LE CnfarëSAL OOMPAXS AU GÉNÉRAL XJBYAX
Gross-Welzin, 4 novembre 1806.
Je vous invite d'envoyer demain à la pointe du jour à l'état-major général un détachement de 25 hommes, commandé par un lieutenant, que vous ferez prendre parmi les militaires fatigués et éclopés.
Ce détachement réuni à un pareil nombre de la 8* division sera chargé de mener à Schwerin un convoi de 400 à 600 prisonniers prussiens. Le lieutenant prendra des ordres i l'état-major général, où il sera porté que jusqu'à nouvel ordre il restera à Schwerin sous les ordres de M. le chef de bataillon Menu, commandant les éclopés du. corps d'armée.
J'ai continué, Monseigneur, de poursuivre l'exécution de vos ordres ; j'espère me lier cette nuit avec M. le maréchal Ney ; il est déjà à Domitz comme vous le présumiez. Il marche sur Lauenburg et détrait tout ce qui pourrait faciliter à l'ennemi le passage de l'Elbe. Il a 20,000 hommes avec lui, car il a laissé au blocus de Magdeburg une division pour agir de concert avec les Bavarois.
Ma journée n'est pas terminée, Monseigneur; mais j'ai déjà acquis la certitude que vos derrières sont sûrs et que l'ennemi ne manœuvre pas sur votre aile gauche.
Ll GÉNÉRAL X.Â8ALLI AU GÉNÉRAL BELLIABD.
Deraen, 4 novembre 1806 ».
Les canonnière qui se sont trouvés ici sont du corps du maréchal Soult et non de celui de S. A. le prince de Ponte- C or vo. Ils vont à Schwerîn.
Les reconnaissances sur Crivitz et sur Schwerin sont parties.
LE GRAND-DUC DE BERG A L'EMPEREUR
Schwerin, 4 novembre 1806, 9 heures du soir.
Je m'empresse d'annoncer à V. M. mon arrivée à Schwerin * d'où le prince de Ponte-Corvo est parti ce soir à 4 heures pour se porter sur Lttbeck ou l'ennemi paraît vouloir se retirer. Demain je joindrai de très-bonne heure le Prince et j'espère que nous aurons bon marché de M. Bliicher qui jusqu'ici paraît se retirer en bon ordre ; et comme il a au moins 25,000 hommes dont 5,000 de cavalerie et que le Prince n'en a que 12,000 dont 600 de cavalerie, je pense qu'il est prudent de se rallier, de mettre de l'ensemble dans nos manœuvres si nous voulons l'écraser à la première affaire ; ses troupes n'ont pas encore été battues -, elles donnent leur confiance à Bliicher -, il faut donc nous réunir et lui tomber sur
1. C'est probablement pendant une halte à moitié marche. La brigade venait de faire 88 kil. depuis son départ de Gùstrow. Il fallait attendre les autres divisions de la réserve.
». De Gùstrow à Schwerin, 57 kil.
le corps en masse. Je ne sais pas encore où est le maréchal Soult qui est néanmoins fort près d'ici ; je le saurai dans la nuit, et nous agirons en conséquence. On dit que Blticher se retire sur Liibeck. En vérité je ne conçois pas cette manœuvre. Est-ce pour s'y embarquer? Est-ce pour pénétrer dans le Holstein? Dans la première supposition, je doute qu'on lui en donne le temps; dans la seconde, il est perdu sans ressource ; le Holstein est un cul-de-sac d'où il lui sera difficile de sortir. Voudrait-il regagner Stralsund? Il serait perdu, nous parviendrions à le déborder et à l'acculer à la mer.
Je viens d'annoncer mon arrivée au prince de Ponte-Corvo. J'aurai l'honneur de faire connaître demain à V. M. ce qui aura été arrêté.
Le combat de Waren, qu'on m'avait assuré avoir été funeste pour nous, m'a fait perdre une demi-journée ; sans cela je me serais trouvé ici à l'affaire d'hier et j'aurais fait beaucoup de mal à l'ennemi.
P.-S. — Je joins à ma lettre celles du prince de Ponte- Corvo et du duc de Mecklembùrg ; je vous prie de me faire connaître vos intentions à l'égard de ce dernier.
