‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 24 sur 412 · L. Berthier · texte numérisé non relu

L. Berthier

Les divisions étant toujours réunies, les généraux de division ont seuls besoio de savoir la route à prendre pour le mouvement du lendemain , mais l'heure du départ doit être portée à la connaissance de tout le monde le plus tôt possible.

Dans cet ordre de mouvement, pas de renseignements sur l'ennemi. Les troupes n'ont pas besoin de savoir où est l'ennemi ; il est en présence, cela suffît. Le corps d'armée est réuni ; le commandant du corps d'armée donnera aux généraux de division, de vive voix, les instructions qu'il jugera convenable , Mais pas de renseignements sur l'ennemi dans des ordres destinés aux troupes. Les renseignements de ce genre qu'on peut mettre dans un ordre de mouvement ne sont pas assez détaillés pour signifier quelque chose ; ils n'ont donc pas d'objt't, par suite ils doivent disparaître ; toute phrase, tout mot

i. On ub friii do surprises que par des marches forcées. Le Maréchal prévoit une marche do ia à 60 kil. ; il pense donc pouvoir l'obtenir de ses troupes. *— 15 ïioues eiigetit 15 heures de marche et un repos de 3 heures, soit iS heures pour franchir la distance, — Ou est au mois d'octobre dans une saison fraîche favorable à la marche, mais û une époque où les jours sont déjà l.i i un courts.

inutiles doivent être rejetés. Alors on reviendra à la concision indispensable dans la rédaction des ordres.

LE MARECHAL DAVOUT A L EMPEREUR

Naumburg, 16 octobre 1806.

Sire, les félicitations que V. M. veut bien adresser à son 3e corps d'armée et aux généraux qui le commandent ' les pénètrent tous de la plus profonde sensibilité ; déjà, Sire, leur dévouement à votre personne était sans bornes ; ils ne sauraient y ajouter, mais ils brûlent de trouver l'occasion de vous en donner de nouveaux témoignages. L'expression de la satisfaction de V. M. va devenir pour nos blessés un motif de consolation de ce qu'ils ne pourront aussitôt que leurs camarades courir à d'autres dangers8. Quant aux braves que nous avons perdus, Sire, ils sont morts en héros ; leur dernier vœu a été pour leur bien-aimé souverain.

Permettez, Sire, pour ce qui me concerne, de vous exprimer aussi combien je suis touché des éloges de V. M. ; mon sang vous appartient; je le verserai avec plaisir dans toutes les occasions et ma récompense sera de mériter votre estime et votre bienveillance.

J'ai l'honneur d'être, Sire, de Votre Majesté le très humble et très fidèle sujet.

Le Maréchal Davout

1. Réponse à la dépêche de l'Empereur de 7 heures du matin, page 88.

2. ... Le maréchal Duroc arrivait à Naumburg pour y continuer la belle mission que l'Empereur lui avait donnée à Iéna, à l'issue de la bataille, de veiller à ce qu'il ne manquât rien aux blessés, de les visiter de sa part, chacun en son particulier, de leur donner les consolations de toute espèce, et les secours pécuniaires dont ils pouvaient avoir besoin.

Le maréchal du Palais parcourait, suivi de ses aides de camp, les logements où les Français blessés étaient quelquefois confondus avec les Prussiens. (Journal du «« corps.)

LE MARÉCHAL DAVOUT AU MAJOR GÉNÉRAL

Naumburg, 16 octobre 1806.

J'ai l'honneur d'adresser à V. A. le rapport du général Friant l •, il lui fera connaître les pertes que cette division a faites et la nécessité de pourvoir au remplacement des officiers supérieurs qui manquent à plusieurs des régiments qui la composent.

Les divers mouvements que le corps d'armée a faits depuis le 14 ne m'ont pas permis de recueillir encore la totalité des rapports. Dès qu'ils me seront parvenus, je m'empresserai d'avoir l'honneur de vous en faire passer un général.

LE MARÉCHAL DAVOUT AU MAJOR GÉNÉRAL

Naumburg, 16 octjbre 1806.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. de la position qu'occupe le corps d'armée.

La 1M division est en arrière de Weissenfels, ayant son avant-garde sur la route de Leipzig* et des grand'gardes sur la rive gauche de la Saale pour couvrir le pont et être maîtresse du débouché de Merseburg.

La 26 division occupe la position de Freyburg et se lie par des postes et patrouilles avec le 1er corps d'armée.

La 3e division est placée une lieue en avant de Naumburg, à cheval sur la route de Leipzig, ayant sur son front le Wethaubach.

Les 2e et 12e régiments de chasseurs sont à Kayna avec ordre de pousser de fortes reconnaissances sur Merseburg, Halle et Eisleben8.

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