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SITUATION DK LA GARNISON D ERFURT LE 80 OCTOBRE

1 bataillon de grenadiers fort d'environ 500 hommes. — Ce bataillon avait

I compagnie détachée à Golha pour garder les blessés et 1 demi-compagnie à Weimar pour le même objet et pour l'artillerie. — (C'était le bataillon de grenadiers laissé par le maréchal Ney. Voir page 80. Ordre du Major générai le 4 novembre à Erfurt de diriger sur Wanzleben le détachement du 3e de hussards, les compagnies de voltigeurs et le bataillon do grenadiers du corps du maréchal Ney.)

8 bataillons de Hesse-Darmsladl ayant ensemble environ 500 hommes. — La totalité de ces bataillons a été employée en escortes de prisonniers et il est même à craindre que le maréchal Mortier n'ait fait escorter ces prisonniers jusqu'à Mayence par les détachements de ces 2 bataillons.

1 compagnie d'artillerie sous les ordres du chef de bataillon Gilliard, 50 hommes. Total 1,050 hommes.

On attendait 1 compagnie d'artillerie, et le 31 il devait arriver à Erfurt 1 bataillon de Wùrzburg fort de 1,0 1 2 hommes, 1 bataillon de Nassau Usingen dont on ignore la force, quelques dépôts de Wùrzburg très-indisciplinés et des hussards à pied.

RAPPORT DK LA PLACB d'kRFURT DU 29 AD 30 OCTOBRK.

Entrées. — Un détachement de 150 hommes du 11e de dragons; — un autre détachement de 26 hommes du 11e de cuirassiers commandé par un adjudantmajor ; — un détachement de 8 hommes de différents corps commandé par un capitaine du 28e régiment rejoignant son corps ; — un détachement de sapeurs escortant plusieurs caissons ; — 5 hommes du 17e régiment ; — un convoi de pontons escorté par des chasseurs bavarois ; — 2 voilures do fusils, sabres et gibernes ramassés sur le champ de bataille ; — une voiture de blessés français; — 1 compagnie du 14e régiment rentrant d'escorte; — une voiture de blessés prussiens escortée par 4 dragons du 20e régiment.

Sorties. — 24 voitures do blessés prussiens escortées par un détachement de troupes du prince de Darmsladt.

Il est entré dans la citadelle 89 pontons prussiens, 1 haquet à pontons, 242 fusils, 124 sabres, 89 gibernes provenant de divers villages près d'Erfurt et divers objets tels que débris de fusils, baïonnettes et banderoles.

II est entré ce matin dans la place le général Coin, 2 colonels, 13 officiers, 28 sous-offleiers ou canonniers, 61 sous-officiers ou soldats du train, 6 bouches à feu et 196 chevaux venant de Wùrzburg.

LE GÉNÉRAL CORBINEAU A L'EMPEREUR

Spandau, 2 novembre 1806, 8 heures du soir.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. de l'arrivée à Spandau de la seconde colonne des prisonniers faits avec le prince de Hohenlohe et celle de ce Prince lui-même ; la seconde colonne est forte de 5,500 hommes environ ; elle est escortée par 3 régiments de dragons (les 8e, 16e et 21e) et 1 bataillon du 21e léger, le tout commandé par les généraux Boyé et Marisy.

Environ 200 officiers prussiens sont aussi arrivés ce soir ici pour y prendre de nouveaux passeports ; ils étaient conduits par un détachement du 20e de chasseurs; ils partiront demain après avoir reçu des passeports qui ne leur permettront pas d'aller sur la rive droite de l'Oder.

Les prisonniers de guerre qui partiront demain recevront pour 3 jours de pain, la distribution est assurée; la colonne partie ce matin, ainsi que son escorte, en ont reçu autant.

Les troupes de Darmstadt ont quitté Spandau ce matin savoir : 2 bataillons pour escorter les prisonniers dirigés sur Erfurt, 2 autres pour se rendre à Stettin.

