‹ Campagne de Piemont et de Lombardie en 1859Chapitre 27 sur 134 · OFFICIERS FRANCAIS : · texte numérisé non relu

OFFICIERS FRANCAIS :

Cuirassier de la Garde Imple Porte -Drapeau. Avtilleur de la lagne.

Voltigeur de la Garde.

GÉNIE

Commandant en chef, M. le général de division Frossard. Chef d'état-major, M. le général Lebretevillois.

- Lorsque les bulletins de victoire et les récits de batailles placeront, avec éclat, sous les veux du lecteur, des noms d'officiers généraux, d'officiers supérieurs, d'officiers subalternes ou de simples soldats, je dirai leurs états de service. Mais, avant de suivre une armée dans sa marche triomphale, on aime à connaître les traits généraux de la vie des principaux chefs qui vont la guider dans les sentiers de la gloire. Je vais donc esquisser, corps par corps, ces physionomies de braves, où chacun se plait à reconnaitre la vaillance traditionnelle de la nation française.

Sur le premier plan se trouve le major général de l’armée d'Italie, Son Excellence le maréchal Vaillant.

. Jean-Baptiste-Philibert Vaillant est né à Dijon, le 6-octobre 1790. II appartient à l’une des plus honorables familles de la Côte-d'Or; mais ses parents étaient plus riches de considération que d'argent. Ses premières études furent promptes et rapides, ainsi que le comportait l'époque où il les commença ; admis à l École polytechnique, il y révéla les she les plus sérieuses.

Sorti de cette école le 1” octobre 1809, le jeune Vaillant fut mcorporé, comme élève sous-lieutenant, dans l’arme du génie : il n'avait pas encore accompli sa vingtième année. Dix-huit mois plus tard, nommé lieutenant en premier, il fut envoyé, le 5 avril 1811, au bataillon de sapeurs détaché à Dantzig. Dans ce poste, il sut bien vite se faire distinguer du général Haxo, qui ne tarda pas à en faire son aide de camp, et, bientôt après, son ami.

En cette double qualité, Vaillant suivit le génétel Haxo dans l'expédition de Russie et pendant la campagne de 1815.

Dans cette même année, tombé au pouvoir de l'ennemi, Vaillant ne put

- rentrer en France qu'au moment où se fit l'échange des prisonniers.

C'était en 1814.

Le jeune lieutenant d'état-major se retire alors auprès du général Haxo, auquel il avait voué une affection filiale, et dont plus tard il devait épouser la veuve. Mais, lorsque Napoléon [* vient tenter une dernière fois le sort des armes, lorsque $'échappant de l'ile d'Elbe il essaye de restituer à la France amoïindrie sa grandeur et sa puissance éclipsées, Vaillant se met à la tête des héroïques jeunes gens qui concouraient si énergiquement

à la défense de Paris et faisaient de leurs corps un rempart contre l'invasion ennemie,

On sait le dénoûment fatal de cette sublime épopée; on en sait aussi les glorieuses péripéties et les luttes gigantesques. Là, on retrouve Vaillant à chaque station du patriotisme; on le retrouve à Gilly, à Ligny, et enfin à Waterloo.

En 1816, à vingt-six ans, Vaillant fut promu au grade de capitaine d'é. lat-major de première classe ; en 1826, il fut nommé chef de bataillon. Pendant cette période de dix années, il se livra presque exclusivement à il son goût pour l'étude, a

En 1830, le commandant Vaillant eut l'honneur de faire partie de l'expédition d'Alger, pour laquelle il fallait des officiers de génie instruits. Au siége du fort l'Empereur, un biscaïen lui cassa la jambe. Nommé lieutenant-colonel et guéri de sa blessure, Vaillant fit également partie du corps d'armée qui, sous la conduite du maréchal Gérard, allait soutenir les Belges dans leur insurrection contre la Hollande. Jl prit une part très-active au siège de la citadelle d'Anvers, et, au retour de cette expédition, il fut nommé colonel chef d’état- -major du génie. Bientôt après, 1l commandait le 2° régiment du génie.

