‹ Campagne de 1870Chapitre 22 sur 41 · ARMÉES ALLEMANDES · texte numérisé non relu

ARMÉES ALLEMANDES

1°. — L’armée du prince royal de Saxe (armée de la Meuse) occupait les positions suivantes 1 :

Le corps de la garde était près de Carignan, sur la rive droite du Chiers ; ses grand’gardes s’avancaient jusqu’à Pouru*aux-Bois.

1 D’après le Rapport allemand. — Voir la carte n° 2.

SEDAJN.

Le XIIe corps était à Mairy ; ses grand’gardes à Pouru-Saint-Remy ; ses patrouilles s’avancaient jusqu’à Francheval.

Le IVe corps était sur la rive gauche de la Meuse, à trois kilomètres environ de Rénnlly.

Le quartier général du prince de Saxe était établi à Cari gn an.

2°. — L’armée du prince royal de Prusse (IIIe armée) se trouvait établie :

Le 1er Bavarois à Rémilly; sa tête de colonne au pont de Bazeilles ;

Le IIe Bavarois, à Raucourt ;

Le Ve corps, à Chehéry;

Le XIe corps, à Donchery, où, dans la journée, il a jeté deux ponts et commencé son passage sur la rive droite;

La division wurtembergeoise , à Boutancourt; puis, dans la nuit, près de Dom-le-Mesnil, où elle jeta un pont.

Le VIe corps bivouaquait à Semuy et à Attigny, prêt à se porter rapidement vers l’ouest, dans le cas où l’armée française tenterait de battre en retraite pendant la nuit. La cavalerie était échelonnée de Vouziers à Bouvellemont.

Le prince royal de Prusse s’était transporté à Chémery.

SEDAN

Chaque commandant en chef avait reçu des indications précises du Roi, et avait donné ses ordres pour l’attaque du lendemain.

Dans l’armée française, les instructions se bornaient à ce texte :

Défendre le mieux possible les positions sur lesquelles on se trouvait. La ligne de retraite, en prévision d’un insuccès, n’était pas indiquée. Il paraît évident que le maréchal voulait, avant de prendre un parti, voir se dessiner les mouvements de l’ennemi. Mais demain, il sera trop tard 1 !

Acculée à une place sans défense et sans munitions, cernée par plus de 200,000 hommes, une artillerie plus nombreuse que la sienne et bien supérieure, notre armée, exténuée et démorali-

1 C’était la conviction profonde du général Douay. C’était aussi l’avis du général du génie Doutrelaine et du colonel Bezia, son chef d’état-major. Mandés tous deux à la ferme de l’Algérie par le commandant en chef du 7e corps le 31, à dix heures du soir : « Eh bien, que pensez-vous de la situation? » demanda le général Douay au général Doutrelaine. « Je pense, mon général, répondit celui-ci, que nous sommes perdus! » Et il s’expliqua.

Après avoir écouté attentivement le général Doutrelaine : « C’est aussi mon opinion, » lui dit le commandant du 7e corps; et il ajouta : « Il ne nous reste donc plus, mon cher Doutrelaine, qu’à faire de notre mieux avant de succomber . »

SEDAN

sée, était fatalement condamnée à un désastre, si elle attendait le 1er septembre dans les positions occupées par elle le 31 août.

Voilà pourtant où nous avaient conduits les dépêches arrivées de Paris au Chesne pendant la nuit du 27 au 28.

Arrêter l’armée dans sa retraite, le 28 au matin, pour lui faire reprendre la route de Montmédy, avec l’ennemi sur les talons, c’était l’exposer : ou à être écrasée entre les armées qu’elle allait chercher sous Metz et celles qui la suivaient, ou à être rejetée sur la frontière de Belgique avant d’avoir atteint Montmédy.

Aussi, à partir du 28, l’armée française peutelle être considérée comme en perdition. Dès lors, chaque jour aggrave sa situation; Beaumont lui porte un tel coup, qu’elle est forcée de se jeter vers l’ouest, et la voici autour de Sedan. On a dit que l’armée du maréchal Mac-Mahon n’avait d’autre parti à prendre, pour échapper à une capitulation, que de se jeter en Belgique. Quitter le sol français sans avoir combattu? Cela était inadmissible. Mais n’aurait- on pu tenter, pendant la nuit, une retraite sur Mézières, après avoir donné aux troupes quelques heures de repos? Les chefs de corps, prévenus dès le soir, auraient pris leurs dispositions pour laisser derrière eux

tout ce qui pouvait entraver leur marche, et pour

SEDAN

lever le camp à une heure du matin : le 7e corps, qui était le plus près de la route de Sedan à Mézières, aurait pris la tête de la colonne; le 12% qui en était le plus éloigné, aurait formé l’arrièregarde; le général Vinoy, commandant le 13e corps d’armée, qui était arrivé dans la nuit du 30 au 31 à Mézières, et avait envoyé son aide de camp à Sedan, le 31 au matin, pour faire connaître au maréchal Mac-Mahon, et « au besoin à FEmpe- » reur, l’arrivée sur le théâtre des opérations, de » la tête de colonne du 13e corps, ainsi que les » dispositions prises par son chef, et pour rece- » voir leurs instructions et leurs ordres 1 » , aurait

1 Dans son livre sur tes Opérations du 13e corps et de la 3e armée , le général Vinoy donne des détails intéressants sur la mission de son aide de camp le capitaine de Sesmaisons.

