Do Falkenthal à Zehdenick, 9 kil
4. Dans la poursuite l'avant-garde d'une colonne de cavalerie pousse jusqu'à ce qu'elle soit ramenée. Le commandant Méda partage immédiatement sa troupe: il se fait précéder par sa première ligne, les 75 hommes, 3 pelotons, et lui-même les suit pour les soutenir. Il a pu ne former que 2 lignes, combat et soutien, puisqu'il sait la brigade derrière lui formant sa réserve. — Il n'en sera pas de môme pour le général Lasalle par rapport à la division de dragons, attendu qu'il ne sait pas au début s'il sera soutenu, bien qu'il ait envoyé une ordonnance au grand-duc de Berg ; qu'il ne se doute pas surtout de l'heure où les dragons arriveront, si même ils arriveront avant la fin de rengagement. Il sera donc obligé de se constituer soutien et réserve. — Dans la poursuite la reconnaissance de l'avant-garde doit être une reconnaissance à coups de sabre afin de forcer l'ennemi à faire face, à montrer ses forces, à prendre des dispositions qui re lardon t sa marche ; le but de la poursuite est d'atteindre l'ennemi et de combattre.
5. L'avant-garde est composée de détachements pris dans les 2 régiments de la brigade.
vers la route de Templin, point sur lequel les différentes colonnes ennemies se retiraient ' .
Le général fit bientôt suivre le 7 e de hussards1 et voyant arriver enfin, après 3 heures, la division Grouchy, il se porta sur l'ennemi qui avait 14 escadrons qui couvraient le défilé '. A 10 pas de l'ennemi sur lequel j'arrivais au pas avec 300 hussards au plus, je m'aperçus que l'ennemi faisait un mouvement pour charger ma troupe sur son flanc gauche ; je profitai de cet instant et ordonnai la charge de pied ferme.
L'ennemi culbuté sur ses 2 ailes se pressa pour rentrer dans le défilé et fut chargé pendant 1 lieue 4. Le colonel du régiment de la Reine-dragons, le major des hussards de Schimmelpenning, presque tous les officiers et 500 hommes furent hachés et pris. Un étendard du régiment de la Reine tomba aussi au pouvoir de mes hussards ; il fut enlevé par le hussard Studer, du 7e régiment ; l'adjudant du 7e, M. Wilmuth, a aussi coopéré à la prise de cet étendard ainsi que le sous-lieutenant Dam, du 5e.
Les dragons de la division Grouchy arrivèrent enfin et se précipitèrent hors du bois au débouché duquel l'ennemi rétabli en ordre ne pouvait plus avoir rien à craindre de mes hussards trop dispersés5.
La brigade a eu une soixantaine de blessés, mais peu de tués.
Le brave lieutenant Epinger, officier de la légion d'honneur, a été blessé mortellement ; il était depuis longtemps proposé pour le grade de capitaine. C'est avec le plus grand plaisir que je rendrai compte à V. A. de la manière brillante avec laquelle les colonels Schwarz et
i. Le capitaine Reimbartz, du 7e, fait partie de l'avant-garde. Cette avanlgarde, qui est devenue la première ligne de la brigade, est soutenue par le 5e de hussards, »• ligne. Le 7e forme la réserve. Le général Lasalle indique comme direction de l'attaque le point de retraite de l'ennemi.
2. Le général Lasalle conserve ses s échelons, ligne de combat, soutien et réserve, jusqu'au moment où se voyant soutenu il s'engagera à fond pour refouler l'ennemi. En attendant il manœuvre, se tenant avec sa deuxième ligne.
3. Le général Lasalle voit paraître les dragons. Toute sa brigade devient ligne de combat. À la division de dragons à former le soutien et la réserve. D'un coup d'oeil il saisit l'instant favorable et ordonne la charge. — Il pouvait être environ 3 heures ou s heures et demie lorsque la division Grouchy déboucha. L'avant-garde du commandant Méda avait rencontré l'ennemi à Falkenthal vers midi.
