LE GÉNÉRAL VIALLANNES AU MARÉCHAL DAVOUT
Francfort, 97 octobre 1806.
J'ai l'honneur de vous rendre compte que je suis entré à Francfort aujourd'hui à 6 heures un quart du matin. La porte était fermée et la clef emportée par 7 colonels prussiens qui se sont précédemment sauvés dans une barque préparée à cet effet.
Hier au soir 40 dragons et 60 hommes d'infanterie se sont repliés sur Ktistrin.
Le pont a 6 arches de coupées ; on a commencé cette opération mercredi dernier par ordre du Roi. Elle a été achevée hier matin. J'ai prescrit au maire de rassembler sur-le-champ tous les matériaux nécessaires pour le rétablir. Il s'en occupe ; des sapeurs seraient nécessaires; les pilotis du pont ne m'ont pas paru être endommagés. Il ne faut que des poutres et des madriers.
L'ennemi n'occupe point la rive droite de l'Oder en face de Francfort.
J'ai couvert les routes de Furstenwald, de Berlin et de Kiistrin. Je viens de terminer ce travail qui est cause que je n'ai pas pu vous rendre compte aussitôt mon arrivée.
Je n'ai pu obtenir d'autres renseignements sur l'ennemi que ceux qne j'ai eu l'honneur de vous donner hier.
Toutes les communications sont couvertes et éclairées ; l'infanterie serait bien placée pour la défense du fleuve.
LE GÉNÉRAL ÀMEY AU MARÉCHAL AUGE BEAU
Neubrûck, 27 octobre 1806, 7 heures du soir.
Conformément aux ordres de V. Exe, je suis arrivé à Neubriick avec le 7* d'infanterie légère et 2 pièces d'artillerie de 4 livres de balle. Les 2 pièces ont été de suite mises en batterie derrière le pontlevis qui est établi sur la Havel ; 3 compagnies de carabiniers sont chargées de les soutenir, et les 3 bataillons du régiment sont placés sur la rive gauche adossés à un bois le long de la rivière pour en défendre le passage. Une grand'garde est placée en avant du village de Hennigsdorf qui se trouve sur la rive droite, route d'Oranienburg, avec on poste en avant ; une seconde est à cheval sur la route qui conduit à Hamburg et la troisième est établie sur la route qui conduit à Spandau. Toutes les 3 routes qui aboutissent au village et de là au pont sont parfaitement bien gardées.
Je n'ai point trouvé à Neubriick ni à Hennigsdorf le détachement de 25 chasseurs à cheval du 7e ; je n'ai pas non plus reçu des nouvelles des postes de ce régiment qui doit être placé sur différentes directions et surtout du côté d'Oranienburg. Aussitôt que je recevrai quelques rapports de ce corps, je m'empresserai de les transmettre à V. Exe.
Un homme d'ici qui me paraît assez entendu m'a assuré que l'armée de Hohenlohe était le 25 à Alt- et Neu-Ruppin ainsi qu'à Wittstock, d'où elle cherche à gagner Stettin.
1M et 2e divisions du 7e corps, même position que le 26.
Conformément aux ordres contenus dans la dépêche du général Belliard du 26, voir page 376, le général Grouchy fit partir de bon matin pour Templin le chef d'escadron Delaas, du 10e de dragons.
LE CHEF D'ESCADRON DELAA8 AU GBAND-DUC DE BEBO.
Templin, 27 octobre 1806.
Je suis arrivé à Templin à 9 heures ! ; la poste a été rétablie et des sauve-gardes y ont été mises.
Les Prussiens se sont retirés dans le plus grand désordre à 1 heure de la nuit ; beaucoup d'officiers à pied ; ils ont pris des voitures de poste, je les fais recompléter.
On a laissé quelques blessés dans la ville.
Il n'y avait pas de général dans la colonne de cavalerie ; les régiments qui la composaient, Koller hussards, Schimmelpenning hussards, la Reine dragons, et des égarés, avaient perdu les officiers supérieurs.
Toute la colonne était dans le plus grand désordre.
