‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 348 sur 412 · L.Ï OKMÉRAL COMPA.H8 AU GÂHKR41* LBGB1JTD · texte numérisé non relu

L.Ï OKMÉRAL COMPA.H8 AU GÂHKR41* LBGB1JTD

Ratzeburg, 5 novembre 1806.

J'ai l'honneur de vous inviter de commander sur toutes les troupes de votre division un détachement de 15 hommes et 1 o (Acier pris parmi ceux fatigués ou éclopés, qui se rendra domain à la pointe du jour à l'état- major général à Ratzeburg pour former un détachement de 50 hommes pris sur les s divisions du corps d'armée et servir à l'escorte d'un convoi do prisonniers de guerre. L'officier que fournit votre division sera chargé du commandement.

Il est ordonné à M. . . ., officier au. . . . régiment, de rester à Ratzeburg pour y garder jusqu'à nouvel ordre les . . . prisonniers de guerre prussiens, dont. . . . officiers, avec un détachement de 50 hommes mis sous son commandement. Il fera loger dans un emplacement convenable et bien clos les sous-officiers et soldats prisonniers aûn de les garder par un seul poste.

Les officiers prussiens seront logés tous dans une maison et il y sera placé un poste pour surveiller leurs démarches, s'assurer qu'ils ne communiquent avec aucuns des habitants, et empocher qu'il ne leur soit fait aucun tort, la plupart ayant reçu la promosse de S. A. I. le grand-duc de Berg de

LE GÉNÉRAL S A VA R Y AU MAJOR GÉNÉRAL

Wismar, 5 novembre 1806, 5 heures du soir.

C'est avec la plus vive satisfaction que j'apprends à V. A. S. qu'aujourd'hui 5 à 7 heures du matin, le général Usedom, à la tête de son corps de hussards avec quelques débris d'infanterie et 2 pièces de canon, a mis bas les armes devant moi, comme prisonnier de guerre. Voici comment cette heureuse rencontre m'est arrivée :

J'ai mandé à V. A. S. qu'après l'affaire de Jabel j'avais manœuvré sur le flanc du maréchal Bernadotte en me rapprochant de lui ; hier j'étais à Warin l où je ramassais les débris de la colonne que j'avais dispersée tajour de l'affaire de Jabel et dont une grande partie était déjà tombée entre mes mains. J'appris par des prisonniers et par le retour de mon émissaire Charles qu'il n'y avait qu'une partie du corps du général Usedom qui, le lendemain de l'affaire de Jabel, avait rallié M. de Bltlcher, que lui de sa personne, son régiment, 2 pièces de canon, et les débris de plusieurs bataillons étaient postés dans les environs de Wismar, d'où il devait partir le lendemain matin pour passer par cette ville et rejoindre M. de Blttcher vers Ltibeck.

Je suis parti de Warjn à 2 heures du matin ayant avec moi 350 chevaux bien combattants et me suis porté au trot

garder leurs chevaux et bagages; il aura aussi attention que Ton ne prenne rien des porte-manteaux des soldats à qui la môme faveur a été accordée.

L'officier commandant ce détachement est autorisé à demander à l'autorité locale le logement pour sa troupe dans une maison où il pourra la réunir en entier et s'y loger lui-môme ; il lui est expressément ordonné, sous sa responsabilité personnelle, de la faire vivre en bonne discipline.

Cet officier est aussi autorisé de demander aux autorités locales les vivres pour sa troupe sur les bons qu'il donnera chaque jour, ainsi que poux les officiers prisonniers et les soldats.

Il apportera la plus exacte surveillance à faire respecter la ville et fera réunir à son détachement tous les traînards pour les remettre à M. Menu, chef de bataillon au 46e régiment, qui doit arriver aujourd'hui ou demain au plus tard dans cette ville avec les hommes restés en arriôre.

1. De Wangolin par Dobbertin, fiorkow, Sternberg, Briiel, à Warin, 60 kil.; — de Warin à Wismar, 80 kil.

sur Wismar où je suis arrivé avec le jour. Je rencontrai le corps du général Usedom en marche, à la porte de la ville. Il venait de faire filer ses bagages et son infanterie; mais ils étaient encore en vue ; il n'y avait pas une minute à perdre; je n'avais pas le tiers de sa cavalerie, ni un fantassin, ni un canon. Je me hâtai de me former et en même temps je lui envoyai un trompette avec mon aide de camp Custine pour le sommer de se rendre ; il a beaucoup demandé qui j'étais, à qui il se rendait, et après avoir déploré son malheureux sort, il a fait défiler devant mes 3 escadrons tout son régiment de hussards d'Usedom de plus de 700 chevaux, un détachement du régiment des dragons de Matte qui sont les débris de ce régiment, 2 pièces de canon et un détachement de Rudolf. Tout cela fut mis en bataille, rendit ses chevaux, armes *et bagages avec un désespoir sans exemple.

