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LE MAJOR GÉNÉRAL AU GÉNÉRAL FÉRY, COMMANDANT A SPANDAU

Berlin, 30 octobre 1906.

Je vous préviens qu'il arrivera demain 16,000 prisonniers à Spandau, provenant du corps du prince de Hohenlohe qui a mis bas les armes devant le grand-duc de Berg. Il faut qu'à leur arrivée vous ayez 60,000 à 80,000 rations de pain de cuit, afin de leur distribuer à chacun en partant 3 jours de vivres.

Le général de division Beaumont est chargé de conduire toute cette colonne de prisonniers.

L'intention de l'Empereur est que ce général continue sa route avec ces prisonniers et avec la même escorte jusqu'à Erfurt ; si cependant il était arrivé à Spandau 1 ou 2 batail-

Régiment de Borok 498 hommes.

— Hahm 34 1 —

— Môllendorf 817 —

— Brunswick 259 —

— Arnira 458 —

— Hoheolobe 360 —

— du Roi 450 —

— de ia Garde a,iôi —

Bataillon du prince Auguste 609 —

Cavalerie de Krast 334 —

Dragons de Pettewitz 225 —

Dragons de Wobser 289 —

Artillerie à pied 431 —

Artillerie à cheval 166 —

De tous les corps rentrés après la revue. 117 —

9tr>34 hommes.

Nota. — Ne sont point compris dans cet état environ 400 officiers qui sont partis de Templin ou qui sont restés à Pronzlow pour recevoir des passe-ports. Les officiers de la Garde sont seuls compris dans l'état ci-dessus.

Ions de troupes auxiliaires, on les mettrait à la place d'un même nombre du 12a d'infanterie légère.

Ces prisonniers continueront leur marche le lendemain de leur arrivée.

Ne perdez pas de temps pour que les 3 jours de pain soient préparés tant pour les prisonniers que pour les troupes qui les escortent.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU GÉNÉRAL BEAUMONT

Berlin, 30 octobre 1806.

L'ordre de l'Empereur, M. le général Beaumont, est que tous continuiez à escorter les prisonniers de guerre de la colonne du prince de Hohenlohe avec la même escorte d'infanterie et de dragons jusqu'à Erfurt, en prenant toutes les précautions nécessaires pour qu'il n'en échappe point '.

S, M. ordonne expressément, Général, que tous les officiers généraux et particuliers, les soldats, infanterie et cavalerie et même les Gardes du Roi soient conduits en France comme prisonniers ; S. M. n'approuve pas que les Gardes du Roi de Prusse restent à Potsdam, tout doit aller en France et vous êtes particulièrement chargé de l'exécution de ces ordres ; je renvoie en conséquence à Spandau 20 gendarmes ou officiers de la Garde du Roi qui ont été amenés ici contre les ordres de l'Empereur.

L'Empereur pense qu'un gros détachement de cavalerie est nécessaire jusqu'à Erfurt, et que vous devez avoir soin de faire éclairer la colonne en avant et sur les flancs, afin que les partis ennemis qui pourraient errer ne délivrent pas les prisonniers. 0

Une fois arrivé à Erfurt, l'Empereur trouve qu'il suffira d'avoir un Français sur 8 prisonniers. Il y a 16,000 prisonniers, ainsi il faudrait 2,000 Français dont 120 hommes de cavalerie pour éclairer. C'est ainsi que vous arrangerez l'es-

1. Le général Boyé accompagna seul les prisonniers jusqu'à Mayence avec des détachements. Le général Beaumont reforma sa division, passa la revue de l'Empereur à Berlin le 4 novembre et partit de suite pour rejoindre le maréchal Davout sur l'Oder. Voir plus loin au S novumbre.

corte à Erfurt. Si le général Clarke a un nombre suffisant de troupes auxiliaires, on les emploiera de préférence à l'infanterie française qui rejoindra son corps d'armée ; mais il faut toujours 120 hommes à cheval et 1 officier général pour conduire la colonne jusqu'à Fulde d'où le maréchal Mortier fera conduire ces 16,000 prisonniers à Mayence.

L'intention de l'Empereur est que les prisonniers et l'escorte prennent en passant à Spandau du pain pour 3 jours et vous aurez soin d'envoyer plusieurs jours à l'avance dans les lieux de logement où le pain devra être fourni, afin qu'il soit préparé.

ORDRE DU JOUR

Berlin, 80 octobre 1806.

