‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 20 sur 412 · Lattre du U . Voir Iéna, page · texte numérisé non relu

Lattre du U . Voir Iéna, page

« fisse pour épargner un sang si précieux. Il n'y a que l'hon- « neur qui, à mes yeux, soit encore plus précieux que le « sang de mes soldats. »

Il paraît que les débris de l'armée prussienne se retirent sur Magdeburg. De toute cette immense et belle armée, il ne se réunira que des débris.

8e BULLETIN DE LA GRANDE-ARMÉE.

Weimar, 16 octobro 1806, au soir.

Les différents corps d'armée qui sont à la poursuite de l'ennemi annoncent à chaque instant des prisonniers, la prise de bagages, de pièces de canon, de magasins, de munitions de toute espèce. Le maréchal Davout vient de prendre 30 pièces de canon ; le maréchal Soult, un convoi de 3,000 tonneaux de farine ; le maréchal Bernadotte, 1,500 prisonniers. L'armée ennemie est tellement dispersée et mêlée avec nos troupes qu'un de ses bataillons vint se placer dans un de nos bivouacs, se croyant dans le sien.

Le roi de Prusse tâche de gagner Magdeburg. Le maréchal Mollendorf est très-malade à Erfurt ; le grand-duc de Berg lui a envoyé son médecin.

La reine de Prusse a été plusieurs fois en vue de nos postes ; elle est dans des transes et dans des alarmes continuelles. La veille, elle avait passé son régiment en revue ; elle excitait sans cesse le Roi et les généraux ; elle voulait du sang. Le sang le plus précieux a coulé ; les généraux les plus marquants sont ceux sur qui sont tombés les premiers coups.

Le général de brigade Durosnel a fait, avec les 7e et 20e de chasseurs, une charge hardie qui a eu le plus grand effet ; le major du 20e régiment s'y est distingué. Le général de brigade Colbert, à la tête du 3ê de hussards et du 10e de chasseurs, a fait sur l'infanterie ennemie plusieurs charges qui ont eu le plus grand succès.

LE QKHKBAL BBLLIÀBD AU OÉHÉBAL LASALLX.

Erfurt, 16 octobre 1806.

Vous partirez avec votre brigade pour vous porter sur Langensalza ; vous ferez reconnaître Mtthlhausen, Gotha, Eisenach et Sondershausen '. Vous êtes prévenu que les divisions de dragons et de cuirassiers suivent votre mouvement. Envoyez au Prince le moment de votre départ et celui de votre établissement. Prenez des renseignements sur la marche des Prussiens et rendez -en compte à S. A.

LE QfiVZBAL BELLIARD AUI GÉNÉRAUX XILHACO ET KLEIN.

Erfurt, 16 octobre 1806.

Vous partirez pour vous porter sur Tennstadt où vous prendrez position. Vous éclairerez toutes les routes qui y aboutissent. Prem z des renseignements, etc. Vous formerez l'avant-garde de la division Klein.

LE GRAND-DUC DE BERG A L EMPEREUR

Erfurt, 16 octobre 1806, S heures du soir.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. que la capitulation est entièrement exécutée, Quoique je ne connaisse pas précisément le nombre des prisonniers, je puis affirmer t\ V. M. qu'il y en a au moins 6,000, et 5,000 blessés. 60 pièces de canon en batterie ont été prises, de 20 à 25 canons de bataillon et autant que nous avons forcé l'ennemi d'abandonner dans la campagne. Plusieurs bataillons qui ont été trouvés par la cavalerie de V. M., qui allaient cantonner dans les villages, ont mis bas les armes ; il y a eu dans la

1. Do Langensalza à Gotha, 80 kilomètres ; — à Eisenach, 38 ; — à Mùhlhausen, 17 ; — à Sondershausen, 35. — La brigade avait 24 kilomètres pour se porter Ue Walschleben i Langensalza. — Les reconnaissances (levaient Taire la route avec la brigade, puis l'aller et le retour. — La brigade Lasnllo ne su porta du rsste pas sur Langensalza, ainsi qu'on lo verra dans le rapport du Grand-duc de Langensalza à 9 heures du soir; elle fut remplacée sur cette direction par le 13* de ebossours du général Milhaud.

journée d'hier au moins 2,000 prisonniers. Toute l'armée ennemie est éparse, et il paraît qu'il ne lui a point été assignée de points de ralliement parce que tous les généraux ont été blessés ou tués l. Je dois les plus grands éloges à la cavalerie de V. M. ; elle a attaqué seule hier sans infanterie un corps à peu près de 10,000 hommes d'infanterie et de 3 régiments de cavalerie, l'a chassé de sa position, lui a enlevé ses canons et l'a forcé de s'enfermer dans la place. La cavalerie seule avec un corps de 3,000 hommes est parvenue à se sauver. Ainsi, sans infanterie, un corps de 6,000 à 7,000 hommes commandés par de vieux généraux a été obligé de se rendre dans une place à l'abri d'un coup de main et ayant une bonne citadelle. Je ferai connaître à V. M. les officiers et cavaliers qui se sont le plus distingués et qui ont enlevé des drapeaux aux bataillons carrés.

J'ai l'honneur d'adresser à V. M. 9 guidons et 7 drapeaux par le chef d'escadron Déry, mon aide de camp, qui s'est distingué pour la seconde fois dans la campagne ; il a été le jour de la bataille à la tête de toutes les charges de cavalerie contre les bataillons carrés. Deux régiments, Sire, ont perdu leurs colonels dans cette brillante journée ; je demande l'une des deux places pour ce brave chef d'escadron et j'ose assurer V. M. que personne ne le conduirait plus bravement que lui. J'aurai l'honneur de demander également de l'avancement pour mes autres aides de camp qui tous se sont très bien conduits.

Page 1