‹ Campagne de Prusse, 1806Chapitre 73 sur 412 · KOTIFICATION · texte numérisé non relu

KOTIFICATION

Le général Maçon, sous-gouverneur des Tuileries, commandant de la Légion d'honneur, grand'croix de l'ordre du Lion et commandant de la ville de Leipzig, aux banquiers, négociants et marchands de la ville.

Messieurs,

Le sort des armes a mis Leipzig dans les mains du grand Napoléon.

Voire ville est reconnue en Europe pour l'entrepôt principal des marchandises anglaises, et sous ce rapport une ennemie dangereuse pour la France.

L'Empereur et Roi m'ordonne ce qui suit :

Art. 1er. — Dans les 24 heures qui suivront la présente notification, tout banquier, négociant ou marchand, ayant des fonds ou marchandises provenant des manufactures anglaises, soit qu'elles appartiennent aux Anglais ou au marchand, en fera sa déclaration par écrit sur un registre établi chez le commandant de la place.

Art. 8. — Ces déclarations authentiquement faites, il sera fait des visites domiciliaires chez les déclarants ou non déclarants, pour compulser leur registre et vérifier les marchandises, afin de s'assurer de leur bonne foi et punir militairement la fraude si elle est reconnue.

Art. s. — MM. les magistrats feront également, sous leur responsabilité, la •déclaration juste et détaillée des magasins militaires appartenant tant à la Saxe qu'à la Prusse, ainsi que des magasins de poudre, môme ceux du commerce.

Art. 4. — Il sera nommé une commission chargée d'apposer les scellés aprèsdemain sur tous les magasins ou fonds qui auront été découverts.

Art. 5. — Toute contribution ou réquisition particulière soit en drap, argent ou chevaux, si elle n'émane d'une autorité compétente, est rigoureusement défendue. L'habitant ou le magistrat qui aura eu la faiblesse d'y souscrire sans en prévenir le commandant de la place, sera puni de 15 jours de prison.

Art. 6. — La présente notification sera lue et affichée à tous les coins, places et carrefours de la ville.

Donné à Leipzig, 18 octobre 1806.

Macoh.

était encore occupée par les Prussiens ; il a été chargé par le 25e de dragons et a éprouvé une perte de 300 hommes.

Le général Beaumont s'est emparé de 600 hommes de la Garde du Roi et de tous les équipages de ce corps. Deux heures auparavant, 2 compagnies de la Garde royale à pied avaient été prises par le maréchal Soult.

Le lieutenant-général comte de Schmettau, qui avait été fait prisonnier, vient de mourir à Weimàr.

Ainsi, de cette belle et superbe armée qui, il y a peu de jours, menaçait d'envahir la Confédération du Rhin, et qui inspirait à son souverain une telle confiance qu'il osait ordonner à l'empereur Napoléon de sortir de l'Allemagne avant le 8 octobre, s'il ne voulait pas y être contraint par la force, de cette belle et superbe armée, disons-nous, il ne reste que des débris, chaos informe qui mérite plutôt le nom de rassemblement que celui d'armée. De 160,000 hommes qu'avait le roi de Prusse, il serait difficile d'en réunir plus de 50,000; encore sont-ils sans artillerie et sans bagages, armés en partie, en partie désarmés.

Tous ces événements justifient ce que l'Empereur a dit dans sa première proclamation, lorsqu'il s'est exprimé ainsi : « Qu'ils apprennent que, s'il est facile d'acquérir un accrois- « sèment de domaines et de puissance avec l'amitié du grand « peuple, son inimitié est plus terrible que les tempêtes de « l'Océan. »

Rien ne ressemble, en effet, davantage à l'état actuel de l'armée prussienne que les débris d'un naufrage. C'était une belle et nombreuse flotte qui ne prétendait pas moins qu'asservir lea mers : les vents impétueux du nord ont soulevé TOcéan contre elle •, il ne rentre au port qu'une partie des équipages, qui n'ont trouvé de salut qu'en se sauvant sur des débris.

Les lettres ci-jointes peignent au vrai la situation des choses.

Une autre lettre, également ci-jointe, montre à quel point le cabinet prussien a été dupe de fausses apparences. Il a pris la modération de l'Empereur pour de la faiblesse. De

ce que ce monarque ne voulait pas la guerre et faisait tout ce qui pouvait être convenable pour l'éviter, on a conclu qu'il n'était pas en mesure, et qu'il avait besoin de 200,000 conscrits pour recruter son armée.

Cependant l'armée française n'était plus claquemurée dans les camps de Boulogne; elle était en Allemagne. M. Charles-Louis de Hesse et M. de Haugwitz auraient pu la compter. Reconnaissons donc ici la volonté de cette Providence, qui ne laisse pas à nos ennemis des yeux pourvoir, des oreilles pour entendre, du jugement et de la raison pour raisonner.

Il paraît que M. Charles-Louis de Hesse convoitait seulement Mayence ; pourquoi pas Metz ? Pourquoi pas les autres places de l'Est de la France ? Ne dites donc plus que l'ambition des Français vous a fait prendre les armes ; convenez que c'est votre ambition mal raisonnée qui vous a excités à la guerre. Parce qu'il y avait une armée française à Naples, une autre en Dalmatie, vous avez projeté de tomber sur le grand peuple ! Mais en 7 jours vos projets ont été confondus. Vous vouliez attaquer la France sans courir aucun danger, et déjà vous avez cessé d'exister !

