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L.K GRAND-DUC DE BEBO AU GSMB&AL WATIEB

Kronach, 8 octobre 1806, 1 heure du matin.

Les hostilités sont commencées d'hier. M. le maréchal Soult doit avoir occupé Baireuth et son avant-garde sera vraisemblablement aujourd'hui à Mûnchberg. Marchez à la tôte du 2° régiment de hussards sur Lobenstein et de là sur Saalburg. Marchez avec précaution ayant soin de vous faire bien éclairer après avoir dépassé Lobenstein d'où je dirigerai le général Lasalle avec 1 régiment sur Hofet, le général Milhaud avec un autre sur Gràfenthal et toalfeld. Je me mettrai en position et comme en réserve à Lobenstein avec 3 régiments réunis, c'est là que vous devrez m'adresser tous vos rapports. Vous attaquerez l'ennemi partout où vous le trouverez sans cependant vous compromettre, et vous tâcherez de faire des prisonniers. Je donne l'ordre à un officier du génie de vous accompagner et de me faire un rapport sur la nature des chemins. Un escadron devra former votre avant-garde ; vous marcherez de votre personne à la tôte des autres. Comme il est probable que l'ennemi aura coupé le pont de la Saale à Saalburg, je fais mettre à votre disposition les pontonniers du corps du maréchal prince Bernadotte pour le rétablir le plus promptement possible.

Arrivé à Saalburg vous ferez reconnaître Saalfeld, Hof, Schleiz et Tanna. L'officier chargé de faire ces reconnaissances devra Faire un rapport de tout ce qu'il apprendra sur les mouvements, la force et la position de l'ennemi ; sur la nature des différentes routes et principalement sur celle de Leipzig et sur les ressources que peut oifrir le pays que vous ferez reconnaître. On vous rendra compte surtout si les routes sont propres à la cavalerie, à l'infanterie et à l'artillerie ou à l'une de ces 3 armes seulement. Je désire surtout avoir des nouvelles de la position de l'ennemi sur la route de Leipzig. Vous mettrez des sauvegardes chez tous les maîtres de poste et vous leur ordonnerez de ne fournir de chevaux qu'aux officiers d'état-major chargés de dépêches pour l'Empereur. Vous arrêterez tous les courriers et vous m'adresserez la malle des lettres. Vous questionnerez soigneusement tous les voyageurs et vous m'enverrez ceux qui auraient quelques nouvelles importantes à me communiquer. Vous m'adresserez aussi les prisonniers et les déserteurs. Vous ferez observera vos

LE GÉNÉRAL BELLIARD AU GÉNÉRAL BEAUMONT

Envoyez un des régiments de la 3e brigade en reconnaissance sur Lychen ! ; s'il ne trouve pas l'ennemi, il se dirigera par Boitzenburg sur Prenzlow ou se porte le corps d'armée. Si au contraire il rencontrait l'ennemi avant que d'arriver à cette ville, il se bornerait à en rendre compte au Prince et suivrait, en revenant sur ses pas, le mouvement de la colonne. Il rendrait aussi compte à M. le maréchal Lannes qui sera à Templin. Le Prince ira à Hasleben sur la route de Prenzlow.

LE GRAND-DUC DE BERG A L'EMPEREUR

Templin, 27 octobre 1806, 2 heures et demie de l'après-midi.

Tous les renseignements confirment la marche du prince Hohenlohe par Ftirstenberg ; je saurai avant la nuit si, de Furstenberg, il s'est dirigé par Strelitz, Strasburg et Passewalk sur Stettin ou bien par Lychen, Boitzenburg; car je viens d'envoyer reconnaître ces deux derniers endroits. Il devait coucher hier à Gransee, aujourd'hui à Templin, et on a été fort étonné de nous voir arriver en place du prince Hohenlohe ; les troupes ont trouvé des vivres préparés, et nous mangeons le dîner de leur général.

Par un courrier intercepté je trouve l'itinéraire de la deuxième colonne sur Stettin pour les 28 et 29; certainement j'arriverai avant elle, et j'espère qu'elle ne se jettera

troupes la plus sévère discipline ; vous ferez respecter les personnes et les propriétés ; vous direz aux autorités que nous ne venons point Taire la guerre au peuple saxon, mais pour les affranchir de la présence des soldais d'une puissance qui la première a violé leur territoire.

Même ordre au général envové avec le 5e de hussards pour reconnaître Hof.

