LIVRE PREMIER. — ORLEANS. 9î
et de Bricy, et devenait de plus en plus vive. La division Barry, aux prises avec des masses considérables, dut céder le terrain et se replier sur Boulay. La division Maurandy était elle-même refoulée; et, plus à droite, le 15^ corps devait à son tour abandonner successivement toutes ses positions. La cavalerie ennemie pénétrait même jusque sur la route de Ghâteaudun à Orléans , et nos éclaireurs algériens, qui couvraient la retraite des convois engagés sur cette route, durent à plusieurs reprises repousser des régiments de ulilans et de hussards de la mort qui avaient pénétré jusqu'à hauteur du clos Aubry. Nous étions dès lors débordés ; il ne fallait plus songer à tenir sur les positions avancées de l'aile gauche, bien qu'une dépêche télégraphique *, expédiée d'Orléans par le général en chef, prescrivît de ne les quitter que si l'on y était contraint. A midi, un nouvel ordre ^ vint modifier la direction de retraite en la prescrivant sur Orléans. Ce mouvement n'était plus exécutable. Tout ce. qu'on pouvait faire , c'était de laisser les convois et le matériel d'artillerie marcher aussi rapidement que possible dans la direction de Beaugency, et d'essayer, avec la V^ division du 16* corps et ce qu'on pouvait rassembler du 17*, une attaque sur la gauche de l'ennemi.
L'amiral Jauréguiberry reçut à cet effet Tordre de rappeler les avant-postes de Patay et de rallier sa division à hauteur de Coinces, tandis que le 17* corps se formait en avant de Saint-Sigismond et de Gémigny.
La division de cavalerie du général Michel , réunie en avant de Renneville, devait, en se portant sur Villardu et Bricy, menacer les derrières des Allemands, mais, rencontrant des forces considérables en infanterie , cavalerie et artillerie , elle dut se replier, et se tint dès lors en
1 Voir la note 16.
2 Voir la note 17,
observation au sud de la route d'Orle'ans à Ghâteaudun, pour s'opposer aux mouvements tournants que l'ennemi pouvait tenter sur notre gauche.
A une heure, tandis que la 1" division du 16'' corps se portait sur Bricy, la brigade de cavalerie de Tucé, qui l'éclairait, fut ramenée par une charge de la cavalerie prussienne qui arriva jusqu'à portée de fusil de notre infanterie, et qui ne cessa la poursuite que lorsqu'elle se vit accueillie par le feu de cette dernière , et prise en flanc par les écL^A.v...rs algériens, qui n'hésitèrent pas à se jeter sur elle, malgré la disproportion du nombre.