‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 182 sur 412 · L EMPEREUR AU GRAND-DUC DE BERG · texte numérisé non relu

L EMPEREUR AU GRAND-DUC DE BERG

Potsdam, 86 octobre 1806, 10 heures du matin.

Je reçois votre lettre de 6 heures du matin de Hennigsdorf*. La direction que vous prenez est bonne. Couchez ce soir avec vos divisions à Zehdenick, ayant de fortes reconnaissances sur Gransee et Templin. L'avant-garde du maréchal Lannes couchera ce soir à Falkenthal, et son infanterie aussi près de Falkenthal qu'il pourra.

Le maréchal Bernadotte sera demain à Fehrbellin.

Il me tarde de connaître ce qu'ont rapporté vos reconnaissances de Ruppin. C'est derrière cette route que file l'ennemi ; je pense qu'il file par Kyritz et Rheinsberg.

Au moment même je reçois une lettre du maréchal Soult, de Hohenwarsleben, le 24, à 6 heures du soir. La colonne ennemie, commandée par le duc de Weimar, forte de 15,000 hommes, s'était présentée à Magdeburg. Voyant le passage

i. Falkenthal à 9 kil. en arriére de Zehdenick. 2. 32 kil., soit 8 kil. à l'heure.

obstrué , elle avait tâché de filer sur Tangermttnde t où l'ennemi a un pont de bateaux. Le maréchal Soult lui avait coupé le chemin, était en pleine marche pour tomber dessus et apercevait ses feux. Pas un homme de cette colonne n'échappera. Il paraît que le 23 l'arrière-garde de Blticher a passé à Tangermttnde ; nous lui avons fait 120 prisonniers.

L'Empereur pousse le commandant de sa cavalerie et lui ordonne d'aller encore plus loin que celui-ci ne l'a projeté. Des renseignements, des renseignements !

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL SOULT

Potsdam, 26 octobre 1806, 10 heures du maliu.

L'Empereur, M. le Maréchal, a reçu votre lettre du 24 à 6 heures du soir. S. M. approuve tout ce que vous avez fait et elle espère que cette colonne du duc de Weimar d'environ 15,000 hommes, qui sont les seules troupes de Tannée prussienne qui n'aient point combattu, sera entièrement défaite par votre corps d'armée ; vous aurez donc la gloire de détruire le seul corps qui reste intact aux Prussiens.

On espère avoir coupé le reste du corps d'Hohenlohe. Le grand-duc de Berg est aujourd'hui à Zehdenick ; le maréchal Lannes à Falkenthal ; le maréchal Bernadotte marche de Brandenburg sur Fehrbellin ; les maréchaux Davout et Augereau sont à Berlin; le premier pousse des partis sur Francfort.

Je vous ai déjà écrit dans la nuit pour vous donner carte blanche ; quand vous n'aurez plus d'ennemis à la rive gauche de l'Elbe, passez à la rive droite et dirigez-vous comme vous le croirez le plus convenable pour faire autant de mal qu'il sera possible à l'ennemi; mais ayez le plus grand soin de me donner de vos nouvelles 2 fois par jour1, afin que je sache

l. C'est-à-dire indiquer la direction du mouvement, le point que Ton compte atteindre, rendre compte de l'arrivée, (aire connaître les renseignements recueillis sur l'ennemi.

où vous donner des ordres si les circonstances exigeaient des mouvements combinés.

Le quartier impérial sera aujourd'hui à Charlottenburg.

Je vous ai fait connaître par ma dernière dépêche que vous ne deviez diriger sur Berlin ni matériel ni prisonniers ni blessés; nos seules places d'armes, dépôts et magasins, sont Spandau, Wittenberg et Erfurt. Vous connaissez assez la manière de faire la guerre de PEmpereur pour qu'il y ait telles circonstances où nous abandonnerions le pays à des partis ennemis et que nous n'ayons d'autres places que Spandau, Wittenberg et Erfurt1.

LE MARÉCHAL LANNES A L'EMPEREUR

Spandau, 26 octobre 1806.

D'après tous les renseignements que j'ai pu recueillir, il est certain que l'ennemi a 2 journées sur nous, que son arrièregarde, composée de 2 régiments de cavalerie et d'un d'infanterie, est passée hier matin par Oranienburg. Je pense que nous aurions bien fait de nous diriger sur Bernau. En supposant que l'intention de V. M. fût de poursuivre l'ennemi sur Stettin, nous eussions pris la route la plus courte. Je serai ce soir à Oranienburg, où j'attendrai les ordres de V. M., à moins que le grand-duc de Berg n'ait de meilleurs renseignements et ne me fasse dire de soutenir sa cavalerie.

