‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 17 sur 412 · A remplacer les mauvais chevaux et ceux fiitigués · texte numérisé non relu

A remplacer les mauvais chevaux et ceux fiitigués

cesser toute espèce de pillage et vexation ; vous ordonnerez à cet égard de fréquentes patrouilles.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL LEFEBVRE

Weimar, 16 octobre 1806, 5 heures du matin.

L'Empereur ordonne à M. le maréchal Lefebvre de partir aujourd'hui d'Iéna avec la garde à pied et les dragons pour se rendre à Naumburg.

l'empereur au maréchal davout.

Weimar, 16 octobre 1806, 7 heures du matin. Mon cousin, je vous fais mon compliment de tout mon cœur sur votre belle conduite. Je regrette les braves que vous avez perdus ; mais ils sont morts au champ d'honneur. Témoignez ma satisfaction à tout votre corps d'armée et à vos généraux. Ils ont acquis pour jamais des droits à mon estime et à ma reconnaissance. Donnez-moi de vos nouvelles et faites reposer quelques moments votre corps d'armée à Naumburg.

le grand-duc de berg a l'empereur.

Sous les murs d'Erfurt, 16 octobre 1806, 10 heures et demie du matin. .

Conformément à la capitulation que j'ai eu l'honneur d'adresser à V. M., les dragons ont pris possession des portes de la ville d'Erfurt et tout de suite remis à l'infanterie du corps de M. le maréchal Ney. Ce Maréchal a eu ordre de laisser un régiment de ceux qui ont le plus souffert pour rester dans la ville ;.il a eu celui de nommer un commandant d'armes de la ville et de la place. Le. général Lamartinière recevra l'artillerie, l'ordonnateur Faviers les magasins, et le commandant du génie doit recevoir les plans de la place et on dressera l'inventaire du tout.

Suivant tous les rapports, le Roi devait être hier au soir sur Langensalza ; tous les bagages ont dû s'y retirer ainsi que les troupes d'Hohenlohe. Tout le monde demande à expédier des avis au Roi sur ce point. Alors voici mes dispositions :

Je marche sur Langensalza * avec la division Beaumont et les 2 divisions de grosse cavalerie ayant en tête la brigade Lasalle et soutenu par le corps du maréchal Ney. Je dirige le général Klein, éclairé par le 13e de chasseurs, sur Tennstadt, communiquant avec Langensalza et Weissensee et Ctflleda ; demain, suivant les nouvelles que j'aurai de l'ennemi,, je le suivrai ou sur Sondershausen ou sur Mtihlhausen, à moins d'ordres contraires de V. M

En me portant sur Langensalza, je puis couper le corps du duc de Weimar qui se retire d'Eisenach sur ce point, et je serai en mesure de me porter partout où l'ennemi se retire»

Je sors de la ville : le prince de Nassau est venu me recevoir à la porte ; j'ai vu le vénérable Mollendorf ; je lui ai envoyé mon médecin.

Il y a environ 6,000 prisonniers, de grands magasins, beaucoup de canons, et une portion de la garde du Roi ; le prince d'Orange désirerait qu'il fût permis à cette garde de retourner à Berlin, en me disant que ce serait une chose agréable à S. M. le roi de Prusse ; je lui ai répondu que j'en écrirais à V. M., ainsi que pour les cadets et autres personnes qu'il désire conserver ; j'ai renvoyé le tout à votre générosité.

Je vais proposer au prince de Nassau d'aller auprès de V. M.

Nous allons recevoir la ville, et cependant une partie du corps d'armée est en marche. J'aurai l'honneur d'écrire à V. M. du moment que j'aurai rencontré l'ennemi.

Le général Belliard prend possession de la ville.

i. Le corps de cavalerie no partit qu'à i heure de l'après-midi et arriva à f heures du soir, ayant fait 34 kilomètres en 6 heures de marche. Rapport du 17 du général Belliard au Major général. Voir plus loin.

l'empereur AU GRAND-DUC DE BERG.

Weimar, 16 octobre 1806, 1 heure après midi l .

J'ai vu avec plaisir la capitulation d'Erfurt. J'aurais été bien fâché que les prisonniers n'eussent pas été envoyés en France. Faites-moi faire la reconnaissance de la ville et de la citadelle, et faites-m'en rendre compte par un officier du génie.

Les dernières nouvelles sont que deux colonnes ennemies, hier à minuit, filaient par Nordhausen et Colleda 9. Les maréchaux Soult et Bernadotte sont à leur poursuite. Il paraît que le jeu est fort mêlé et que cela produira quelque chose. J'imagine que vous ne perdez pas un moment pour poursuivre l'ennemi, et que, lorsque vous le pourrez, vous vous placerez eîitre l'ennemi et Naumburg, et que vous vous mettrez en communication avec tous les corps d'armée, et surtout avec les maréchaux Soult et Davout.

L'ordre est précis : se placer entre l'ennemi et Naumburg et se mettre en communication avec le maréchal Soult. — Par cette expression J'imagine l'Empereur semble dire que, s'il n'a pas fait cette recommandation plus tôt au commandant de la cavalerie, c'est qu'elle résultait de la situation même.

Le 16 au soir à Weimar, l'Empereur se trouvait à 54 kilomètres de Langensalza, cavalerie de la réserve; — à 44 de Gréussen, 4e corps ; — à 56 de Querfurt, l*r corps ; — à 56 de Weissenfels, 3e corps.

1. Dépêche écrite à la réception du rapport du Grand-duc de 10 heures et demie du maliu.

9. Renseignements contenus dans le rapport du général Viallannes, de Butlsfadt, le 16 à 10 heures et demie du matin, page 29, et dans celui du maréchal Soult de Butlelstàdt le 15, page 23, peut-être confirmés aussi à Weimar par des voyageurs ou des postillons.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL NET

. Weimar, 16 octobre 1806.

