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CAMP. DE PKUMB. XI

désire que ce soit avant le 16 novembre, et qu'à cette époque les trois quarts des troupes que vous allez avoir sous vos ordres puissent se porter sur l'Elbe.

Je suppose que l'Électeur n'aura pas eu le temps d'enlever les archives des relations extérieures ; tâchez de trouver sa correspondance avec la Prusse.

l'empereur au maréchal mortier.

Berlin, 5 novembre 1806.

J'ai vu avec plaisir votre entrée à Cassel le 1er novembre. Je donne mes instructions directement au général Lagrange, parce que je suppose que vous n'êtes plus à Cassel, et que vous vous êtes dirigé à tire-d'aile sur le Hanovre. Vous trouverez là, chez le roi de Hollande, sous les ordres de qui voua serez, l'ordre d'aller prendre possession de Hamburg, avec les instructions nécessaires. Si la santé de ce prince l'oblige à retourner dans son royaume, vous prendrez en chef le commandement de toutes mes troupes en Hanovre et dans les villes hanséatiques. Portez tous vos soins à ce qu'il n'y ait pas de dilapidation et à ce que tout se fasse avec le plus grand ordre ; je n'en veux tolérer aucune ; toutes les ressources doivent être pour l'armée.

Envoyez-moi souvent vos états de situation et expédiezmoi tous les 2 jours un officier.

ORDRE

Berlin, 6 novembre 1806.

Une commission de 3 membres, pris dans le conseil des 60, se rendra à Spandau avec un commissaire des guerres et un officier d'état-major qui sera l'aide de camp de S. M. On vérifiera s'il est vrai qu'il y ait eu des farines ou avoines vendues, et il en sera rendu compte à S. M. par l'intermédiaire du Gouverneur général*

Napoléon.

l'empereur au général chasseloup, a stettik.

Berlin, 5 novembre 1806.

Il faut arranger le fort de Prusse, le fort Guillaume et le fort Léopold, de manière que 400 hommes dans le premier, 200 dans le second et 100 dans le troisième, me mettent ces forts à l'abri de toute surprise. Ces 700 hommes faisant leur devoir, et le génie ayant disposé ainsi les choses, l'ennemi n'approchera de la place qu'avec les apprêts d'un siège en règle. Cependant l'on mettra l'enceinte dans un tel état que, maître des forts avancés, l'ennemi ne puisse rien tenter contre les ouvrages extérieurs. Il ne saurait se loger entre 2 forts; il faut pourvoir à ce qu'il ne puisse pas, dans la même nuit, escalader en même temps les ouvrages extérieurs et l'enceinte. S'il est nécessaire, le génie pourra occuper les ouvrages extérieurs en les fermant à la gorge.

Quant aux ouvrages de la rive droite, le marais les couvre. Il faut cependant pourvoir au cas de gelée, par des fraises et des palissades. Mon intention est de laisser 700 hommes pour les forts détachés, comme je l'ai dit plus haut, autant pour Je corps de la place, 400 pour la rive droite, 200 pour l'ouvrage qui est dans l'île, 400 ou 500 pour la place de Damm : total 2,500 hommes, sans compter 200 hommes qui, par les mouvements de l'armée, s'y trouveront sans ordre.

l'empereur au général lemarois.

Berlin, 5 novembre 1806.

Vous n'écrivez pas assez souvent. Tous les jours mes courriers passent à Wittenberg ; vous devriez toujours avoir une lettre prête pour leur donner à leur passage. Combien avezvous de pièces en batterie? Quelles parties de l'enceinte palissadées? Les redoutes sur les flancs sont-elles faites? La tête de pont sur la rive gauche est-elle finie? Quelle est la

situation des fours et des magasins? Êtes- vous à l'abri d'un coup de main? Vous devez sentir que tout cela est très -important. Avez-vous des nouvelles des dépôts qui sont à Forchheim, de tous les hommes de cavalerie à pied qui, de Wttrzburg, Forchheim et Kronach, devaient se diriger sur Wittenberg? Envoyez-m'en l'état par régiments, hommes et chevaux. Avez-vous encore des dragons à pied? Tous ces objets m'intéressent. Répondez-moi par le retour de mes courriers.

Instruisez-moi de la quantité d'artillerie et de mortiers que vous envoyez pour le bombardement de Magdeburg.

l'empereur a l'électeur de saxe.

Berlin, 5 novembre 1806.

Je reçois la lettre de V. A. S. Électorale, que m'a présentée ce matin son grand chambellan le comte de Bose. J'ai investi de mes pouvoirs le prince de Bénévent, et je verrai avec plaisir finir les malheurs qui ont pesé sur la Saxe et ont donné tant d'inquiétudes à V. A. Si les événements ont altéré nos relations politiques, rien n'a altéré l'estime et la parfaite considération que je vous ai vouées depuis longtemps.

l'empereur a la duchesse de weimar.