MM. les Maréchaux commandant en chef chaque corps d'armée feront dresser un état nominatif des généraux et officiers et un état sommaire par régiment des sous-officiers et soldats qu'ils ont faits prisonniers dans cette campagne ; ces états, demandés par l'Empereur, seront adressés sans délai au Major général.

Les prisonniers de guerre non rendus sur parole, et ceux non échangés, ne doivent point rester sur le territoire prussien. MM. les Maréchaux et généraux commandant les troupes de S. M. I. et R. les feront conduire sous escorte conformément aux dispositions prescrites dans l'ordre du jour du 17 octobre.

Tous les hommes se disant déserteurs du service ennemi, quelle que soit leur patrie, seront également dirigés sur Mayence.

L'Empereur défend que l'on fasse diriger aucunes troupes sur Berlin, à moins d'un ordre particulier. Tout doit se rendre à Spandau pour y recevoir de nouveaux ordres.

Les états des corps d'armée n'existent plus. Je n'ai retrouvé que quelques états numériques des prisonniers faits par les brigades ou divisions de cavalerie de la réserve, avec l'indication des prises. Ces

états, fort incomplets comme ensemble, sont insignifiants et n'apprennent rien.

LE GÉNÉRAL CLARKE, GOUVERNEUR d'eRFURT, AU MARECHAL NET.

Erfurt, 30 octobre 18O6.

Je remercie particulièrement V. Exe. des détails dans lesquels elle est entrée relativement au blocus de Magdeburg. Si le général qui est dans la place est le même que celui qui naguère gouvernait Erfurt, ce doit être un homme faible et sur lequel sa femme a un très-grand empire. J'en juge par des lettres qui me sont tombées entre les mains. J'envoie avec empressement les 4 mortiers que V. Ezc. demande et je lui enverrais même, s'il le fallait, 200 pièces de canon que j'ai dans la citadelle, s'il y avait des moyens de transport. Il y a parmi tout cela une douzaine de pièces de gros calibre.

LE GÉNÉRAL BOURCIER AU MAJOR GÉNÉRAL

Potsdam, 80 octobre 1806.

Dans une revue provisoire que j'ai passée hier des dragons réunis à Potsdam, j'ai reconnu que tous sont dépourvus de sabres et de ceinturons à l'exception d'un petit nombre d'hommes auxquels on a donné des sabres saxons mais sans ceinturons.

J'ai examiné ces sabres saxons ; ils m'ont paru fort bons, et il serait à désirer qu'on pût en procurer de pareils à tous les hommes qui n'en ont pas. Soit qu'il y en ait de ceux-là, soit qu'il y en ait d'autres également convenables dans les arsenaux à la disposition de l'armée, je prie V. A. de vouloir bien me faire savoir où je puis faire prendre sabres et ceinturons pour armer les dragons.

Au fur et à mesure de mes opérations, je m'empresserai d'avoir l'honneur d'en rendre compte à V. A. Je la prie de croire que je m'y livre avec le plus grand zèle.

M. Latran. — A l'arsenal de Berlin. B. Ecrit en conséquence le 1er novembre.

24e BULLETIN DE LA GRANDE-ARMÉE.

Berlin, 31 octobre 1806.

Stettin est en notre pouvoir. Pendant que la gauche du grand-duc de Berg, commandée par le général Milhaud, faisait mettre bas les armes à une colonne de 6,000 hommes à Pasewalk, la droite, commandée par le général Lasalle, sommait la ville de Stettin et lui imposait la capitulation cijointe. Stettin est une place en bon état, bien armée et bien palissadée, 160 pièces de canon, des magasins considérables, une garnison de 6,000 hommes de belles troupes, prisonnière, beaucoup de généraux ; tel est le résultat de la capi-* tulation de Stettin, qui ne peut s'expliquer que par l'extrême découragement qu'a produit sur l'Oder et dans tous les pays de la rive droite la disparition de la grande armée prussienne.

De toute cette belle armée de 180,000 hommes rien n'a passé l'Oder. Tout a été pris, tué, ou erre encore entre l'Elbe et TOder, et sera pris avant 4 jours. Le nombre des prisonniers montera à près de 100,000 hommes. Il est inutile de faire sentir l'importance de la prise de la ville de Stettin, une des places les plus commerçantes de la Prusse, et qui assure à l'armée un bon pont sur l'Oder et une bonne ligne d'opérations.

Du moment que les colonnes du duc de Weimar et du général Bltlcher, qui sont débordées par la droite et la gau-

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che et poursuivies par la queue, seront rendues, l'armée prendra quelques jours de repos.

