‹ Campagne de 1870-1871Chapitre 92 sur 345 · LIVRE DEUXIEME. — JOSNES · texte numérisé non relu

LIVRE DEUXIEME. — JOSNES

» vig^ueur, enlever la ville de vive force et essayer d'y faire » prisonniers tous ceux qui l'occupaient.

» Malheureusement, ma dépêche pour le général Tri- » part ne put lui parvenir à temps, le porteur s'étant » égaré au milieu de l'obscurité de la nuit, dans un pays » qu'il ne connaissait pas. Du reste, des ordres ultérieurs » que je ne tardai pas à recevoir de vous annulèrent toute » offensive de notre part. L'absence de tout parc d'artil- » lerie pour le 16® corps, le manque d'une réserve suffi- » santé de cartouches d'infanterie, rendaient dangereux » un tel mouvement, du moment où il était difficile de le » poursuivre ^ »

Avant de connaître ce qui s'était passé à Beaugency, et croyant' au succès sur toute la ligne, le général en chef avait donné , le 8 au soir, en rentrant du champ de bataille à son quartier général de Josnes, les instructions ci-après , qui indiquent, avec les mesures à prendre pour le 9, les dispositions arrêtées pour compléter autant que possible l'organisation de l'armée.

« Au grand quartier général de Josnes, le 8 décembre 1870.

» L'ennemi a tenté aujourd'hui de nous déloger de nos » positions. Il a attaqué successivement à Saint-Laurent- » des-Bois , en avant de Poisly, sur Gravant, et en avant » de Villorceau. D'après les renseignements fournis par les » prisonniers, toute l'armée ennemie aux ordres du prince » Charles a été engagée, avec une nombreuse artillerie. » Nous avons soutenu partout cet effort avec beaucoup de » vigueur et d'ordre, et nous sommes restés maîtres de

^ Voir la note 8 de l'appendice du livre II.

» nos positions après avoir fait subir à l'ennemi des pertes » considérables. Il faut que tous s'inspirent de ce nouveau » succès et y puisent la confiance; nous devons conserver » nos positions et résister encore si les Allemands font un » nouvel effort demain.

» La position est la suivante :

» A l'aile gauche, de Poisly à Lorges, la division de » cavalerie du 16^ corps et la 2'" division du 21% soutenues ') par les réserves que le général Jaurès a envoyées de » Marchenoir; de Prenay à Villemarceau, par Ourcelles, » les trois divisions d'infanterie du 17^ corps; la cavalerie » au clos Moussu; la l 'division du 16® corps à Villorceau; » les troupes aux ordres du général Gamô, du ravin de » Vernon au Grand-Bonvalet, par Pierre-Couverte.

M Si l'ennemi attaque demain, on prendra les mêmes « mesures que celles prescrites pour hier et aujourd'hui, « en ce qui concerne la disposition des troupes et la direc- > tion à donner aux convois , afin de les éloigner de tout » danger et d'éviter qu'ils ne gênent les mouvements. ' Chaque commandant de division devra indiquer exacte- ■' ment à ses voitures la direction qu'elles devront prendre • et le point sur lequel elles devront s'arrêter pour attenj dre de nouveaux ordres , en déterminant ces directions » de retraite d'après les instructions qui ont été données ;; pour le cas où l'armée aurait à se replier. Chaque com- » mandant de corps d'armée établira ses réserves d'artil- ^ lerie de façon à les avoir sous la main sans les compro- ' mettre, et à assurer rapidement le réapprovisionnement >5 des corps et des batteries en munitions.

» La cavalerie devra être placée de façon à pouvoir » profiter de toutes les occasions pour tomber sur i'en- » nemi. C'est aux généraux qui la commandent à apprécier .) le moment opportun de donner; ils ne doivent pas » hésiter à l'engager à fond : une action rapide de cette

Page 1