Même ordre au général Milhaud. — Arrivé à Lobenstein, vous marcherez avec le 13° de chasseurs pour faire reconnaître Grâfenthal et Saalfeld par de fortes reconnaissances. Vous vous arrêterez vous-même de votre personne avec le gros de votre troupe au premier village qui se trouvera faire rembranchement de Lobenstein, Grâfenthal et Saalfeld. Vous marcherez avec précaution et vous attaquerez l'ennemi , etc.

i. De Templin à Lychen, 16 kil.

pas dans Stettin ; il paraîtrait que la première a déjà passé, et que le prince Hohenlohe commande la troisième, ou bien, peut-être, la première. Alors la troisième se trouverait je ne sais où. — Je serai ce soir à l'embranchement des routes de Boitzenburg et Templin à Prenzlow, et le général Lasalle a Tordre de tacher d'arriver à Prenzlow. Le général Suchet me suit de très-près ; j'ai recommandé à M. le maréchal Lannes de faire filer sa cavalerie par Ruppin, Gransee, Fiirstenberg, c'est-à-dire de suivre l'ennemi. — Demain je serai, j'espère, sur Prenzlow et j'aurai soin de faire intercepter les routes de Stettin à Passe walk et Ukermunde. Et certes, si MM. les maréchaux Bernadotte et Soult sont aux trousses de l'ennemi, c'en est fait de lui. — Le général Milhaud s'est porté d'ici sur Boitzenburg avec le 13e de chasseurs à cheval et 1 escadron de dragons ; il doit couper le pont si l'ennemi n'occupe point cette ville, et me joindre sur Prenzlow toujours en me flanquant. Il paraît que la colonne conduite par le prince HoTienlohe est la colonne de droite et que les autres filent par le Mecklemburg. Demain nous serons plus instruits.

LE GRAND-DUC DE BERG AU MARÉCHAL LANNES

27 octobre i806.

Le prince Hohenlohe devait coucher ici aujourd'hui et ses troupes filent de Fttrstenberg, où il a passé la nuit, ou par Strelitz, Strasburg et Passewalk sur Stettin, ou par Lychen et Boitzenburg ; c'est ce que je saurai ce soir ; car je fais reconnaître ces deux derniers endroits. Ce soir j'aurai mon quartier général à Hasleben sur la route de Prenslow, et niçs troupes légères sur Prenzlow. Il paraît que je tiens la tête de la colonne ennemie et qu'elle ne pourra pas entrer dans Stettin. Je compte sur vous, mon cher Maréchal ; serrez sur moi autant que vous le pourrez et continuez à masquer votre mouvement en vous faisant flanquer par votre cavalerie par Lychen et Boitzenburg. Ayez la bonté de me faire connaître où sera ce soir votre quartier général.

Le rapport du grand-duc de Berg à l'Empereur du 27 à 11 heures du soir et celui du général Grouchy permettent d'assister à toutes les opérations de la fin do la journée.

Les différentes reconnaissances envoyées dès midi ou midi et demie, la colonne rafraîchit à Templin et en repartit vers 2 heures ou 2 heures et demie ; à 4 heures ou 4 heures et demie elle arrivait à Hasleben, 17 kil. de Templin ; ce fut à ce moment que le Grand- duc entendant la canonnade sur sa gauche dans la direction de Boitzenburg, se porta de suite sur ce point, éloigné seulement de 8 kil., avec le 7* de hussards et la division Grouchy, ordonnant à la division Beaumont qui se trouvait en arrière, de rester à Hasleben pour observer Prenzlow ; il arriva à Boitzenburg vers 6 heures du soir.

LE GRAND-DUC DE BERG A L EMPEREUR

Wichmansdorf, 27 octobre 1806, il heures du soir.

Sire, ainsi que j'ai eu l'honneur de l'annoncer à V. M. la journée a été assez belle. De Templin j'ai dirigé le général Milhaud avec le 13e chasseurs et 1 escadron de dragons sur Boitzenburg pour avoir des nouvelles de l'ennemi et faire couper le pont si la colonne prussienne n'avait pas encore passé. Je me suis dirigé moi-même avec le reste de la cavalerie sur Prenzlow. Arrivé à Hasleben, où je devais coucher, j'ai entendu du canon sur Boitzenburg. Pensant que l'ennemi voulait forcer le passage, ou qu'il se retirait sur cette route, je me suis porté rapidement avec 1 régiment de hussards et la division Grouchy sur Boitzenburg, laissant à Wichmansdorf 2 régiments de dragons pour conserver ma retraite et me soutenir. La division Beaumont était restée en position sur les hauteurs de Hasleben pour observer Prenzlow, jusqu'à ce que j'aie connu par moi-même la force des ennemis, et quels pouvaient être leurs projets. Le général Lasalle avait ordre de se porter sur Prenzlow avec 1 régiment. A peine ai-je été en bataille devant Boitzenburg que l'ennemi qui était parvenu à forcer le 13e et l'escadron de dragons à évacuer le village et à quitter le pont qu'ils avaient défendu pendant 3 heures contre tout le

