LIVRE PREMIER. — ORLÉANS
aa général d'Aureile de Paladines la dépêche ci-après, pour obtenir, tout au moins, de rectifier des positions cjui étaient devenues intenables pour nos troupes par suite des boues , des maladies et du manque absolu de ressources dans les villages et les fermes si dévastés que nous occupions.
« Mon général,
» J'ai déjà eu l'honneur d'appeler à diverses reprises » votre attention sur les mouvements que l'ennemi opé- » rait en avant de nous , depuis notre arrivée sur les posi- » tions que nous occupons en ce moment.
» Une armée qui paraît commandée par le grand-duc » de Mecklembourg , ainsi qu'il résulte du document que » je vous ai communiqué , et qui serait assez considérable , » puisque les renseignements arrivant de divers côtés » l'évaluent à soixante ou quatre-vingt mille hommes, » s'est portée des environs d'Etampes sur Chartres, en » masquant son mouvement par les deux divisions de ca- » Valérie prince Aîbrecht et Stolberg.
» Aujourd'hui cette armée, qui s'établit solidement à
» Chartres, a commencé ses opérations vers l'Ouest sur
» toute la ligne d'iUiers à Dreux et jusqu'à Evreux , ayant
» à sa gauche la division de cavalerie prince Aîbrecht, qui
» bat tout le pays en avant de la Conie et de Bonnevai
» pour contenir les forces que nous avons à Châteaudun
» et dans le Perche , observant ainsi l'aile gauche de l'ar-
» mée de la Loire , tandis que la division de cavalerie
y Stolberg , qui paraît être restée aux environs de Toury
»' et de Janville, d'où elle opère jusqu'à Orgères,'
» masque tout ce qui se fait le long du chemin de fer
» d'Orléans à Paris et observe notre aile droite, en atten-
» dant sans doute que les renforts venant de l'Est aient
» mis la seconde armée prussienne , que nous avons de-
j» vant nous, en mesure d'entreprendre les opérations M qu'elle combine soit sur Orléans, soit sur Nevers.
» Telle est l'appréciation que je me suis faite des dis- » positions de l'ennemi , d'après les seuls renseignements » que j*ai pu recueillir directement, car il ne m'en a été » fourni aucun autre jusqu'ici,
» Cette appréciation, je crois nécessaire de vous la com- '» muniquer , pour que , si vous le jugez convenable , vous » puissiez la rectifier dans le cas où elle ne serait point » exacte , parce qu'elle domine dans les dispositions que 5) j'ai à prendre pour organiser l'action que le 16^ corps » doit avoir, soit pour la défensive, soit pour l'offensive.
» Une étude approfondie du pays que j'ai devant moi , » des positions que j'occupe et des éventualités qui M peuvent surgir , m'amène à penser qu'il serait en toutes » circonstances préférable d'avancer le 16* corps jusqu'à » hauteur de Patay , de façon à occuper par notre gauche » une partie de la ligne de la Gonie que j'ai visitée, et » qui est incontestablement la meilleure défense de cette » contrée.
M Nous protégerions ainsi la grande route de Ghâteaudun » à Orléans qui peut seule assurer nos communications » avec le 1 7^ corps , nous relier avec les troupes qui sont « à Ghâteaudun et dans le Perche , et nous permettre de » couvrir à la fois Orléans , Vendôme , et par suite Blois et » Tours, tout en nous reliant avec les forces de l'Ouest, »j sans cependant nous disséminer, en vue de l'effort que » l'armée ennemie venant d'Étampes et de l'Est pourrait » tenter soit sur notre aile droite, soit sur un point quel- '» conque de notre ligne.
» Si vous approuviez ce mouvement , je pourrais pous- » ser mes avant-postes sur la deuxième branche de la » Gonie, que je ferais occuper par tous mes corps de » francs-tireurs et un rideau de cavalerie, de façon à ce