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LE GÉNÉRAL COMPANB AU GÉNÉRAL COMMANDANT LA CAVALERIE LÉGÈRE

Waren, 1er novembre 18 06.

Veuillez, je vous prie, au passage de votre division ici, faire remettre au chef d'escadron de gendarmerie Dubignon tous les prisonniers de guerre qni sont à la suite : il est chargé de les recevoir.

Le commissaire ordonnateur est en mesure pour faire une distribution d'eau-de-vie au corps d'armée ; chargez, je vous prie, votre commissaire des guerres de se rendre anprès de lui pour lui aider à se procurer des moyens de transport pour porter cette eau-de-vie au camp.

A l'ordonnateur.

Je vous préviens que, d'après les ordres de M. le Maréchal commandant en chef, je forme sur les 3 divisions du corps d'armée un bataillon qui sera composé des hommes trop fatigués pour entreprendre les marches forcées. J'ignore encore quelle sera la force de ce bataillon : il est destiné à rester ici jusqu'à nouvel ordre. Je lui confie la garde d'environ 600 prisonniers de guerre et déserteurs qui resteront aussi en dépôt jusqu'à nouvel ordre •, veuillez prendre des mesures pour assurer la subsistance et du bataillon et des prisonniers et déserteurs.

AU GÉNÉRAL LARIB0I8IÉRE.

L'intention du Maréchal commandant en chef eBt que le parc d'artillerie du corps d'armée soit dirigé de Wtisterhausen par Wittstock sur Waren d'où il continuera sa marche à la suite du corps d'armée qui marche sur la route de Schwerin. — Veuillez, je vous prie, donner des ordres en conséquence.

AU GÉNÉRAL LARIBOISIBRE.

Je vous préviens que d'après leB ordres de M. le Maréchal commandant en chef la compagnie d'artillerie légère commandée par le capitaine Hubert doit devancer sur la route de Schwerin la colonne d'infanterie du corps d'armée ; veuillez bien donner les vôtres en conséquence; cette compagnie s'arrêtera lorsqu'elle en recevra

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Tordre de M. le Maréchal. Je vous préviens que M. le général Levai est instruit de cette disposition.

Ordre en conséquence au général Levai. Mêmes ordres pour l'eau de-vie et les prisonniers qu'au général commandant la cavalerie légère.

LE MARÉCHAL MOBTIEE A L'EMPEREUR

Cassel, 1er novembre 1806.

Sire, les troupes sous mes ordres occupent Cassel où elles sont entrées ce matin. Par la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 29 octobre, j'aiinonçais à V. M. que je serais le 31 à la hauteur de cette ville, et que F avant-garde de l'armée du Nord y serait également le même jour. Je fondais cette dernière assertion sur ce que venait de me dire l'aide de camp du roi de Hollande que ce corps d'armée devait être rendu le 29 à Paderborn. Mais le lendemain 30, dans ma marche de Stersfeld à Melsungen, un officier supérieur attaché à l'état-major de S. M. vint me trouver et me dit que cette avant-garde ne pourrait être rendue devant Cassel que le 1er novembre, au lieu du 31 octobre. Je sentais la nécessité d'être en mesure avec ce corps qui appuyait mon opération et je dirigeai ma marche de manière à n'arriver que le même jour. Effectivement, le 31 j'ai pris position à la tête du bois dit Schwartzbach, en arrière de Berghaus et Crumbach. Pendant la nuit du 30 au 31 un aide de camp de l'Électeur m'a apporté une lettre de ce prince dont j'ai l'honneur de vous envoyer copie. Je n'y fis pas de réponse et me bornai à dire à cet officier que probablement le chargé d'affaires de V. M. donnerait les explications qu'on sollicitait de moi. Le 31 l'Electeur m'envoya des officiers de sa cour pour m'inviter à aller dîner chez lui à Cassel avec mon étatmajor ; je le remerciai sous des prétextes vagues. — Ma marche s'est exécutée sans obstacles, sinon au premier poste sur la frontière, où un officier commandant un piquet d'infanterie voulut m'arrêter, en s'appuyant de la neutralité qui avait été accordée à la Hesse. Je passai outre sans faire au-

cune démonstration hostile, pour ne pas donner l'éveil. La plus exacte discipline fut observée par les troupes sous mes ordres ; et partout elles furent accueillies avec égards et procédés. — Pendant tout le temps que dura ma marche, la plus parfaite sécurité régnait à Cassel. On ne conçut pas le moindre soupçon sur mon mouvement, dont on croyait que l'occupation du Hanovre était l'objet. Le 31 au soir j'envoyai un de mes aides de camp porter votre note au chargé d'affaires de V. M., en le chargeant de la présenter ail heures de la nuit. — Aujourd'hui à 3 heures du matin les ministres du prince de Hesse sont venus à mon bivouac et m'ont dit que leur souverain leur avait donné ordre de me déclarer qu'il se mettait entièrement à la disposition de V. M., ui et ses troupes, et qu'il était prêt à marcher à leur tête pour combattre vos ennemis; ils m'ont demandé aussi un passe-port pour que ce prince pût aller à votre quartier général. Je leur ai dit que je n'avais aucune espèce d'instruction pour recevoir leurs ouvertures, et refusai d'accorder le passe-port. — Je suis entré dans la ville ce matin à 8 heures; et la jonction de l'avant-garde de l'armée du Nord s'est opérée dans la matinée avec le 8e corps. S. M. le roi de Hollande a de son côté l'honneur de vous écrire ce soir. — L'Electeur et le prince héréditaire se sont évadés après le refus que je leur fis des passe-ports qu'ils me demandaient. Ils ont assuré en partant qu'ils se rendaient auprès de V. M. Jusqu'à présent j'ai trouvé dans Cassel 91 bouches à feu de différents calibres, 6,273 fusils provenant tant des arsenaux que du désarmement de la garnison. J'ai de plus en ma possession 8 drapeaux du régiment de la Garde, 4 du régiment des grenadiers et l'étendard des Gardes du corps. Les principaux officiers se sont enfuis après la note remise, avant mon arrivée. Je vais m'occuper de faire arrêter tous ceux que l'on pourra trouver. La grande dissémination des troupes hessoises dans leurs différents quartiers mettra quelques obstacles à l'exécution complète de cette mesure.

J'attends l'état des chevaux du régiment des Gardes du corps que j'ai fait démonter. Quelques cavaliers hessois en

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ont emmené avec eux ; les ordres sont donnés pour qu'ils les remettent.

Le général Lagrange est entré dans ses fonctions de gouverneur général. — La proclamation en mon nom et la note de V. M. sont imprimées dans les deux langues et vont de suite être publiées et affichées.

La place de Hanau sera occupée par nos troupes avant 3 jours \ J'avais annoncé aux ministres du prince de Hesse que si elle ne m'était pas de suite remise, je la ferais bombarder et qu'ils n'auraient à accuser qu'eux seuls des maux que cette ville éprouverait. Le Prince avant son départ précipité a donné l'ordre de sa reddition ; j'expédie cet ordre signé par un de ses ministres au général Laval qui est à Mayence, en lui prescrivant d'en prendre possession sur-lechamp, et comme il n'a pas de troupes avec lui pour effectuer cette occupation, d'en demander au maréchal Kellermann, en attendant l'arrivée du 1er régiment d'infanterie légère italienne.

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