REPONSE
12 janvier 1871.
Je reçois à l'instant, midi et demi, votre télégramme au sujet du 19® corps. Vous connaissez les événements. Je veux organiser la retraite de façon à établir le 15 au soir mes divers corps d'armée entre Alençon et Prez-en-Pail, pour m'y reconstituer et reprendre les opérations. Il est donc plus urgent que jamais que les deux premières divisions du 19® corps arrivent promptement à Alençon pour me servir de base et d'appui.
Quant à la 3® division , je désire la voir arriver le plus promptement possible à Argentan et connaître le jour. Le général en chef,
Signé : GiiAiszYé
Joué-en-Charnie, 14 janvier 1871, sept heures dix minutes. Mon général ,
Le général Le Bouèdec et le général Barry ont été successivement obligés de se replier. Trois colonnes prussiennes arrivant par la route de Conlie, par celle de Loué et celle du Mans, ont profité du brouillard pour les tourner. Quelques régiments ont opposé une vigoureuse résistance; d'autres, et c'est le plus grand nombre, se sont débandés. La cohue des fuyards est inimaginable ; ils renvoient les cavaliers qui s'opposent à leur passage, ils sont sourds à la voix de leurs officiers, on en a tué deux qui refusaient de s'arrêter; cet exemple n'a rien fait sur les autres.
J'apprends d'autre part, parles reconnaissances que j'ai fait faire, que les Prussiens viennent d'entrer à Loué, à Épineux-Ie-Ghevreuil,
580 APPEiNDIGES.
et qu'ils continuent leur marche en avant. Le brouillard est toujours tellement épais que je crains une attaque de nuit, à laquelle nos hommes ne résisteront certamement pas.
Pour dégag^er les routes, j'ai fait filer tous les convois et les bagages sur Laval et sur Évron.
Je trouve autour de moi une telle démoralisation que les généraux du corps d'armée m'affirment qu'il serait dangereux, dans ces circonstances, de rester ici plus longtemps, et je suis désolé de battre encore en retraite.
Si je n'avais pas avec moi un matériel considérable qu'il faut essayer de sauver, je m'efforcerais de trouver une poignée d'hommes déterminés et de lutter, même sans espoir de suce. s. Mais il serait, ce me semble, insensé de sacrifier huit batteries pour n'arriver, en résumé , à aucun résultat utile.
Je ne me suis jamais trouvé, depuis trente-neuf ans que je suis au service, dans une position aussi navrante pour moi. Le vice-amiral commandant le 16^ corps.
Signé : Jauréguiberry«
P. S. Veuillez me faire savoir à Vaiges, où je me porterai probablement afin de couvrir mes parcs et mes réserves, quelle direction il faudra que je suive ensuite.
N" 746. Général Chanzy au ministre de la guerre.
Sillé, 13 janvier 1871.
Le 21^ corps , après avoir combattu hier toute la journée contre trois divisions du grand-duc de Mecklembourg, a pu opérer sa retraite en très-bon ordre et passer la Sarthe sur les ponts de Monbizot, la Guierche et Beaumont.
L'ordre de cette nuit, lui prescrivant de changer son mouvement de retraite, lui est arrivé ce matin, au moment où, en très^bon ordre, il marchait sur Alençon où il serait arrivé demain.
C'est, des trois corps d'armée, celui qui a de beaucoup le mieux tenu dans ces derniers jours ; cela est dû à l'énergie du général Jaurès, pour lequel je demande de nouveau, et plus instamment que jamais, la nomination au grade de contre-amiral. Il est arrivé ce soir à Sillé-le- Guillaume.
D'après les renseignements recueillis, l'ennemi aurait beaucoup souflert dans les trois dernières journées ; c'est ce qui explique probablement son peu d'ardeur à nous suivre. De notre côté nous avons des pertes sérieuses; au 21^ corps, un seul régiment, sur 13 capi-
taincs, en a perdu 10. Il est néanmoins tout prêt à marcher de nonveau. Je vous envoie ce soir d'urgence un rapport détaillé sur les événements qui viennent de se passer. Signé : Chanzy.
N" 753. Général Chanzy au ministre de la guerre,
Sillé, 14 janvier, minuit quarante.
Je reçois à l'instant votre télégramme de ce jour. Je suis reconnaissant au Gouvernement de la confiance qu'il me conserve : je la justifierai. L'armée sera installée dès demain sur une ligne de défense de Sillé-le-Guillaume à Chassillé sur la route de Laval au Mans. Elle s'y reconstituera. Je prends des dispositions pour faire ramener à leurs corps les fuyards. Je ne puis donc vous donner les renseignements sur les effectifs des troupes et le nombre des fuyards. Je n'aurai que demain le chiffre des pertes.
Mon quartier général est à Sillé-le-Guillaume, ainsi que celui du 21® corps; celui du 17^ à Parennes; celui du 16® à Joué-en-Gharnie,
Signé : Chanzy.
DÉPÊCHE
Général Chanzy au ministre de la guerre, à Bordeaux.
14 janvier 1871, quatre heures.
Le temps est exécrable, le pays couvert de neige, les routes de verglas; une brume épaisse retarde l'installation sur nos positions. La marche pénible des convois sur les rares communications n'a pas encore permis de réparer le désordre. Le 21® corps, attardé par ses impedimenta^ est encore échelonné sur la route de Beaumont. Nos positions sont les suivantes, derrière la Vègre et en avant de Sillé :
La division de Curten, marchant de la Flèche sur Sablé pour rallier le 16^ corps à cheval sur la route du Mans à Laval, en avant de Joué-en-Gharnie.
Le 17* corps, de Saint-Symphorien à Rouez, son centre à hauteur de Ternie.
Le 21* corps , à cheval sur les trois routes de Sillé au Mans , à Beaumont et au Fresnay, occupant fortement la redoute de Conlie.
La division Goujard , de Montreuil-le-Chétif à Fresnay, reliée à la gauche du 21'^ corps par une brigade de la 3® division en position sur les abords de la forêt de Sillé. Les parcs et les convois engagés sur les routes dans la direction de Laval , derrière chaque division. Les mobilisés de Bretagne, qui ont lâché pied le 11 au soir, à Pontlieue, sont à Evron. Ceux trouvés à Conlie, et sur lesquels on ne peut compter, sont à Assé-le-Béranger; 3,000 mobilisés de la Mayenne
ont quitté ce matin Beaumont devant des uhlans, résistant à quelques officiers qui cherchaient à les maintenir; je les ai dirigés sur Bay. En avant de nos lignes, des avant-postes d'infanterie et de cavalerie couvrent les divisions, et au village de Conlie, pour éclairer tout le pays jusqu'à la Sartlie, les éclaireurs du colonel Goursaud, sur lesquels je compte le plus.
Je voudrais, en leur infusant la confiance, réchaufFer le cœur de tous ces hommes transis, hésitants, à bout d'énergie.
Il s'est produit hier au camp de Conlie un fait déplorable : les vivres ont été pillés , des armes et des munitions détruites ou abandonnées; un peu plus de 3,000 mobilisés ont refusé à leurs chefs d'aider à l'évacuation régulière et de rester jusqu'au soir suruneposir tion que rien ne menaçait, puisqu'à l'heure qu'il est l'armée l'occupe encore.
