Mercredi 22 octobre
4. Que Hohenlohe Boit passé par Havelberg comme l'affirme le feldjfiger, ou par Rathenow comme le dit le bourgeois de Berlin, peu importe. Le fait certain est que Hohenlohe était le 24 au soir à Neustadt. — Il est probable que c'était Blùchor qui était passé par Havelberg.
avant-hier à 5 heures du soir, il a vu dans la matinée le général Larisch qu'il connaît personnellement. Il y avait à Rathenow une quantité considérable de fuyards et de bagages.
A midi il a vu arriver le prince Auguste-Ferdinand, frère de celui qui a été tué ; il n'avait avec lui que son bataillon de grenadiers ; il ne s'est pas arrêté à Rathenow ; il a été le même jour coucher à Neustadt, où il a rejoint le prince de Hohenlohe. — Il a vu aussi à Rathenow 2 régiments de cavalerie saxons, tous deux habillés en rouge, qui défilaient avec les Prussiens et prenaient aussi la route de Neustadt.
Le même jour, avant-hier, il a vu arriver à Rathenow les 2 régiments des gardes et le bataillon de grenadiers-gardes formant ensemble 5 bataillons, qu'il dit ne plus faire que 1,200 hommes au plus sans officiers et dans le plus grand désordre. Ces 5 bataillons devaient coucher avant-hier à Rathenow et marcher le lendemain sur Neustadt.
J'envoie ce français à V. M. ; il m'a paru assuré dans ses réponses et parle d'ailleurs très-bien français.
Je fais le même rapport au grand-duc de Berg1 sur la marche du prince de Hohenlohe, et je le prie, s'il le juge à propos, de faire marcher 400 bons chevaux d'Oranienburg à Fehrbellin où je serai à la nuit. Alors je me trouverai avoir 500 bons chevaux avec lesquels je me jetterai entre la queue du prince Hohenlohe et cette quantité de fuyards et de bagages qu'il traîne sans doute à sa suite.
J'ai dirigé hier sur Spandau 90 chevaux et environ 120 prisonniers, y compris ceux que j'avais envoyés le matin sur Potsdam.
Si je n'ai point les 400 chevaux du prince duc de Berg, je ne pourrai que me tenir bien loin du prince Hohenlohe, parce que les 120 chevaux qui me restent n'en valent pas 50 bons. Mais j'ose assurer qu'une bonne brigade de troupes légères, à dater de demain matin de Fehrbellin, ne doit pas quitter
1. Ilya49kil.de Nauon à Falkenthal pur Oranienburg. Le Grand-duc n'avait pas encore reçu le rapport à 10 heures du soir, car il n'en fait pas mention dans son rapport à l'Empereur sur le combat de Zehdenick.
le corps du prince Hohenlohe de plus d'une portée de canon. Le pays ici est excellent pour la chicane des troupes légères. — Il est découvert et a beaucoup de défilés et de marais.
Le français réfugié m'a dit que Ton disait dans l'armée, où il a beaucoup de connaissances, que l'on devait passer l'Oder à Schwedt.
LE GÉNÉRAL SAVART A L'EMPEREUR
Fehrbellin, 27 octobre 1806, 2 heures du matin.
Je suis arrivé à Fehrbellin hier avant la nuit ' et m'y suis établi de manière à être promptement en alerte.
Les patrouilles prussiennes avaient quitté cette ville hier 26 à 4 et 5 heures du soir, et un officier d'artillerie était resté le dernier pour détruire 2 ponts jusqu'au ras de l'eau, l'un ici même et l'autre à ma gauche à une demi-lieue, à Leutzkenntthl. Ce dernier brûlait encore à mon arrivée et j'en ai vu la flamme.
500 hussards du régiment de Schimmelpenning avaient quitté Fehrbellin le 25 à 8 heures du soir pour se retirer sur Neu-Ruppin\ On leur avait fait un petit pont avec des nacelles pour traverser la petite rivière dont ils avaient rompu celui anciennement établi ; ce petit pont de nacelles avait été détruit ensuite, mais je l'ai fait rétablir dans la nuit.