Il est sûr que le prince Hohenlohe était à Fiirstenberg ce matin à 6 heures. Je joins ici une réquisition de 20,000 rations de pain faite par son aide de camp qui est entre Templin et Fiirstenberg.
Le projet du prince de Hohenlohe est de se jeter dans leMecklemburg en passant par Alt-Strelitz (c'est le dire des notables du pays) ; s'il voulait aller à Stettin, on juge dans cette ville que nous l'arrêterions à Prenzlow, ou, s'il prenait le grand détour, à Lôchnitz.
Il se trouvait un pont coupé à Fahr, distant d'une demi-lieue de Templin, sur la grande route de Prenzlow. J'y ai envoyé et j'espère qu'il sera rétabli sous peu.
Il y a beaucoup de ponts d'ici à Prenzlow, on les suppose coupés.
J'envoie les gens les plus marquants sous escorte ; ils suivront de près cette ordonnance.
Mon détachement a rafraîchi ; il est prêt à poursuivre sa route au premier ordre.
LE GBAND-DUC DE BERG A L EMPEREUR
Zehdeuick, 27 octobre 1806, 7 heures du matin.
Gransee fut évacué hier au soir à 10 heures. Le quartier général qui devait y coucher, à la première nouvelle de ma
i. La reconnaissance a pu partir de Storkow vers 7 heures ou 7 heures un quart du matin.
marche en partit et se dirigea sur Fdrstenberg l , et les 14,000 hommes d'infanterie qui devaient venir ici et villages environnants, prirent la même direction. Le prince Hohenlohe doit se diriger de là sur Prenzlow où j'espère être arrivé avant lui, ou au moins avant la majeure partie de son corps. Je marche sur Templin et Prenzlow avec toute ma cavalerie. Je prie M. le maréchal Lannes d'envoyer sur les traces de Pennemi une partie de sa cavalerie et de m'envoyer le reste. J'écrirai à V. M. de Templin. L'ennemi se retire dans le plus grand désordre et la boucherie que l'on a faite hier de la cavalerie l'augmentera sans doute. Le corps de cavalerie qui a passé hier ici, était absolument le corps de flanqueurs. Tout le reste de l'armée se retire par sa gauche et par le Mecklemburg. J'espère que tous les bagages, trésors et canons, s'il leur en reste, seront pris ainsi qu'une grande partie des troupes. J'espère que la journée sera belle.
LE GRAND-DUC DE BERG AU MARECHAL LANNES
27 octobre 1806*.
Mon cher Maréchal, Gransee a été évacué hier à 10 heures et le prince de Hohenlohe qui devait y coucher, en partit hier subitement pour se porter par le Mecklemburg sur Prenzlow où j'espère le devancer. Les 14,000 hommes d'infanterie qui devaient venir occuper Zehdenick prirent la même route que le Prince ; tout doit avoir couché à Furstenberg. Les bagages prenant la même route, en envoyant votre cavalerie légère 6ur cette direction, vous en prendrez beaucoup. Hb se retirent dans le plu6 grand désordre. Je pars à l'instant pour Templin d'où je vous ferai connaître le mouvement de l'ennemi. Si vous pouviez m'envoyer ... régiments de votre cavalerie, vous me feriez plaisir. J'en ai beaucoup devant moi ; elle me servirait beaucoup.
1. De Neu-Ruppin à Gransee par Alt-Ruppin et Lindow, 28 kil. ; — de Gransee » Ftirstenberg, si kil. ; — de Zehdenick à Gransee, il kil. *. Cette dépêche est de Zehdenick et de la même heure que la précédente.
Le Grand-duc quitta Zehdenick avant 8 heures du matin.
La colonne marchait dans l'ordre suivant :
Brigade Lasalle,
13e de chasseurs,
Division Grouchy, à partir de Storkow,
Division Beaumont.
Le Prince marchait au milieu de la brigade Lasalle ou du moins avant le 13e de chasseurs.
La colonne fut arrêtée en arrière de Templin, la brigade do hussards ayant seule dépassé la ville. Après avoir pris ses renseignements, le Prince donna ses ordres. Il pouvait être environ midi.