Je donne au général Marivault, dont je ne m'explique pas l'absence, l'ordre de revenir ici et de mettre un terme à la débandade des troupes sous son commandement. Signé : Cuanzy.
Général Chanzy à ministre de La guerre , à Bordeaux.
14 janvier 1871 .
Les têtes de colonnes ennemies ont paru ce soir sur toutes les routes aboutissant sur nos positions. H y a eu engagement entre les avant-gardes prussiennes et les éclaireurs algériens à Conlie. Le général Le Bouèdec s'est battu ce soir à Longue avec une colonne assez forte. Je m'attends à être attaqué demain sur plusieurs points. Mes dispositions sont prises. Le préfet d'Alençon signale les Prussiens à Bourg-le-Roi et à Ancines, marchant sur Alençon. Je doute que les mobilisés de la Mayenne puissent tenir mieux qu'à Beaumont. Dans le doute de ce qui va se passer, quoique nos projets de résistance ne soient nullement modifiés , je crois utile de faire arrêter les divisions du 19^ corps à Fiers, sauf à les diriger plus tard soit sur Alençon, soit surDomfront, suivant le cas. Vous avez prescrit les mouvements; je vous prie de les modifier dans ce sens. Quant à la division Saussier, je vous prie de la diriger sur Argentan.
Général Goujard a perdu un de ses commandants de brigade. Il me demande et je lui donne le colonel Géhenne , commandant la S** légion de la Loire-Inférieure, officier très-vigoureux pour cette position, car il sera engagé demain.
Je vous envoie par télégramme la copie de mon ordre à Tarmée.
Signé : Chanzy.
Billet du général de Colomb.
Les Noyers , une heure.
L'ennemi attaque en ce moment les Noyers, qui se trouve en arrière de ma droite sur la route de Sablé, à deux kilomètres de Parennes. On me signale d'assez fortes colonnes d'infanterie. Je n'ai à leur opposer que des troupes très-faibles et démoralisées.
La l""* division est donc tournée; heureusement, me dit-on, elle bat en retraite , et j'espère qu'elle arrivera à temps à l'embranchement des routes et pour se tirer d'affaire et s'engager sur la route de Sainte- Suzanne. J'ai donné l'ordre au colonel Kocli, en arrière de Ternie, et au général de Jouffroy, à Rouez, de se retirer par les points susindiqués , s'il ne leur est pas possible de tenir, et ils risquent d'être pris à dos par la route de Sillé-le-Guillaume à Parennes.
Signé : de Colomb.
Réponse du général en chef.
Sillé-le-Guillaiime , 15 janvier 1871.
Mon cher général,
Je reçois votre billet à trois heures moins le quart. Le 21® corps, qui est engagé en avant de Sillé, sur les routes de Gonlie et de Crissé, tient bon sans perdre un pouce de terrain. Je n'ai quant à présent d'inquiétude que de votre côté, parce qu'en continuant à vous retirer, vous découvrez la droite du 21® corps et l'exposez à être coupé. Il est donc de la plus haute importance que vous teniez bon sur la route d'Angers à Alençon , surtout à sa croisée avec celle de Saint-Symphorien à Neuvillette , et que les divisions à votre gauche se relient avec vous et tiennent la route qui conduit à Sillé.
Tâchez ainsi de gagner la nuit sans vous retirer pour donner aux convois le temps de s'éloigner* si, la nuit venue, il vous est impossible de tenir, faites-moi prévenir afin que j'ordonne la retraite du 21® corps et retirez-vous sur Sainte-Suzanne, où vous pouvez et devez vous établir sur de fortes positions.
Je suis encore jusqu'ici sans nouvelles de l'amiral.
Au reçu de cette note, envoyez-moi un officier, pour me dire oii vous en êtes, cet officier voyant en passant les divisions à votre gauche. Ce même oFficier vous rapportera des ordres pour celte nuit.
Nous n'entendons absolument rien dans la direction de Rouez.
Signé : Chakzy.
Rapport du généralJaurès.
Rouessé-Vassé , le 16 janvier 18"1, Mon général ,
L'attaque contre le 21* corps a commencé à dix heures du matin. Ainsi que vous le savez, la division de Villeneuve occupait des hauteurs à quatre kilomètres en avant de Sillé-le-Guillaume et était placée à cheval sur la grande route de Gonlie. Elle se reliait par sa gauche avec la division Rousseau, placée à peu près à la même distance de Sillé et couvrant la route de Beaumont.
L'ennemi s'est présenté sur la route de Gonlie, arrivant en colonne serrée , précédé d'une assez forte avant-garde et avec une confiance qui indiquait qu'il ne s'attendait pas à trouver une résistance sérieuse.
Le général de Villeneuve , laissant approcher cette colonne jusqu'à 12 ou 1500 mètres , a porté ensuite ses mitrailleuses en avant et ouvert sur l'ennemi un feu qui l'a promptement dispersé de chaque côté de la route, et après trois ou quatre retours offensifs de sa part, l'a franchement rejeté en arrière jusqu'à 2,500 mètres environ, en aidant le feu de ses mitrailleuses de celui d'une batterie de 4.
G 'est alors que l'ennemi a fait avancer des batteries qui ont pris position vis-à-vis des nôtres , tandis qu'il déployait à droite et à gauche ses colonnes en tirailleurs.
Le tir des batteries de 4 devenant insuffisant vu la distance, elles furent remplacées par des pièces de 8 , qui répondirent avec le plus grand succès à l'ennemi, bien que son tir fût d'une grande justesse.
L'effort de l'infanterie, se portant principalement sur la droite , a été d'abord repoussé par les tirailleurs de la 3« division, puis il s'est étendu vers la 1" division. Le général Rousseau ordonnant un mouvement offensif sur Tennemi , l'a rejeté promptement et vigoureusement en arrière en lui prenant une trentaine de prisonniers dont un chef de bataillon blessé.
A quatre heures du soir l'action était tout à notre avantage , et j'avais déjà donné l'ordre au lieutenant-colonel Magnan d'aller vous prévenir que j'allais faire franchement un mouvement en avant, en faisant tourner la droite de l'ennemi par la division Rousseau qui avait du reste déjà commencé cette manœuvre, lorsqu'une lettre du général de Jouflroy, annonçant que le 17^ corps qui couvrait notre droite avait battu en retraite, me fit craindre qu'en me portant encore de quelques kilomètres en avant de la distance à laquelle j'étajs déjà
de Sillë-le-Guillaume , je ne fasse exposé à voir ma droite ouverte à l'ennemi.
C'est alors que je vins prendre vos ordres, qui furent de maintenir mes positions jusqu'à la nuit. Cet ordre a été exécuté avec ce succès, qu'à la nuit tombante les batteries ennemies se sont repliées les premières.
La retraite s'est alors exécutée avec le plus grand ordre et bataillon par bataillon, la réserve marchant la première vers Rouessé- Vassé où elle vient d'arriver avec la 3* division.
J'accorde aux hommes un repos de quelques heures qui leur est tout à fait indispensable, aussi bien pour les remettre de leurs rudes fatigues que pour leur permettre de compléter leurs vivres.
