XXXI III
CONVENTIOIV DU 26 FÉVRIER.
Entre les soussignés, munis des pleins pouvoirs de l'Empire d'Allemagne et de la République française, la convention suivante a été conclue :
Art. 1".
Aûn de faciliter la raliûcation des préliminaires de paix conclus aujourd'hui entre les soussignés, l'armistice stipulé par les conventions du 28 janvier et du 15 février dernier est prolongé jusqu'au 12 mars prochain. Art. 2.
La prolongation de larmistice ne s'appliquera pas à
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l'article /t delà convention du 28 janvier, qui sera remplacé par la stipulation suivante, sur laquelle les soussignés sont tombés d'accord :
La partie de la ville de Paris, à l'intérieur de l'enceinte comprise entre la Seine, la rue du Faubourg- Saint-Honoré et l'avenue des Ternes, sera occupée par des troupes allemandes, dont le nombre ne dépassera pas trente mille bommes. Le mode d'occupation et les dispositions pour le logement des troupes allemandes dans cette partie de la ville seront réglées par une entente entre deux officiers supérieurs des deux armées, et l'accès en sera interdit aux troupes françaises et aux gardes nationales armées pendant la durée de l'occupation. Art. 3.
Les troupes allemandes s'abstiendront à l'avenir de prélever des contributions en argent dans les territoires occupés. Les contributions de cette catégorie, dont le montant ne serait pas encore payé, seront annulées de plein droit; celles qui seraient versées ultérieurement, par suite d'ignorance de la présente stipulation, devront être remboursées. Par contre, les autorités allemandes continueront à prélever les impôts de l'Etat dans les territoires occupés.
Art, -4.
Les deux parties contractantes conserveront le droit de dénoncer l'armistice à partir du trois mars, selon leur convenance et avec un délai de trois jours pour la reprise des hostilités, s'il y avait lieu.
Fait et approuve à Versailles, le 26 février 1871,
V'. Bismarck.
Fait et approuvé à Versailles, le 2G février 1871, A. TfliERS, Jlles Favre.
Versailles, le 26 février 1871.
CONVENTION REGARDANT l'OCCUPATION d'UNE PARTIE DE PARIS PAR LES TROUPES ALLEMANDES.
Les troupes allemandes occuperont, dès mercredi le 1" mars à dix heures du malin, le terrain compris entre la Seine (rive droite), l'enceinte depuis le Point-du-Jour jusqu'à la porte des Ternes, la rue du Faubourg-Sainf- Honoré jusqu'à la rue des Champs-Elysées, le gardemeuble et le ministère de la marine, le jardin des Tuileries, en réservant toutefois les bâtiments des vivres militaires et la circulation sur les deux ponts de l'Aima et d'Iéna.
Il est formellement interdit aux gens armés de franchir la ligne sus-indiquée. Toutefois, la circulation pourra rester libre pour toute personne non militaire et non armée.
La troupe d'occupation aura la facilité de visiter les galeries du Louvre et l'établissement des Invalides. Les détails de ces promenades seront réglés d'un commun accord par les autorités militaires des deux pays. Il est bien entendu que les soldats n'auront pas leur fusil et seront conduits par des officiers.
§ ^i- Les troupes allemandes seront logées soit dans les bâtiments publics, soit chez les habitants. Une commission
mixte, composée des délègues des municipalités et d'un ou de plusieurs ofOciers allemands, se réunira mardi le 28 février, à deux heures, au pont de Sèvres, pour faciliter les détails du logement.
§ ^• Les soldats seront nourris par les soins de l'autorité allemande.
(Celle convention , négociée par le général de Valdan avec le général de Mollke, d'après les ordres de M. Thiers lui-même, fut signée par M. Jules Faire.)
Lettre du ministre de la guerre au général Vinoy.
Bordeaux, le 3 mars 1871.
Je vous envoie ci-joint le tableau des trois divisions que je vous organise pour Paris, et que je mettrai en route dans le plus bref délai possible. J'ai pensé qu'il valait mieux prendre les généraux sur place, d'abord parce qu'ils connaissent déjà parfaitement Paris, et puis parce que j'aurais été très-embarrassé d'en trouver ici, où V auxiliaire et \g provisoire dominent dans une effroyable proportion.
Je vous prie de maintenir absolument, sans y rien changer, l'organisation de ces divisions telle que je l'ai faite, parce (jue c'est avec réflexion et après force renseignements pris que j'en ai groupé les divers éléments.
Quant aux commandements des divisions et des brigades, si vous jugez à propos d'y faire des changements, faites-les, et entendez-vous, pour l'expédition des lettres de service, avec Susanne, qui les fera et signera. Je
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n'ai pas le lemps de lui écrire aujourd'hui; je le ferai ce soir ou demain. J'ai placé à la tête de la 2'^ brigade de la 1" division un capitaine de vaisseau, M. de la Motte-Tenet, excellent officier, parce que cette brigade renferme le -4' bataillon de fusiliers marins. A son défaut, vous auriez encore sous la main le capitaine de vaisseau Salmon.
L'intention très-arrêtée du gouvernement est que le personnel de ces divisions soit soustrait le plus qu'il sera possible au contact de la population de Paris. Bourrezen par conséquent les forts évacués de la rive gauche, les baraques du, champ de Mars , de l'Ecole militaire, du quai d'Orsay, et au besoin, la saison devenant favorable, faites même camper une de ces divisions.
