De Leipzig à Merseburg, 28 kil
2. Dans son rapport, du 16 à il heures et demie du soir, page 58, le Maréchal Soult a dit au Major général : « ... J'ai mis ensuite un parti à la poursuite de la « colonne pour la fatiguer sans cesse pendant la nuit, l'empôcher de faire du « chemin et la tenir à portée pour demain matin ; aussi j'espère qu'avant d'être à
Le général Margaron emmènera la compagnie d'artillerie légère commandée par le capitaine Pons, et il se fera joindre par le 22e de chasseurs à cheval ; ce régiment formera brigade avec le 8e de hussards et sera sous les ordres du général Guyot.
Le général Legrand mettra en marche la 3* division, lui fera suivre le mouvement de la cavalerie légère et la dirigera sur Nordhausen. La compagnie d'artillerie légère commandée par le capitaine Hubert marchera avec la 3e division.
La division du général Sahuc se mettra en marche à 7 heures du matin et suivra le mouvement de la division du général Legrand.
Le général Levai fera suivre par la 2e division d'infanterie le mouvement de la division de dragons, et se dirigera sur Nordhausen.
Le général Saint-Hilaire réglera le mouvement de la 1" division sur celui de la 2* et lui fera suivre la même direction.
Le pare d'artillerie sera aussi dirigé sur Nordhausen où demain le quartier général du corps d'armée sera établi.
Le Maréchal commandant en chef recommande à MM. les généraux de division de faire marcher les troupes sur une ou plusieurs colonnes autant que les localités pourront le permettre, afin de diminuer la profondeur et ainsi accélérer le mouvement.
Le Maréchal commandant en chef renouvelle les ordres qui ont été donnés pour défendre à tout militaire de disposer d'aucun cheval de poste sans un ordre écrit de l'état- major et invite MM. les généraux à faire établir des sauve-gardes dans les maisons de poste.
Mal Soult.
.... Le 17 avant le jour le corps d'armée fut mis en marche et dirigé par Sondershausen sur Nordhausen ; à 2 lieues de cette dernière ville on rencontra l'arrière -garde de l'ennemi ; elle fat vigoureusement poussée jusqu'au corps de bataille qui était formé sur plusieurs lignes dans la plaine en avant de Nordhausen et avait même une réserve sur les hauteurs en arrière de la ville, qui le protégeait
■ Nordhausen je l'aurai entamée... » Ainsi, après le combat de la fin de la journée, à la nuit, la cavalerie légère qui forme l'avant-garde s'arrête pour se reposer et manger, hommes et chevaux ; elle ne va pas se mettre pêlemêle avec l'ennemi; elle s'arrête en même temps que le corps d'armée et à portée des divisions d'infanterie qui, elles aussi, ont besoin de manger et de se reposer. Mais pour no pas perdre l'ennemi, on le fait suivre par un parti qui a des patrouilles en mouvement toute la nuit, ne quitte pas l'arrièregarde ennemie, l'empêche de faire du chemin et la lient à portée pour le lendemain matin. — La cavalerie légère se met en marche à la pointe du jour, fait en sorte de joindre l'ennemi de bonne heure et l'attaque immédiatement afin de l'obliger à prendre des dispositions, d'arrêter ou du moins de ralentir sa marche et de donner à l'infanterie le temps d'arriver.
et qui couvrait les trois routes qu'en se retirant il se proposait de prendre.
La division du général Legrand suivait immédiatement la cavalerie ; aussitôt qu'elle fut à portée, les colonnes se formèrent, une brigade fut chargée de tourner la ville par la gauche et de s'emparer de la hauteur, tandis qu'une autre brigade soutenue par la cavalerie poursuivrait l'ennemi dans le défilé d'Ellrich.
Ces dispositions avaient été préludées par une charge de cavalerie où le 8e de hussards et le 22e de chasseurs se conduisirent avec leur valeur ordinaire et firent des prisonniers.
L'infanterie du général Legrand attaqua les hauteurs de Nordhausen avec intrépidité et renversa tout ce qui voulut lui opposer résistance ; elle ne put cependant faire que 300 prisonniers et prendre 3 pièces de canon qui étaient en batterie et n'avaient cessé de faire le feu le plus vif. La nuit vint encore sauver la colonne ennemie '.
L'artillerie se conduisit parfaitement dans ce combat où elle eut quelques canonniers de tués. Dans la cavalerie et dans l'infanterie il n'y eut qu'une cinquantaine d'hommes de blessés et 4 officiers dont un d'état-major. On trouva dans la ville beaucoup de bagages et une centaine de blessés français. (Journal du 4* corps.)
LE MARÉCHAL SOULT AU MAJOR GÉNÉRAL
Nordhausen, 18 octobre 1806, 8 heures du matin.
J'ai l'honneur de rendre compte à V. A. qu'hier au soir le corps d'armée a pris position en arrière de Nordhausen et que l'avant-garde a été portée en avant sur les deux routes qui conduisent à Magdeburg, l'une par Quedlinburg et l'autre par Halberstadt.