Avant de terminer ce rapport, je me fais un devoir de vous signaler de nouveau l'ordre parfait dans lequel le général de Villeneuve maintient sa division, ainsi que sa vigueur devant l'ennemi.
Agréez, mon général, etc. Sigtié : Jaurès,
Le général Jaurès au général Chanzy.
La Guerche, 13 janvier 1871, deux heures du matin. Mon général,
J'avais remis hier au soir à votre officier d'ordonnance, M. Laprade, un petit mot écrit au crayon, à Savigné, tandis que nous tirions nos derniers coups de canon contre l'ennemi. M. Laprade ayant fait route avec moi, je complète rapidement, avant son départ, les renseignements que je vous avais adressés. Ma première pensée en recevant votre ordre de me replier sur Alençon fut qu'avant tout, je devais couvrir la retraite qui s'opérait par le côté nord du Mans, afin que nos parcs d'artillerie et nos convois de Sargé et du Mans pussent évacuer.
Je donnai donc l'ordre au général de Villeneuve de résister à outrance sur la route de Bonnétable, à la fourche de la route de Sillé-le- Guillaume. Je savais en effet qu'un effort de l'ennemi serait tenté, sur ce point, par des masses assez considérables qui m'étaient signalées à Chanteloup et Sillé-le-Philippe.
L'attaque, commencée à onze heures par l'ennemi, fut en effet trèsviolente; mais la fermeté de la 3® division ne lui permit pas de forcer le passage, et jusqu'à la nuit nous avons tenu notre position de la fourche où j'avais fait élever une forte barricade défendue par une batterie, deux mitrailleuses et quatre bataillons en tirailleurs, appuyés par quatre autres bataillons en réserve.
Tandis que cette résistance s'opérait, comprenant que la possesision de Ballon, où un parti ennemi m'était signalé, était capitale pour
5b'6 APPENDICES.
le succès de mes mouvements et pour conserver la possession du pont de Montbizot, le seul praticable à l'artillerie, j'ordonnai, dès deux heures, à la 2" division de se porter tout entière sur la route directe de Ballon et de l'occuper de vive force.
Cette division revenant de Saint-Corneille, vint dèfder dans le plus {jrand ordre et en colonne par sections sur la route, à la fourche même où nous faisions tête à l'ennemi, pour de là descendre sur Savignè et y prendre la direction de Ballon. Ce mouvement bien exécute offrait le coup d'oeil satisfaisant d'un corps d'armée marchant en ordre et se battant en même temps. Tandis que ces mouvements s'opéraient, je dirigeais la division Rousseau et la division Goujard sur Montreuil, la Guerche et Montbizot, pour de là remonter sur Beaumont, afin de faire suivre ainsi à mon corps d'armée deux routes parallèles, offrant cet avantage d'éviter l'encombrement et de donner plus de liberté pour le mouvement des divisions dans le cas où il faudrait se retourner contre l'ennemi.
Tout fut ainsi exécuté. A cinq heures, voyant la journée gagnée par moi à la barricade de la fourche , je quittais Savigné , en laissant au général Villeneuve l'ordre d'assurer son mouvement de retraite à la nuit par la seconde route de Ballon qui passe à Souligné-sous- Ballon; et afin de m'assurer par moi-même que mon artillerie, ma l""^ division et le corps Goujard étaient en bonne route, je me portai sur la Guerche avec la réserve. Au moment où j'y arrivais, la division Goujard défilait suivie de la division Rousseau.
Voulant alors ne pas trop précipiter le mouvement de retraite, afin de permettre aux convois attardés de rallier , j'ordonnai une halte de quatre heures à la gauche, ce qui a permis en effet à divers détachements et fractions de corps ou de convois de se replier sûrement. En ce moment, il est deux heures, je vais remettre ma colonne en niaiche pour Montbizot, et cela en bon ordre et de façon à être en mesure de faire face à l'ennemi, s'il tentait de nous poursuivre. En résumé, mon général, placé avec mon corps d'armée dans une position assez difficile, ayant à opérer un mouvement de retraite fort compliqué par l'étendue de mes positions qui allaient de Ghâteau-l'Epan à Montfort par Savigné , Saint-Corneille et Lombron , j'ai la satisfaction de vous annoncer que ce mouvement s'est effectué avec ordre, tout en soutenant un vigoureux engagement.
Je savais, mon général, par vos instructions confidentielles, que irons aviez réservé au 21® corps l'honneur de couvrir la retraite et l'évacuation du Mans. J'ai fait de mon mieux pour répondre à votre attente, car les Prussiens étaient entrés depuis deux heures au Mans par le côté sud, que nous les arrêtions encore par le côté nord. Je
serai heureux si vous pensez que le 21^ corps a me'rité votre approbation.
Agréez, etc. Slijné : Jaurès.
Amiral à général en chef.
Soulgé, 15 janvier.
Attaqué à midi par ennemi nombreux, j'ai résisté avec succès jusqu'à six heures. A ce moment nous avons été tournés en arrière de notre droite, sur un point où faute de troupes suffisantes je n'avais pu placer que peu de monde et dont l'ennemi s'est approché à la faveur de l'obscurité. Pris de front et à revers, il a fallu abandonner la position , et je me suis replié jusqu'à Soulgé-le-Eruant. — Pertes assez sérieuses; mon chef d'état-major, colonel Béraud, tué âmes côtés. Réussi à sauver toutes nos batteries qui étaient en position. Un cheval tué sous moi. Signé : Jaurkgliberry.
Saint- Jean-sur-Erve, le 15 janviei' 1871, sept heures et demie du matin.
Les Prussiens nous ayant hier au soir beaucoup débordés sur notre droite, ce que j'ai su par les renseignements recueillis et les fusées de signaux lancées au commencement de la nuit, j'ai cru devoir , en présence du manque de résolution des troupes , me replier jusqu'à Saint-Jean-sur-Erve. Autant que je puis en juger dans le brouillard, la position ici est bien meilleure qu'à Joué. Je vais donc tâcher de tenir ici, mais je doute deréussirà arrêter les fuyards, dontle nombre va toujours croissant. Je suis navré de ce qui se passe.
D'après les mouvements de l'ennemi, j'ai tout lieu de supposer qu'il marche rapidement sur Laval. Je laisse des cavaliers pour porter des dépêches à Evron. " Signé : Jauréguiberry.
Guerre à Protais, agent général Compagnie Ouest, Granville^ faire suivre; général Girard, Carentan, faire suivre; chef de gare de chemin de fer Carentan à préfet à Alencon, et à général Chanzy, à Sillé-le-Guillaume.
Bordeaux, 14 janvier 1871.
Les deux divisions du 19® corps d'armée s'embarqueront à Carentan par chemin de fer demain jeudi, à cinq heures du soir, et seront expédiées de jour et de nuit sans interruption sur Alençon, de manière
que l'embarquement total soit terminé en quarante -huit heures. Les deux divisions comprennent 30,000 hommes, 12 batteries, de la cavalerie et les accessoires. Je compte sur le patriotisme de la Compagnie de l'Ouest, et en particulier sur celui de M. Protais, ainsi que sur la ponctualité et la vigilance des chefs de corps, pour que le transport ait lieu dans les conditions susindiquées. La Compagnie de l'Ouest est autorisée par la présente à supprimer le service sur telles sections et à tels moments qu'elle jugera utile pour se procurer le matériel nécessaire et assurer la circulation des trains militaires. Réponse urgente. Signé : de Freycinet,
Gambetta, ministre de la guerre, à général Chanzjy à Sillé- le- Guillaume.
