TENTATIVE DE GARIBALDF SUR DIJON
si incomplète, les droits du commandement si mal définis pour chacun, que Texécution d'un projet de ce genre confinait à l'impossible. En dehors des troupes de Garibaldi, le corps franc des Vosges était seul en état de combattre. Le général l'invita donc à menacer Dijon vers le sud-est, pendant que lui-même attaquerait par l'ouest. Cette coopération ne lui fut pas accordée. En l'absence du colonel Beurras, ses officiers refusèrent, dit-on, de participer à l'entreprise projetée, alléguant ses difficultés et faisant valoir « qu'on risquerait certainement de rencontrer l'ennemi, en eflfectuant le mouvement indiqué ^ » . ,
Néanmoins Garibaldi persista dans son projet ; il comptait enlever Dijon de nuit, malgré l'extrême disproportion des forces. Bossak-Haucké, qui serait chargé de l'attaque de droite, marcherait par la route de Sombemon sur le faubourg d'Ouche. A gauche, Menotti attaquerait la gare, en suivant, à partir de Malain, la voie ferrée de Paris à Dijon. Enfin, les meilleures troupes de la brigade Delpech couvriraient le flanc gauche par la route d'Ançey à Lantenay, en y attirant au besoin l'attention de l'ennemi.
Cependant Werder prenait lui-même des dispositions pour marcher sur Chagny et Chalon le 25 novembre. La 4" division de réserve, laissant un fort détachement à Mulhouse, d'autres à Vesoul et à Fresne-Saint-Mamès , s'était concentrée presque tout entière (8 bataillons, 4 escadrons, 3 batteries) autour de Gray (23 novembre). Un poste placé à Mirebeau la reliait à Dijon .
Déjà plusieurs faits, qui s'étaient produits autour de cette ville, avaient attiré l'attention de l'ennemi. Des Garibaldiens apparaissaient dans la vallée de l'Ouche; des engagements contre des francs-tireurs avaient lieu vers Beaune ; un autre apparaisssait à Lux, avec la garnison de Langres ; puis survenait la surprise de Châtillon. Enfin des symptômes d'agitation se montraient à Dijon; un changement se manifestait jusque dans l'attitude des femmes vis-à-vis des Allemands.