‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 361 sur 412 · Voir Iéna, page · texte numérisé non relu

Voir Iéna, page

s. 5 compagnies du 5» bataillou de sapeurs, 460 hommes; 3* compagnie de mineurs, 75 hommes .

Les escortes de prisonniers du corps de M. le maréchal Lannes ainsi que celles du corps du maréchal Davout arrivées hier sont reparties aujourd'hui pour rejoindre leurs corps d'armée.

Les prisonniers ont été escortés par les troupes de Hessc- Darmstadt.

Les dragons à pied n'étant arrivés qu'à midi passé pour recevoir les chevaux de l'artillerie légère prussienne, je n'ai pu démonter les cavaliers qu'après leur arrivée. Je les ai en conséquence chargés de les escorter jusqu'à Potsdam.

J'ai remis aux dragons 194 chevaux, 139 selles, 118 licols, 104 bridons et J.6 ou 18 brides.

Les escortes qui ont été chargées encore cette nuit de la garde de ces prisonniers ont laissé tout piller. J'ai cru devoir punir M. Àrnould, officier du 21e chasseurs, qui a mis beaucoup de négligence à faire nourrir les chevaux et les prisonniers et à faire garder les uns et les autres.

Les chevaux du train au nombre de 510 ont été remis à l'artillerie ; elle n'en a gardé que 180, a fendu l'oreille aux autres et les a donnés à la ville ou aux villages des environs : . l'artillerie a reçu les pièces et caissons.

14 Français qui étaient parmi les prisonniers et 3 Prussiens sont entrés dans le train d'artillerie.

.... Il arrive demain ici 3,000 prisonniers et 1,500 chevaux que je ferai conduire après-demain au général Bourcier par les troupes qui les escorteront jusqu'ici, à moins que ce général n'envoie des dragons à pied pour les recevoir ou que je ne reçoive des ordres contraires de V. M.

11 est arrivé ici aujourd'hui 80 pièces d'artillerie attelées avec des chevaux du pays outre les pièces et caissons amenés hier.

J'ai donné l'ordre au commandant de la place d'employer à l'escorte des prisonniers les troupes de Hesse, de Nassau et de Bade, afin de pouvoir renvoyer les escortes à leurs corps d'armée conformément aux intentions de V. M. Cet ordre se trouve contrarié par un autre apporté par l'aide de camp de S. A. le prince de Bade ; le commandant de la place qui

a peu de garnison et ne sait comment faire escorter les prisonniers s'il n'a plus les troupes de Bade a cru devoir suspendre Tordre apporté par l'aide de camp de S. A., n'ayant d'ailleurs aucun avis de M. le Major général que ces troupes doivent avoir de destination particulière.

Il est arrivé ce matin 3 commissaires de la ville de Berlin et 1 commissaire français pour de concert avec moi tâcher de découvrir s'il s'était commis des dilapidations sur les bateaux entrés dans le port et les auteurs de ces dilapidations; nous n'avons pu rien apprendre qui nous donnât lieu de penser qu'il s'en est commis; je crois que depuis mon arrivée il eût été difficile que cela échappât à ma connaissance, mais, si cela est, je tâcherai d'en être instruit.

LE GRAND-DUC DE BERG A L' EMPEREUR

En arrière de Schwartau, 7 novembre 1806, 10 heures et demie du matin.

Sire, le combat finit faute de combattants. Je m'empresse d'annoncer à V. M.. que le corps du général Blttcher s'est rendu ce matin aux 3 corps d'armée qui se trouvent réunis à Lttbeck. Il va défiler dans une heure devant eux; j'adresserai dans la journée la capitulation qui a été faite ainsi que l'état des cantonnements du prince de Ponte-Corvo, du maréchal Soult et de la réserve de cavalerie; j'attendrai les ordres de V. M. pour les mouvements ultérieurs.

Je suis avec le prince de Ponte-Corvo.

LE GÉNÉRAL BELLIARD AU MAJOR GÉNÉRAL

Lûbeck, 7 novembre 1806.

J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. S. que les divisions Grouchy, d'Hautpoul, ainsi que la brigade Lasalle ont quitté le 5 Schwerin pour marcher sur Lttbeck. La brigade Lasalle a pris la route de Ratzeburg avec le corps d'armée de M. le maréchal Soult, et les divisions Grouchy et d'Hautpoul ont suivi celle de Rhena : l'ennemi tenait Ratzeburg avec quelques troupes ; il avait coupé le pont ; 7 pièces d'artillerie ainsi qu'environ 200 hommes de cavalerie qui venaient