Bordeaux, 14 janvier 187J, neuf heures quarante du soir. Général ,
Je prends communication de votre dépêche de deux heures quarante-cinq minutes à mon délégué au ministère de la guerre, dont l'activité et l'initiative nous mettent à même de vous secourir au milieu de votre retraite par la présence du 19^ corps. Vous demandez la composition et l'emplacement des troupes qu'il vous envoie. Elles doivent débarquer à Alençon sous les ordres du général Girard; le général Saussier devant commander la 3^ division à Argentan. Quant à général Dargent, les instructions qu'il a entre les mains sont fort nettes : il commande la l""® division, et, jusqu'à l'arrivée du général commandant le 19^ corps, il remplira l'intérim ; dès lors, il n'a qu'à se rendre à Alençon, comme on le lui a dit, pour surveiller le débarquement des troupes. Quant au délai fixé pour l'ensemble de ces opérations, il ne dépendra pas de M. de Freycinet qu'il ne soit scrupuleusement respecté. Je vous prie d'annoncer au général Jaurès que je suis bien heureux de pouvoir, dans les attributions de mon département, rendre définitif en sa personne, par un décret qui sera demain au Moniteur, le grade de général de division dans l'armée régulière qu'il a si valeureusement gagné.
Signé : Léon Gambetta.
N° 1359. Général Clianzy à général de Colomb, à Montsurs.
16 janvier 18"1.
La résistance opposée hier par les 16^ et 21* corps semble avoir rendu l'ennemi moins entreprenant; la retraite aujourd'hui n'a été
inquiétée nulle part; nos reconnaissances ont, au contraire, repoussé l'ennemi en lui faisant des prisonniers dont le comte de Moltke, officier de drageons. Elles ont constate, en outre, que Sainte-Suzanne était évacué par l'ennemi. Pour la journée de demain tout est donc dans l'ordre de la marche, dans la surveillance de toutes les directions par lesquelles l'ennemi peut se présenter, dans de bonnes dispositions à prendre pour couvrir la retraite, et dans une résistance sérieuse sur tous les points où l'on serait attaqué. Je n'ai rien à modifier à mes instructions d'hier, qui règlent notre marche pour demain et les positions que vous devez occuper en deçà de la Mayenne. Retirezvous lentement en protégeant tout votre matériel. Je ne puis admettre qu'on perde une voiture et à plus forte raison un canon. J'ai arrêté vos fuyards partout où je les ai trouvés sur ma route; donnez des instructions précises, et rendez vos généraux responsables de leur exécution. La division de JoufFroy, sans chef, allait faire 31 kilomètres, alors qu'elle prétend être si fatiguée ; je lui ai prescrit de s'arrêter à Montsurs et d'y attendre vos or<lres. J'ai également dirigé sur le pont de Saint-Jean une grande quantité de votre parc qui restait indécis en deçà d'Évron. La 3^ division du 21® corps reste cette nuit à Evron et continuera demain sur Mayenne. Si quelqu'un devait être débordé, ce serait donc elle. L'amiral est arrivé sans encombre à Laval. Faites reconnaître dès le jour la Chapelle-Rainsouin ; si l'ennemi s'y trouve, laites-le observer et contenir par une force suffisante pour l'arrêter et
le battre. ...»
Signé : Ghaiszy.
DÉPÊCHE
N* 1361. Général Chanzy à général Jaurès, à Mo7itsurs; faire suivre sur Evron, par des cavaliers du général de Colomb.
12 janvier 1871.
J'apprends avec satisfaction que votre retraite continue à s'opérer en bonnes conditions. Je compte que vous serez demain sur vos positions assignées par mes instructions d'hier, auxquelles je n'ai rien à changer. Je ne vois même aucun inconvénient à ce que vos divisions les plus en arrière couchent en deçà de Mayenne, si elles sont trop fatiguées. L'important est de marcher en bon ordre, de résister vigoureusement partout, et de ne perdre ni une voiture ni surtout un canon. J'ai fait diriger de Laval sur Mayenne tout ce que j'ai trouvé ici de votre corps d'armée. Le 17** coips marchera demain d'Evron sur le pont Saint-Jean. Le 16* corps est arrivé ici sans encombre en
faisant des prisonniers à i ennemi, dont le comte de Moltke, officier de dragons. J'attends cette nuit le ministre de la guerre; il faut qu'il trouve l'armée dans le meilleur ordre possible. J'y compte en ce qui concerne le 21® corps. Sicjné : Çhanzy.
JN" i-H63. A ministre de la gy erre, Bordeaux.
Laval, 16 janvier 1871.
La retraite a continué aujourd'iiui dans d'assez bonnes conditions, malgré un temps épouvantable ; l'ennemi n'a été pressant sur aucun point; nos reconnaissances lui ont même fait des prisonniers, parmi lesquels le comte de Moltke, officier du Q^ dragons (18*' corps), parent du chef d'état-major prussien. Je suis arrivé ici à la nuit; le 16** corps en entier a passé la Mayenne, à l'exception d'une division qui défend les abords de Laval; le 17" couche à Montsurs et passera demain la Mayenne sur le pont Saint-Jean. Le 21", resté ce soir à hauteur d'Evron, passera demain la rivière à Mayenne pour prendre ses positions sur la rive droite. Les mesures sont prises pour préparer la destruction des ponts de Mayenne à Ghâteau-Gontliier, malgré une protestation du conseil municipal de Laval. Je fais venir d'Argentan à Fiers la 3" division du lO** corps. Signé : Ghanzy.
Générai Jaurès à général Clianzy, à Laval.
Monsiirs, 16 janvier 1871.
Le 17" corps est parti d'Evron, que ma cavalerie occupe; ma troisième division y arrivera à quatre heures et y passera la nuit; demain au jour elle prendra la route de Mayenne pour couvrir notre parc, notre artillerie de réserve, nos canons, ainsi que le parc et une partie de l'artillerie du 17" corps, qui ont pris cette route. Demain soir le 21* corps passera la Mayenne. J'ai envoyé une reconnaissance à Sainte-Suzanne; l'ennemi n'y était plus, mais il avait annoncé son retour prochain. Mon quartier général sera ce soir à Mczanger. Tout Va bien. L'officier qui porte ce télégramme à Montsurs y attendra jusqu'à ce soir, au télégraphe, pourle cas où vous auriez un ordre à me donner. Signé : Jaurès.
Gambetta à général Chanzy.
Bordeaux, 16 janvier 187î.
Mon cher général,
Continuez votre mouvement de retraite et prenez toutes les mesures
pour assurer le salut du matériel et des convois
Je pars ce soir, et ne m'arrêterai pas avant d'être rendu. J'ai inipa-
tience de vous voir et de m'entendre avec vous; nous ne pouvons pas ne pas tirer de la situation le nieillenr parti.
Signé : Gambetta.