Celui-ci partit de Mézières à huit heures du matin, par un train spécial, avec un détachement de zouaves destiné au 3e régiment. Entre Donchery et Sedan, « des pièces mises en » batterie sur un mamelon situé entre Frénois et Donchery

» tirèrent sur le train . Personne ne fut atteint . En péné-

» trant dans la place par la porte et le faubourg de Torcy, le » capitaine de Sesmaisons vit très-distinctement sur les hau- » teurs voisines de Wadelincourt une forte colonne prussienne » composée de cavalerie, d’artillerie et surtout d’infanterie, » qui paraissait venir du Ghesne et se diriger sur Mézières ou

» sur Donchery. Il était alors neuf heures et demie du matin .

« Le capitaine de Sesmaisons fut aussitôt admis devant l’Em- » pereur. Napoléon III s’enquit d’abord des causes de la canon- « nade qu’il avait entendue peu auparavant dans la direction » de Donchery. Le capitaine, après avoir répondu sur ce point,

SEDAN

pu recevoir la mission de s’établir entre Mézières et Sedan dans une forte position , et de protéger la retraite le plus énergiquement possible.

» fit connaître à l’Empereur l’arrivée de la tête de colonne du » 13e corps, ainsi que les dispositions prises par son comraan- » dant en chef. Il était évident que l’ennemi s’étant montré « aussi près de Mézières, les détachements dirigés sur Poix, >> Rimogne et Flize (par ordre du général Vinoy), allaient se » trouver très-compromis. Le capitaine de Sesmaisons pria » donc l’Empereur de vouloir bien faire parvenir immédiate- » ment au général Vinoy tous les renseignements que le quar- » tier général pouvait avoir sur la situation et de l’avertir qu’il » eût à ramener toutes ses troupes autour de Mézières. L’Em- » pereur lui remit aussitôt la dépêche suivante :

« Sedan, 10 heures matin.

>» Les Prussiens s’avancent en force : concentrez toutes vos » troupes dans Mézières.

» Napoléon. »

» Toutefois, il fit observer au capitaine de Sesmaisons qu’il « ne donnait cet avis qu’à cause de l’urgence et de la difficulté » qu’il allait éprouver à rencontrer le maréchal Mac-Mahon, » qui, ayant seul le commandement en chef, devrait, dans » tous les cas , ratifier et approuver les dispositions prescrites , » pour qu’elles devinssent définitives. L’Empereur s’inquiéta » ensuite de la route que prendrait le capitaine de Sesmaisons » pour rejoindre Mézières, car il fallait renoncer à la voie » ferrée, à cause du feu trop rapproché de l’ennemi. L’Empe- >» reur lui fit donner un des chevaux de l’état-major général, » et lui indiqua, en la* traçant lui-même au crayon sur la carte, »> la route que l’armée devait suivre le lendemain.

» C’était un chemin de grande communication récemment

SEDAN

Nous ne saurions prétendre que cette manœuvre fût sans périls, ni qu’elle dût assurer un succès

» ouvert entre Sedan et Vrigne-aux-Bois, sur la rive droite de « la Meuse. L’Empereur ne doutait pas que ce chemin, qui ne » figurait pas encore sur la carte, ne fût inconnu de l’ennemi, » et il supposait par conséquent qu’il devait être resté libre. Le » capitaine conclut, du reste, de cet entretien, que l’Empereur » semblait admettre pour le lendemain, comme bien décidée » ce jour-là même, la marche de l’armée sur Mézières, et cela » dans la persuasion où il était que la rive droite de la Meuse » ne pouvait être inquiétée.

» Cependant le capitaine de Sesmaisons parvint à rencontrer » le maréchal de Mac-Mahon au moment où il visitait la cita- » delle. Le maréchal approuva les dispositions prescrites par » l’Empereur : il voulut bien ensuite faire connaître à l’aide de » camp du général Vinoy ses vues et ses impressions person-

» nelles . La résolution du maréchal semblait définitivement

« arrêtée pour une marche de l’armée sur Mézières : il ne » redoutait pas un mouvement des Prussiens sur ses derrières, » persuadé qu’il était que, dans le cas où ce mouvement serait » tenté, ses troupes pourraient écraser à temps le corps ennemi » forcément peu nombreux qui cherchait à s’opposer à sa marche. » Il pensait donc que ses communications demeureraient libres « par la rive droite de la Meuse.

» Vers onze heures, le général Douay vint trouver le maré-

»> chai . C’est à ce moment que le maréchal parut songer à

» une détermination différente : renonçant provisoirement à » l’opinion qui avait d’abord prévalu dans son esprit et dans

ses conseils, d’une retraite, alors encore possible, sur « Mézières, il sembla préférer attendre l’ennemi et accepter la » bataille.

» Le maréchal, après avoir demandé au capitaine à quel » moment le 13e corps serait prêt à agir et lui avoir promis

emon

’ooo

unies

Pouru aux

\S 0 UVi o n .v ur AIeu.se

RubeeouH

eoise

B al an

Messincourt

àzeilles

Page 1