CAVALERIE DE RÉSERVE
2e division d' infanterie .
Général Liébert.
Cb. d’ét.-maj., col. de binages.
lre brigade, ( 5erég. de ligne.
Général
Gu îo mar. (37e rég. de ligne.
6e bataillon de chasseurs.. . .
2e brigade. (53erég. de ligne.
Général
de la Bastide. (89e rég. de ligne.
Artillerie.
Lieutenant-colonel Clûuzet.
„ , . \ 8e et 9e batt.
7' régiment.. j12e (mkrailL). .
Génie.
Chef de bataillon Dormont.
2e régiment (1 compagnie). . .
Total de la 2e division .
3e division d' infanterie .
Général Dumont.
Cb. d’ét-maj., lieut-col. Duval.
lre brigade. (52e rég. de ligne.
Général Bordas.
2e brigade Général B r tt ars I des Portes. (83e rég.
[72e rég. de ligne.
(82e rég. de ligne.
lro division d' infanterie .
Général Grandcbamp.
lr« brigade. (22° rég. de ligne.
Général -
Cambrief.S. (.34e rég. de ligne.
Bataillon de marche de chasseurs (4 compagnies) .
2e brigade. (58e rég. de ligne.
Général j
de ViLLENEUVE’79erég. de ligne.
A rtillerie.
2 batteries de marine de 4. . .
1 batterie de marine de G.. . .
Génie.
1 compagnie .
Total de la l''e division .
2e division d' infanterie.
Général Lacretelle.
lre brigade. (14e rég. de ligne.
Général ' 20e rég. de ligne.
B ER N 1ER. (30e rég. de ligne.
2e brigade. ^2e r. de marche.
Général ,
Marquisan. (4e r. de marche.
Artillerie.
4e régiment (4e batt.) .
15e régiment (3e et 4e batt.). .
Génie.
Régiment (1 compagnie). . . .
Total de la 2e division .
3e division il’ infanterie.
(Infanterie de marine.)
Général de Vassoignes.
1er rég. d’infant de marine. .
2e rég. d’infant de marine..
3e rég. d’infant de marine..
4e rég. d’infant tle marine..
lre brigade.
Général Reboul.
2e brigade.
Général Martin
des Pallières.
rég. de ligne.
Artillerie.
Lieutenant-colonel Bonnin.
„ , . . I 8e et 9e batt. .
6eregin,ent..j10e(inltra.u) ^
Génie.
Chef de bataillon II eue.
2e régiment (1 compagnie).. .
Total de la 3e division .
Division de cavalerie.
Général Ameil.
Ch. d’ét.-maj., comm. Bocquet.
lre brigade. ( 4e hussards..
Gener?
Cambriel.
2e brigade.
Général JoliF
duCoulombier
4e lanciers. .
8e lanciers. .
6e hussards..
6e dragons.
(Cette brigade n a pas rallié le corps. Elle est restée à Lyon.)
Réserve d’artillerie.
Colonel Aubacu.
7e régiment (7e et 10e batt.). .
12e régiment (8rt et 12e batt.). .
20e régiment (3e et 4e batt.). .
7e compagnie de pontonniers.
81' compagnie d ouvriers.
Réserve du génie.
2" régiment (2e compagnie
sapeurs) .
1er régiment (un détachement de sapeurs conducteurs).
Artillerie.
e régiment (3e et 4e batt.).
11e régiment (4e batt.). . . .
Génie.
Régiment (1 compagnie). . .
Total de la 3e division. . . .
Division de cavalerie.
Général Fénelon.
lre brigade. ( lee lanciers..
Général !
Savaresse. ( 7e lanciers. .
2e brigade. ( 5e cuirassiers..
de Réville. I 6e cuirassiers..
Réserve d’artillerie.
8e régiment (3e et 4e batt.). .
1 Ie régiment (10e et 12e batt.).
Artill. de marine (3 batt. de 4).
Réserve du génie.
1 compagnie .
TOTAL général du 7" corps. .
lr® division de cavalerie.