Les troupes alliées étant toutes parties, un bataillon du 21e léger escortera demain les prisonniers. Un autre bataillon dudit régiment est laissé ici par le général Beaumont jusqu'à nouvel ordre.

Avec les régiments de dragons qui servaient d'escorte aux prisonniers ont été amenés ici 393 chevaux. Le général Bourcier et moi les avons examinés avec soin; nous n'en avons pas trouvé un seul susceptible de servir soit à la Garde de V. M., soit aux régiments de carabiniers et de cuirassiers.

Ces chevaux sont le rebut des corps de l'armée française qui ont rencontré la colonne des prisonniers; la plupart portent des marques des régiments français : il serait possible qu'avec du temps et beaucoup de soins, on puisse faire usage d'un tiers ou peut-être de la moitié de ces chevaux pour

monter les dragons à pied ; ils seront emmenés à Potsdam demain matin par les dragons à pied des 14e et 20e régiments.

La disette de foin et le peu d'apparence de pouvoir tirer aucun autre parti des chevaux de prise qui arriveront à Spandau autrement que pour les dragons à pied, ont engagé le général Bourcier à me demander de diriger de suite sur Potsdam les chevaux de prise qui arriveront à l'avenir. J'ai l'honneur de prier V. M. de me faire savoir si elle consent à cette disposition et si dans ce cas il faudrait que j'allasse à Potsdam toutes les fois qu'il arrivera des convois de ces chevaux.

J'ai visité tous les bateaux qui étaient dans le port, après y avoir fait conduire ceux qui étaient encore sur la Havel; un grand nombre sont chargés de grains, farines, plusieurs d'armes et 5 d'effets d'habillements ; dans un de ces derniers j'ai trouvé une très grande quantité de culottes de peau de mouton.

J'ai l'honneur de demander à V. M. si elle ne jugerait pas convenable de les faire transférer à Potsdam pour l'usage des dragons qu'on va y monter. J'ai fait moi-même et j'ai fait faire les recherches les plus exactes pour découvrir le bateau chargé de bottes, je n'ai pu en avoir de nouvelles.

Un officier du 8e de dragons envoyé jusqu'au pont de Neubrtick pour rechercher ce bateau, a fait la route à pied le long du bord de la rivière et a visité tous les bateaux qu'il a rencontrés; il n'a pu trouver celui-là.

On s'occupe de l'établissement de 3 hôpitaux dont l'un sera dans le fort et les 2 autres en ville ; je verrai demain les locaux et aurai l'honneur de rendre compte à V. M. de ce que j'en penserai.

LE GÉNÉRAL B0URCIBR AU MAJOR GÉNÉRAL

Potsdam, 2 novembre 1806.

J'ai l'honneur do rendre compte à Y. A. que j'arrive de Spandaa où j'ai attendu depuis le 30 octobre les 4,000 chevaux de prise que V. A. m'avait annoncés par sa lettre du 29 pour le lendemain.

Au lieu de 4,000 chevaux, M. le général Beaumont m'en a remis seulement 393 ; et dans ce nombre il y en a à peine 50 provenant de l'ennemi. Le surplus consiste en chevaux blessés ou éclopés, rebut de plusieurs régiments de diverses armes qui les ont échangés contre ceux pris sur les Prussiens. On peut donc assurer que les deux tiers des 393 chevaux reçus sont dans l'impossibilité de servir au moins de longtemps.

Vu cette espèce de chevaux, les détachements de la Garde impériale, des carabiniers et cuirassiers, ainsi que la compagnie d'élite du 4e de dragons, n'ont pas voulu en recevoir un seul et ils sont rentrés à leurs régiments.

Je me suis en conséquence déterminé à les faire venir ici par les détachements de dragons que j'avais appelés de Spandau, d'autant qu'il n'y a point de fourrages dans cette place, et qu'à Potsdam ils pourront être mieux surveillés par les officiers de dragons qui s'y trouvent et par moi-même.

