L ARMEE SE DEROBE VERS LEST
de Gévigny d'opérer des démonstrations vers Clamecy et sur la Loire. «Je chercherai le plus promptement possible à couper les communications de l'ennemi, mais je crois qu'il convient de ne jouer son va-tout qu'à bon escient*. »
Ainsi, dès le 8 janvier, Bourbaki savait son flanc gauche et même ses derrières menacés ; il se bornait à réclamer « des démonstrations» vers Clamecy et sur la Loire. Pourtant il était difficile d'admettre que les quelques qiilliers d'hommes du général de Pointe pussent ainsi ralentir sensiblement la marche des Allemands.
De son côté, M. de Freycinet approuvait entièrement le mouvement de l'armée entre Vesoul et Bclfort. Il le trouvait bien conçu ; cependant il persistait à croire que Cremer pourrait être plus utilement employé vers Langres*.
Pour l'armée, la journée du 8 se passait encore dans une immobilité à peu près complète. Le 18" corps continuait cependant son mouvement de flanc; la 2* division attendait que les deux autres l'eussent dépassée et formait arrièregarde. Elle ne se mettait en marche que vers midi et atteignait fort tard ses cantonnements'. Les avant- postes du 20" corps signalaient l'évacuation de Villersexel et une fraction de la 3® division s'y installait aussitôt^. Aidés de la population, nos mobiles exécutaient quelques travaux défensifs, notamment deux barricades sur le pont de l'Ognon qui donne accès à la ville vers le nord; elles étaient reliées par une sorte de chemin couvert, fait de ballots et de madriers appuyés contre la balustrade*.