Général de brigade
Dlargueritte.
lre brigade. (1er hussards. . .
Général 1
Tilliabk. (oe chasseurs. . .
2e brigade. (1er chass. d’Afr.
Général < 3e id.
DE Gallift,et,(4« id.
2e division de cavalerie.
Général de Bonnemain.
lr" brigade. (1er cuirassiers, .
Général j
Girard. (4e cuirassiers. .
2e brigade. ^2e cuirassiers. .
de Rrauer. ( 3e cuirassiers. .
Artillerie.
19e régiment (2 batteries). . . .
Total des 2 divisions de cavalerie .
RECAPITULATION.
1er corps (Ducrot). .
5e corps (de Failly).
7e corps (F. Douay).
12 12e corps (Lebrun). .
. — Corps de cavalerie de
— Total général de l’armée .
En adoptant une moyenne de 600 hommes par bataillon et de 90 chevaux par lescadron, on trouve pour l’infanterie, 99,600 1 îouimes, et pour la cavalerie, 9,81 0 chevaux.
On peut donc admettre comme effectif de l’armée :
I Infanterie. . . . 100,000 hommes.
I Cavalerie. . . . 9,810 chevaux.
I Artillerie. . . . 408 bouches à feu.
En comptant les états-majors, les offi- Iciers de troupes, les servants d’artillerie, les compagnies du génie, etc., etc., on obtiendrait un chiffre total de combattants |de 116 à 117,000 hommes *.
L’évaluation faite par le général de lYVimpffen ne donne pas un chiffre supérieur là 1 10,000 hommes;
REIMS. 47
Châlons venait de s’évanouir. Bientôt s’évanouira le dernier rayon de viril espoir qui anime encore tant de braves soldats !
La lutte de dépêches qui s’était livrée entre Paris et Châlons , puis entre Paris et Reims , n’avait point entravé les mesures de réorganisation de l’armée. Mais combien le temps accordé aux troupes a été court !
Le 1er corps, composé en entier de troupes d’Afrique, avait été tellement éprouvé dans les malheureuses journées de Wissembourg et de Frœschwiller, que, malgré sa solidité, il avait besoin de reprendre son aplomb et sa confiance. L’artillerie ennemie y avait fait des vides nombreux; il fallut, faute de mieux, les combler avec les soldats des quatrièmes bataillons , récemment formés.
Le 5e corps, pour n’avoir eu qu’une division faiblement engagée à Frœschwiller, n’en était pas moins dans un triste état. Il avait perdu presque tous ses bagages, et la retraite laborieuse qu’il avait exécutée l’avait profondément désorganisé.
Le 12e corps dont le commandement confié d’abord au général Trochu, avait été donné ensuite au général Lebrun , avait deux bonnes
divisions, dont une d’infanterie de marine. La troisième, sur laquelle on pouvait moins compter, était composée de quatre régiments de marche formés de quatrièmes bataillons. Ses hommes ignoraient jusqu’au maniement de l’arme qu’on venait de leur mettre entre les mains.
Quant au 7e corps, que le général Douay commandait, — disloqué au lendemain de son départ de Belfort, par suite des ordres et des contre-ordres ^ — g avait la plus grande peine à réunir ses fractions éparses et à reprendre l’unité dont il avait joui pendant un moment.
La lre division (Conseil-Dumesnil), qui, depuis le 5 août, avait partagé le sort du 1er corps, avait été très-éprouvée à Frœschwiller , gravement atteinte dans son moral et sa discipline, par cette retraite de soixante lieues tout d’une haleine, et elle nous arrivait dans un état de profond dénûment. Les officiers avaient perdu tous leurs bagages; les trois quarts des hommes n’avaient plus leurs sacs et se trouvaient sans cartouches. Il fallut reconstituer cette division.