Lorsque je me suis présenté devant Nordhausen, l'ennemi était en position sur les hauteurs de la ville et aux divers débouchés qui y aboutissent ; il paraissait même vouloir s'y défendre. Je n'ai pris que le temps nécessaire pour former les colonnes et je l'ai fait immédiatement attaquer3. Il y a eu
i. De Greussen à Nordhausen, 95 kil. Parti au point du jour, le corps d'armée ne prit position qu'à la nuit.
2 Le 17 nous trouvâmes encore l'ennemi prés de Nordhausen: la 3e
compagnie du 5* à cheval remplaçait la 4° à l'avant-garde ; celle-ci n'avait pu encore échanger les caissons qu'elle avait vidés presque entièrement dans la journée du 14, et il était nécessaire de ménager son feu.
La 3e compagnie se porta sur le bord d'un ruisseau qui arrose la plaine en avant
2 charges de cavalerie qui ont dispersé la portion d'ennemis qui était dans la plaine et ont mis en notre pouvoir 2 pièces de canon avec 300 prisonniers ; ce qui était sur la hauteur, voyant approcher l'infanterie, s'est rejeté dans les montagnes et on l'a vivement poursuivi jusqu'à la nuit.
Nous avons trouvé à Nordhausen l des magasins considérables tant en blé et farine qu'en foin et avoine. On m'a même rendu compte qu'il y avait une caisse contenant de l'argent appartenant au roi de Prusse ; j'y ai fait mettre le scellé et ce matin on en fera la vérification pour procès-verbal en être dressé et envoyé à l'intendant général de l'armée.
La colonne ennemie qui était à Nordhausen est de 12,000 à 13,000 hommes, près de 4,000 de cavalerie. En partant d'ici elle s'est divisée en 2 colonnes qui toutes deux ont pris la route de Magdeburg. La première qui est plus faible, se dirige par Quedlinburg et la seconde par Halberstadt où elle
de Nordhausen ; sa position, commandée par les accidents du terrain, se trouvait trop resserrée. Nous commençâmes le feu sur la cavalerie de l'ennemi qui s'étendait dans la plaine en avant de la ville : l'ennemi riposta aussitôt avec une batterie très-supérieure en nombre et en calibre. Un canonnier et plusieurs hussards furent tués dés les premiers coups.
J'envoyai prier M. le Maréchal de m 'autoriser à passer le pont pour m'avancer sur l'ennemi et de me faire soutenir par un régiment de cavalerie légère; mais il jugea plus avantageux de faire raleutir le feu de nos pièces jusqu'à l'arrivée de l'infanterie qui bientôt se porta au pas de charge sur Nordhausen. Nos pièces d'avant-garde et celles de la 3e division qui formait tête de colonne, suivirent l'infanterie et prirent position sur le flanc des colonnes. L'ennemi abandonna dans sa fuite s pièces de 12, 1 obusier et 1 pièce de 6 démontés, plusieurs caissons à moitié vides et la plupart brisés ou renversés ; on trouva pendant la nuit dans une maison du faubourg plus de 30 Prussiens mutilés par notre feu. (Rapport du général Lariboisiôre au général Songis.)
Nordhausen, 17 octobre 1806.
D'après les ordres de M. le Maréchal commandant en chef, le magistrat de la ville de Nordhausen est requis, sur sa responsabilité, de faire sur-le-champ, à mon bureau, la déclaration de tous les magasins, effets et objets quelconques appartenant à S. M. le roi de Prusse ou à son armée qui peuvent se trouver actuellement soit dans les bâtiments publics, soit chez dos particuliers ; de faire remettre sur-le-champ au commandant de la place pour l'armée française les prisonniers et déserteurs prussiens et saxons qui peuvent ôlre cachés chez des particuliers ; — de déférer aux réquisitions qui lui seront adressées par l'ordonnateur en chef du corps d'armée.
II est en outre prévenu que toutes ces demandes et réquisitions devront ôtre exécutées dans les 12 heures. G*1 Compuw.
compte être jointe par quelques troupes venant de la Thuringe et du pays de Brunswick. Celle qui va par Quedlinburg attend aussi un renfort de la colonne passée par Sondershausen.
A la pointe du jour les troupes du corps d'armée seront en marche pour se diriger en 2 colonnes et suivant les traces de l'ennemi sur Magdeburg.
La première colonne formée par la division du général Legrand et 2 régiments de cavalerie légère, prend la route de Quedlinburg et la seconde colonne, formée par le restant du corps d'armée, celle d'Halberstadt. Je dirigerai moi-même cette dernière.
Arrivé à Halberstadt, je manœuvrerai pour réunir les 2 colonnes du corps d'armée, si les forces de l'ennemi que j'aurai devant moi nécessitent cette disposition. Dans le cas contraire, j'attendrai pour faire cette réunion d'être plus rapproché de Magdeburg, afin de faciliter la marche des troupes et aussi pour ne pas en laisser de l'ennemi qui n'aient été suivies.