On n'entend point encore parler des Russes. Nous désirons fort qu'il en vienne une centaine de milliers. Mais le bruit de leur marche est une vraie fanfaronnade. Ils n'oseront pas venir k notre rencontre. La journée d'Austerlitz se représente à leurs yeux. Ce qui indigne les gens sensés, c'est d'entendre l'empereur Alexandre et son Sénat dirigeant dire que ce sont les alliés qui ont été battus. Toute l'Europe sait bien qu'il n'y a pas de famille en Russie qui ne porte le deuil ; ce n'est pas la perte des alliés qu'elles pleurent. 195 pièces de bataille russes qui ont été prises, et qui sont à Strasbourg, ne sont pas les canons des alliés. Les 50 drapeaux russes qui sont suspendus à Notre-Dame de Paris ne sont pas les drapeaux des alliés. Les bandes de Russes qui sont morts dans nos hôpitaux ou sont prisonniers dans nos villes ne sont pas les soldats des alliés. L'empereur Alexandre, qui commandait à Austerlitz et à Wischau avec un si grand corps d'armée, et qui faisait tant de tapage, ne commandait pas les alliés. Le prince qui a capitulé et s'est soumis à évacuer l'Allemagne par journées d'étapes n'était pas sans doute un prince allié. On ne peut que hausser les épaules à de pareilles forfanteries. Voilà le résultat de la faiblesse des princes et de la vénalité des ministres. Il était bien plus simple pour l'empereur Alexandre de ratifier le traité de paix qu'avait conclu son plénipotentiaire, et de donner le repos au continent. Plus la guerre durera, plus la chimère de la Russie s'effacera, et elle finira par être anéantie. Autant la sage politique de Catherine était parvenue à faire de sa puissance un immense épouvantait, autant l'extravagance et la folie des ministres actuels la rendront ridicule en Europe.

Le roi de Hollande, avec l'avant-garde de l'armée du Nord, est arrivé le 21 à Gottingen. Lé maréchal Mortier, avec les 2 divisions du 8ê corps de la Grande- Armée commandées par les généraux Lagrange et Dupas, est arrivé le 26 à Fulde.

Le roi de Hollande a trouvé à Munster, dans le comté de la Marck et autres Etats prussiens, des magasins et de l'artillerie.

On a ôté à Fulde et à Brunswick les armes du prince d'Orange et celles du duc. Ces deux princes ne régneront plus. Ce sont les principaux auteurs de cette nouvelle coalition.

Les Anglais n'ont pas voulu faire la paix ; ils la feront ; mais la France aura plus d'États et de côtes dans son système fédératif .

Voici le rapport que le prince de Hohenlohe a adressé au roi de Prusse après la capitulation de son corps d'armée, et qui a été intercepté \

l. Je n'ai pas eu le bonheur de pouvoir passer l'Oder avec Tannée qui m'était confiée, et de la soustraire ainsi aux poursutes de l'ennemi. Ayant atteint après les marches les plus pénibles les environs de Boilzenburg et me trouvant au moment de passer ce défilé pour atteindre Prenzlow, le même soir je le trouvai déjà occupé par l'ennemi. Quoique parvenu à le forcer, je ne jugeai pas à propos de poursuivre directement ma marche, ma cavalerie se trouvant sans fourrages et extrêmement fatiguée, et devant m'altendre à la pointe du jour à une attaque dont l'issue malheureuse était bien à craindre, je me tournai en conséquence le plus promptement possible vers la gauche, et atteignis dans la nuit les environs de Schônermarck. J'avais dès 2 heures du malin ordonné que de fortes patrouilles fussent poussées au-devant de l'ennemi : ces patrouilles revinrent sans l'avoir rencontré. Pour éviter de tomber dans uu cul-de-sac» j'envoyai encore une patrouille jusqu'à Prenzlow. Elle rendit compte qu'aucun ennemi ne s'était montré dans les environs, et qu'à Prenslow on n'avait pas aperçu de ses patrouilles. Je me mis alors en marche pour atteindre celte ville, où j'espérais trouver du pain et des fourrages; tout autour de moi on en demandait, la détresse était parvenue à son comble. A peine avais-je atteint les hauteurs de Prenzlow, que l'ennemi parut sur mon flanc droit ; on en vint aussitôt aux mains. La supériorité de l'ennemi et son artillerie me forcèrent à la retruite par Prenzlow ; l'espoir d'y trouver du pain et des fourrages fut donc totalement déçu par l'arrivée de l'ennemi. Des corps ennemis se montrèrent sur mon flanc droit. Les Fiançais, bien supérieurs à moi en artillerie et en cavalerie, se disposaient à renouveler l'attaque sur mon centre; plusieurs bataillons se trouvaient sans cartouches; une batterie entière d'artillerie légère était perduo, et d'après le rapport du colonol Hozen il no restait plus à lu plupart des autres pièces que 5 charges.