En même temps, nos artilleurs — officiers et soldats — durent se multiplier pendant les journées du 21 et du 22, pour débarquer leurs chevaux et leur matériel dans cette gare de Reims , où aucun quai n’avait été préparé en vue d’une pareille opération. Malgré les difficultés créées par
REIMS
cette situation, malgré F encombrement apporté dans la gare par les trains destinés à l’armée de Metz et qui avaient dû rebrousser chemin sur Reims ; malgré une pluie torrentielle , — cause nouvelle de ralentissement dans les manœuvres, — on arriva à être prêt le 22 au soir.
Il restait à pourvoir le 7e corps des 240,000 cartouches qui lui manquaient. Une visite des wagons, faite en hâte avec le chef de gare, permit de découvrir ceux qui renfermaient des cartouches; la demande de ces munitions fut adressée sur l’heure au grand parc d’artillerie, et celui-ci en ordonna la livraison.
Le lendemain 23, à cinq heures du matin, ces cartouches étaient placées dans six voitures, prises sur la voie du chemin de fer, et transportées au camp de la lre division.
A force de prévoyance, d’activité et de dévouement, le 7e corps put retrouver une partie de son équilibre. Cependant, nous partions incomplets : notre 2e brigade de cavalerie avait été retenue à Lyon, et notre parc d’artillerie n’était pas prêt à nous suivre.
Le 23 août, l’armée du maréchal Mac-Mahon s’ébranle à six heures du matin pour aller établir son nouveau camp sur les bords de la Suippe.
Cette première étape s’effectue sans trop de fatigue ni trop de perte de temps, malgré le dé-
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sordre causé à la sortie de Reims par le passage de plusieurs corps, au même débouché et à la même heure. A la nuit, les tentes des quatre corps d’armée sont dressées, et bientôt les feux de 110,000 hommes éclairent l’affluent de l’Aisne. L’armée est établie dans les positions suivantes 1 :
Le 7e corps, formant l’aile droite de l’armée, à Dontrien (lre division), à Saint-Martin l’Heureux (2e division) et à Prosne (3e division) ;
Le 1er corps, entre Saint-Hilaire et Betheniville; Le 5e corps, à Pont-Faverger et Selles;
Le 12e corps, à Saint-Masmes et Heutregiville ; La division de cavalerie Bonnemain , couvrant la droite de l’armée, à Vaudesincourt et Auberive ; Le général Margueritte, avec les chasseurs d’Afrique, à Monthois, surveillant les défilés de Grand-Pré et de la Croix-au-Bois.
Cette marche, exécutée avec plus d’ordre et d’ensemble qu’on n’aurait osé l’espérer, fait supposer que nous la répéterons le lendemain. — On s’y attend; c’est en quelque sorte la conséquence forcée du plan auquel le commandement vient de s’arrêter. Cependant il se produit, dès le second jour, un ralentissement dans la marche : tandis que le 7e corps poursuit sa route de l’ouest vers
1 Voir la carte n° 1.
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le nord-est et se concentre à Contreuve, les 1er, 5e et 12e corps prennent la direction du nord : le général Ducrot, pour aller camper à Juniville ; les généraux de Failly, Lebrun, le quartier général et l’Empereur, à Rethel. On se demande pourquoi Rethel? — Pourquoi cette pointe excentrique, au lendemain du jour où l’on quittait Reims avec un plan qui n’avait chance de réussir qu’à la condition d’être mené avec une habileté et une promptitude extrêmes?
Cette marche, — a-t-on dit, — était nécessaire au ravitaillement d’une partie de l’armée. Nécessité regrettable, dont les conséquences ne pouvaient tarder à se faire sentir!
En effet, le 25, les 7e et 1er corps, qui sont en avance sur le reste de l’armée, font : le 7e, moins de huit kilomètres pour atteindre Youziers, où il s’arrête; le 1er corps, dix-sept kilomètres pour se rendre de Juniville à Attigny; tandis que les 5e et 12e, avec la division de cavalerie Ronnemain, font séjour à Rethel.
Jusque-là, l’armée avait été éclairée sur son flanc droit, regardé à juste titre comme le plus exposé, par l’excellente cavalerie du général Margueritte; le 25, nous la croisions dans Vouziers, qu elle traversait pour se porter vers le nord, et aller prendre position au Ghesne-Populeux.
