kilomètres
2. L'ordre est daté de midi ; il D'est pas parvenu à Bultelslâdt, 28 kilomètres, avant 3 heures et demie ou 4 heures.
Erfurt, ou pour le préparer à marcher sur Côlleda dans le cas qu'il fût dans l'intention de S. M. que je continuasse à manœuvrer sur le flanc de l'ennemi afin de le déborder et le gagner ainsi de vitesse.
Il me paraît bien positif que les Prussiens ne veulent plus se battre et que les officiers et soldats sont saisis de terreur ; leur retraite sur Magdeburg paraît prononcée, et déjà on annonce que les équipages de munitions qui étaient à Erfurt sont partis dans la plus grande hâte pour prendre cette direction ; s'il en est ainsi, et tout porte à le croire, peut-être entrera-t-il dans les intentions de S. M. de prévenir l'ennemi, et c'est dans cette persuasion que je m'y prépare- Il m'a été dit aujourd'hui que l'ennemi avait déjà dirigé des troupes et des équipages sur Langensalza, mais je ne le crois pas, car ce mouvement l'éloignerait davantage du but qu'il doit se proposer.
Les déserteurs nous viennent en foule depuis ce matin. Nous en avons reçu plus de 300 parmi lesquels se trouvent plusieurs sous-officiers. Peut-être y en a-t-il qui, s' étant égarés, se font passer pour déserteurs dans l'espoir de pouvoir ensuite s'échapper.
Les villages sont pleins de blessés prussiens ; déjà nous en avons trouvé plus de 600 ; parmi ceux qui se trouvent à Buttelstftdt, il y a un colonel, un major et plusieurs autres officiers.
D'après le dire des déserteurs, plusieurs régiments ont été entièrement détruits et d'autres sont réduits à moitié. Le régiment des Gardes du roi de Prusse est dans ce dernier cas, ainsi que celui de Môllendorf ; le vieux maréchal de ce nom, en passant hier au soir près de son régiment et le voyant dans ce triste état, pleura amèrement sur leur défaite. Je ne donne pas à V. A. tous les autres rapports des déserteurs sur la perte que l'ennemi a éprouvée, particulièrement en officiers de marque ; car elle a, à ce sujet, des renseignements bien plus exacts ; mais je dois lui rendre compte, comme faisant suite à mon rapport de ce matin, qu'hier, dans une des premières charges que le 8e de hussards a faites,
2 étendards de dragons prussiens furent enlevés et que le tnaréchal-des-logis qui les prit, les conserva très- longtemps et ensuite les perdit, mais ils ne furent pas repris par l'ennemi.
Je rendrai aussi compte à V. A. qu'hier au soir par le mouvement que le corps d'armée fit en se portant sur Ulrichphalben et prenant poste au delà de l'Ilm, deux bataillons prussiens furent coupés et se rejetèrent sur lavant-garde du 1er corps d'armée où ils ont été ramassés, ainsi que l'avaient été dès le commencement de l'attaque les premiers bataillons qui furent séparés du gros de leurs troupes et qui durent éprouver le même sort.
J'ai l'honneur de prier V. A. de vouloir bien mettre ce rapport sous les yeux de S. M. et d'avoir la bonté de me transmettre ses ordres.