Lorsque la garnison d'Erfurt aura capitulé, M. le Maréchal, l'intention de l'Empereur est que les 6,000 prisonniers que Ton doit y faire, ne soient pas dirigés, ainsi que le porte Tordre de l'armée sur Kronach, mais directement sur Francfort en passant par Fulde, si la communication est libre, comme je n'en doute pas1. Vous donnerez l'escorte néces-

1. La communication est libre en ce sens que la victoire est si complète que rien ne peut tenir sur cette route ; mais les partis extrêmes de l'armée prussienne sont à peine prévenus, et ils vont rebrousser chemin. — Ici encore il faut des ordres précis : l'Empereur dira plus lard qu'on aurait dû faire éclairer la roule par un parti de 100 chevaux ; oui, il aurait fallu le faire faire, mais le Commandant de l'armée devait en donner Tordre en môme temps qu'il prescrivait de diriger les prisonniers par cette route. — Les communications de Tannée sont une partie tellement importante, que le Commandant de l'armée doit s* en occuper lui-même ; que les ordres concernant ces communications et leur organisation doivent partir du quartier général même de l'armée. L'officier, de quelque grade qu'il soit, général ou o (H ci or supérieur, chargé de suivre le détail de cette organisation et la correspondance qui en résulte, lait partie du quartier général et y est présent ; car s'il n'est pas au quartier général mémo, s'il est sur les derrières, c'est comme s'il n'existait pas; il devient une source de complications; où le trouver pour transmettre les ordres? Pendant le cours d'une campagne les communications peuvent prendre différentes directions qui résultent des opérations, et commo les opérations dépendent de l'ennemi, les modifications peuvent être faites immédiatement. — L'Empereur n'a jamais laissé à personne le soin d'organiser les communications de son armée ; il a toujours donné lui-môme les ordres à cet égard à son Major général, et l'organisation a été faite au quartier général même (tracé des routes; — désignation du personnel, commandants d'armes et officiers à leur disposition, commissaires des guerres, gendarmerie, garnison des postes ; — inspection des routes ; — organisation du pays conquis et des gouvernements). — Je ne me représente pas un officier général chargé de l'organisation des derrières resté à Bamberg, à Schleiz, à Auma, à Géra on même à Iéna, lorsque le 16 à Weimar l'Empereur ordonne que toute la ligne d'étapes par Bamberg sera roployée et établie sur la ligne d'Erfurt, Fulde et Ifayenee. Attendra t-on son arrivée pour faire l'organisation? Si on ne l'attend pas, & quoi sert-il, lui et son état-major*? — La multiplicité des commandements particuliers est une sourco do complications et de susceptibilités, une entrave pour le service, une cause de retards dans la transmission et l'exécution des ordres. La simplicité convient seule à l'activité des opérations militaires ; c'est la première condition du succès.

Quoi de changé aujourd'hui? — Des chemins de fer, des télégraphes? Mais c'est une facilité pour les communications, pour la transmission des ordres. — Se figure-t-on dans l'armée de l'Empereur l'organisation des parcs de relais i les gites d'étapes, les réquisitions de chevaux et de voitures dans les

saire qui ira jusqu'à Francfort, où le commandant prendra un reçu du maréchal Mortier qui fera conduire les prisonniers en France par une escorte prise dans son corps d'armée.

Vous ferez faire un état nominatif des officiers et un état numérique par corps des sous-officiers et soldats, que voua m'adresserez.

L'officier supérieur ou général que vous chargerez de conduire ces prisonniers, répondra qu'il ne s'en évade aucun pendant la route.

Comme il y a de la cavalerie, prenez le plus grand soin pour que les chevaux et les harnachements soient conservés pour la cavalerie de l'Empereur. Evitez toute espèce de désordre dans la place et prenez toutes les mesures pour que tous les magasins soient conservés intacts.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL BERNADOTTE

Woiraar, 16 octobre 1806.

Je viens de recevoir, Prince, votre lettre du quartier général de Bibra1. Je vous répète que l'intention de l'Empereur est que les courriers ne soient pas porteurs des rapports ; c'est exclusivement le métier des officiers d'état-major et des aides de camp.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL AUGEREAU

Woimar, 16 octobre 1806.

L'Empereur ordonne, M. le Maréchal, que vous fassiez partir sur-le-champ les 2 bataillons hessois qui sont dans votre corps d'armée pour se rendre à Erfurt ; ces bataillons

gouvernements, la lenteur des communications, la difficulté pour réunir les subsistances journalières, pour créer des magasins centraux! — Les armées immenses sont nées des chemins de fer. — L'Empereur reviendrait, croit-on qu'il renoncerait à organisor lui-même ses communications et qu'il créerait un commandement particulier chargé uniquement de ce service? 1. Loltre du 15 octobre. V. page 27.

seront attachés à l'état-inajor et recevront, à dater d'aujourd'hui, mes ordres directs.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL NET

Weimar, 16 octobre 1806.

Je vous envoie, M. le Maréchal, 2 bataillons de Hesse- Darmstadt; l'intention de l'Empereur est qu'ils tiennent garnison à Erfurt; vous prendrez sur ces 2 bataillons le nombre d'hommes nécessaires pour escorter les prisonniers faits dans la place d'Erfurt jusqu'à Francfort ; vous chargerez un officier général français de la conduite de ces prisonniers jusqu'à Francfort -, il viendra en poste vous rejoindre ; vous pourriez charger de cela le général Vonderweidt.

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