4. Le bois a en effet une profondeur d'environ 5 kil. jusqu'à la clairière de Storkow.
5. Le combat do cavalerie amène toujours de la désunion dans la i" ligne, qu'elle réussisse et qu'elle poursuive ou qu'elle soit ramenée. De la proximité des troupes de soutien dépend la tenue de la charge. (Voir de Brack, Des charges.)
Marx ont enlevé et conduit leurs régiments ; les aides de camp de V. A., MM. Brunet et Piéton1, ne m'ont pas quitté.
LE GENERAL GROUCHY AU GRAND-DUC DE BERG
Rapport du combat en avant de Zehdenick, à 10 lieues au delà de Berlin, le 26 octobre,
J 'ai l'honneur de rendre compte à V. A. I. qu'ayant opéré ce matin ma jonction avec le général Lasalle à Zehdenick, la cavalerie légère de cet officier général, soutenu de ma 1" brigade, a à l'instant chargé la cavalerie prussienne ' qui nous attendait en bataille dans la petite plaine qui se trouve en arrière de la ville.
L'ennemi a été culbuté dans le défilé qui la termine et chaudement poursuivi par la 1" et la 2° brigade de ma division 8. L'ennemi étant parvenu à se rallier et à ramener les hussards du général Lasalle, mal™ brigade, aux ordres du général Roget, et à la tête de laquelle s'est mis le général de division Beker, remplaçant le général Lasalle que l'ennemi ramenait, s'est précipitée sur les Prussiens et a fourni les charges les plus brillantes et les plus heureuses, tant dans les éclaircies du bois qu'à sa sortie, où les Prussiens s'étaient encore reformés. Culbutés de nouveau, nous les avons menés battant pendant plus de 4 lieues.
Ma seconde brigade, commandée par le général Milet, suivant rapidement la 1", a soutenu ses mouvements avec tant de précision et d'éuergie, que l'ennemi a été dans l'impossibilité de tenir nulle part. A hauteur du village de Stcfrkow, 3 de ses escadrons n'ayant pu arriver avant nous au pont qu'ils avaient à passer sur ce point, ont «té pris et jetés dans le marais. Tout ce qui n'a pas été tué ou pris, 7 a péri. Plus de 200 chevaux sont demeurés embourbés et s'y sont
i. Ces officiers, ou au moins l'un d'eux, élaieut venus annoncer l'arrivée de la division Grouchy.
2. Le mot soutenu indique bien exactement la formation du soutien par la brigade Ce léte de la division de dragons. On saisit le moment où le général Lasalle, considérant sa brigade comme devenue tout entière ligne de combat, ** porte sur V ennemi; à Vinslant il charge la cavalerie prussienne.
S. Emboîtant la charge, elles ont suivi la brigade Lasalle qui était pôle-môle avec l'ennemi. Chaque brigade de dragons était formée sur plusieurs lignes qui s'échelonnaient en arriére, car comment admettre que 6 escadrons aient pu marcher alignés en bataille à travers les bois. La brigade Lasalle désunie ayant été ramenée, la irt brigade, soutien, s'est précipitée sur les Prussiens et a permis aur hussards de se rallier.
La ire brigade de dragons devient ligne de combat ; la 2e soutien et réserve. Le général Grouchy a certainement fractionné en 2 échelons sa 2e brigade, la dernière qui lui reste.
noyés. Ce spectacle était horrible. 2 autres escadrons coupés également, ont sur un autre point été faits prisonniers en totalité ainsi qu'un corps d'infanterie qui les soutenait. L'officier général commandant la colonne prussienne a été tué. Un colonel, une foule d'officiers, de dragons, de hussards et de chevaux sont en notre pouvoir. Le régiment des dragons de la Reine et le régiment des hussards de Schimmelpenning, surnommés les bouchers de l'armée prussienne, sont entièrement détraits. Enfin, Monseigneur, un plus beau succès ne pouvait être obtenu.
Je ne saurais donner trop d'éloges à la conduite des 2 brigades de ma division qui ont combattu et j'ai infiniment à me louer du général Beker, du colonel Grézard et du chef d'escadron Dejean, l'un et l'autre du 3e de dragons, ainsi que du colonel Lebaron, du 6e.