corps du prince Hohenlohe l, que l'ennemi, dis-je, a battu le pas de charge et a fait mine de marcher sur moi... quelques coups de canon Font arrêté. — Pendant ce temps le régiment des gendarmes avait manœuvré à la faveur de la nuit sur ma gauche et venait attaquer le village de WichmanBdorf qui se trouvait sur mes derrières ; je me suis porté sur ce régiment avec 3 régiments de dragons et je suis arrivé au moment où il voulait forcer le passage ; le charger, le culbuter dans un marais a été l'affaire d'un moment et ce corps se voyant sur le point d'être jeté dans les lacs a demandé à capituler ce qui lui a été accordé ; les officiers conservent leur épée et leurs chevaux ; le régiment est renvoyé en France. J'ai l'honneur d'adresser à V. M. 4 étendards pris avant la capitulation dans les très -belles charges qui ont eu lieu. Sire, si l'infanterie eût pu arriver, l'ennemi n'aurait pas forcé le passage, et le prince de Hohenlohe aurait peutêtre été forcé de capituler. J'attends l'infanterie, et si elle arrive avant minuit, j'espère pouvoir reprendre le village. Je vais de nouveau demander à M. le maréchal Lannes d'être rendu demain de très-bonne heure auprès de moi et nous attaquerons l'ennemi s'il n'a pas effectué sa retraite, ou je marcherai vigoureusement sur ses derrières ; cependant je ne le crois pas assez déterminé pour oser passer, et j'espère demain avoir bon marché du prince de Hohenlohe ; toute cette belle affaire s'e6t passée au clair de lune... C'est l'avantgarde de l'armée; il n'est encore passé personne. Le général Beker s'est parfaitement conduit.

P.-S. — M. le maréchal Lannes n'a que 3,000 hommes d'infanterie à Templin; le reste de son corps d'armée se trouve à Zehdenick; il m'annonce qu'il se met en marche à minuit; je crains bien que ce ne soit trop tard et que le prince de Hohenlohe ne gagne de vitesse. — On est en marche pour

i. Le général Milhaud est arrivé à Boitzenburg vers 8 heures ; il a tenu tête à l'ennemi jusqu'à 6 heures passées. Voir le rapport suivant du commandant Delaas.

CAMP. Dl PKUBiB. — IX. 27

occuper Prenzlow. — Il est à supposer que l'ennemi marche en même temps sur le même point.

BAPPOET DU CHBF d'bSCADHON DBLAA8 DÉTACHÉ DR LA 2* DIVISION DB DRAGONS LB 28 OCTOBBB.

29 oclobro 1806.

Après avoir exécuté les ordres qui m'avaient été donnés pour l'occupation de Templin, j'ai été détaché avec 100 dragons des 10e et 11*1 pour passer sous le commandement de M. le général de brigade Milhaud.

A 2 heures du soir Boitzenburg fut occupé ; on 7 prit les officiera de logement du corps du prince de Hohenlohe.

Le général Milhaud me donna 2 pelotons de chasseurs à cheval du 13* régiment et m'ordonna de m'emparer du pont avec mes dragons.

Nos troupes et celles des ennemis s'étant présentées ensemble pour occuper le pont ', on combattit et le pont resta en notre possession. Nous avons continué de l'occuper jusqu'à 6 heures du soir.

L'ennemi, fort de 8,000 à 10,000 hommes d'infanterie, de plusieurs escadrons de cavalerie, soutenu par le feu de 10 pièces de canon, tenta plusieurs fois, mais vainement, de nous déloger de notre position.

À l'entrée de la nuit, le général Milhaud replia le 13* de chasseurs et me fit dire de suivre son mouvement. La retraite fut exécutée au pas.

Les dragons conservèrent une partie du village. Notre artillerie s'étant fait entendre3, ils essayèrent de le reprendre à coups d'épée ; mais l'infanterie prussienne s'était déjà logée dans les jardins et le cimetière, de sorte que la charge, quoique vive et impétueuse, ne put avoir le succès qu'on s'était proposé. Plusieurs chasseurs et dragons furent tués ou mis hors de combat.

Pendant que les dragons combattaient dans le village, le 13* de chasseurs qui suivait les grands mouvements que faisait faire S. À. I. le prince de Berg, fit un face en arrière et replia ses postes

1. Les détachements sont fournis par brigade et composés d'hommes des 2 régiments.

2. La colonne de Hohenlohe venait de Fûrstenberg par Lychen, 32 kil. Son avanf-garde se présentait A Boitzenburg un peu après 2 heures de l'aprèsmidi.

S. Il paraîtrait que l'artillerie de la division Grouchy ne commença le feu que lorsqu'il faisait déjà nuit.

sur le nouveau champ de bataille*. Quelques pelotons de hussards prussiens profitèrent de cet instant pour se glisser entre nos colonnes et nous charger en queue. Nous nous sommes percés réciproquement.

Toutes les troupes sous mes ordres se sont parfaitement montrées.

Le sous-lieutenant Bouvier, du 10* de dragons, a eu son cheval tué sous lui.

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