Je vais écrire à Susanne pour qu'il vous débarrasse tout de suite des mobiles. Ceux de la Seine peuvent et doivent être renvoyés dans leurs foyers sur-le-champ. Il reçoit l'ordre également de mettre tout de suite tous les ouvriers disponibles à la réparation du casernement des forts d'Issy, de Vanves, lîicêtre, Montrouge et Ivry, plus du Mont-Valérien, mais ce dernier est déjà en bon état.
Votre division active telle qu'elle est, moins les mobiles du Finistère, doit être maintenue absolument telle qu'elle est. Tous les autres marins désarmés, infanterie de marine comprise, vont être renvoyés dans leurs ports respectifs , ainsi que tous les officiers de marine.
Signé : Général Le Flô.
APPEXDICE.
TROIPES DF.STIXKES A PARIS.
(23' bataillon de marche
(le chasseurs à pied. . 8001
GT»^ de marche 1, 34^1)1 4,360
WoLFF. JG8e de marche 1,050[
ire division.! I C9^- de marche 1,170'
Générai J J^e bataillon de marche
de division \ , de chasseurs à pied. . 500 Mald'hlv. ^ 2« brigade, j 4'- bataillon de fusiliers
Cape de vaiss. 1 marins 2,400 \ 4,250
Ha.\rio.\. j 45'' de marche 1,200
I 1 compagnie du génie. 150
il7« bataillon de marche
de chasseurs à pied., 480
uenerai < 3^ ( , , . ^o.n) *.^10
-„,,.. , T, I „„„ de marche l,830f '
2^ division. \ Patcrel. j 32« j ' '
Général J ( 7G<-- de marche 1,800
de division \ / 18= bataillon de marche
SuSBiELLE. J 2"^ brigade. \ de chasseurs à pied.. 470 i
Général ■ 88e de marche 2,400/ 4,970
Lecomte. i 3G8 de marche 1,950 I
■ 1 compagnie du génie. 150,
.r„ u • ) /S*-' bataillon de marche
■V' briffade. , i ' ■ i r nn ,
^ , ;* , de chasseurs a pied. . 4UU , o-n
o V ■ • i General { r,„ j ■ ' , — n) 4,.j/U
3« division, l p^ruv^ 41« de marche l,o/0(
Général | ^o^*^^"" ( 89« de marche 2,400 j
de division / / 30"^ bataillon de marche
Barrv, j 2^ brigade, i de chasseurs à pied.. 800,
command'. I Général ] 38» de marche 1,240 i 4550
Chajipiox. 1 39« de marche 1,270 | '
46« de marche 1,200
,1 compagnie du génie. 150,
Division de cavalerie.
r. , , l ^''^"3^?^- (4e de drag.de marche. 450) ^^n
General General < ge de drag. de marche. 450 ^"" de division '' derxis. I "
Ressayre. j 2e brigade. ( 3« de cuir, de marche. 440 | ^^q
CoLSi.v. I 9<= de cuir, de marche. 440 j
Artillerie.
Trois batteries à balles 400 j
Trois batteries de 4 rayées 400 \ 1,200
Trois batteries de 7 400 )
Total 29,700
NOTE
Aussitôt que la paix fut signée, le ministre de la guerre fit paraître un tableau indiquant l'emplacement des dépôts des corps d'infanterie; mais ces dispositions ne concernaient pas l'armée de Paris et ne s'appliquaient qu'aux corps rentrant de captivité ou ayant fait partie des armées de province.
Il devait donner à chaque officier rentrant isolément de captivité la faculté de rejoindre.
Ce tableau fut quelques jours plus tard remplacé par un nouveau travail, qui maintenait les mêmes dispositions, mais les complétait et les étendait à toutes les armes. L'armée de Paris n'y était pas comprise plus qu'elle ne l'avait été dans la répartition précédente.
NOTE
Les stipulations du traité de paix, négocié entre AL Thiers et M. de Bismarck et accepté par l'empereur d'Allemagne et l'Assemblée nationale, prescrivaient l'évacuation immédiate, par l'armée allemande, de l'intérieur de Paris. M. de Bismarck ayant demandé, par une dépèche télégraphique, l'envoi d'un négociateur militaire, le chef d'état-major de l'armée de Paris fut envoyé à Versailles et chargé de régler les détails du départ des Prussiens des forts du Sud, de Paris et de V'Crsailles. Nous donnons ici le texte de ces deux conventions , conclues l'une le 4 et l'autre le 6 mars.
400 APPEXDICE,
DÉPÈCHE TÉLÉGRAPHIQUE.
Prince de Bismarck à M. Jules Favre.
Versailles, 2 mars, 1 h. 55 m. du soir. Il est urgent de régler l'évacuation prévue dans le traité préliminaire par une entente affable entre les autorités militaires respectives. Je prie par conséquent Votre Excellence de bien vouloir désigner sans retard des officiers français supérieurs, qui auront à se mettre en rapport à cet effet avec l'état-niajor général de l'armée allemande. Je vous attends, conformément à votre télégramme d'aujourd'hui.
Signé : Bismarck.