LE GÉNÉRAL MILHAUD AU GÉNÉRAL BELLIARD
Prenzlow, 30 octobre 1806.
Malgré la position difficile où je me trouvais avec une brigade de 600 chevaux contre 2,000 cavaliers prussiens et 3,000 hommes d'infanterie, je ne leur ai accordé qu'une capitulation sévère. Vous avez dû observer que tous les soldats sont prisonniers en France et que MM. les officiers ne doivent leur liberté, sur leur parole d'honneur, qu'à la générosité de S. A. I. le grand-duc de Berg ; je vous assure qu'il fallait prendre beaucoup de précautions pour faire mettre pied à terre à 2,000 cevaliers devant une poignée de monde ; j'ai ordonné qu'on fit filer tous les prisonniers sur Prenzlow. Je savais positivement que de gros partis de hussards prussiens de la colonne de Bliicher battaient la campagne sur nos derrières.
Nous avons été obligés de laisser près de 1,000 chevaux dans la prairie close ou dans la ville ; nous sommes partis en faisant conduire au moins 2 chevaux par homme ; j'avais resserré les 2 compagnies d'élite pour porter les 36 drapeaux ou étendards qui ont été déposés avec les armes au milieu de nos rangs.
Nous partons aujourd'hui de Prenzlow pour nous diriger avec les 36 drapeaux et les 5,000 prisonniers sur le quartier général de l'Empereur ; mon aide de camp et M. Paskowski, adjoint à votre état-major, m'ont donné l'ordre verbal de S. A. I. pour escorter moi-même, avec mes 2 régiments ', nos prisonniers.