pour entrer dans la place, ont été rencontrés par nos troupes et sont tombés au pouvoir de l'armée française. Le Prince a ordonné à la brigade Lasalle de tourner le lac pour couper la retraite à l'ennemi. Ce mouvement lui a fait évacuer la place; on a rétabli le pont, et les troupes de S. M. ont pris possession de la ville. La brigade Lasalle a couché à Einhaus sur la route de Ltibeck ; la division Grouchy à Mezen, celle de d'Hautpoul à Holdorf, en arrière de Rhena; le 6 à 4 heures du matin la brigade Lasalle et à 6 heures celles de Grouchy et d'Hautpoul ont quitté leurs positions pour marcher sur Ltibeck. La brigade Lasalle a rencontré l'ennemi en arrière du village de Grtfnau ; le général Lasalle l'a chargé vigoureusement, lui a enlevé un étendard et l'a chassé successivement de ses positions et Ta forcé de se jeter dans la place de Ltibeck ; pendant ce temps le corps d'armée de M. le maréchal Soult. suivait la brigade Lasalle ; celui de M. le maréchal Bernadotte marchait par Selmsdorf et les divisions Grouchy et d'Hautpoul suivaient la route d'Hemnburg; les

3 têtes de colonne sont arrivées à peu près en même temps sous les murs de Ltibeck. On a canonné la place ; l'infanterie s'est portée en avant et, avec sa bravoure ordinaire, malgré la vigoureuse résistance des ennemis, elle s'est emparée des ouvrages avancés et successivement de toute la place en faisant un carnage affreux de tout ce qui voulait s'opposer à son passage. Le corps d'armée de M. le maréchal Bernadotte entrait par la porte de Schônberg tandis que celui de M. le maréchal Soult entrait par celle de Grônau. Les 2 têtes de colonne se sont rencontrées sur la place et de concert elles ont fini de nettoyer la place de toutes les troupes prussiennes qui défendaient pied à pied et les rues et les carrefours. L'ennemi s'est retiré sur la route de Schwartau. On l'a poursuivi.

4 ou 500 hommes de cavalerie avec 3 pièces d'artillerie qui se trouvaient coupés, se sont rendus ; la nuit est venue et a empêché de suivre les succès. On a pris dans la place environ 5,000 hommes et beaucoup d'artillerie. Les troupes so sont établies, savoir : la brigade Lasalle ainsi que la division Grouchy à Krempelsdorf et la division d'Hautpoul en

avant de Lttbeck. Le Prince a envoyé un officier de dragons pour sommer M. le général Blticher de se rendre avec son corps d'armée et de déposer les armes. Le général Blticher avait accepté les conditions, lorsque les généraux Rivaud et Tilly sont arrivés à Tavant-garde et ont fait avec le général Blticher une capitulation dont j'ai l'honneur d'envoyer un extrait à V. A. S., pensant qu'elle sera adressée en original par le prince de Ponte-Corvo1. A midi la colonne a défilé devant les troupes de S. M. et 27 bataillons et 52 escadrons ont déposé les armes. On évalue le nombre des prisonniers à 12 ou 15,000. J'aurai l'honneur d'en adresser l'état à V. A. S. ainsi que celui des bouches à feu.

N'ayant plus d'ennemis à combattre, le corps d'armée s'est mis en marche pour rallier la Grande Armée. Ce soir la division d'Hautpoul occupe Schflnberg, celle de Grouchy Hernnburg et la brigade Lasalle Selmsdorf. La division Sahuc est chargée de l'escorte des prisonniers de cavalerie.

Les 3 premiers corps resteront demain en position et le 9 ils continueront leur marche.

i. Art. 1er. — Les troupes sous les ordres de S. Exe. M. le général de Blùcher, tant cavalerie, infanterie, qu'artillerie et tout détachement faisant partie de son commandement, seront prisonnières de guerre.

2. — Les armes, chevaux, canons et munitions de toute espèce seront surle-champ remis à l'armée française.

3. — MM. les officiers de tout grade, y compris les cadets, conserveront leurs armes, chevaux et bagages ; les bas officiers et soldais conserveront leurs sacs et porte-manteaux.

4. — MM. les officiers se rendent prisonniers sur parole et s'engagent à se rendre sur le point qui leur sera indiqué.

5. — La caisse militaire et tous les fonds appartenant à S. M. prussienne qui sont à la disposition de M. le général de Blùcher, seront remis a l'armée française; on s'en rapporte, sur ce point, à la parole de M. le général de Blùcher.

6. — M. le général de Blùcher fera donner par son quartier-maître général l'état de tous les corps et détachements qui font partie de son commandement.

7. — Le corps d'armée de S. Exe. M. le général de Blùcher défilera aujourd'hui à midi, avec les honneurs de la guerre, en présence de l'armée française avoc ses armes, canons, drapeaux et étendards déployés. Il déposera les armes après qu'il aura dépassé la gauche de l'armée française.

Fait double à Batzkaw, le 7 novembre 1806.

Le lieuienant-général de Blûchkr.

Le général de division Rivaud.

P.-S. — Dans le nombre des prisonniers qui ont été faits hier, il se trouve 1,000 Suédois que Ton a pris sur des barques.

Page 1