L’ennemi menace -t- il donc de ce côté? Le
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commandement a-t-il reçu des indications nouvelles, qu’il se hâte de rappeler à lui le général Margueritte? N’a-t-il plus, du côté de l’est, les mêmes sujets d’appréhension, qu’il ne craigne pas de laisser le soin d’éclairer le flanc droit de l’armée à l unique brigade 1 dont dispose le 7e corps, alors qu’une division entière de cavalerie suffirait à peine à cette tâche pénible et difficile ?
On doit admettre que le grand quartier général avait, eu effet, reçu des renseignements nouveaux qui avaient modifié son opinion sur la marche de l’armée allemande; sans quoi le mouvement de la division Margueritte serait inexplicable ; — mais la suite des événements a prouvé que ces avis étaient inexacts et que l’ennemi ne menaçait pas de ce côté.
De ce jour, 25 août, notre marche devient oscillatoire.
Le 26 , en effet , on quitte enfin Rethel ; le 5e corps se rend au Chesne-Populeux; le 12e à Tourteron; mais le 1er corps ne fait que huit kilomètres pour se porter en avant de Semuy, entre Yoncq et Montgon, et le 7e est maintenu à Vouziers. Quant à la cavalerie du général Margue-
1 La brigade se composait de 13 escadrons (1,300 sabres), dont il faut défalquer 4 escadrons employés au service du quartier général et des divisions.
REIMS
ritte, elle continue cl’éclairer un pays net de Prussiens, et va camper aux Grandes- Armoises ; la division de cuirassiers Bonnemain demeure en réserve à Attigny.
C’était encore une journée perdue!
Cependant, le 7e corps n’ayant reçu aucun ordre de mouvement pour la journée du 26, le général le fit passer sur la rive droite de l’Aisne, ne laissant sur la rive gauche, pour surveiller le chemin de Monthois, qu’une brigade de la division Liébert. Le 4e hussards fut envoyé du côté de Grand-Pré, pour tâcher d’avoir, à tout prix, des renseignements sur l’ennemi; et comme le maréchal avait prescrit l’oecupation de Grand- Pré et de Buzancy !, le général Bordas, commandant la lre brigade de la 3e division, reçut l’ordre de se rendre à Grand-Pré, de s’y établir avec le 52e de ligne et d’envoyer le 72e prendre position à Buzancy.
Aussitôt arrivé à Grand-Pré, le colonel Lavigerie, commandant le 4e hussards, lança ses reconnaissances dans plusieurs directions.
Deux d’entre elles, l’une poussée jusqu’à Apremont2, l’autre envoyée dans la même direction, mais par Marcq, c’est-à-dire le long de la rive gauche de l’Aire, rencontrèrent des troupes de
1 Gros bourg, à 22 kilomètres de Youziers.
2 Bourg situé à 6 kilomètres de Varennes.
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cavalerie prussienne. On disait celles-ci suivies cle colonnes d’infanterie et d’artillerie. Une troisième reconnaissance de cavalerie fut poussée sur Senuc 1 . A l’entrée de Senuc, nos cavaliers se trouvèrent face à face avec de la cavalerie prussienne qui débouchait par le côté opposé du village.
Force fut à notre reconnaissance de battre en retraite, et aux différents postes d’observation de se replier en hâte, vers Grand-Pré. Mais en arrivant en vue de Grand-Pré, l’ennemi aperçut la colonne Bordas, qui débouchait par la route de Vouziers, et battit en retraite à son tour, croyant sans doute, en voyant de l’artillerie (le général Bordas avait amené 6 pièces), à la présence de tout un corps d’armée.
De son côté, le général Bordas, ne se sentant pas en force, se garda d’inquiéter la colonne ennemie, et il se porta sur Grand-Pré. Quelques instants auparavant, il avait fait savoir au commandant du 7e corps, qu’on disait les villages avoisinant Grand -Pré occupés par des troupes de cavalerie et d’infanterie prussiennes. En voyant l’ennemi à Senuc, le général Bordas se crut coupé de Vouziers, et dans son premier mouvement d’anxiété, il eut la pensée de rallier, à Bu-
Petit village au sud et à 5 kilomètres de Grand-Pré.
