‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 306 sur 412 · De Jarmen à Gûtzkow, 4 kil · texte numérisé non relu

De Jarmen à Gûtzkow, 4 kil

LE GÉNÉRAL BELLIABD AU CHEF d'bSCADBON BOYEB, A ANKLAM.

Demmin, 2 novembre 1806, 6 heures du malin.

Le Prince approuve ce que vous avez fait, M. Boyer; il faut faire déposer les armes aux différents détachements d'escorte et les diriger sur Friedland avec le reste de la prise ; quant aux voitures qui portent les caisses, quelles qu'elles puissent être, elles ne suivront pas le convoi ; vous réunirez tout ce qui est caisse au trésor ; vous le ferez garder très-soigneusement et vous l'enverrez de suite au quartier général à Demmin. L'intention du Prince est de faire distribuer à la cavalerie toutes les prises faites en argent. Vous agirez de même pour toutes les caisses qui peuvent appartenir à la colonne qui a capitulé avec le général Beker et, dans le cas où elles seraient déjà en route pour Friedland, vous enverriez un sous-officier au chef d'escadron Daiguillon, commandant à Friedland, pour lui faire part des intentions du Prince et lui remettre la lettre ci-jointe.

J'ai ordonné au général Lasalle d'envoyer un escadron de sa brigade pour escorter tout ce qui vous arrivera àÀnklam de prisonniers ou bagages.

Il faudra avoir soin de dresser un état de tout ce que voub ferez partir et de rendre responsable de sa sûreté l'officier qui sera chargé d'escorter.

Prenez de suite le paquet venant d'Hamburg et envoyez-le-moi par un sous-officier en poste ; voub arrêterez tous les courriers et toutes les estafottes qui viendront à Ânklam et vous me les adresserez.

Dégarnissez- vous le moins possible ; vous êtes établi à Anklam pour empêcher le passage et il faut toujours être en mesure d'agir.

P. -S. — Vous n'aurez point de hussards pour escorte. Vous enverrez 12 ou 15 hommes conduire leB prisonniers à Friedland ; quant aux voitures d'équipages, vous les ferez brûler ou briser, afin de ne pas vous embarrasser de choses inutiles *, s'il y a des farines ou grains, il faut les emmagasiner.

Le Prince ordonne que vous passiez la Peene avec 25 hommes pour reconnaître la route qu'a suivie l'ennemi pour se rendre dans l'île. Vous sommerez de se rendre tous leB partis que vous rencontrerez et vous leur accorderez les mêmes conditions qu'à ceux qui se sont déjà rendus.

Un escadron de hussards pasBe la Peene à Jarmen et un de dragons à Demmin. Si voub trouvez les Suédois, vous ne commencerez pas les hostilités avec eux, mais, s'ils s'opposaient à votre marche, vous riposteriez.

LE GÉNÉRAL BELLIARD AU MAJOR GÉNÉRAL

Demmin, i« novembre 1806, 9 heures du matin ».

J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. S. que le corps d'armée du Prince ou du moins une partie a quitté ce matin Friedland, s'est porté sur Demmin où il est arrivé ce soir & 6 heures. La ville était évacuée ; il s'y trouvait quelques hommes isolés qui ont pris la fuite. Le pont sur la Peene avait été coupé ; avant sa rupture beaucoup d'équipages, des hommes égarés avaient passé dans la Poméranie longeant la Peene et se dirigeant sur Greifswald ' ou Stralsund ; il paraît que les Suédois ne veulent pas les laisser passer, car un convoi d'équipages escorté par différents détachements a envoyé 2 officiers par Anklam pour capituler, ce qui- a été fait

dans la nuit Ce matin 3 escadrons ont passé la Peene à

Demmin, Jarmen et Anklam pour se mettre à la poursuite de tous les détachements et bagages qui se sont jetés dans la Poméranie hier, et dans la nuit on a pris 200 ou 300 voitures chargées de farines, de grains, de bagages. Tous les chevaux nous embarrassent; on ne sait plus qu'en faire.

Le général d'Hautpoul a couché à Sieden Brtinzow, Grouchy à Demmin, Lasalle à Jarmen.

LE GRAND-DUC DE BERG A L'EMPEREUR

Demmin, * novembre 1806, 10 heures du matin.

Je suis arrivé hier soir à Demmin, ainsi que je l'avais annoncé à Y. M., après avoir fait 12 lieues, et conséquem-

1. Ce rapport porte comme date sur le registre, 1er novembre, 9 heures du matin. Il est enregistré au milieu de la correspondance du S novembre. Il est probable qu'il a été commencé le 1er au soir et terminé seulement le 2 i 0 heures du matin, depuis la phrase Ce matin s escadron*.... Il devrait être daté en tête Demmin, 1er novembre et au bas, 8 novembre, 9 heure* du matin*

8. De Demmin à Greifswald, si kil. ; — de Jarmen a Greifswald, 19 kil.

ment très-fatigué \ J'eus connaissance que le prince de Ponte-Corvo marchait hier matin sur Waren où il comptait trouver l'ennemi. Le canon que j'ai entendu * hier vers les ô heures du soir sur ce point m'a confirmé la présence de l'ennemi, et je me décide à me porter sur ses derrières par Teterow d'où je serai à même de lui couper sa retraite sur Rostock et de l'attaquer sur Gttstrow avec le prince de Ponte- Corvo, s'il voulait s'aviser de défendre le Nebel. Je dirige le général Lasalle avec le 7e de hussards sur Rostock où il arrivera vraisemblablement dans la nuit et où il a ordre de détruire tous les moyens d'embarquement que l'ennemi aurait pu y faire préparer. Le reste du 5e régiment de hussards tiendra poste à Demmin pour observer le débouché de Malchin, recevoir tous les bagages qui nous arrivent encore dans ce moment-ci par cette route, pour soutenir l'escadron de dragons qui poursuit les bagages sur la rive gauche de la Peene en Poméranie suédoise, et enfin pour escorter les prisonniers. J'espère que je serai lié ce soir avec le maréchal Bernadotte.

Des espions me rapportent que l'ennemi s'est retranché derrière la Peene entre les deux lacs8; si cela était, mon mouvement d'aujourd'hui me mettrait absolument sur ses derrières.

U a passé hier par cette ville, pendant toute la journée, tous les équipages de l'armée escortés par environ 1,000 hommes ; j'ai envoyé à leurs trousses mon aide de camp Déry avec 1 escadron de dragons par le pont de Demmin, et 1 escadron de hussards par Jarmen sur GUtzkow pour les prendre en flanc, tandis que mon escadron de dragons arrêtera la tête sur Anklam. Le premier convoi ayant capitulé cette nuit à Anklam, j'ai lieu de penser que tout ce qui a passé la Peene capitulera de même.

1. Lo Grand-duc, homme de cheval, considérait donc que 60 kil. constituaient une bonne trotte capable de fatiguer botes et gens.

2. De Nossentin à Demmin, à vol d'oiseau, il y a 14 lieues et demie.

3. Malchiner-See et Cummerower-See qui communiquent par le cours de la Peene et entre lesquels se trouve la ville de Malchin.

Je reçois à l'instant la lettre de V. M. du 31 octobre ; elle verra par mes mouvements que j'ai été assez heureux pour remplir ses intentions. Je n'ai point été à Stettin ; je me contentai d'y envoyer le général Lasalle et, tandis que je dirigeais le général Beker sur Anklam, je marchais par Pasewalk et Friedland sur Demmin, afin de chercher à déborder constamment l'ennemi et de lui couper sa retraite sur Stralsund et sur Rostock.

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