Le général Corbineau m'a prévenu que le général Milhand était chargé de faire conduire d'autres chevaux de prise à Spandau ; mais comme il n'a pu m'indiquer ni le jour de leur arrivée ni leur nombre, je n'ai pas voulu retarder mes opérations à Potsdam en restant davantage à Spandau pour y attendre les chevaux dont il s'agit, mais j'y ai laissé M. l'adjudant- commandant Requin avec un détachement de dragons dont il se servira pour les conduire ici. Us y seront mieux qu'à Spandau, où il n'y a nulle espèce d'approvisionnements de fourrages. Cette considération m'a décidé à réunir ici tout ce qui pourrait arriver de chevaux à Spandau. Je désire que V. A. approuve cette détermination.

Je dois avoir l'honneur d'informer V. A. que la plupart des 393 chevaux conduits par les troupes aux ordres du général Beaumont n'ont ni selles ni brides.

26e BULLETIN DE LA GRANDE ARMÉE.

Berlin, 3 novembre 1806.

On n'a pas encore reçu la nouvelle de la prise des colonnes du général Blttcher et du duc de Weimar.

Voici la situation de ces 2 divisions ennemies et de celles de nos troupes. Le général Blttcher,. avec sa colonne, s'était dirigé sur Stettin. Ayant appris que nous étions déjà dans cette ville, et que nous avions gagné 2 marches sur lui, il se reploya de Gransee, où nous arrivions en même temps que lui, sur Neu-Strelitz, où il arriva le 30 octobre, ne s'arrêtant point là et se dirigeant sur Waren, où on le suppose arrivé le 31, avec le projet de chercher à se retirer du côté de Rostock p9ur s'y embarquer.

Le 31, 6 heures après son départ, le général Savary, avec une Colonne de 600 chevaux, est arrivé à Strelitz, où il a fait prisonnier le frère de la reine de Prusse, qui est général au service du roi.

Le 1" novembre, le grand-duc de Berg était à Demmin, filant pour arriver à Rostock et couper la mer au général Blttcher.

Le maréchal prince de Ponte-Corvo avait débordé le général Blttcher. Ce Maréchal se trouvait le 31, avec son corps d'armée, à Neu-Brandenburg, et se mettait en marche sur Waren, ce qui a dû le mettre aux prises, dans la journée du 1er, avec le général Blttcher.

La colonne commandée par le duc de Weimar était arrivée le 29 octobre à Ncu-Strelitz ; mais, instruit que la route de Stettin était coupée, et ayant rencontré les avant-postes français, il fit une marche rétrograde le 29 sur Wittstock. Le 30 le maréchal Soult en avait connaissance par ses hussards et se mettait en marche sur Wusterhausen. Il Paura immanquablement rencontré le 31 ou le 1er. Ces 2 colonnes ont donc été prises hier ou aujourd'hui au plus tard. Voici leur force. Le général Blticher a 30 pièces de canon, 7 bataillons d'infanterie et 1,500 hommes de cavalerie; il est difficile d'évaluer la force de ce corjrs ; ses équipages, ses caissons, ses munitions ont été pris ; il est dans la plus pitoyable situation. Le duc de Weimar a 12 bataillons et 35 escadrons en bon état, mais il n'a pas une pièce d'artillerie. Tels sont les faibles débris de toute l'armée prussienne. Il n'en restera rien. Ces 2 colonnes prises, la puissance de la Prusse est anéantie, et elle n'a presque plus de soldats. En évaluant à 10,000 hommes ce qui s'est retiré avec le Roi sur la Vistule, ce serait exagérer. '