En 1837, le colonel Vaillant fut envoyé de nouveau en Afrique : là, il fut chargé de la direction des fortifications d'Alger. 11 ne tarda pas à recevoir le brevet de maréchal de camp ou général de brigade. |

Les plus hautes distinctions honorifiques étaient venues trouver le général Vaillant à chaque phase de son heureuse et brillante carrière. Chevalier de la Légion d'honneur presque au début de sa vie militaire, il portait, depuis longtemps déjà, la rosetie d' officier ; il ne devait pas tarder à recevoir le cordon de commandeur.

Rappelé d'Alger le 21 octobre 1838, le général Vaillant fut placé à la tête de l’École polytechnique, qui avait été son berceau militaire.

Revenir à l'École polytechnique, c’était pour ainsi dire rentrer dans sa famille. |

Le général Vaillant garda ce poste pendant quelques années, et ne le . quitta que pour prendre, en 1845, la direction des fortifications de Paris, qu'il conserva également plusieurs années.

Élevé, au mois d'avril 1844, à la dignité de rad dfcier de la Légion d'honneur, promu, au mois d'octobre 1845, au grade de lieutenant général, le directeur des fortifications de Paris marchait avec rapidité vers le litre le plus éminent de l'armée. La Révolution de 1848 allait lui aplanir encore le chemin de la fortune. L'Europe était émue, l'Italie était agitée : en 1849, on y envoya un corps expéditionnaire qui fit le siége de Rome ; ce fut lui qui eut, dans ce corps, le commandement de l'arme du génie. Le souvenir de cette mission valut successivement au général Vaillant le

L'ITALIE CONFÉDÉRÉE 439 grand cordon de la Légion d'honneur et le bâton de maréchal de France. Quelques années après 1l devenait grand maréchal du palais; puis, au moment de l'expédition de Crimée, il recevait le portefeuille de la guerre, sans abandonner le poste qu'il occupait et qu'il occupe encore auprès de l'Empereur. On peut dire qu'il partait pour l'Italie chargé d'honneurs, sans en excepter ceux que l’on recueille dans les salons de l’Institut de France. R

Le maréchal Vaillant, en eflet, a le rare bonheur, pour un homme de guerre, d'appartenir à l’Académie des sciences, où son érudition est en grande estime. Quoique savant, il est cité comme homme d'esprit, mérite qui s'allie à merveille à la bravoure de l’homme de guerre.

Le chef d'état-major général de l'armée d'Italie, le général de division de Martimprey, avait exercé déjà les mêmes fonctions sur la terre d'Afrique et sur le sol de la Crimée. Homme du mende dans'un salon comme il est homme de guerre en campagne, le général de Martimprey, que la Révolution de 1848 avait fait directeur du personnel au ministère de la guerre, est aimé autant qu'estimé.

M. Pâris de Bolardière avait été chargé, pendant la guerre d'Orient, de diriger les approvisionnements de l’armée de Crimée. On sait avec quelle intelligence et quel dévouement il a su remplir ces fonctions délicates. Le souvenir des services qu’il a rendus à cette époque le fit désigner de nouveau pour remplir la même mission auprès de l’armée d'Italie. Membre du Comité de l’intendance, il est en outre inspecteur général du service. Ar

Attaché à l'état-major général en qualité de commandant de l'artil-

lerie, le général de division Lebœuf est le plus jeune des officiers de son grade et de son arme. Né en 1809, il entra en 1830 à l'école d’application de Metz et parvint rapidement au grade de colonel, qu'il gagna sur les champs de bataille de l'Afrique. Au début de la campagne de Crimée, il était chef d'état-major de l'artillerie à l'armée d'Orient. La bataille de : l'Alma lui valut le grade de général de brigade. A son retour de Crimée, il est entré dans la garde impériale. Nommé général de division et membre du Comité de l'artillerie, il a été attaché à l'ambassade extraordinaire de Son Excellence M. le comte de Morny, envoyé en Russie pour assister, au nom de Napoléon II, au couronnement d'Alexandre IE. On admirait à Moscou sa tournure martiale comme on admirait à Sébastopol sa chevaleresque bravoure. |

Voici maintenant quels étaient les cadres de la garde impériale :

GARDE IMPÉRIALE

Commandant en chef : M. le étérel comte REGNAULD DE RATER D ANGÉLY.

Chef d'état-major : M. le colonel Raoult.

Commandant de l'artillerie : M. le général de brigade de Sévelinges.