Berlin, 5 novembre 1806.

Ma cousine, j'ai reçu plusieurs de vos lettres. Je partage toutes vos peines. J'ai accordé toutes les demandes que vous avez faites. Je désire cependant que cela serve de leçon au duc de Weimar. Il m'a fait la guerre sans raison ; il pouvait imiter la conduite du duc de Saxe-Gotha ; il pouvait imiter celle du duc de Brunswick, qui n'a point fourni de contingent et que j'ai cependant privé de ses États. Tout ce que j'ai fait pour le duc est uniquement à votre considération.

5 novembre. 725

l'empereur au maréchal laknes.

Berlin, 5 novembre 1806, 7 heures du soir.

Je reçois votre lettre du 4 novembre1. Je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous fassiez occuper Stargard, pourvu que la troupe y soit bien et s'y repose. U doit y avoir à Stargard des magasins. Envoyez des patrouilles du côté de Colberg, sur la mer. 12 pièces d'artillerie, avec le 28% sont parties ce matin, une heure avant le jour, pour Stettin. Je désire beaucoup que vous formiez vos 3 divisions. Du moment que j'aurai un autre régiment, je le donnerai à Victor. Choisissez un autre chef d'état-major.

Vous recevrez bientôt des ordres pour marcher sur la Vistule, mais j'attends, pour voir finir la poursuite de la colonne du duc de Weimar, qui s'est réunie à celle de Blttcher et occupe les corps d'armée des maréchaux Soult, prince de Ponte-Corvo et grand-duc de Berg. Elle doit être arrivée hier sur la Baltique du côté de Rostock. J'imagine qu'on parviendra à les prendre.

On m'assure qu'il y a beaucoup de mouvements en Pologne.

Mon intention est de fortifier Stettin. Faites approvisionner les forts de Prusse, de Damm, les forts Guillaume et Léopold. J'ai prescrit des ordres au général Chasse loup. Avec une armée comme celle-ci, tant de dépôts, tant de troupes auxiliaires, il est fort heureux d'avoir des lieux où l'on puisse mettre en sûreté 2 à 3,000 hommes.

Je ne sais pas le nombre de fours qu'il y a à Stettin ; si vous n'y avez pas les moyens suffisants pour faire 50,000 rations par jour, faites construire quelques fours de plus.

Un corps de troupes bavaroises se porte du côté de Glogau ; la place est forte ; mais Stettin et Ktlstrin se sont bien rendus; je ne vois pas pourquoi ceux-ci feraient autrement. Cette place nous serait fort utile.

i. Voir Campagne de Pologne, tome I, page 44.

J'avais nommé, pour commander à Stettin, un adjudantcommandant, mais je donnerai ce commandement au général Thouvenot dont j'ai été content à Wtirzburg et qui entend bien le détail des places.

J'ai appris avec plaisir que vous aviez 2,000 rations d'eau de-vie ; mais je suis fâché que vous n'ayez pas plus de souliers. C'est bien peu de chose que 2 paires de souliers par homme, dans la saison où nous allons entrer. J'imagine que les corps en font venir de France ; on en fait ici 500 paires par jour. S'il est possible, faites-en faire à Stettin ; nous avons passé la plus belle saison et désormais une paire de souliers ne durera pas 10 jours.

Le soulier est aussi indispensable au fantassin que le pain. — Aujourd'hui le brodequin a remplacé le soulier ' ; le soldat préfère le brodequin qui lui soutient mieux la cheville. Mise continuellement, jour et nuit, une paire de brodequins neufs ne fait pas plus de 30 jours sans avoir besoin de réparations, même dans la saison la plus favorable ; et dans une guerre de mouvements il est impossible de faire aucune réparation, vu le manque absolu ou l'insuffisance de temps, de matériel (outils et fournitures), d'ouvriers de compagnie.

Faire entrer le soldat en campagne avec une seule paire de brodequins, même complètement neufs, c'est vouloir que l'armée soit pieds nus avant la fin du premier mois. Le soulier et la guêtre de toile que l'homme porte dans son sac ne sont pas capables de remplacer, même momentanément, le brodequin détérioré. Par la pluie et la boue, la guêtre de toile n'est bientôt plus qu'une loque.

l. Les souliers dont se servaient les troupes étaient à cordons. L'infanterie de ligne portait la guôtre longue, l'infanterie légère la demi-gué tre ou guétra courte, Tune et l'autre en estamette ou étamette, étoffe noire de laine. Une circulaire du 29 frimaire an XIV avait supprimé la guôtre blanche, excepté pour la Garde. A partir de 1812 toute l'infanterie porta la demi-guêtre.

