LE GENERAL DE SONIS
Le 2 décembre, à 6 heures du matin, le général de Sonis, après avoir hâté la marche de toutes les colonnes du 17^ corps, arrivait au quartier général du 16^ corps annonçant que toutes ses troupes seraient dans la journée à hauteur de Patay, et que, malgré leur fatigue, on pouvait compter sur elles.
Impatient de prendre part à la grande bataille qui se préparait, comprenant que nous allions avoir affaire à des forces considérables, et qu'il devait jouer un rôle important en soutenant l'aile gauche de l'armée dans l'effort qu'elle allait tenter, le général de Sonis s'occupa activement de former ses divisions au fur et à mesure qu'elles arrivaient, de mettre de l'ordre dans ses convois dispersés par suite du mauvais état des chemins et de leur marche dans l'obscurité, et de faire donner à ses troupes les vivres qu'elles n'avaient pu toucher depuis leur départ précipité de leurs positions aux abords de la forêt de Marchenoir, ainsi que les munitions qui leur manquaient.
Le 1 7® corps comptait, comme les deux autres de l'armée du général d' Aurelle , trois divisions d'infanterie , une division de cavalerie encore incomplète, et une artillerie suffisante de pièces de 4 et de 8. Sa composition, comme troupes, était du reste la même que celle des autres corps, et son effectif pouvait s'élever à ce moment à 25,000 combattants. Le commandant du 16^ corps put donc monter à cheval à sept heures du matin pour se rendre sur le terrain des opérations, avec la certitude qu'il avait derrière lui un soutien sur lequel il pouvait compter. Il fut convenu toutefois que les troupes qui arrivaient prendraient le plus possible du repos dont elles avaient le plus grand besoin.
La nuit du 1" au 2 décembre avait été calme ; de grands feux de bivouac qu'on apercevait dans toute la plaine, depuis Orgères jusqu'à Baigneux, signalaient le voisinage immédiat de forces ennemies considérables. Il avait gelé, le terrain était sec et sonore, et nos soldats avaient eu beaucoup à souffrir du froid.