M. Schulenburg s'est présenté à Strelitz pjour demander un passeport pour Berlin. Il a dit au1 général Savary : « 11 y a 8 heures que j'ai vu passer les débris de la monarchie prussienne ; vous les aurez aujourd'hui ou demain. Quelle destinée inconcevable et inattendue! La foudre îï^jjs a frappés. » Il est vrai que, depuis que l'Empereur est entré eh^amPa&nei il n'a pas pris un moment de repos, toujours en màr^he *or" cées, devinant constamment les mouvements de l'enPeini- Les résultats en sont tels, qu'il n'y en a aucun exemple^ails l'histoire. De plus de 150,000 hommes qui se sont présefc^s à la bataille d'Iéna, pas un ne s'est échappé pour en pover la nouvelle au delà de l'Oder. Certes jamais agression nefut plus injuste, jamais guerre ne fut plus intempestive. PuisÊe cet exemple servir de leçon aux princes faibles que les ir*" trigues, les cris et l'or de l'Angleterre excitent toujours r des entreprises insensées ! '

La division bavaroise commandée par le général Wrède^ est partie de Dresde le 31 octobre. Celle commandée par le

général Deroy est partie le 1er novembre. La colonne wurtembergeoise est partie le 3. Toutes ces colonnes se rendent sur l'Oder. Elles forment le corps d'armée du prince Jérôme.

Le général Durosnel a été envoyé à Oderberg avec un parti de cavalerie, immédiatement après notre entrée à Berlin, pour intercepter tout ce qui se jetterait du canal dans l'Oder. Il a pris plus de 80 bateaux chargés de munitions de toute espèce, qu'il a envoyés à Spandau.

On a trouvé à Kiistrin des magasins de vivres suffisants pour nourrir Tannée pendant 2 mois.

Le général de brigade Maçon, que l'Empereur avait nommé commandant de Leipzig, est mort dans cette ville d'une fièvre putride. C'était un brave soldat et un parfait honnête homme. L'Empereur en faisait cas et il a été très-affligé de sa mort.

LE GRAND-DUO DE BERG A L EMPEREUR

Malchin, 8 novombre 1806. 9 heures et demie du matin.

J'ai eu l'honneur de vous annoncer hier matin de Demmin ma marche sur Gtistrow par Teterow ; je me portais effectivement sur ce point ; mais, n'ayant reçu aucune nouvelle de l'affaire du maréchal Bernadotte, ou celles que je recevais n'étant pas favorables, je crus devoir me diriger sur Waren, où l'on s'était battu. Enfin à force d'émissaires et d'officiers d'état-major envoyés, j'ai appris la jonction des maréchaux Bernadotte et Soult, leur marche contre l'ennemi et la retraite de l'ennemi de Gllstrow où j'arriverai ce soir. De ce point je le poursuivrai sur Rostock ou sur Wismar, et j'espère être lié avec les maréchaux Bernadotte et Soult.

Nous sommes fort embarrassés pour les escortes de prisonniers; les escortes affaiblissent considérablement nos troupes.

J'allais envoyer l'ordre au maréchal Lannes de se porter sur Neu-Brandenburg pour nous soutenir, parce que je savais la jonction de Blticher et du duc de Weimar, et que j'ignorais celle des maréchaux Bernadotte et Soult ; mais puisque les

choses sont changées et que nous sommes assez forts sans lui, je ne lui donnerai aucun ordre.

Je m'empresse d'adresser à V. M. le courrier de Hamburg arrêté à Anklam ; il contient les dépêches les plus importantes adressées au Roi et à la Reine. V. M. y apprendra que le général Moreau a passé à Paris le 12 octobre dernier et le 28 à Hamburg et qu'il est parti sur-le-champ pour la Russie. Si les événements de la guerre me ramenaient promptement vers Hamburg, ou du moment que cette communication sera libre, je m'empresserai d'informer Bourrienne de la présence de Fauche-Borel à Hamburg, et je l'engagerai à le faire arrêter. Indépendamment des dépêches du Roi, j'adresse à V. M. toutes les autres lettres que contenait le courrier.

Je vous prie, Sire, de me renvoyer mes aides de camp ; je suis maintenant sans officiers1.

J'espère que dans 2 ou 3 jours la battue que vous m'avez ordonnée sera finie.

Quartier général de la réserve de cavalerie, brigade La salle, 2 e division de dragons, 2* division de grosse cavalerie, Gustrow.

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