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zancy, le second régiment de sa brigade. D’ou ce billet au général Douay :
« J’ai devant moi des forces supérieures ; je » suis forcé de me retirer sur Buzancy. »
Il fallait, à tout prix, empêcher un pareil mouvement; non-seulement il laissait la route de Vouziers ouverte à l’ennemi, mais en outre il isolait la brigade du corps d’armée et pouvait la perdre. Faire partir immédiatement pour Grand-Pré deux escadrons de lanciers qui devront rapporter des nouvelles du général Bordas et du 4e hussards , envoyer en même temps , par deux voies différentes, au colonel du 72e, à Buzancy, l’ordre de rallier Vouziers, par la Croixaux-Bois; enfin, prévenir le maréchal de ce qui se passe, telles sont les dispositions qui sont prises sur l’heure.
L’orage montait, nous le sentions venir; et, nous trouvant en première ligne pour le recevoir, il fallait nous mettre en état de lui tenir tête assez longtemps pour permettre au reste de l’armée de venir nous appuyer.
En cas d’attaque, notre grand convoi de vivres, la colonne des bagages et le parc du génie ne devant être qu’un gros embarras, on leur fit prendre la direction de Terron. Dès lors, toute
REIMS
l’attention du commandement se porta vers le camp.
Au dire des paysans, les Prussiens se concentraient à Saiûte-Menebould, au nombre de GO, 000 environ , et ils avaient poussé leurs éclaireurs jusqu’à Montbois et Liry 1 . Le 4e hussards, qui rentra de Grand-Pré vers quatre heures du soir, vint confirmer une partie de ces renseignements. L’approche de l’ennemi aussi bien que la distance à laquelle le 7 e corps se trouvait du reste de l’armée, nous commandant de prendre avant la nuit des positions de combat, quitte à les rectifier le lendemain , dès l’aube , on s’établit sur une ligne située un peu en arrière de Longwé, à l’endroit où la route se bifurque vers Buzancy et Grand-Pré. Notre gauche s’appuya au village de Chestres; notre droite au village de Falaise. La brigade de la division Liébert, placée sur la rive gauche de l’Aisne, resta dans son poste d’observation. Une partie de l’artillerie de réserve fut établie sur la ligne de bataille; des épaulements et des abris furent élevés. Notre cavalerie fut placée en arrière. Ainsi disposé, le 7e corps pouvait recevoir l’ennemi , soit qu’il vînt du côté de Sainte-Menehould, soit du côté de Grand-Pré, soit des deux côtés à la fois.
1 Ce dernier village n’est situé qu’à 14 kilomètres de Vou-
ziers.
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Il était près de sept heures du soir quand un cavalier, envoyé par le général Bordas, vint annoncer que le général était resté à Grand-Pré, ne jugeant pas pouvoir revenir en arrière. 11 croyait la route de Vouziers coupée par l’ennemi. Elle ne l’était pas ; mais , les Prussiens pouvant s’y porter d’un moment à l’autre, le général Dumont fut envoyé immédiatement avec la brigade qui lui restait sous la main, pour rejoindre et ramener la colonne Bordas.
Pendant que ces ordres s’exécutaient, la nuit était venue. Chacun était à son poste; notre général et son état-major au milieu de ses troupes, attendant impatiemment dans un champ tout près de la route, autour d’un feu de bivouac, le retour du général Dumont. Les émotions et les travaux de la journée nous avaient quelque peu brisés ; cependant nous passâmes la nuit l’oreille au guet, courant vers la route au moindre bruit, le pas d’un homme ou le sabot d’un cheval.
Entre une et deux heures du matin, un billet du général Dumont nous tira d’inquiétude. Le général « avait rejoint la colonne Bordas, et il » rentrait avec toute sa division. »
A trois heures du matin il arrivait à Vouziers, ramenant quelques hussards faits prisonniers la veille, et rapportant des renseignements con-
formes en tous points à ceux qui étaient parvenus jusqu’alors à notre quartier général.
