LE GÉNÉRAL VANDAMMB AU MARÉCHAL NET
Olwenstadt, 90 octobre 1806.
J'ai fait serrer la place de manière que rien ne puisse sortir. C'est hier au soir que j'ai commencé cette opération. On s'y est opposé par une légère canonnade, qui n'a tué ni blessé personne. J'apprends par tous les déserteurs que la garnison n'est composée que de 5,000 à 6,000 hommes et que les vivres leur manquent. Il serait nécessaire que le général Marchand serrât aussi la place le plus possible ; de mon côté je suis sur les glacis ; mes avant-postes ne leur permettent plus de placer une vedette hors la place.
L EMPEREUR AU ROI DE BAVIERE
Berlin, 30 octobre 1806.
Je remercie Votre Majesté de la lettre qu'elle m'a fait remettre par son aide de camp. Je suis maître de la plus grande partie des États du roi de Prusse, de toute son armée. Hier 29 le prince de Hohenlohe avec 16,000 hommes d'infanterie, 6 régiments de cavalerie, 45 drapeaux, 64 pièces de canon, a mis bas les armes à Prenzlow. J'attends à chaque instant la nouvelle que les colonnes du duc de Weimar et du général Blilcher ont éprouvé le même sort. Mes troupes
sont maîtresses de Francfort et ont passé l'Oder. Le roi de Prusse a passé la Vistule. La lre division des troupes de V. M., qui est entrée à Dresde, se dirige sur Francfort ; la 2e division se rend aussi à Francfort ; les troupes du roi de Wurtemberg suivront la même destination ; ce qui forme un corps d'armée à la tête duquel marche le prince Jérôme. En confiant à mon frère le commandement de ces troupes, j'ai voulu leur donner une preuve de l'intérêt que je leur porte et du désir de ne pas les compromettre au delà des chances de la guerre. Votre Majesté peut compter, dans toutes les circonstances, sur les effets de mon amitié et sur le soin que j'aurai constamment des intérêts de sa Maison.