L'on avait ici des nouvelles de Neu-Ruppin de la veille, c'est-à-dire du 25. Les troupes prussiennes y étaient encore et
1. De Nauen à Fehrbellin, 89 kil. — Le général Savary, parti vers 10 heures ot demie ou il heures avec son détachement éreinté, n'a pas marché à plus de 5 kil. a l'heure, ce qui explique son arrivée à la fin de la journée, avant la nuit, quelques instants seulement après le départ des patrouilles prussiennes.
2. Cette arriére-garde de hussards était le lendemain 96 au combat do Zehdenick. Le général Schimmolpenning, commandant cette colonne de flanqueurs, avait couché le 25 au village do Germendorf. Il est donc probable qu'en sortant de Fehrbellin les hussards, au lieu de se diriger sur Neu-Ruppin, avaient tourné à droite après avoir traversé le Rhin-Grab et s'étaiont portés par Àlt-Friesack sur Herzberg, puis de là sur Grieben, Lowenberg, s'arrétant pour coucher dans l'un ou l'autre de cos endroits.
l'on avait vu leurs feux de la maison où je suis logé en ce moment. Le bailli et le maître de poste d'ici m'ont assuré que Tannée du prince Hohenlohe marchait par Lindow, Gransee et Zehdenick et que de là ils ne connaissaient plus sa destination.
J'ai fait venir ici une estafette qui avait été à Ruppin le 25 à 8 heures du soir ; il m'a dit qu'à cette heure la ville était encore pleine de troupes prussiennes, que les rues étaient remplies de chevaux qui mangeaient par terre (ce sont ses expressions), qu'il avait vu les maisons pleines de soldats et beaucoup de voitures réunies près de la ville, oh il y avait de grands feux.
Avec quelques promesses j'avais engagé l'estafette à retourner à Neu-Ruppin avec une lettre du maître de poste de Fehrbellin pour celui de Ruppin et il devait revenir cette nuit m'avertirde ce qu'il avait vu.
Il n'est point encore de retour, et, au lieu de cela, il a paru à mon avant-poste 4 hommes à cheval sur lesquels la sentinelle, qui était un conscrit à pied ', a maladroitement fait feu et les a mis en fuite. Je suis donc obligé d'attendre le jour pour voir moi-même dans la campagne.
Si les 500 chevaux, que j'ai prié le prince Murât de diriger sur Fehrbellin, étaient arrivés à l'heure qu'il est, je n'hésiterais pas à harceler sur-le-champ cette arrière-garde, et avec succès j'en suis persuadé.
Mais je suis obligé d'attendre le jour pour me préserver d'accidents avec un détachement aussi médiocre.
Je partirai à la petite pointe du jour pour Neu-Ruppin où j'entrerai si je puis, et dans le cas contraire je marcherai par ma droite par Protzen8, Friesack, Rlithenick, Linde à Liebenwald, à moins que je n'aie d'autres ordres. Mais de toutes manières j'aurai des prisonniers dans la journée et qui me diront quelque chose.
i. Nouvelle preuve qu'il y avait bien des conscrits dans les rangs de l'année de l'Empereur, môme en 1806.
2. Le village de Protzen est au contraire à l'ouost dans la direction de Wiïsferbausen. La carte que possédait le général Savary n'était pas probablement d'une exactitude bien rigoureuse.
Le maréchal Bernadotte m'a envoyé cette nuit une correspondance de chasseurs du 5e. Il a passé la nuit à Bornicke et sa cavalerie à Kremmen.
Je prends ici 12 chevaux pour changer ceux de 12 dragons qui ne peuvent plus suivre — que je laisse aux paysans.
Les troupes légères de V. M. lèvent des contributions presque partout; avant mon arrivée ici, 3 hussards étaient venus à Linum, avaient fait demander le bourgmestre d'ici et ils se sont fait donner 150 frédérics d'or par les 2 bourgmestres.
Fehrbellin a 800 âmes de population.
Le bailli d'ici assure que c'est le général Schimmelpenning qui commande l'arrière-garde du prince Hohenlohe ; au moins ce général était-il à Neu-Ruppin le 25 au soir.
J'envoie un rapport au grand-duc de Berg par la même estafette.