La circulaire du 29 frimaire an V avait aboli le ressemelage et fixé à S mois la durée des souliers. La circulaire du 4 brumaire an VI remit aux corps le soin de faire confectionner eux-mêmes leurs souliers (masse de petit équipement, loi du 25 fructidor an V; retenue de 0,08 par jour, arrêté du 8 floréal an VIII), pour mettre un terme aux abus que ces fournitures avaient entraînés jusque-là. Le général Bardin rapporte qu'il vit en 1793, dans une séance de conseil d'administration, démolir des souliers pour en constater la fabrication et que les semelles se trouvèrent en carton. Les souliers fournis en Fan XII aux régiments italiens n'étaient pas de meilleure qualité; « ils ne valent pas so sous », écrit l'Empereur au général Dejean, le 23 thermidor an XII. Le prix des souliers était de 6 fr. à 5 fr. 10.

L'homme doit donc avoir dans son sac une seconde paire de brodequins neufs et ajustés, au lieu du soulier et de la guêtre de toile. A ce prix seulement il continuera à marcher et attendra le remplacement de sa première paire de brodequins détériorée.

Jusqu'à ce que les opérations aient pris une tournure, on ne peut songer à faire venir des chaussures à l'armée ; il faut pouvoir aller jusqu'à ce moment et fournir encore soit une marche en avant, soit une marche en retraite pendant lesquelles les complications de mouvements sont telles que rien ne peut parvenir que les subsistances et les munitions.

Il est donc de toute nécessité que l'homme soit chaussé au moins pour 45 jours, et il ne Test pas s'il n'est pourvu à son départ de 2 paires de brodequins neufs et ajustés, une aux pieds et l'autre dans le sac. Les chemins de fer apporteront la 3e paire dès que la première sera bonne à jeter. — D'ailleurs il ne suffit pas de faire venir des brodequins, encore faut-il que le soldat puisse marcher avec sans être blessé, et ce ne sera pas une petite difficulté de faire les distributions suivant les besoins. Mieux vaut que cette opération ait été faite avant le départ, que l'on n'ait à la répéter que le moins possible et surtout pas pendant la première période des opérations.

Cette question des brodequins est très importante, elle doit fixer l'attention.

LE GÉNÉRAL CORBINEAU A L'EMPEREUR

Spandau, 5 novembre 1806.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. que l'arrivée des 1,500 hommes d'artillerie prisonniers de guerre vient de m'être annoncée pour 2 heures.

Il n'y a ici ni dragons à pied ni hommes d'aucun régiment de cavalerie pour recevoir ces chevaux. Le général Bourcier n'y est pas non plus ; j'ai l'honneur de prier V. M. de me donner ses ordres relativement à eux.

L'artillerie a débarqué et placé dans les magasins du fort 60,000 fusils, 5 ou 600 sabres, quelques mousquetons et beaucoup de poudre ; le débarquement des effets d'habillement s'opère, mais lentement, parce que l'artillerie et le génie emploient presque tous les bras ; les bateaux contenant des comestibles de toute espèce seront inventoriés très-inces-

âamment et dès qu'ils le seront j'en rendrai comptables des «mployés qui déjà sont ici.

LE GÉNÉRAL CORBINEAU A L'EMPEREUR

Spandau, 6 novembre 1806.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. M. de l'arrivée à Spandau d'une partie de l'artillerie prise par M. le maréchal Lannes. Ce convoi est composé de 20 pièces de canon, 5 obuaiers, 2 ou 3 affûts de rechange et 53 caissons.

Toutes les pièces et caissons sont attelés les unes de 6 les autres de 8 chevaux ; elles sont conduites par des charretiers prisonniers ; il y a avec ces pièces 150 canonniers à pied environ.

Il est arrivé en même temps environ 250 hommes d'artillerie légère prisonniers tous montés. Les chevaux sont presque tous équipés, mais les selles sont de la plus mauvaise qualité, les agrès ne tiennent pas, les cuirs sont presque pourris ; les sangles ne valent rien et manquent presque toutes de boucles. Les brides et licols sont aussi dans le plus affreux état.

Les harnais des chevaux de trait sont peut-être ce dont on pourra tirer le meilleur parti quoiqu'ils ne soient pas non plus en très-bon état.

Les chevaux périssent de faim. Cela n'est pas étonnant; les escortes ne s'en occupent pas, même lorsque leur approvisionnement est prêt. Aujourd'hui j'ai été forcé d'avoir recours à des étrangers pour faire donner aux hommes et aux chevaux leurs vivres.

Le général d'artillerie Saint-Laurent désire prendre pour son train les charretiers prisonniers de bonne volonté qu'il pourra trouver. Le commandant du génie demande aussi 36 de ces hommes pour panser les chevaux de son parc ; en les lui accordant il aurait 36 sapeurs de plus disponibles pour ses travaux, qui en ce moment pansent des chevaux.

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