LE GÉNÉRAL BELLIARD AU MAJOR GÉNÉRAL
Schwerin, 4 novembre 1806.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. S. que la brigade Lasalle et les divisions Grouchy et d'Hautpoul sont parties de Demmin et de Jarmen le 2 de ce mois pour se rendre à Malchin. Le 3 elles ont quitté Malchin pour se rendre à Gttstrow et aujourd'hui 4 le corps d'armée est venu s'établir à Schwerin et environs où il a opéré sa jonction avec les troupes du prince de Ponte-Corvo. Dans la marche depuis Demmin jusqu'à Schwerin, on a fait environ 300 prisonniers. '
Je n'ai point encore de nouvelles, Monseigneur, dès détachements qui sont entrés dans la Poméranie suédoise par Demmin, Jarmen et Anklam.
Brigade Lasalle, Schwerin ; — 2° division de grosse cavalerie, bivouac à Petersberg ! ; — 2e division de dragons, Kladow.
l'empereur au major général.
Berlin, 4 novembre 1806.
Mon intention est que le corps d'armée du maréchal Lannes soit partagé en 3 divisions : la 3e sera sous les ordres du général de division Victor et sera composée du 28e régiment d'infanterie légère et des 64e et 88* ; ces 2 régiments seront ôtés à la division Suchet, une division de ô régiments étant trop considérable pour pouvoir être maniée sur un champ de bataille9. La division du général Victor aura 12 pièces de canon. Je donne ordre, à cet effet, qu'une division de 6 pièces actuellement attachée à la Garde et servie par l'artillerie à pied, passe au corps du maréchal Lannes. Le général Songis y joindra 2 pièces de 12 du parc, ce qui fera 8, et y fera passer le plus tôt possible 4 pièces de 3, ce qui complétera les 12 pièces. Vous donnerez donc Tordre au maréchal Lefebvre de faire partir demain à 5 heures du matin, sous la conduite du colonel du 28e régiment d'infanterie légère, la division d'artillerie de la Garde qui a été organisée à Mayence et que je suppose servie entièrement par l'artillerie à pied.
Le 28e partant demain à 5 heures du matin, vouer donnerez
1. De Gùstrow à Kladow, 43 kil. ; — de Kladow à Petersberg, 4 kil.
2. Le 6e corps resta constitué à 2 divisions. Mais cet ordre montre la volonté de l'Empereur do former ses corps d'armée à s divisions môme en réduisant à 3 le nombre des régiments de chaquo division. Les divisions du 1er corps étaient à s régiments. L'Empereur n'avait pas de régies invariables dans son organisation; il employait ses ressources au mieux de ses intérêts; il préférait les divisions à s régiments à celles à 5 qu'il jugeait trop considérables pour être maniées sur un champ de bataille. Les divisions à s régiments avaient cependant S généraux de brigade.
Le corps d'armée a besoin de 3 divisions pour mener la portion de combat qui lui revient sur la ligne de bataille. — s divisions peuvent marcher sur une même route. — En raison des détachements nombreux que l'on est obligé de faire à la guerre pour la protection des flancs, la protection des voies ferrées, etc., il est môme nécessaire que dans une armée certains corps d'armée aient 4 divisions, afln que chacun en ait s présentes sur le champ do bataille.
Tordre au général Songis de faire arriver ce soir du parc de Spandau 2 pièces de 12 et, s'il est possible, 4 pièces de 3 ; et de les réunir à la division d'artillerie qui a été formée à Mayence, afin que cette artillerie puisse partir sous l'escorte du 28* régiment pour Stettin, où elle arrivera au plus tard dans la journée du 7. L'artillerie et les troupes qui partent pour Stettin prendront du pain pour 4 jours. Vous instruirez de cette disposition M. le maréchal Lannes, et vous ordonnerez au 28* régiment d'infanterie légère de marcher en règle.
Ordre de faire partir de suite les détachements des 34e, 64*, 40*, 88e, 2tf léger, 100* et 103* de Spandau pour Stettin.
Napoléon.
l'empereur au major général.
Berlin, 4 novembre 1806.
Je passerai demain à la parade la revue de la cavalerie légère du général Milhaud. Ordonnez qu'avant demain à midi on lui paye un mois de solde1.
l'empereur au roi de hollande.
Berlin, 4 novembre 1806.
Mon Frère, le maréchal Mortier se range sous vos ordres et vous commandez en chef dans le Hanovre et les villes