Générai de Ciirten à (jénéral Chanzy et amiral Jauréguiberry.
Aubigné, 12 janvier 1871.
Après trois jours de marches forcées, je suis arrivé aujourd'hui, à deux heures et demie, à Mayet. Avant de me diriger sur Écommoy, où j'avais appris la présence de l'ennemi, j'ai fait reconnaître cette position par le 23« chasseurs à pied, les francs -tireurs des Deux- Sèvres et les escadrons de cavalerie du général de Tucé. Après un combat qui ne s'est terminé qu'à la nuit close, ces troupes sont entrées dans Ecommoy qu'elles occupent. Demain j'y porterai mes forces, mais avant je désirerais être renseigné sur le résultat des combats livrés depuis deux jours, afin de ne pas me heurter à des forces trop considérables. Signé : de Curten.
Documents allemands. — Guerre de France, 1870-71. {Ouvrage imprimé à Zurich en 1871 ; par Roustow. — 4^ livraison.)
suite du CHAPrrRE INTITULÉ : LES OPERATIONS DANS L^OUEST PAR LES ALLEMANDS, DEPUIS LA RÉOCGUPATION d'oRLÉANS JUSQu'a l'aRMISTICE.
La 19^ division, Schwartzkoppen, du 10® corps d'armée, se porta vers le sud de Vendôme par Château-Renault , dans la direction de Tours, non pour s'emparer de cette ville, mais pour l'observer et reconnaître si des masses françaises considérables ne s'y trouvaient pas. Elle devait aussi couper le chemin de fer entre Tours et le Mans. La division rencontra le 19 décembre des détachements français, les rejeta sur Notre-Dame d'Oé, et arriva le 21 devant Tours oia quelques obus furent lancés. Bientôt on entra en pourparlers. Le général Schwartzkoppen n'entra pas dans la ville, mais prit son quartier général à l'est et près des faubourgs.
Le quartier général du 10® corps se trouvait à Blois. La l""® division de cavalerie (Hartmann) avait été jointe au 10® corps; le grand-duc de Mecklembourg avait à sa disposition deux divisions de cavalerie.
Cette cavalerie eut pour mission de se tenir toujours près de l'ennemi, de donner des nouvelles, et d'apprendre ce qu'il faisait ou ce qu'il voulait faire. Quelques bataillons devaient l'appuyer au besoin.
Quelques rencontres eurent lieu dans les derniers jours de décem-
bre entre la Sarthe et le Loir; bien qu'elles fussent peu importantes, elles montraient aux Allemands que Ghanzy rétablissait ses troupes. Une de ces petites entreprises est digne d'être rapportée : Le 25 décembre, un détachement de cavalerie, qui traversait le Loir au-dessous de Vendôme , fut salué à coups de fusil par les habitants de Troo et Songé. Ces villages devaient être châtiés; Kraatz- Koschlau ordonna à un détachement, composé de six compagnies du 70® régiment, d'un escadron du 12® régiment de uhlans et de deux pièces d'artillerie, dé se porter de Vendôme par Montoire , Troo et Songé jusqu'à la Braye, pour incendier les villages qui avaient fait un semblant de résistance , et prendre des otages ; en un mot , pour mettre en pratique le système que les Allemands avaient adopté depuis quelques mois.
Le détachement, sous les ordres du lieutenant-colonel de Voltenstern, passa le 26 décembre par Montoire, y laissa, ainsi qu'aux Roches, des postes, s'avança sur Troo, y fut reçu à coups de fusil, et s'arrêta deux heures à fouiller le village. Il se rendit ensuite à Songé, et y rencontra des troupes ennemies avec lesquelles il engagea le combat. Pendant que cela se passait, de Voltenstern remarqua que des troupes françaises, en quantité considérable, l'enveloppaient sur son flanc droit, et marchaient sur Troo et les Roches pour lui couper la retraite. Il ordonna donc le retour, arriva heureusement à Troo d'où il tira une compagnie qui y avait été laissée, et se dirigea sur Montoire. A Saint-Quentin il fut canonné des hauteurs qui dominent d'environ cent cinquante pieds le cours du Loir, et à l'est de Saint- Quentin il trouva de l'infanterie qui, la droite appuyée aux hauteurs nord, la gauche au Loir, lui barrait le chemin. Il dispersa en tirailleurs les quatre compagnies qu'il avait avec lui, fit suivre de près sa ligne de ^railleurs par ses deux pièces d'artillerie attelées à la légère ; son escadron marchait à côté de l'infanterie. Dans cet ordre, il attaqua les Français, les culbuta, fit 240 prisonniers, et ramena en outre les 50 otages qu'il avait pris à Troo et Songé. A Montoire, il soutint un nouveau combat contre un détachement français qui avait chassé le poste laissé par lui. Après avoir repoussé cette attaque il revint heureusement à onze heures du soir à Vendôme. Il n'avait perdu que 100 hommes dans toute cette expédition.
Un détachement, que le général Voigts-Rhetz avait envoyé à Amboisc le 26 décembre, rencontra, près de Rilly, un faible détachement français qui se retira sans combattre sur Montrichard et le Cher.
L'aile gauche de l'armée du prince Frédéric-Charles, le 3^, le 9* corps et la cavalerie, entreprirent, dans la seconde moitié de décembre, plusieurs excursions à travers la Sologne jusqu'à Vierzon, et par Aubigny jusqu'à la Chapelle, dans la direction de Bourges;
et d'autre part sur la rive droite de la Loire du côté de Montargis, de Gien et de Briare. Un détachement bavarois avait dû se retirer de Gien sur Ouzouer.
Un détachement du 9* corps d'armée, qui était allé de Montarfjis à Briare pour couper le chemin de fer de Gien à Nevers , rencontra les Français entre Miennes et Gosne. Malgré toute l'activité de son aile gauche, le prince Frédéric-Charles fut informé extrêmement tard des projets de Bourbaki (au commencement de janvier 1871), quand déjà ces projets avaient reçu un commencement d'exécution. On demanda au prince s'il devait suivre Bourbaki dans l'Est ou Chanzy dans l'Ouest. Il fut décidé au grand quartier général qu'on emploierait contre Bourbaki d'autres forces disponibles.
Le prince concentra rapidement le 3® corps à Beaugency, le 9« à Orléans, le 10« à Blois. La 20« division de ce corps garda Vendôme sur le Loir, le 13® corps le pays de Chartres.
Le 6 janvier, les grandes opérations furent ouvertes contre l'Ouest.
Dans les premiers jours de janvier, les troupes devaient avoir pris les positions suivantes :
Le 13^ corps, grand-duc de Mecklembourg, à Brou, sur l'Ozanne, entre l'Huisne et le Loir, avec un détachement à sa droite sur Nogentle-Rotrou; la 4* division de cavalerie était attachée au 13« corps.
Le 9^ corps, 18* division et artillerie de réserve, avec deux divisions de cavalerie à Morée-sm^-Loir;
Le 3* corps, moins la division Kraatz-Koschlau , à Vendôme, sur les deux rives du Loir.
Le l**" corps à Montoire, avec la 6® division de cavalerie.
Une marche concentrique en avant de ces positions fut entreprise contre le Mans, point central des positions françaises.
Les conditions de ce mouvement n'étaient pas favorables.
