remplacer, par » les troupes sous ses ordres , les avant-postes occupés » par celles appelées à se porter au delà de la Loire.
» Le général en chef,
» Signé : GïiANZY, »
LE GÉNÉRAL EN CHEF EST APPELÉ A l' ASSEMBLÉE NATIONALE.
Le général en chef venait, en eiiet, d'apprendre, le 11 février, que le département des Ardennes l'avait élu député à l'Assemblée nationale.
C'était à regret qu'il allait s'éloigner de l'armée pour
quelques jours ; mais toutes les dispositions étaient arrêtées, les mouvements en voie d'exécution; de Bordeaux, il lui serait toujours facile de régler les questions importantes ou de rejoindre promptement, au besoin, son quartier général à Poitiers. Dans les circonstances aussi graves que celles où l'on se trouvait , il ne crut pas qu'il lui fût possible de décliner l'honneur du mandat qu'il devait au choix spontané de ses concitoyens, alors , surtout, qu'il considérait comme un devoir d'apporter à l'Assemblée la vérité sur l'armée et son opinion sur notre situation militaire. Il partit donc pour Bordeaux le 13 , laissant provisoirement le commandement de toutes les forces de l'Ouest au général de Colomb qui devait veiller à l'exécution des mouvements prescrits. Il était, dès ce moment, sûr que, le 10 au soir , au moins huit divisions d'infanterie, la cavalerie, une grande partie de l'artillerie et du gros matériel , seraient de l'autre côté de la Loire, et que les projets de l'ennemi sur le bas du fleuve allaient se trouver déjoués ou tout au moins entravés par une défense, devenue possible, des contrées qu'il nous fallait protéger.
A Bordeaux, le général en chef exposa, comme il l'avait fait à Paris, ses projets au ministre de la guerre, qu'il n'y avait plus rencontré. Il trouva le général Leflô pénétré comme lui de la nécessité de se préparer à tout ce qui pouvait survenir, et d'être en mesure de repousser les prétentions des Allemands si elles étaient inacceptables. Afin de mieux grouper les forces disponibles sous des commandements bien définis , il fut convenu que, si les hostilités reprenaient, le général de Colomb aurait complètement la direction des opérations en Bretagne , que le 26® corps ferait dès maintenant partie de la deuxième armée dont il portait les divisions d'infanterie à douze , sans comprendre la colonne du général Cléret. Les ordres suivants furent alors expédiés de Bordeaux, le 15, aux divers corps; ilsfai-