BAPPOBT DE M. DE TOURNON A 8. M. L EMPEREUR
Erfurl, 18 octobre 1806, 7 heures du malin.
Étant parti de Weimar d'après les ordres de S. M. l'Empereur et Roi et devant remettre des lettres au général Clarke, je me suis rendu à Erfurt. Mes instructions portant que je me dirigerais sur Cassel en passant parFulde, je comptais prendre cette route lorsque j'appris à Erfurt du colonel Lebrun que deux colonnes de prisonniers provenant de la garnison de cette ville s'étaient dirigées sur Gotha et Eisenach, gagnant 20 lieues au moins par cette route. Je me déterminai à y passer.
Arrivé à Gotha à 9 heures du soir, je me fais conduire chez le général Von der Weidt qui y commandait le second transport de prisonniers. Il m'apprend que le premier convoi est parti le matin sous l'escorte d'un chef de bataillon et de 3 compagnies de voltigeurs et qu'étant arrivé après son départ il avait envoyé quelques hussards pour avoir des nouvelles de leur entrée à Eisenach. Je me déterminais à attendre le rapport qu'on ferait au général avant de me mettre en route.
Vers 10 heures du soir arriva un soldat blessé de cette escorte qui nous apprit qu'à un quart de lieue en avant d'Eisenach la première colonne des prisonniers avait été attaquée par un parti d'environ 200 chevaux prussiens et que l'escorte avait été sabrée en grande partie. Le général Von der Weidt expédia sur-le-champ un sous-officier au maréchal Ney à Langensalza et un second au général Clarke en lui demandant de lui envoyer l'escadron du 3e qui se trouve à Erfurt. Le général Von der Weidt, après s'être emparé des portes de la ville gardées jusque-là par les troupes du prince de Gotha, poussa un parti de hussards sur la route d'Eisenach pour faciliter la rentrée de l'escorte du premier convoi.
Les hussards revinrent au bout d'une heure, vers les minuit, ramenant 2 officiers et 60 voltigeurs. L'un des 2 officiers apprit au général qu'ayant été chargé de faire à Eisenach le logement de cette première colonne de prisonniers, il apprit en arrivant dans
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cette ville que 600 hussards prussiens y avaient couché et en étaient partis le matin. Indécis s'il retournerait sur ses pas, on lui observa qu'il était à présumer que les hussards ne reviendraient pas, il se décida alors à faire les logements ; il y avait environ deux heures qu'il était dans la ville d'Eisenach, lorsqu'il apprit que la colonne des prisonniers était coupée ; il sortit sur-le-champ et se dirigea suites siens dont la tête de colonne n'était qu'à un quart de lieue de la ville. Il se convainquit par lui-même que les hussards prussiens, après avoir coupé la colonne, délivraient les prisonniers et sabraient l'escorte. Ayant cherché à rallier quelques-uns des siens, il quitta avec eux le grand chemin, l'autre officier qui était à l'arrière-garde en ayant fait autant, ils se réunirent et arrivèrent à Gotha avec 60 hommes, dont plusieurs sans armes, reste des 3 compagnies de voltigeurs formant l'escorte du premier convoi, mais il est à présumer qu'il en rentrera d'autres ce matin.
Ne pouvant plus continuer ma route pour Eisenàch, je me déterminai à retourner à Erfurt, chargé par le général Von der Weidt de parler de sa situation au général Clarke et de lui demander du renfort, n'ayant pour conserver Gotha et garder plus de 6,000 prisonniers qu'un escadron du 3e de hussards fort de 60 hommes et 3 compagnies de voltigeurs formant un total de 240 fantassins, et de 300 en y comprenant les 60 hommes revenus des 3 compagnies du premier convoi.
Un officier du prince de Gotha a dit au général Von der Weidt vers les minuit que le parti prussien s'était retiré du côté de Miilhausen.
Je vais me mettre en route et gagnerai Fulde par Schmalkalden et Meiningen.
LE GÉNÉRAL VON DER WEIDT AU GOUVERNEUR d'eRFURT.
Gotha, 17 octobre 1806, 10 heures du soir.
J'ai l'honneur de vous prévenir que la 1^ colonne des prisonniers prussiens qui se dirigeait sur Eisenàch a été attaquée par un parti ennemi qui les a délivrés '. Comme je n'ai qu'un demi-escadron du 3e de hussards, je vous prie de donner des ordres à celui qui se trouve à Erfurt de se porter sur Gotha pour me soutenir en cas de besoin.
J'ai envoyé une ordonnance à Langensalza au maréchal Ney.
l. D'Erfurl à Gotha, 22 kil. ; — de Gotha à Eisenàch, 26 kil. ; — de Gotha à Langensalza, 19 kil.