Du Loir à la Sarthe, près du Mans, le terrain, bien connu par l'histoire de la guerre de Vendée pendant la grande Révolution, est entrecoupé de fossés et couvert de villages d'un accès difficile. Les jardins, les champs sont entourés de haies; le terrain est ondulé; sur les points élevés se trouvent des châteaux qui, pour la plupart construits dans les temps anciens, sont des points favorables à la défense isolée. Cependant les vieux soldats allemands connaissaient de longue date ces sortes de châteaux et ce terrain. Ils se souvenaient de ce qu'ils avaient vu dans le Schleswig-Holstein. Ils pouvaient sans crainte aborder ces difficultés contre les troupes françaises d'à présent.
Pendant les combats que nous allons raconter le temps était très-rude, la gelée, la neige alternaient avec le dégel. Ce dégel produisait une boue fort pénible pour les marches et pour les bivouacs ; le froid après le dégel formait du verglas qui rendait
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impossible toute marche rapide ; enfin des tourbillons de neige empêchaient de voir au loin.
Le 4 janvier, le prince Frédéric-Charles transporta son quartier général d'Orléans à Beaugency, et le 5 à Oucques. Le 6, des combats s'engagèrent sur toute la ligne. Le détachement de droite, sous les ordres du grand-duc de Mecklembourg, livra des combats à la Loupe, puis à la Fourche, point de rencontre des routes de Nogent-le-Rotrou à Paris par Chartres, et de Nogent à Dreux. Le détachement n'atteignit pas Nogent-le-Rotrou ce jour-là. Le gros du 13® corps se concentra à l'ouest de Brou.
Au centre, la masse principale de la division Kraatz- Koschlau déboucha de Vendôme dans la matinée et se porta vers Montoire. Les troupes qui avaient été laissées à Azay et dans la forêt de Vendôme furent aussitôt attaquées par les troupes françaises. A midi les premières troupes du 3® corps arrivèrent de Villetrun et de Villeromain; elles entrèrent en ligne, et jusqu'à la tombée de la nuit elles repoussèrent les Français au delà d'Azay.
Les détachements du 10^ corps d'armée se concentrèrent de Vendôme et de Saint-Amand, sur la Brenne dans le pays des Pioches et de Lavardin , près de Montoire, après des engagements sans importance.
La 1" et la 6^ division de cavalerie avaient été laissées à Saint- Amand pour couvrir la marche du 10® corps. Attaquées à midi vers le sud par des troupes françaises venant de Château-Renault, elles furent forcées de se retirer sur Ambloy et Ruisseau en Beauce.
Le 7, pour ne plus être arrêté dans son mouvement en avant sur la Chartre-sur-Loir , le général Voigts-Rhetz , commandant du 10® corps d'armée, envoya quatre bataillons de la 37® brigade sous les ordres du colonel Lehman, pour soutenir le général Hartmann, qui commandait la 1" et la 6® division de cavalerie à Ambloy.
Le 6 janvier, le prince Frédéric-Charles mit son quartier général à Vendôme. Comme ordre général, il prescrivit à l'armée de s'avancer jusqu'à la ligne de la Braye, affluent de droite du Loir.
Le 13® corps d'armée se porta le 7 à sa droite, par Nogent-le- Rotrou, jusqu'au Theil-sur-Huisne oii il eut à soutenir un combat. Le gros du corps d'armée marcha sur Authon.
Au centre , le 9® corps s'avança par Dangé sur Épuisay, le 3® sur Azay, en envoyant vers Savigny un détachement de six bataillons et six batteries sous les ordres de Stulpnagel. A Savigny et Épuisay on combattit malgré le jour nébuleux qui rendait impossible l'usage de l'artillerie; le 3® corps occupa les positions de Sargé et de Savigny, le 9® resta en arrière à Épuisay.
Le 10® corps n'étant pas sûr de son affaiie * resta autour de Mon-
^ Traduction iittétale.
toire. Le détachement du général Hartmann sur l'extrême aite gauche ne fut pas attaqué le 7; les Français qui lui étaient opposés se retirèrent. .
Chanzy, qui au milieu du mois de décembre avait compté que le prince Charles le suivrait et que Bourbaki aurait toute liberté d'action, s'étonna au commencement de janvier que le prince n'eût pas poursuivi Bourbaki.
Le plan des Allemands pour le 8 janvier était le suivant : Le centre devait forcer la ligne de la Braye sur la route de Vendôme à Saint-Calais ; le 9^ corps au nord, le 3® au sud de cette ligne. L'aile droite et l'aile gauche prendraient à revers la ligne de la Braye, pendant que le IS" corps pénétrerait dans la vallée de l'Huisne, et le 10* dans celle du Loir.
Le centre s'avança sans résistance jusqu'à Escorpain et Saint-Calais, où le prince mit son quartier général.
Le 13® corps pénétra dans la vallée de l'Huisne jusqu'à la Ferté- Bernard. Un détachement était envoyé à sa gauche pour assurer la communication entre le centre et la droite; il allait par Vibraye jusqu'à Berfay. Un détachement sur la droite, formé de la 4* division de cavalerie, devait explorer le pays dans la direction d'Alençon ; il s'avança jusqu'à Bellesme sans pouvoir s'en rendre maître.
A l'aile gauche, le 10® corps arriva à la Chartre~sur-Loir, et la brigade Lehman, qui avait été appelée du détachement Hartmann, s'avança jusqu'à Sougé. Hartmann resta au sud aux environs de Saint- Amand, sur les deux rives de la Brenne.
La 14® brigade, Schmidt, établit la communication entre le 3® et le 10® corps par Vancé.
Le 9 janvier, le prince Frédéric voulut concentrer son armée sur l'Huisne : le 13® corps à Montfort, le 3® corps à Ardenay, le 10^ à Parigné-l'Evêque. Ce dernier corps devait servir de réserve à Bouloire. Il devait de plus soutenir vers le nord.
Des détachements latéraux devaient en même temps essayer de détruire les chemins de fer du Mans à Alençon et du Mans à Tours. Le 8 janvier il faisait un beau temps d'hiver ; dans la nuit il tomba de la neige et les routes devinrent extrêmement glissantes pendant la journée du 9. Ce jour-là, des tourbillons de neige durèrent tout le jour. A l'aile droite, le 13' corps arriva après plusieurs combats livrés particulièrement aux environs de Sceaux, sur la ligne de Connerré, Thorigné , sur la Bogue, et sur la rive gauche de l'Huisne.
Au centre, la 6® division du 3® corps d'armée s'empara du village et du château d'Ardenay, et s'arrêta sur la rive droite du ruisseau du Narais ; à sa gauche, la 5® division s'avança jusqu'à la ligne Surfond et
Ghalles, et occupa, près de ce village, la rive gauche du ruisseau U Narais.
A l'aile gauche, le gros du 10« corps (20^ division et réserve d'artillerie) s'avança de la Chartre sur la route de Grand-Lucé, et y arriva après avoir combattu près de l'Homme et de Brives. Pour renforcer la brigade de cavalerie Schmidt, le général Voigts-Rhetz envoya la division Lehman sur Vancé. Sur son flanc gauche il laissa sur la Brenne le détachement du général Hartmann renforcé par la 38® brigade d'infanterie, Granach, pour couvrir les communications avec Vendôme.