Mes aides de camp ont fait leur devoir : nous avons peu d'hommes tués, mais un grand nombre de blessés.
J'ai pris position à Storkow et poussé des partis jusqu'à Templin1, que je ne doute pas que l'ennemi n'ait évacué.
Note du général Grouchy. — La division Grouchy ayant poursuivi l'ennemi 4 lieues de chemin, s'est trouvée séparée du corps d'armée qui devait la soutenir. Le général Lasalle est resté à Zehdenick après la charge ; le général Grouchy, ne consultant que son courage, est resté toute la nuit en face de l'ennemi qui se trouvait alors à Templin ; ce corps était celui du prince de Uohenlohe, fort de 15,000 à 16,000 hommes1. Vainement des ordonnances sontelles venues annoncer que nous étions coupés, rien n'a pu déterminer le général à se retirer, et nous avons passé la nuit au milieu des morts et des blessés. Il est à observer que nous n'avions ni infanterie ni canons et qu'une brigade de la division avait été arrêtée à Zehdenick par le prince Murât, ce qui réduisait nos forces à environ 1,500 hommes. Cette affaire, comme combat de cavalerie, est extraordinaire par son résultat et la hardiesse avec laquelle elle a été entamée. 4 régiments de dragons, les généraux à leur tête, chargeant dans un bois, sans aucun secours d'infanterie, sans s'inquiéter s'ils seraient soutenus, détruisant tout ce qui se trouvait devant eux, se reformant avec précision à la sortie du bois et poursuivant leur avantage malgré des forces bien supérieures, culbutant l'ennemi dans un marais où il a péri plus de 100 chevaux ; 2 régiments détruits, 800 prisonniers tant en cavalerie qu'en infanterie, voilà le
1. De Zehdenick à Storkow, il kil. ; — de Storkow à Templin, 9 kil.
2. Oo verra plus loin que le corps de Hohenlohe ne passa pas par Templin. Le général Savary, dans son rapport à l'Empereur, de Nauen, le 36, à 10 heures du matin, donne des détails circonstanciés sur la marche de la colonne de Hohenlohe.
tableau sommaire du combat de Zehdenick, qui a préparé la prise du prince de Hohenlohe et ajouté à la gloire des dragons et des généraux qui les commandent \
La division Grouchy déboucha de Zehdenick vers 3 heures et demie environ ', heure où l'action commença. Pendant 3 heures, la brigade Lasalle n'avait fait que tâter l'ennemi et le manœuvrer. Le combat et la poursuite furent menés pendant l'espace de 4 lieues. Il devait être environ 6 heures lorsque le général Grouchy s'établit à Storkow, d'où il fit son rapport au Grand-duc. De Storkow à Falkenthal par Zehdenick, 20 kil. — A 8 heures le Grand-duc ne savait rien du combat, ainsi qu'en témoignent les ordres du général Belliard aux généraux Beaumont et Boussard. — A 9 heures, le Grand-duc a revu le rapport ; il fait partir de suite la brigade Boussard pour rejoindre sa division et se rend lui-même à Zehdenick.
LE GÉNÉRAL BELLIARD AU GÉNÉRAL BOUSSARD
Falkenlhal, 26 octobre 1806, 9 heures du soir.
D'après les ordres du Prince vous partirez de suite avec votro brigade pour aller joindre votre division à Zehdenick. Je donne l'ordre aux 2 escadrons que vous avez détachés, de rejoindre.
LE GÉNÉRAL BELLIARD AU GÉNÉRAL
Dudit jour.
D'après les ordres du Prince, votre division doit occuper Falkenthal et Liebenberg où vous êtes déjà établi. Faites de suite les dispositions nécessaires pour remplir les intentions du Prince. La partie «le votre division qui occupera Falkenthal devra envoyer 1 escadron à Liebenwald 4 pour relever 1 escadron de la division Grouchy qui doit rejoindre ; mais comme il serait un peu tard pour qu'il fît son mouvement, vous lui ordonnerez de partir demain à 4 heures pour se rendre à Zehdenick où il joindra sa division. Le quartier général