La nuit se passa sans incident nouveau. Dès le matin, le général en chef, son chef d’état-major et les généraux du génie et d’artillerie montèrent à cheval et visitèrent les positions situées sur le front de notre corps d’armée, dans le but d’apporter, aux dispositions arrêtées la veille contre une surprise, les modifications qui seraient jugées nécessaires.
En ce moment, — il était environ cinq heures et demie du matin,- — un officier d’état-major remit au général Douay une lettre du maréchal.
Le commandant en chef de l’armée écrivait d’Attigny, trois heures du matin, qu’il arrêtait le mouvement en avant de l’armée, qu’il appuyait de notre côté pour nous soutenir en cas de besoin, et que, de sa personne, il se rendait au Chesne.
Le général commandant le 7e corps envoie aussitôt au maréchal son aide de camp, le commandant Seigland, pour lui expliquer en détail tout ce qui s’est passé depuis la veille et lui confirmer les renseignements qu’il lui a déjà transmis. Cet officier supérieur dit au maréchal que, d’après les dernières nouvelles, le prince royal de Prusse serait à Sainte-Menehould et qu’une autre armée que la sienne monterait par
Il El \IS.
Varennes. « S’il en est ainsi, — répond le maréchal, — la position n-’est pas bonne. » Il télégraphie au général Douay pour lui demander de lui transmettre sans retard les renseignements qu’il pourra obtenir des prisonniers , puis il lui écrit une lettre qu’il remet au commandant Seigland. Le maréchal y renouvelle ses recommandations : il fait savoir au général qu’il met la division de cuirassiers à sa disposition; que le 1er corps (Ducrot) se porte sur Terron, pour être prêt à marcher au canon, et le 5e (de Failly) sur Buzancy. Le maréchal devait passer la journée au Chesne.
L’aide de camp du général Douay repart au galop ; sur la route il rencontre une division du 1er corps. Elle prenait position à Quatre-Champs, pendant que , derrière elle , venait la division L’ Héritier et que les deux autres, sous les ordres directs du général Ducrot, arrivaient à Terron.
Entre temps, on avait interrogé les prisonniers et on avait appris d’eux que les forces établies du côté de Grand-Pré étaient l’avant-garde d’une armée, mais on n’avait rien pu en tirer de plus. De leur côté, les gens de la campagne, arrivés pendant la nuit au quartier général, et qui avaient constaté la marche de l’ennemi dans la direction de Vouziers, évaluaient à près de 100,000 hommes les troupes qu’ils avaient vues.
Ainsi, bien que nous ne sachions pas exacte-
CO
REIMS
ment l’effectif des masses ennemies qui s’avancent vers nous de deux côtés, et que nous ignorions encore, le 27, que les têtes de colonnes rencontrées par nos reconnaissances au delà de l’Argonne appartiennent à la IVe armée, commandée par le prince royal de Saxe , nous ne pouvons pas mettre en doute la marche, vers nous, de deux colonnes distinctes.
Le général transmet au maréchal ces nouveaux renseignements; le commandant Loizillon, qu’il lui envoie , arrive au Chesne à trois heures et demie. 11 trouve le maréchal en conférence avec son chef d’état-major général, le commandant du 12e corps et un colonel d’artillerie. Là, il expose la situation dans tous ses détails. A peine a-t-il fini que le maréchal , qui écoutait attentif et soucieux, est mandé auprès de l’Empereur.
Sa Majesté venait de recevoir la nouvelle que le prince royal de Prusse, suspendant sa marche sur Paris, s’avançait vers nous. Après un long entretien avec l’Empereur, le maréchal revient , congédie les officiers présents, à l’exception des deux généraux, et arrête ses dispositions pour le lendemain. Il est urgent de prendre de promptes mesures; on ne peut plus rien pour le maréchal Bazaine, qu’on a déjà trop attendu dans l’Argonne.
A six heures, le commandant Loizillon reçoit