CAMP. DB PBUSSB. II
S'il n'y a rien de nouveau, la brigade du général Lasalle restera à Oranienburg où elle attendra de nouveaux ordres.
Le général Milhaud avec son régiment de cavalerie enverra 50 hommes de cavalerie dans Spandau ; il se dirigera avec le reste de son corps sur le village de Hennigsdorf1 et enverra des partis sur Nauen et Fehrbellin.
Le détachement qu'il aura envoyé devant Spandau, aura ordre de le rejoindre du moment que les régiments de la rive droite seront dans la ville.
Le grand-duc de Berg fera partir toute la division de dragons pour Spandau ; 400 chevaux se mettront en marche avant le jour avec 3 pièces de canon de la division ; le reste de la division de dragons partira à 7 heures du matin ; on fera mettre pied à terre aux dragons pour cerner le fort : l'officier du génie et celui de l'artillerie en feront la reconnaissance afin de le canonner et de l'obliger à se rendre si on le juge possible.
Tous les points à reconnaître sont de petites villes ou de gros bourgs situés à 25 ou 30 kilomètres sur le flanc gauche de la marche. Lea reconnaissances se font sur une hauteur de 50 kilomètres. Il est impossible qu'on ne finisse pas par avoir des nouvelles des colonnes prussiennes sorties de Magdeburg.
« Envoyer des partis à 8 ou 10 lieues chercher des renseignements. >
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL LANNES. Potsdam, 35 octobre 1*06, 1 heure du matin.
L'intention de l'Empereur, M. le Maréchal, est que vous donniez l'ordre au général Treillard d'occuper Spandau avant le jour et de cerner le fort de manière qu'il ne puisse plus avoir de communications avec le dehors. 11 fera éclairer par de petits partis la route de Nauen, de Wtistermark et de Neuendorf ; ces partis se reploieront sur lui du moment
1. De Potsdam à Spandau, 30 kil. ; — de Spandau à Hennigsdorf, il kil. ; — de Spandau ou de Hennigsdorf à Nauen, 35 kil. ; — de Hennigsdorf à Fehrbellin, 37 kil.
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qu'ils auront rencontré d'autres troupes françaises ; et, dès que les dragons du prince Murât seront arrivés à Spandau, il se réunira au pont de Neuendorf.
L'Empereur ordonne également que vous fassiez partir le 17e régiment d'infanterie légère avant le jour avec 6 bouches à feu, obusiers et pièces de 12 si vous en avez.
Le 17e régiment se rendra à Spandau pour cerner la citadelle et la forcer à se rendre. Le reste de la division Suchet partira au jour pour se rendre à Spandau ; la division Gazan ne partira qu'à 8 heures du matin, heure à laquelle on aura reçu le rapport des reconnaissances.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL AUGEREAU
Potsdam, 25 octobre 1806, 2 heures du maliu.
L'intention de l'Empereur, M. le Maréchal, est que vous laissiez reposer votre corps d'armée. L'Empereur attend la rentrée des différentes reconnaissances qui doivent donner des nouvelles d'une colonne ennemie qui est en marche de Magdeburg sur Stettin et que l'on espère pouvoir entamer. Il est possible que vous receviez des ordres sur les 10 ou 1 1 heures. Si vous recevez ceux de vous rendre à Berlin, vous pourrez dans la journée vous en approcher assez pour faire votre entrée dans cette capitale demain à midi.
L'Empereur restera toute la journée à Potsdam.
Remarquer l'heure où les ordres sont donnés et expédiés ; — Tannonce des ordres qui pourront être donnés le lendemain. Pour que les troupes soient toujours prêtes à marcher, il faut les prévenir à l'avance toutes les fois que cela est possible, afin qu'elles mettent à profit les moments de repos pour manger et dormir.
L'Empereur attend le rapport des reconnaissances pour donner ses ordres de mouvement. Avant d'engager ses corps, il a besoin de savoir si la colonne sortie de Magdeburg dont il a eu connaissance à Potsdam dans la journée du 24, se dirige sur Stettin ou si elle vient sur Berlin. Les renseignements des reconnaissances peuvent seuls le fixer à cet égard. Il faut que les reconnaissances des fiance rentrent ou au moins qu'elles donnent de leurs nouvelles ;
si elles sont à 2 ou 3 jours de marche, si elles sont plus loin que 50 kilomètres, elles ne donneront pas de nouvelles en temps opportun ; le mouvement de l'armée sera arrêté.
Lorsqu'une armée marche en masse de guerre, prête à se concentrer en une journée, c'est-à-dire prête à combattre, il est inutile d'envoyer les reconnaissances à plus de 8 à 10 lieues. Des reconnaissances qui ne rentrent pas, qui ne donnent pas de nouvelles, n'ont pas d'objet; elles ne servent qu'à ruiner la cavalerie sans nécessité. Il faut de l'ordre dans les reconnaissances, de l'ordre comme direction, comme partage du terrain, de l'ordre aussi pour la fixation des distances.
Le 25, l'Empereur pouvait réunir à la fin de la journée ou dans la nuit, sur la rive droite de la Havel en avant de Spandau face à l'ouest, 3 corps d'armée, 5e, 7°, 3e, la Garde et 4 divisions de cavalerie, pour s'opposer au mouvement sur Berlin de la colonne prussienne sortie de Magdeburg pendant que le 1er corps débouchant de Brandeburg tomberait dans son flanc droit. Ces forces étaient suffisantes dans l'état de désorganisation de l'armée prussienne.