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LE GÉNÉRAL BBKBR AC GRAND-DUO DE BERG

Anklam, si octobre 1806.

Après avoir observé avec le général Boussard pendant la journée un corps de 2,000 hommes réfugiés en Poméranie, après avoir fait

1. Celle du chef d'escadron Dejean. On a vu qu'elle était rentrée avant d'avoir reçu Tordre de continuer sur Friedland.

a. De Cosenow à Friedland par Dargibell, so kil. ; — de Friedland à Anklam, I s kil.

charger tout ce qui est resté sur la rive gauche de la rivière et pris dans différentes attaques plus de 300 cavaliers et autant de fantassins, je suis parvenu, en multipliant mes démonstrations, en sommant le général de se constituer prisonnier, à le forcer d'accepter la capitulation qui a été en usage dans de pareilles circonstances.

A l'instant sortent d'ici 2 officiers envoyés par le général Bila avec lesquels j'ai traité aux conditions prescrites par M. le général Belliard. Ainsi demain matin cette colonne forte de 3,000 hommes, dont 1,000 à 1,200 de cavalerie, et commandée par 2 généraux, déposera les armes et sera dirigée sur Friedland où V. A. lui donnera une destination, en permettant aux officiers de se retirer dans leurs foyers avec leurs bagages auxquels ils tiennent infiniment.

Comme la brigade du général Boussard est extrêmement réduite, elle suffira à peine à l'escorte de cette colonne, et je serai dans le cas de quitter Anklam, à moins que Y. A. ne juge convenable de m'envoyer 1 régiment de la division pour conserver le seul point sur lequel se retirent les fuyards de l'armée.

J'ai la certitude que le général Bliicher a repassé l'Oder, il y a 5 jours, avec 2 régiments de cavalerie et de l'artillerie. Il ne reste plus en arrière dans le Mecklemburg que le duc de Weimar avec une colonne qui cherche aussi à se retirer sur Anklam.

Quant aux 2 régiments qui ont été repoussés par le général Lasalle, ils ont passé hier soir par Anklam en Poméranie ; ils sont compris dans la capitulation, de sorte que les routes de Stettin et de Pasewalk sont libres.

Cette colonne n'ayant trouvé aucune assistance en Poméranie, est affamée. Il est essentiel de lui assurer des vivres à Friedland, à moins que V. A. ne juge convenable de lui donner une autre direction. Dans ce cas je vous prie, Monseigneur, de m'adresser vos ordres sur ce qu'il me reste à faire après avoir opéré le désarmement de cette colonne, car il me serait impossible de la faire conduire à une autre destination quelconque et de garder la position d'Anklam, si je ne suis point renforcé d'un régiment, puisque les miens sont presque fondus.

LE GRAND-DUC DE BERG A L'EMPEREUR

Friedland, Si octobre 1806, 6 heures du soir.

J'ai eu l'honneur de vous annoncer ce matin * que je marchais sur Friedland, et que je ferais sommer par le général

1. Lettre du 81 octobre, 8 heures du matin. L'Empereur se plaint lo 1er no. ve mbre de n'avoir reçu que la dernière feuille, qui n'a probablement pas été

Beker le corps ennemi qui se trouvait à Anklam, tandis que le général Laaalle pousserait devant lui tout ce qui se trouvait sur la route de Stettin à Anklam, en se portant sur Stretense. Le général Beker me rend compte qu'il a effectivement exécuté mon ordre, mais qu'il n'a fait prisonnière que la queue de ce corps, le reste ayant passé la Peene dans la nuit, et ayant levé sur lui le pont-levis. 400 hommes sont tombés en son pouvoir dont 260 cuirassiers montés. Je lui envoie une pièce de canon pour abattre le pont-levis, et chasser tout ce qui semble encore vouloir défendre le passage de la rivière. Ce corps est un ramassis des détachements de tous les corps de l'armée. Des lettres particulières de cette ville, d'hier soir, annoncent que beaucoup de caisses de régiment, qui s'y trouvaient, ont été embarquées dans la nuit, ainsi que tout ce corps de troupes, et que leur destination est pour Colberg, ce qui semblerait confirmer que le roi de Suède ne veut pas les recevoir. Je n'ai pas encore de nouvelles du général Lasalle et n'en ayant point du prince de Ponte-Corvo, je me suis décidé à ouvrir une lettre qui était adressée à M. le Major général ', persuadé que j'y trouverais des renseignements sur la marche de l'ennemi et sur celle du corps d'armée de ce Prince. Ses dépêches confirment la retraite de Bluchcr sur ma gauche, mais je ne le crois pas si éloigné de moi qu'il semble le croire. J'ai la certitude que toutes les troupes du corps de Bllicher ont filé hier toute la journée par Schwanbeck et par Treptow se dirigeant sur Demmin ou Jarmen, ce que je saurai positivement dans quelques heures d'ici ayant envoyé 8 partis sur tous les points par lesquels je crois que l'ennemi s'est retiré. Ces reconnaissances sont commandées par les officiers les plus intelligents des régiments. Demain dès 6 heures du matin je me porterai sur Breestd'où je marcherai sur Jarmen ou Demmin suivant les rapports des

remise au Major général pour être conservée dans ses archives. — Ce rapport n'existe pas non plus sur le registre du général Belliard, où est enregistrée louto la correspondance du grand -duc de Berg.

1. Lettre de Neu-Brandenburg, le 31 à 10 heures du matin. Voir page 531. — Cette dépêche pour se rendre à Berlin remonta au nord jusqu'à Friedland au lieu de gagner directement Prenzlow par Woldegk.

31 octobre. 565

reconnaissances. Ce mouvement me liera parfaitement avec le corps de M. le prince de Ponte-Corvo qui couchera ce soir à Waren et qui compte se porter sur les traces de l'ennemi * ; de là j'agirai suivant les circonstances. Ce qu'il y a de sûr c'est que je nettoierai toute la Poméranie prussienne et le Holstein si l'ennemi se décide à fuir par ce duché, et je serai à même de pénétrer dans la Poméranie suédoise, s'il s'y est réfugié. Le prince de Ponte-Corvo le chassera de son coté de tout le Mecklemburg. Je ferai toujours occuper Anklam par un détachement qui aura sa retraite sur Stettin. Si je me décide à marcher sur Demmin, je dirigerai le général Lasalle sur le pont de Jarmen par Crien. J'ai rencontré ce matin à 1 lieue de Friedland le grand parc d'artillerie qui s'était rendu à un officier de M. le maréchal Lannes, et un parti de quelques hommes qui éclairait ma gauche nous a ramené 60 artilleurs montés qui allaient joindre ce même parc qui e6t dirigé sur Stettin.

Je compte que dans 2 jours nous aurons acculé l'ennemi à la mer Baltique.

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