Je me trouvais encore à 7 milles de Steltin, et même toute apparence de secours fondée sur cette marche était évanouie. Coupé des secours restés à Lychon et du corps du général Blùcher, sans cavalerie en état de combattre, puisque l'abattement des hommes et la fatigue des chevaux lui avnient ôté toute confiance en elle-même ; sans munitions et surtout sans vivres ; enfin persuadé que je sacrifierais la vie de cotte poignée d'hommes sans aucune utilité pour le service de V. M., je me suis soumis à ma triste destinée et j'ai o pi tu lu avec l'ennemi. Je suis à même de justifier ma conduite pendant tout le cours de celte campaguo aux yeux de mes contemporains et de la

l'empereur au grand-duc de berg.

Berlin, Si octobre 1806, 8 heures du malin.

Mon Frère, je vous fais mon compliment sur la prise de Stettin ; si votre cavalerie légère prend ainsi des villes fortes, il faudra que je licencie le génie et que je fasse fondre mes grosses pièces. Mais il n'y a encore rien de fait ; vous avez encore 25,000 hommes à prendre. L'adjudant-commandant Girard, qui est parti hier d'ici, a dû vous instruire de l'état des choses. Vous avez le général Bliicher à prendre et le duc de Weimar, ce qui fait plus de 25,000 hommes. Bliicher doit être pris. Le duc de Weimar est poursuivi de près par le maréchal Bernadotte ; le maréchal Soult le suit de très-loin. Descendez l'Oder ; faites-le poursuivre Tépée dans les reins et jusqu'à Stralsund, s'il va là. Point de repos que ces 2 colonnes n'aient mis bas les armes.

l'empereur au maréchal soult.

Berlin, si octobre 1806, 10 heures du matin.

Stettin a été pris avant-hier; 6,000 hommes de" garnison, 160 pièces de canon sur les remparts, des magasins iin-

postérité, à ceux de Y. M. et devant mes propres regards, que je puis tourner avec calme et avec sérénité sur moi-même.

Je pense pouvoir prouver que j'ai été la malhourouso victime de la nonexécution de mes premiers plans. Le malheur seul m'atteint, et non la honte. La supériorité de la cavalerie ennemie avait déjà détruit en grande partie le détachement du général Schimmeipeuuing, et cependant la possibilité de ma retraite ne reposait que sur l'existence de ce corps qui devait brûler tous les ponts sur le Rhinow, la Havcl et le canal de Finow.

J'ai conduit une armée qui, manquant de pain, de munitions, de fourrages, devait atteindre un pas«age difficile, dans un cercle dans toute retendue duquel l'ennemi était en mouvement. L'impossibilité de l'exécution ne tenait ni à mon zèle, ni à ma bonne volonté, ni à la chose on elle-même, ni à l'insuffisance de mes dispositions. Ou doit plaindre l'étendue de mon malheur, et Ton no saurait me condamner. Je me réserve de déposer aux pieds de V. M. un rapport détaillé sur tous les événements qui m'ont accablé depuis le 14.

Prenzlow, le 29 octobre 1806.

F. L. PRINCE DE HOHENI.OHE.

menses, plusieurs généraux, tout cela s'est rendu à la cavalerie légère du général Lasalle. Celle du général Milhaud a fait mettre bas les armes à 6,000 hommes près de Pasewalk ; c'était tout ce qui restait du corps du prince de Hohenlohe.

J'ai vu avec plaisir que vous vous étiez mis à la poursuite du duc de Weimar ; poursuivez-le jusque dans la Baltique.

Le maréchal Davout a passé l'Oder à Francfort. Le roi de Prusse s'est retiré derrière la Vistule. Pas un homme de tout ce qui restait de la bataille du 14 n'a passé l'Oder.

l'empereur au major général.

Berlin, 31 octobre 1806.

Envoyez sur-le-champ un piquet de cavalerie pour arrêter le prince de Hohenlohe. Je ne veux pas qu'il aille en Silésie. L'aide de camp du grand-duc de Berg vous dira où on peut le trouver.

Donnez l'ordre au maréchal Davout qu'aucun officier prussien ne puisse passer pour se rendre en Silésie. Mon intention est qu'aucun officier prussien fait prisonnier ne passe l'Oder1.

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