Je fis de suite charger à travers la ville sa petite colonne d'infanterie formant le fond de 2 bataillons de grenadiers réduits à 300 hommes qui mirent bas les armes en entier. Les 2 régiments y firent un énorme butin et jamais je n'ai été effrayé de voir autant de chevaux de main ; pour en diminuer le nombre j'ai été obligé d'accorder auxmaréchaux-des-logis d'emmener les leurs jusqu'à Spandau où ils les remettraient.

Par ma capitulation, le général Usedom a eu la liberté d'aller chez lui ainsi que ses officiers après avoir signé l'engagement de ne plus servir de la guerre contre la France ni ses alliés. Fort heureux de les avoir amenés à ce point, je me suis hâté de les mettre en route sous l'escorte d'une compagnie qui me réduit maintenant à moins de 300 chevaux.

Je ne voulais pas en croire mes yeux, mais enfin ils sont désarmés, pris et partis pour Spandau. J'ai été obligé de faire couper le jarret à la majeure partie de ma capture. Demain je pousserai vers Ltlbeck et si je trouve encore une belle occasion je serai habile à la saisir.

Les officiers prussiens étaient dans le besoin le plus urgent et ils me firent demander par le général Usedom de leur avancer 236 frédérics d'or. Je n'avais pas cette somme sur moi, et conséquemment je fus contraint de la leur faire avan-

cerpar la ville de Wismar à laquelle ils en donnèrent un reçu, n'ayant voulu en rien donner ma signature pour des affaires de cette nature.

Voilà, Monseigneur, le résultat de ma journée d'aujourd'hui. Je me loue beaucoup des deux colonels du 1" de hussards et de M. Barbé commandant par intérim le 7e de chasseurs; c'est un officier d'honneur; ils seraient bien aise d'obtenir tous deux un témoignage de satisfaction de S. M. Quant à moi je me trouve heureux d'être chargé de rapporter à V. A. S. combien j'ai été content d'eux, et le bonheur de servir mon maître est pour moi sans prix.

La colonne d'Usedom passe par Warin, Sternberg, Parchim, Plan, Waren, Neu-Strelitz, de là sur Oranienburg et Spandau.

LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL NET

Berlin, 5 novembre 1806.

L'Empereur approuve fort vos idées, Monsieur le Maréchal, relativement au bombardement que vous proposez de faire de la ville de Magdeburg. J'écris au général Lemarois à Wittenberg, j'écris à M. de Thiard à Dresde pour que l'on vous fasse passer encore de 8 à 10 mortiers et les munitions nécessaires. J'écris également que Ton vous fasse passer 6 pièces de 24. L'Empereur trouve qu'il serait nécessaire que vous envoyassiez un de vos officiers d'artillerie à Wittenberg près le général Lemarois et de là à Dresde pour faire hâter l'arrivée des objets dont vous avez besoin pour votre bombardement ; même cet officier pourrait vous procurer à Dresde un équipage de siège si cela devenait nécessaire. Les pièces de 24 vous serviraient à tirer à boulots rouges. J'écris au général Lemarois et au général Songis qu'ils vous fassent passer un grand nombre d'obus de manière que vous puissiez en jeter avec les obusiers que vous avez en très-grande quantité. L'Empereur pense, que la manière la plus avantageuse serait

de commencer le feu avec 2 mortiers, 1 pièce de canon et 1 obusier ; 2 heures après, 4 mortiers, 2 obusiers et 2 pièces de canon; 4 heures après, 6 mortiers, 3 pièces à' boulets rouges et 3 obusiers ; au bout de 48 heures, 8 mortiers, ce que vous avez d'obusiers et 4 grosses pièces à boulets rouges ; enfin, au bout de 60 heures, 12 mortiers, vos 6 pièces de 24 à boulets rouges et tous les obusiers que vous pouvez avoir. Les habitants et la garnison ne pourront tenir à ce feu progressif. L'Empereur porte une grande confiance dans cette manière de tirer, et par là il est impossible que dans 3 jours le commandant, quelque tenace qu'il soit, ne vous demande à capituler. Vous pouvez accorder que les officiers seront prisonniers sur parole ; que leurs chevaux et leurs effets leur seront conservés ; que la garnison défilera avec les honneurs de la guerre pour de là se rendre prisonnière de guerre en France ; que les munitions, les caisses, etc., etc., appartiendront à l'Empereur. Vous savez que l'Empereur s'est emparé de Hesse-Cassel. Communiquez fréquemment avec le roi de Hollande qui est en Hanovre, et faites-moi passer sou vent de vos .nouvelles, ce que l'Empereur vous recommande.

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