‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 189 sur 412 · L EMPEREUR AU GRAND-DUC DE BERG · texte numérisé non relu

L EMPEREUR AU GRAND-DUC DE BERG

Potsdam, 86 octobre 1806.

Du moment que vous aurez dépassé Zehdenick, jetez des partis sur Prenzlow et Strelitz. Vous aurez déjà eu les rapports de votre reconnaissance de Ruppin*. J'imagine qu'aujourd'hui le maréchal Lannes, s'il n'a pas d'autres renseignements, ne sera pas loin de Zehdenick ; il faut que vous vous trouviez à une demi-journée de lui, tant pour ne pas l'embarrasser que pour avoir des vivres. Jetez des partis de cavalerie légère pour avoir des renseignements. Je tiens pour impossible que vous ne finissiez pas par faire quelques bons coups, d'autant plus que le maréchal Bernadotte vous suit à une journée derrière. Selon tous les renseignements que je reçois, il y a des corps entiers, même des colonnes, qui se dirigeaient sur Berlin, et qui errent en suivant tantôt la direction de Klistrin, tantôt celle de Stettin. On m'assure que Stettin n'est pas approvisionné. Vos partis doivent se trouver le 28 sous les murs de Stettin ; quelques prisonniers que vous ferez, quelques bourgmestres que vous ferez prendre près de Stettin, vous donneront des renseignements.

Le Grand-duc marchant avec 3 divisions de cavalerie devait se tenir à demi-journée en avant de la tête de l'infanterie. Le 5e et le 1er corps étaient également à demi -journée démarche l'un de l'autre, de sorte que dans les combinaisons de l'Empereur, les 2 corps pouvaient en une journée de marche serrer sur la masse de cavalerie.

1. Cette dépêche a donc été écrite à la réception de la lettre du Grand-duc de 2 heures de l'après-midi, lettre qui, eu raison de la distance, 60 kil. de Liebenberg à Potsdam, n'est pas parvenue avant la fin de la soirée, il heures euviron.

LE GÉNÉRAL SAVARY A L'EMPEREUR

Nauen, 26 octobre 1806, 10 heures du matin.

Je viens de recevoir la lettre que V. M. m'a fait l'honneur de m* écrire par le retour de mon aide de camp Custine1. Voici ce que j'ai fait depuis le départ d'un autre de mes aides de camp que j'ai expédié la nuit dernière pour Potsdam avec un rapport pour V. M.

A minuit j'ai fait partir de Wlistermarck 2 détachements de 20 chevaux chacun qui ont passé par Markau et Schwanebeck * où ils se sont séparés ; l'un est allé par la route de Brandenburgjusqu'àPâwesin et versLtinow où ils ont appris que dans l'après-midi les Français étaient arrivés à Brandenburg. Le bailli qui était interrogé par le commandant du détachement avait vu lui-même des hussards habillés en vert avec des bandoulières jaunes (j'ai pensé que c'étaient les chasseurs du 5e régiment).

Le second détachement est allé de Schwanebeck par Gross-Behnitz, Klein-Behnitz jusqu'à Barnewitz où il a pris les boulangers de la boulangerie de campagne du roi de Prusse qui m'ont dit venir de Rathenow, où ils avaient vu passer avant-hier une colonne de 4 ou 5 bataillons faisant à peu près 1,500 ou 1,800 hommes, qui partaient de Rathenow pour Neustadt. Ce rapport, qui confirme celui du maître d'hôtel du prince d'Orange pris hier, est encore confirmé par ce qui m'est arrivé le matin.

Avant le jour j'étais parti de Wlistermarck pour Nauen et j'avais en avant de moi un détachement sur la route de Fehrbellin jusque vers Dreibrticken, dans lequel cependant il n'entra pas, parce qu'il rencontra en chemin un parlementaire prussien qu'il m'amena à Nauen. Ce parlementaire est un feldjfiger ou courrier attaché au prince de Hohenlohe. Il en était séparé depuis la bataille d'Iéna et il ne l'a rejoint

Page 1