SITUATION GENERALE AU COMMENCEMENT DE LA CAMPAGNE
sur» LA LOIRE.
Après le grand désastre de Sedan , l'armée du maréchal Bazaine cernée à Metz par le prince Charles et Paris investi , il ne restait à la France aucune force sérieusement organisée à opposer au flot toujours croissant de l'invasion allemande. Déjà l'ennemi se répandait sur les deux rives de la Seine, pénétrait dans la Beauce, dont la richesse devait assurer ses approvisionnements, et entrait dans Orléans , le 1 3 octobre , après avoir repoussé les quelques troupes réunies à la hâte avec lesquelles les généraux de Polhès et de la Motterouge avaient essayé de défendre le Loiret.
Cependant la grande nation que la fortune trahissait avec tant de persistance depuis le commencement de la campagne, n'était à bout ni de confiance, ni de patriotisme, ni de ressources. Sans se dissimuler la gravité du danger, elle avait encore foi dans la délivrance , et se préparait à tous les efforts, à tous les sacrifices qu'elle sentait qu'il lui fallait faire pour y arriver. La délégation que le gouvernement de la défense nationale avait envoyée à Tours se mit de suite à l'œuvre pour reconstituer une armée avec les moyens que présentaient encore les dépôts de nos régiments, déjà si affaiblis parles contingents qu'ils avaient fournis aux corps engagés dans la première partie de la lutte, la garde mobile incomplètement organisée, et les magasins et arsenaux qui nous restaient.