V. A. m'a donné l'ordre d'après les dispositions de S. M. de poursuivre l'ennemi et de lui faire le plus de mal possible. Je m'acquitte de mon mieux de ce devoir, et déjà, depuis que j'ai passé l'Ilm, je lui ai fait perdre plus de 4,000 hommes et forcé d'abandonner une centaine de caissons, autant de voitures d'équipages et plus de 25 pièces de canon, mais ma tâche n'est pas encore remplie et je me propose, si toutefois S. M. l'approuve, de ne cesser la poursuite que lorsque la colonne que j'ai devant moi sera entièrement détruite. Tous les jours j'en emporte un lambeau.
Mais la direction que je dois suivre ne m'est pas positivement déterminée ; je ne sais pas non plus si, lorsque je serai devant Magdeburg, je devrai bloquer la place ou seulement la masquer et chercher à passer l'Elbe, en attendant qu'un autre corps d'armée arrive pour faire l'investissement.
J'ai l'honneur de prier V. A. de vouloir bien prendre à ce sujet les ordres de S. M. efr d'avoir la bonté de me les transmettre le plus tôt possible.
Je lui rends compte que la division de dragons commandée par le général Sahuc * et le 22° de chasseurs à cheval ont rejoint le corps d'armée.
P. -/S. — Je mets ici une lettre que j'ai fait saisir à la poste et qui contient quelques détails qui pourront intéresser S. M.
LE GRAND-DUC DE BERG AU MARÉCHAL NET
Merxleben, 17 octobre 1806.
Ordre de se diriger le plus tôt possible sur Sundhausen. L'ennemi marche sur Nordhausen. Vous gagnerez au moins une heure et demie de marche ; là je me déterminerai sur la direction à prendre.
Je désire bien que vous puissiez m' envoyer le plus tôt possible votre régiment de chasseurs pour le jeter avec mes troupes légères sur ma gauche.
LE GRAND-DUC DE BERG AU MARÉCHAL NET
17 octobre 1806.
Je me décide à marcher sur Ebeleben, d'où je pourrai, suivant les circonstances, me porter sur Sondershausen, Nordhausen ou couper la route de Mtllhausen sur ce point.
Ce billet Bans «indication de lieu a été écrit pendant la route. Il est enregistré sur le cahier de la réserve de cavalerie (voir Iéna, p. 371). L'enregistrement sur un cahier de papier de petit format se fait très facilement et n'exige pas plus d'embarras que la rédaction du billet lui-même. L'officier de service a le cahier dans la poche de son habit.
l. ... Le 17, l'ennemi dans sa retraite ayant pris position en avant d'un défilé et arrêté par cette manœuvre le mouvement du 8e régiment de hussards, le lieutenant Duliepvre, commandant l'artillerie de la 4e division de dragons, se porta en avant de te dernier régiment avec un obusier dont le feu débusqua d'abord l'ennemi et ouvrit la gorge par laquelle nos troupes devaient r. (Rapport du général Ruty au général Songis, 85 janvier 1807.)
LE GRAND-DUC DE BERG A L'EMPEREUB
Immonrode, 17 octobre 1806, 10 heures du soir.
Sire, je viens d'arriver à Immenrode *, village situé sur la route de Langensalza à Nordhausen; le 13e de chasseurs occupe en avant de ma position Furra à 2 lieues de Nordhausen * ; il reconnaîtra ce soir cette ville que l'ennemi a évacuée aujourd'hui à midi, et que je crois déjà occupée par les troupes légères du maréchal Soult. Je laisse sur ma gauche, sur la route de GOttingen, un corps ennemi*, auquel il ne reste, je pense, plus de retraite, n'ayant pas assez davance pour arriver avant nous ni sur Magdeburg, ni sur Brunswick, si telle est la volonté de V. M. Demain, conformément aux ordres contenus dans la lettre de V. M. 4, je me lierai avec le maréchal Soult, et je tâcherai de me mettre entre l'ennemi et Naumburg, c'est-à-dire je manœuvrerai par ma droite, afin d'être à portée avec les corps des maréchaux Bernadotte et Davout. L'épouvante est au comble dans l'armée prussienne, la seule approche d'un hussard fait fuir tous les Prussiens.
Il est fort difficile maintenant de correspondre avec V. M. ; j'espère que je m'en rapprocherai. On nous dit que vous vous portez sur Naumburg, J'irai demain si loin que je pourrai et tâcherai d'atteindre la queue de l'ennemi. Le général Klein a commis une grande faute, et à son exemple le général Lasalle en a fait une seconde : ils ont laissé passer hier, l'un à Weissensee le général Blllcher avec 5,000 hommes, et l'autre une autre colonne à Tennstftdt, parce que le général Blticher leur a assuré qu'il y avait un armistice de six semaines. Le général Klein était déjà, dès avant hier, à Weissensee, et il devait faire bien du mal à l'ennemi.