De Friedland à Schwanbeck, 10 kil
Treptow. Vous vous mettrez en bataille en avr.nt du village et vous attendrez de nouveaux ordres.
LE GÉNÉRAL BELLIARD AU GÉNÉRAL LAS ALLE
Friedland, si octobre 1806.
Partez demain au jour de Stretense avec votre brigade pour vous porter par Crien à Cartelow1 sur la route d'Anklam à Dommin. Le Prince marche avec les divisious Grouchy et d'Hautpoul sur Demmin, où il compte, s'il est possible, établir demain soir son quartier général.
LE MARECHAL LANNES A L EMPEREUR
Pasewalk, 31 octobre 1806.
Sire, j'ai reçu Tordre du jour concernant la prise de la colonne du prince de Hohenlohe. V. M. I. sentira aisément tout mon étonnement de ne pas y voir figurer mon corps d'armée.
Je ne peux, Sire, communiquer cet ordre du jour aux soldats que je commande. Ils eussent été trop affectés d'un oubli semblable, et cela n'aurait pu produire qu'un très-mauvais effet. Quant à moi, Sire, l'amour que j'ai pour votre personne me mettra toujours au-dessus des injustices.
J'ai l'honneur de faire passer à V. M. I. copie de la lettre1 que j'ai écrite au grand-duc de Berg. V. M. sera à même de juger par là de ma conduite dans cette circonstance et dans toutes les autres, ainsi que de celle du 5' corps d'armée.
J'ai l'honneur de prévenir V. M. que 1,500 hommes, presque tous de l'artillerie, 200 dragons, 30 pièces de canon, 60 caissons et beaucoup de chariots remplis de munitions, le tout bien attelé, se sont rendus hier à mes avant-postes. Je fais filer tout cela sur Spandau.
Il paraît que les débris du corps du général Bliicher se retirent dans la Poméranie suédoise et que les Suédois leur
1. De Stretense à Crien, 14 kil. ; — de Crien à Cartelow, 14 kil. a. Voir cette lettre au 27 oclobre, page lis.
ont refusé le passage. Il n'y a aucun doute que ces débris ne soient pris demain au soir, soit par le maréchal Bernadotte qui est à leur poursuite, soit par le grand-duc de Berg.
Je vois, d'après tous les renseignements, que le corps du maréchal Bernadotte se trouve devant le duc de Weimar sur la route de la Poméranie. Je crains qu'il ne passe entre Templin et Pasewalk pour se jeter sur Ktistrin. C'est le seul point où ils puissent se sauver dans ce moment.
Je donne l'ordre à toute la cavalerie légère de se diriger sur Boitzenburg et de pousser des reconnaissances sur tous les points pour avoir des renseignements sur ce corps.
Je donne également Tordre à une brigade du général Suchet qui est ici de se rapprocher de Prenzlow. Je resterai ici en observation avec l'autre brigade pour me porter sur Anklam en cas que l'ennemi voulût résister à notre cavalerie, ou sur Prenzlow en cas que la cavalerie légère ait connaissance que l'ennemi soit sur ce point-là.
La division du général Gazan avec la brigade du général Claparède sont à Stettin. Après que l'ennemi a eu capitulé, on a fait courir le bruit que les Russes arrivaient et une partie de la garnison avait repris les armes. Tout est rentré dans l'ordre.
Je suis avec le plus profond respect et parfait dévouement.