La garde impériale avait deux divisions d'infanterie et une division de cavalerie.

PREMIÈRE DIVISION

M. le général de division Mellinet.

1"° brigade : M. le général Cler.

Cette brigade comprenait les zouaves et le 1°” grenadiers. 9° brigade : M. le général Wimpfen.

Cette brigade comprenait les 2° et 3° grenadiers.

DEUXIÈME DIVISION

M. le général de division Camou.

1° brigade : M. le général Manèque.

Cette brigade comprenait le bataillon de sb et les 1° et 2° voltigeûrs.

2° brigade : M. le général Decaen.

Cette brigade comprenait les 5° et 4° voltigeurs.

DIVISION DE CAVALERIE

. M. le général de division Morris.

1° brigade : M. le genéral baron Marion.

Cette brigade comprenait les 1” et 2° cuirassiers. 2° brigade : M. le général Dupuch de Feletz.

Cette brigade comprenait les dragons et lanciers. 5° brigade : M. le général de Cassaignolles.

Cette brigade comprenait les guides et les chasseurs.

M. le comte Auguste-Michel-Étienne Regnauld de Saint-Jean-d’Angélv qui, parti général de division, devait recevoir le bâton de maréchal de France sur le champ de bataille de Magenta, est né à Paris le 50, juil-

let 1794. L'école de cavalerie de Saint-Germain fut sa première école militaire. C'est de cette école qu'il passa, en 1812, dans l’armée active. Nommé sous-lieutenant au 8° régiment de chasseurs à cheval, il fit la

campagne de Russie. En 1815, il était lieutenant; en 1814, il était ‘capitaine. C’est avec ces grades qu’il fut successivement détaché, en qua-

lité d'aide de camp, auprès des généraux Piré et Corbineau.

Pendant la mémorable campagne qui suivit le fabuleux retour de l'ile d'Elbe, le comte Regnauld de Saint-Jean-d'Angély fut attaché à la personne de Napoléon [", comme officier d'ordonnance. IT gagna dans cette célèbre campagne le grade de chef d'escadron que le gouvernement de la Restauration ne voulut pas lui reconnaitre. Aussi fit-il la campagne de Morée en qualité de simple lieutenant. En 1829, il redevenait capitaine. Mais la monarchie de 1850 allait réparer les imjustices du gouvernement de la Restauration. Elle le fit successivement lieutenant-colonel, puis colonel du 4° régiment de chasseurs. La première nomination est de 1850 ; la seconde promotion est de 1832.

Devenu maréchal de camp en 18%, le comte Regnauld de Saint-Jeand'Angély commandait en 1848, au moment où éclata la Révolution de février, la brigade de cavalerie casernée à Paris. Nommé la même année général de division, il a successivement dirigé, pendant le siége de Rome, en 1849. une division de cavalerie et une division d'infanterie. Membre de la législature et ministre de la guerre, c’est lui qui eut l'énergie, en 4851, de signer la destitution du général Changarnier, alors commandant en chef de l’armée de Paris. Get acte de fermeté a peut-être sauvé la capitale de la France dès malheurs de la guerre civile.

Chargé par Napoléon II, en 1854 et en 1855, d'organiser la garde impériale, le comte Regnauld de Saint-Jean-d’Angély a fait de ce corps, deux fois éprouvé sur les champs de bataille de la Crimée et de l'Italie, un corps d'élite qui est: le digne héritier de la vieille garde de Napoléon [°”. Hier, il la commandait avec le grade de général, aujourd'hui 1l la commande

encore avec le grade de maréchal. C'est le seul chef qu'elle ait encore

connu. D'une haute stature et d’une grande vigueur, il donne à ses troupes l'exemple de l’activité la plus ardente et la plus mfatigable, vivant de leur vie et les considérant comme une seule famille dont il est le chef aimé.

La campagne de Crimée avait valu à M. Raoul le grade de colonel d'état-major et la dignité de commandeur de l'ordre de la Légion d'hon-

neur. Dans cette campagne, il s'était surtout fait remarquer dans la déli-

cate et périlleuse mission de major de tranchée. Ce sont ces services qui lui ont mérité le poste de chef d’ APARES de la garde impériale à l armée d'Italie,

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Voici, enfin, la composition des différents corps de l'armée d'Italie, à la veille de la première bataille.

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