RECTIFICATION DES POSITIONS DE L AILE DROITE
Le 9 au matin, l'amiral Jauréguiberry reçut l'ordre de faire reculer la 1" division du 16^ corps, de façon à combler le vide qui s'était formé entre la droite de cette division et les troupes du général Tripart, placées derrière le ravin de Tavers ; notre ligne continue de la Loire jusqu'à Toupenay, se prolongeait ensuite par le reste du 1 7*" corps et le 21^ jusqu'à Poisly, par Origny, Ourcelles et la Motte. Pour masquer ce changement de position de l'aile droite, la division Roquebrune fut portée, dès cinq heures, sur Villevert et Villechaumont. A huit heures, le général Deplanque se retira le premier par échelons et avec beaucoup d'ordre, malgré la fatigue de ses troupes et la dispersion qui s'était produite la veille au soir dans l'obscurité, les 33® et 75® mobiles s'étant repliés sur la route de Mer, par suite d'une mauvaise direction, et à la nouvelle que l'ennemi occupait Beaugency. Lorsque la 1" division du 16^ corps eut dépassé Loynes, le général de Roquebrune se replia eo combattant, protégé par son artillerie et celle du général Deplanque , qui prenant successivement de bonnes positions, surent contenir les batteries à cheval que les Allemands employaient pour jeter le désordre dans nos lignes. La retraite continua avec beaucoup de préci-
sion jusque sur les hauteurs qui, de Toupenay à la Loire, dominent la rive droite du ruisseau de Tavers. Là, nos troupes furent établies sur de bonnes positions, nos pièces ayant devant elles un magnifique champ de tir.
De son côté, le général Tripart faisait occuper fortement Tavers ' , construisait des épaulements en arrière du ravin , de façon à battre à la fois tout le terrain dans la direction de Beaugency et la rive gauche de la Loire, sur laquelle on apercevait des colonnes ennemies marchant sur Mer, dont le général Gamô venait de détruire le pont suspendu.
L'amiral avait également profité du répit que lui laissait l'ennemi pour construire des épaulements et des tranchées-abris sur ses positions en avant de Serqueu. La cavalerie du 1 7^ corps s'était retirée de Boynes , en arrière du village de Laveau. Quant à l'ennemi, se rendant compte de ces dispositions, il n'osa pas continuer sa poursuite; son feu se ralentit peu à peu et cessa complètement vers midi.