LE MARÉCHAL LA2T3TBS A 8. A. LR PRIKCB DB NBI7FCIIATBL
Schneidemûhl, îi novembre 1806.
Monseigneur,
J'ai reçu Tordre concernant le paiement d'un mois de solde au 5e corps d'armée avec large ni trouvé à Stettin. Non-seulement le mois de solde a été payé le 6 à Stettin, mais encore plusieurs régiments ont reçu deux ou trois mois de paye, au moins deux mois, et cola sur des revues en forme.
Le grand-duc de Berg m'avait prévenu qu'il faisait apposer les scellés sur les caisses trouvées à Stettin, et j'ai fait part à son chef d'état-major de l'usage que je faisais de cet argon t. Ainsi V. A. doit voir par là que Tordre qu'elle m'a envoyé, de payer sur-le-champ un mois de solde a été devancé ainsi que les intentions de S. M. I. Je dirai encore plus à V. A. que le style de cet ordre n'est pas fait pour un homme loyal ; plus mes intentions sont pures, moins je mérite de recevoir un tel ordre, et j'avoue que je ne sais à quoi attribuer ce procédé à mon égard.
Je prie V. A. de recevoir l'assurance de ma haute considération.
Lasses.
708 CAMPAÔNE DE PRUSSE
Ceux du 3e corps recevront la solde à Kltstrin ; — des 4e et 7e corps et des divisions Nansouty et Beaumont la recevront à Berlin. — Le payeur du 6* corps la recevra à Erfurt.
Beaucoup d'officiers, sous-officiers et soldats ont de l'argent I dont ils sont embarrassés. Le payeur les fait prévenir qu'il a
des traites du caissier de la Trésorerie sur lui-même. Ce sont des effets à vue et au porteur. Ceux qui voudront profiter de cette voie pour envoyer des fonds chez eux peuvent se présenter au payeur de leur corps d'armée.
Le Prince de Neufchâtel, Major général, M*1 Alexandre Berthier.
LE GRAND-DUC DE BERG A L EMPEREUR
Ratzeburg, 5 novembre 1806, 9 heures du soir.
J'ai eu l'honneur d'annoncer à V. M. mon arrivée à Schwerin et ma jonction avec les maréchaux Soult et Bernadotte. Je me suis mis en route ce matin dès 7 heures ; les 2 corps d'armée de MM. les Maréchaux sont arrivés en même temps sur Gadebusch; le maréchal Soult a pris la route de Ratzeburg et le prince de Ponte-Corvo- celle de Rehna, se dirigeant tous deux sur Ltibeck où tous les rapports annonçaient la retraite de Blticher par les deux points de Rehna et Ratzeburg. Le général Lasalle a reçu ordre de prendre la route de Ratzeburg ; les généraux d'Hautpoul et Grouchy couchent ce soir à la hauteur de Rehna ; demain tout se mettra en route à 5 heures du matin pour Lllbeck où se trouve réuni tout le corps de Blticher et où l'on croit qu'il a projet de s'embarquer ; nous avons rencontré ici son arrièregarde ; elle a été chargée ; on lui a pris 8 pièces de canon qui se sont trouvées coupées, et environ 300 hommes de cavalerie ont capitulé. Il n'a passé dans la ville qu'un bataillon d'infanterie qui à notre approche a coupé le pont, mais j'avais fait tourner le lac par le général Lasalle par le village de Schmilau, et ses hussards entraient dans la ville du côté de Ltibeck, tandis qu'on faisait raccommoder le pont sur la porte de Schwerin. Sa grand'garde est à portée de pistolet de l'ennemi. J'espère que demain sera une journée décisive. Je ne
pense pas que le général Blticher ait les moyens et le temps de s'embarquer ; les Suédois qui sont partis d'ici hier, se sont embarqués à Ltlbeck sur des bâtiments russes et je ne pense pas qu'on trouve assez de bâtiments pour embarquer l'armée prussienne ; d'ailleurs le vent est en ce moment contraire, et Dieu qui protège les armes de V. M. ne le fera pas changer. Tous les ordres de V. M. contenus dans votre dépêche du 2 et qui m'est parvenue ce matin, seront exécutés.
Toutes les troupes sont bien fatiguées ; je prendrai le parti de laisser à Ltlbeck les cuirassiers et les dragons de Grouchy, si l'ennemi continuait à fuir. Je me mettrai à ses trousses avec la division Sahuc et toute la cavalerie légère des maréchaux Soult et Bernadotte. Je les eusse laissés à Schwerin sans la certitude qu'on nous avait donnée, que Blticher voulait livrer bataille sous Lttbeck. Je viens d'écrire au ministre Bourrienne.