‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 141 sur 412 · L« GÉNÉRAL COMPAV8 AU COLONEL OABBÉ · texte numérisé non relu

L« GÉNÉRAL COMPAV8 AU COLONEL OABBÉ

Bivouac en avant de Wollmirstadt, 25 octobre 1806.

En exécution des dispositions arrêtées par S. Exe. le Maréchal commandant on chef, vous voudrez bien, M. le Colonel, au reçu du présent, continuer votro mouvement sur Tangermûnde avec les sapeurs et pontonniers sous vos ordres. — L'intention de M. le Maréchal est que vous fassiez la plus grande diligence ; ainsi je vous invite à accélérer la marche de votre troupe de manière à être rendu ce soir à Tangermûnde où vous recevrez de nouveaux ordres. — Dans le cas où les pontonniers seraient demandés par un des officiers d'artillerie de M. le général Lariboisière, vous les lui laisseriez.

de les faire suivre ainsi que les bois, agrès ou matériaux qu'il pourra trouver et il aura soin de se tenir toujours à hauteur du corps d'armée.

Le lieutenant Lavillette aura avec lui 2 compagnies du bataillon corse qui seront embarquées à l'effet de protéger la navigation, ainsi que la compagnie de pontonniers. Si pendant la nuit on pouvait disposer un des bateaux qui sont à Glindenberg ou à Rogatz pour recevoir 1 ou 2 pièces de 6 avec 1 caisson, le général Lariboisière donnerait des ordres en conséquence. Dans ce cas les bouches à feu qu'on emploiera seront prises à la 3° division.

La compagnie d'artillerie légère, capitaine Pons, et la compagnie de sapeurs joindront demain dans la marche la division du général Legrand.

M. le général Legrand fera protéger par un détachement d'infanterie, indépendamment des 2 compagnies du bataillon corse déjà employées, la navigation des bateaux qui doivent descendre l'Elbe, et, toutes les fois qu'il pourra faire longer la rive gauche par 2 pièces de canon, il donnera des ordres en conséquence pour rendre la protection plus efficace.

La cavalerie légère reçoit directement ses ordres de mouvement.

Demain il sera donné des ordres pour indiquer la position des divisions et le lieu où sera le quartier général. A cet effet MM. les généraux enverront d'avance des officiers pour reconnaître leurs positions respectives ' .

Dans la marche que le corps d'armée doit faire demain et jours suivants, les généraux auront soin de tenir les troupes dans le plus grand ordre et toujours en colonne lorsque le terrain le permettra. Ils sont prévenus que ce mouvement a pour but de prévenir l'ennemi

1. Ces officiers marchent à la tête de la colonne avec le commandant du corp* d'armée et son chef d'état-major. (Voir léna, pages 381 et 560.)

Le général Tbiébault indique les mesures suivantes (8e section, art. 1er, Des Marches) qui incombent aux chefs d'état-major des corps d'armée :

« Quant au chef de l'état-major général, après que toutes les troupes auront été mises en mouvement et qu'il aura reçu les derniers ordres du général eu chef, il prendra le devant avec ses olllciers, le commandant du génie, les chefs d'état-major divisionnaires, les officiers du génie qui y sont attachés, l'ordonnateur et les commissaires des guerres, et les commandants de place des quartiers généraux, pour aller choisir la position que les troupes doivent occuper ou re'gler leur logement, faire faire celui de l'état-major, faire préparer les subsistances et régler le service sous le triple rapport des besoins, de la sûreté et de la police.

■ La fatigue des marches dispose tellement les troupes au mécontentement, que la moindre irrégularité dans les distributions suffit pour amener de grands desordres. On ne négligera donc aucun moyen de convaincre les troupes du zélé que Ton met à leur procurer sans retard tout ce que la loi leur accorde, ou tout ce que les circonstances peuvent permettre de leur donner. •

à Tangermiinde ou pour le forcer à combattre avant d'y arriver. En conséquence ils ne souffriront pas qu'aucun soldat reste en arrière ni s'écarte de la colonne, à moins qu'il ne soit de service pour éclairer la marche.

Le Maréchal commandant en chef ose se flatter que l'ordre qu'il a donné pour empêcher le pillage recevra demain l'exécution la plus rigoureuse et qu'il n'aura que des éloges à donner sur l'ordre que les troupes auront observé pendant le mouvement ; ainsi il comptera sur l'effet des mesures que l'administration du corps d'armée a prises pour assurer les subsistances et en faire faire la distribution.

LE MARECHAL SOULT A L EMPEREUR

24 octobre 1806, 6 heures du soir.

L'apparition d'une colonne ennemie que divers rapports élèvent de 15,000 à 20,000 hommes, m'a déterminé à faire un mouvement que peut-être V. M. désapprouvera, mais que dans les circonstances j'ai cru utile à ses armes et même à l'exécution de ses projets.

Aussitôt mon arrivée devant Magdeburg j'envoyai divers partis sur Helmstadt, Gardelegen et Tangermiinde, afin d'éclairer le pays et pour prendre connaissance deB mouvements de l'ennemi.

Le parti qui a été sur Tangermiinde a rencontré à 2 lieues de cette ville la queue d'une colonne venant de Magdeburg, qu'on prétend conduite par le général Bllicher. Il l'a immédiatement chargée et lui a enlevé 120 hommes, 60 chevaux et 1 pièce de canon avec son caisson. Le commandant de ce parti a acquis la certitude que depuis plusieurs jours il ne cessait de passer des troupes à Tangermiinde, et qu'elles prenaient toutes la direction de Berlin, et il est rentré en ramenant ses prisonniers.

Le parti qui a été sur Gardelegen1 a eu connaissance que, la veille de son arrivée, une colonne de 2,000 à 3,000 hommes, dont une partie à cheval, y était passée et qu'elle se dirigeait

Page 1