La 15* brigade de la 6® division de cavalerie était cependant séparée du détachement d'Hartmann et suivait la 20^ division sur Brives.
Le 9® corps de réserve de l'armée suivit le centre sur la route de Saint-Calais et arriva à Bouloire , où le prince Frédéric-Charles établit son quartier général le 9 janvier.
Le 10 janvier, le prince fit une nouvelle concentration de ses forces dans la direction du Mans. Le 13® corps devait faire un gros détachement sur la rive droite de l'Huisne, pour soutenir la division de cavalerie qui était dirigée sur Bonnétable.
En même temps, la 22* division du 13® corps s'avança de Sceaux sur la rive droite de l'Huisne, prit Beillé et se porta sur Lombron. Dans cette marche, elle fut attaquée sur son flanc droit à la Chapelle-Saint-Remy ; elle dut refuser son aile droite et s'arrêta sur le soir, la droite à Ghâteau-Gouléon, la gauche à Gonnerré, sur la rive droite de l'Huisne. La 17® division reçut au milieu du jour l'ordre de passer l'Huisne et de se porter comme elle pourrait à Savigné-l'Évêque. Elle essaya de s'emparer du passage de Pont-de-Gennes, audessous de Gonnerré, mais elle fui repoussée par la division française Rousseau , placée à Montfort.
Au centre, le 3' corps d'armée s'avança sur la rive gauche de l'Huisne. La 12* brigade, Bismark, s'avança sur la route d'Ardenayvers le Mans ; un bataillon fut détaché à droite sur Saint-Mars -la -Bruyère pour établir une communication avec un autre détachement envoyé antérieurement sous les ordres du comte Lynar, Ce détachement était arrivé, le 9, à la Belle-Inutile sur la route de la Ferté-Bernard au Mans.
La 12* brigade parvint dans l'après-midi à Saint-Hubert par la Coquillière; elle y rencontra les Français, fut enveloppée dans un long combat dans les bois , et prit à la tombée de la nuit une partie du village de Champagne ; mais elle l'abandonna sans y être forcée.
A la gauche de la 12* brigade, la 11*, Flottow, s'avança par Rossay à travers les bois, vers Gué-la-Hart et Changé oii eut lieu un violent combat.
La 5" division d'infanterie attaqua les Français avec son aile droite; sa masse principale les repoussa de Parigne-l'Evêque jusqu'au châ' teau de la Paillerie.
Le 3^ corps s'arrêta à dix heures du soir, son aile gauche très en avant, sur une ligne dessinée par les points de Saint-Mars-la-Bruyère, Gué-la-Hart et la Paillerie.
Le 10'' corps, à l'aile gauche, ne rencontra aucun adversaire le 10 janvier, mais fut souvent arrêté par les barricades établies sm- les routes. Il arriva à Grand-Lucé et forma la réserve de l'aile gauche du 3* corps darmée.
Le 9^ corps d'armée se concentra comme réserve générale à Bouloire.
Le général Ghanzy voulait livrer une bataille générale devant le Mans. A l'est de cette ville de 46,000 habitants, chef-heu du département de la Sartlie , le caractère du terrain , dont nous avons donné une idée générale, devient plus accentué; de grands bouquets de bois augmentent les difficultés.
Les forces de Ghanzy, le 10 janvier au soir, étaient les suivantes :
A l'aile gauche, sui la rive droite de l'Huisne, de la Ghapelle- Saint-Remy à Montfort par Lombron, s'étendait le 16« corps d'armée, commandé par l'amiral Jauréguiberry ; au centre, le 17* corps, général de Golomb, était placé sur la rive gauche de l'Huisne, à Champagne, près du ruisseau du Narais, sur la route de la Ferté-Bernard et Saint-Galais, et appuyé au plateau d'Auvours, au nord de cette route. Plus loin vers la droite, une partie du 21* corps, Jaurès, sous le commandement des généraux Goujard et de Jouffroy, était à Changé, entre les routes de Saint-Galais et delà Chartre.
A l'aile droite, la division Roquebrune, du 19* corps, était placée sur la route de la Chartre, avec un détachement sur la route d'Ecommoy à Château-du-Loir. Les gardes mobiles et des gardes nationaux mobilisés, tirés du camp de Gonlie, formaient la réserve derrière l'aile gauche et le centre.
La position française avait un développement d'environ trois milles allemands; elle était occupée faiblement, à peu près quatre hommes pour une longueur d'un pas ; la position la plus forte était au centre, à Champagne , la plus faible aux ailes.
En arrière de ces positions, des emplacements avaient été désignés aux troupes qui devaient s'y arrêter si elles étaient forcées d'abandonner les premières. C'était à l'aile gauche, Saint-Georges, à l'aile droite, sur la route d'Ecommoy, le Vert-Galant ou la Tuilerie, entre les Mortes-Aures et Pontlieue. Ces nouvelles positions, qui n'étaient qu'à trois quarts de mille allemand de la ville du Mans, avaient encore
un front d'au moins un mille et demi. On ne devait les occuper que pour couvjrir la retraite de l'armée sur la rive droite de la Sarthe.
Le prince Frëdëric-Charles prépara pour le 11 janvier une attaque décisive. Au centre, le 3® corps d'armée ne devait s'engager que faiblement, d'une part pour attendre l'arrivée du 9^ corps de réserve, d'autre part pour donner le temps aux 13* et 10® corps opérant sur les ailes d'agir sur les flancs de l'adversaire.
La 17® division du 13" corps, qui le 10 n'avait pu passer à Pont-de- Gennes, traversa l'Huisne à Gonnerré le 11. La 22" et la 17® division se portèrent en avant sur la ligne Lombron-la-Ghapelle.
L'avant-garde du 3® corps (aile gauche) occupa le 11 au matin le village de Champagne, abandonné le 10. Les efforts du 3® corps se concentrèrent sur les châteaux des Arches, des Noyers et de Changé. Ces points furent enlevés en même temps, et les Allemands poussèrent par Changé jusqu'aux bois de l'Épau.
A midi , le 9° corps arrivait en réserve du 3® et combattait bravement autour du plateau d'Auvours. Dans l'après-midi, une partie de la 18* division fut envoyée à Champagne, sur la rive droite de rHuisne,pour soutenir le 13® corps.
A l'aile gauche, le 10® corps, conformément aux ordres qu'il avait reçus, prit position avec sa masse principale sur la route d'Écommoy ; une brigade de cavalerie avec un peu d'infanterie et quelques canons furent laissés sur la route de Grand-Lucé.
La 20® division d'infanterie se porta sur la route d'Écommoy jusqu'à Mortes-Aures ; cette route était faiblement occupée par l'infanterie des Français. La brigade Lehman avec l'artillerie du 10® corps s'avança jusqu'à Mulsanne.
La brigade de cavalerie Schmidt, qui avait été laissée sur le flanc droit du gros du 10® corps sur la route de Grand-Lucé, arriva par Parigné-l'Évêque jusqu'au château de la Paillerie.