Conformément à vos ordres, j'ai mis 400 hommes à la citadelle et j'ai défendu qu'on touchât aux approvisionnements.

L'EMPEREUR AU MARÉCHAL LANNES

Potsdam, 86 octobre 1806, il heures du matin.

Mon cousin, il n'y a pas qu'une colonne ; toutes les troupes de l'ennemi sont depuis Tangermunde jusqu'à Stettin. Elles

i . C'est toujours l'idée du plan d'opérations : libre de manœuvrer, indépendant de toute ligne d'opérations. (Voir léna, p. 220.)

passent derrière Ruppin, en s'appuyant du côté du Mecklemburg. Vous ne sauriez arriver trop tôt à Zehdenick. Je vous ai écrit il y a une heure sur cet objet.

LE GEAND-DUC DE BERG A L EMPEREUR

Sur la route près Liebenberg, en arrière de Falkenthal, le 26 octobre 1806, à 2 heures du soir.

Je suis enfin sur l'ennemi. Le général Lasalle l'a rencontré à Zehdenick qui à son approche s'est retiré de l'autre côté de la rivière et a coupé le pont ; il paraît se retirer sur Templin ; 2 régiments de hussards et quelques compagnies de chasseurs à pied ont couché à Liebenberg. Ils venaient de Ruppin. Le général Schimmelpenning a couché à Germendorf, et le prince de Philippstadt était avec lui. Il paraît que l'ennemi est absolument à notre gauche depuis Fehrbellin jusqu'à Zehdenick ; les régiments de hussards sont les premières troupes qui aient paru; on vient de prendre des fourriers qui venaient faire le logement pour 1 régiment d'infanterie et 6 compagnies de grenadiers à Klein-Mutz en arrière de Zehdenick. Je vais diriger des reconnaissances sur les points de Lindow et Ruppin ; je donne tous ces avis à M. le maréchal Lannee et je le prie d'arriver ce soir s'il est possible à Falkenthal; du moment que j'aurai de nouveaux renseignements, je les adresserai à V. M.

Le Grand -duc a marché avec la division Grouchy. — Il vient d'apprendre vers 1 heure 45 la nouvelle que le général Lasalle a l'ennemi en présence. Il fait partir de .suite pour appuyer l'a van tgarde le général Grouchy avec 2 de ses brigades et conserve avec lui la 3*, celle du général Boussard.

Voir plus loin les rapports des généraux Lasalle et Grouchy et celui du grand-duc de Berg de 10 heures du soir.

LE GRAND DUC DE BERG AU MARECHAL L ANNE S

26 octobre '.

M. le Maréchal, mes hussards sont enfin sur l'ennemi qui se trouve en bataille en avant de Zehdenick. Il paraît que c'est la tête de la colonne. Le prince de Hohenlohe doit avoir couché à Ruppin et se dirige selon toutes les apparences sur Falkenthalet Zehdenick. Vous concevez d'après cela combien il est important que vous accélériez la marche de vos troupes et que vous vous rapprochiez le plus possible de moi, c'est-àdire de Falkenthal, faisant reconnaître par toutes vos troupes légères Gransee, Jjindow et Ruppin, et Liebenwald, route que 2 régiments de hussards et quelques hommes d'infanterie viennent de prendre.

Les troupes qui viennent d'être chassées de Falkenthal et qui avaient couché à Liebenberg venaient de Ruppin par Herzberg. Mes troupes légères occuperont Zehdenick avec une division de dragons ; une seconde division de dragons occupera Liebenberg et Falkenthal.

Je vais diriger le 13e de chasseurs à cheval sur Germendorf et Herzberg. Je vous prie de me faire connaître la position que vous occuperez ce soir et les dispositions que vous aurez prises pour observer l'ennemi qui se trouve sur votre flanc gauche pour que demain , d'après les renseignements que j'aurai vraisemblablement ce soir, nous puissions combiner nos moyens pour l'attaquer.

Le 5e corps partit de Spandau le 26 au matin pour Oranienburg, où il arriva dans l'après-midi, probablement vers 1 heure ou 2 heures après une marche de 24 kilomètres. Le maréchal Lannes reçut presque en même temps la dépêche de l'Empereur de 1.1 heures du matin et la demande du grand-duc de Berg de le soutenir. Il pouvait être 4 heures et demie ou 5 heures du soir.

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