LE CHEF D'ESCADRON BOTEE AU GÉNÉRAL BELLIARD
3 novembre 1806.
Le commandant en chef des postes avancés suédois, le chef de brigade comte de Mttrner, vient de m'envoyer son aide de camp pour redresser, disait-il, l'erreur commise par le lieutenant de Lbwenhaupt qui est l'officier suédois que j'avais sommé de me remettre le trésor et tous les effets que l'armée prussienne a réfugiés en Poméranie, ce dont j'ai eu l'honneur de vous rendre compte dans ma première lettre. La mission de M. l'aide de camp était de me persuader que le lieutenant Lowenhaupt avait pris sur lui de me dire, d'après le grief que je lui en faisais, qu'il avait eu des ordres pour laisser passer les Prussiens, et que pour cette faute grave il avait été rappelé et destitué. J'ai répondu à cet officier qu'une violation de neutralité ne pouvait point se rejeter sur un officier subalterne qui n'avait agi que par ordre, ni être suffisamment expiée par sa punition ; que nous savions parfaitement ce que valaient ces sortes de satisfactions ; que s'il voulait que je crusse à la sincérité de ses protestations, il fallait avant tout qu'il livrât le trésor et me signalât tous les corps prussiens errants en Poméranie ; qu'autrement l'armée française allait y entrer pour chercher ce qui est devenu sa propriété par la capitulation de ses ennemis ; il est reparti en toute hâte, m 'assurant qu'il en serait référé à M. le Gouverneur général de la Poméranie et qu'il s'empresserait de me faire parvenir sa réponse dont j'aurai l'honneur de vous rendre compte.
M. l'aide de camp m'a assuré qu'il n'y avait plus de corps ennemis armés en Poméranie suédoise et que les ordres étaient donnés pour en chasser les fuyards. Il m'a avoué qu'il y avait plusieurs officiers généraux blessés à Stralsund. Il m'a dit qu'on croyait le roi de Prusse en Pologne et qu'on disait que les Busses y étaient aussi.
P. -S. — La reconnaissance ordonnée par le Prince a eu lieu. C'est principalement par Wolgast que les ennemis passaient par l'île d'Usedom.
Il paraît que les communications sont interrompues. Il n'est arrivé aujourd'hui ni malles ni estafettes.