Après que la 20® division eut atteint les Mortes-Aures, son chef le général Kraatz-Koschlau envoya encore quelques bataillons contre la Tuilerie (le Vert-Galant). Ceux-ci s'emparèrent en effet de ce poste, auquel Chanzy attachait une grande importance.
Le 12 janvier, le prince Frédéric-Charles voulut continuer l'attaque toujours dans la même direction. Chanzy prit lui-même l'offensive dès le matin sur tous les points. Le prince avait établi son quartier général, à onze heures du soir, à Ardenay. Le 12, le temps était froid et nébuleux ; le brouillard ne se dissipa que vers midi ; toutes les routes étaient gelées et glissantes.
La 22® division du 13® corps se porta à la droite de la Chapelle par Saint-Celerin et Forcé, contre la route de Bonnétable au Mans, et
arriva à cntte route en combattant jusqu'à Sainte-Croix. A sa droite, la 4^ division de cavalerie poussait jusqu'à Ballon et Souligné.
A la gauche de la 22^ division, la 17« se déploya contre Saint-Corneille, soutenue par la 35® brigade Blumenthal, qui était alors tout entière sur la rive droite del'Huisne. Deux de ses bataillons, qui, dès le 11, avaient pris position à Fatines, furent dans la matinée du 12 vigoureusement attaqués par les Français. La 17® division et la 35® brigade restèrent jusqu'à la tombée de la nuit sur le ruisseau de la Parance.
Au centre , la partie disponible du 9® corps combattit avec des alternatives de succès et de revers sur la rive gauche de l'IIuisne, autour du plateau d'Auvours. Les Français avaient pris dès le matin l'offensive contre le 3® corps sur l'Huisne inférieure, dont ils occupaient toujours la rive gauche. On combattit toute la journée sur ce point sans résultat décisif.
A l'aile gauche des Allemands, les opérations furent décisives. Le 10® corps et la brigade de cavalerie Schmidt se portèrent vers le Mans, sur les routes d'Ecommoy et de Grand-Lucé, vers quatre heures de l'après-midi. Une terreur panique s'empara de l'aile droite des Français. Des scènes terribles eurent lieu alors. Des soldats français en désordre jetèrent les blessés hors des wagons où ils avaient été mis pour prendre leur place. Le général Chanzy n'eut plus autre chose à faire que d'ordonner la retraite de son aile gauche et de son centre au plus vite. Il dirigea le 21® corps , Jaurès , au nord sur Alençon, le 17® et le reste du 19® (de Colomb) à l'ouest sur Laval; il ordonna l'évacuation immédiate du camp de Conlie et chargea l'amiral Jauréguiberry de couvrir la retraite,, qui dès lors se changea en déroute.
Le prince Frédéric-Charles, qui pendant le combat du 12 janvier s'était rendu sur le champ de bataille du 3® corps, ne regardait la journée que comme indécise. Il était retourné à Ardenay à la tombée de la nuit, afin de prendre ses dispositions pour les attaques du lendemain. Là , il reçut à huit heures du soir la nouvelle de l'occupation du Mans par le 10® corps. Il apprit en même temps que la 5® division de la troisième armée s'était mise à la poursuite du centre des Français et avait pénétré dans la ville par le château des Arches.
Les pertes de la deuxième armée allemande, de Vendôme au Mans, s'élevaient à 3,500 hommes en tués et blessés. Celles des Français, pendant ces six journées, du 6 au 12 janvier, étaient bien plus considérables ; les Allemands leur avaient fait 16,000 prisonniers non blessés, pris 12 canons ou mitrailleuses, et une grande quantité de bagages.
Dans les jours qui suivirent la prise du Mans, le nombre des
prisonniers tombés aux mains des Allemands s'accrut de 6,000. Le prince Frédéric- Gharlcà n'avait pas l'intention de se porter avec toutes ses forces sur la ligne de la Sarthe ; mais il voulait profiter de sa victoire en poursuivant les Français. Il donna ses ordres en conséquence le 13 janvier. Son quartier général fut mis le 15 au Mans. Le grand-duc de Mecklembourg, avec le 13® corps d'armée, la 4® division de cavalerie et la 12® brigade de cavalerie de la 5® division, dut prendre la direction d'Alençon vers le Nord. La 22® division d'infanterie eut des affaires d'avant-garde, le 13 et le 14 janvier, à Ballon et Beaumcnt, le 15 à Frenay. Le 17, Alençon fut occupé. De cette ville un fort détachement fut dirigé sur Rouen pour établir la communication avec la première armée, et en même temps pour déjouer les efforts de quelques détachements de Ghanzy qui essayaient de se réunir à Faidherbe. La 14® brigade de cavalerie sous le général Schmidt , soutenue par des détachements du 9® corps , se porta dans la direction du Mans à Laval , en partie sur le chemin de fer par Conlie, en partie sur la grande route par Chassillé. Schmidt rencontra à Chassillé, sur la Vègre, l'arrière-garde française, la refoula et fit quelques centaines de prisonniers. Le 16, il était déjà au delà de Vaiges; il s'arrêta devant Laval. Pendant ce temps, le camp fortifié de Conlie, où une masse d'effets avaient été abandonnés, fut occupé par les Allemands.
Une brigade combinée du 3^ corps d'armée prussien se porta vers le sud à la poursuite de la 17® division française, qui semblait se retirer sur Angers. Enfin, une partie du 10® corps occupa Tours sans résistance le 19 janvier.
L'armée du général Ghanzy était pour longtemps hors d'état de combattre.
Le prince Gharles avait parcouru les neuf milles qui séparent Vendôme du Mans en remportant sans cesse la victoire. Il avait mis une semaine à parcourir cette distance. Quand même Ghanzy, qui se tenait derrière la Mayenne, aurait repris l'offensive dès le 20 janvier, et aurait marché aussi promptement vers l'Est que le prince avait marché vers l'Ouest, il n'aurait pas pu arriver avant le 20 février sous les murs de Paris.
Dans l'état où se trouvaient les choses, Ghanzy ne pouvait penser à reprendre l'offensive. Le nombre des troupes qui lui restaient s'élevait à peine à 70,000 hommes, et l'on ne pouvait fonder de grandes espérances sur la qualité des renforts qui pouvaient lui être envoyés les semaines suivantes. D'ailleurs il aurait fallu bien du temps pour rendre ces forces assez puissantes pour l'offensive. Nous pouvons donc dire que dans l'hypothèse la plus favorable, Ghanzy ne pouvait être sous Paris que dans les premières semaines de mars.
Le Gouvernement de la défense, à Paris, n'était pas informé du véritable état de l'armée de l'Ouest. Il apprit par les dépêches de Gambetta que Ghanzy avait été repoussé sur la Mayenne. Mais il pouvait conclure, parla rédaction de la dépêche, que Ghanzy s'était volontairement retiré sur la Mayenne, dans l'intérêt de l'exécution d'un plan profond de Gambetta. En résumé , les opérations de l'Ouest d'une part, la situation de Paris de l'autre, déterminèrent le Gouvernement à conclure l'armistice du 28 janvier.
Extrait de l'ouvrage : La guerre de l'Allemagne contre la France, et LA FONDATION DE l'Empire ALLEMAND, par le D*" L. Hahn , conseUlcr intime au ministère de l'intérieur ,