On rapporte que l'empereur Napoléon ayant, avant de quitter Paris, rassemblé ses ministres, leur dit : « Je suis « innocent de cette guerre •, je ne l'ai provoquée en rien ; « elle n'est point entrée dans mes calculs. Que je sois battu « si elle est de mon fait ! Un des principaux motifs de la « confiance dans laquelle je suis que mes ennemis seront dé- « fruits, c'est que je vois dans leur conduite le doigt de la « Providence qui, voulant que les traîtres soient punis, a « tellement éloigné toute sagesse de leurs conseils, que, « lorsqu'ils pensent m'attaquer dans un moment de faiblesse, « ils choisissent l'instant où je suis le plus fort. »

liE MARÉCHAL DAVOUT A i/EMPEREUR.

Wittenberg, 20 octobre 1806. il heures du soir.

Les intentions de V. M. sont remplies. L'avant-garde du 3" corps a passé l'Elbe le 20, à 9 heures du matin \ Tout le corps d'armée était sur la rive droite avant 3 heures après midi. J'ai adressé à cette époque l'adjudant-comman-

i. Le 20, M. le Maréchal fit partir à minuit une avant-garde commandée par le colonel Lanusse du 17e et 100 chevaux du 1er de chasseurs aux ordres du capitaine Tavernier pour se portor rapidement sur Wittenberg et pour tâcher de s'emparer du pont sur l'Elbe. (Journal du 3e corp9.)

De Dûben au pont de Wittenberg, si kilomètres.

KOTB SUS CC QUI s'kST PASSE A WITTBMBBBG A LA SUITJE DK l'afFAIBB DU 17 A HALLS LOBS DK L*BBTBBB VV COBPS D* ARMÉE DK M. LB MARÉCHAL DAVOUT, LE SO OCTOBBB.

Le 13 octobre, le bataillon de fusiliers de Knor arriva en toute diligence de la Pologne à Wittenberg. 11 passa deux jours dans cette ville, ne sachant où se porter.

Il était arrivé en môme temps un trésor considérable oscorté par quelques cavaliers. Le 15 le trésor reçut ordre de marcher sur Magdeburg et le bataillon de Knor de se rendre à Halle.

Un lieutenant avec SO hommes seuls échappés du môme bataillon de l'affaire du 17 à Halle reçut ordre du prince do Wurtemberg au moment de la retraite de retourner à Wittenberg pour y brûler le pont et faire sauter le magasin ù poudre situé hors de la place, dès l'instant quo les Français paraîtraient. Le lieutenant arriva le 18 au soir, s'établit avec ses 30 hommes sur le pont môme qu'il n'a pas quitté ni jour ni nuit.

Il fli faire 12 saucissons, les fit goudronner, et en attacha 6 de chaque côté du pont. Il avait eu soin de se procurer en môme temps des moches pour mettre le feu au magasin à poudre.

Le 20 à 9 heures du matin, une patrouille française* de 4 hommes se présenta sur le pont. Le lieutenant prussien mil le feu à ses saucissons et courut aussitôt le long du glacis pour gagner le magasin à poudre, fit une traînée de poudre, y attacha ses mèches, les alluma et s'en alla.

Cependant la patrouille française avait été suivie quelques minutes après d'environ 120 hommes. En môme temps les habitants de la ville qui craignaient Li perte de leur pont et avaient tenu prêtes les pompes à incendie, avaient accouru au feu A l'instant du départ des Prussiens ; le feu fut éteint au bout d'uu quart d'heure. D'un autre côté, d'autres habitants de la ville et ceux du faubourg harcelaient les Prussiens sur les glacis et jusqu'au magasin à poudre dont l'explosion aurait ruiné leurs maisons. Ils tuèrent môme un Prussien d'un coup de fourche et, joints à quelques soldats saxons préposas à la garde du magasin, ils arrachèrent les mèches C'est ainsi que le superbe pont et 800 milliers de poudre ont été conservés.

Le corps de M. le maréchal Davout arriva successivement et lui-môme en personne sur les 11 heures. II occupa la ville sans résistance, le lieutenant

dant Beaupré au prince de Neufchâtel, pour lui donner connaissance de cet événement. Les Prussiens, à notre approche, ont mis le feu au pont et se sont sauvés sans s'opposer aux secours prompts qui ont été apportés et ont eu le meilleur résultat en sauvant le pont qui est de la plus grande solidité.

Les reconnaissances ont rencontré sur la route de Berlin, k 1 lieue et demie d'ici, 2 régiments d'infanterie et quelques escadrons de cavalerie qui se portaient sur Wittenberg pour défendre le passage de l'Elbe. Se voyant prévenus, ils se sont retirés.

J'ai envoyé un parti pour communiquer avec le maréchal Lannes ; je n'en ai pas encore de nouvelles. Les Prussiens ont brûlé toutes les barques entre Wittenberg et le pont de Dessau.

50 chasseurs du 1er régiment que j'ai envoyés en reconnaissance sur Torgau, se sont emparés du pont que les

prussien et ses 99 hommes n'ayant pas perdu de temps pour gagner par les bois la route de Berlin.

Wittenberg, 28 octobre 1806.

Le Chef de bataillon du génie, Leoraud.

lb phihch buokbb ob wubtbmbkbo a m. db polkxz, libutbvabt dav8 lu bataillon dbs fusilifcbs db kîïor a wittbhbbbg.

Magdeburg, 20 octobre 1804, au matin.

Monsieur, je vous remercio pour les nouvelles que vous avez bien voulu me communiquer ; je vous invite à laisser le pont de Wittenberg à découvert jusqu'à ce que les Français prennent dos mesures pour le rétablir, dans lequel cas ce pont doit être brûlé.

Si les Français venaient à passer l'Elbe à un autre point, alors vous vous retirerez vers Berlin ; vous me donnerez tous les jours de vos nouvelles par estafette, en me marquant aussi ce que vous savez de l'ennemi. Les estafettes doivent prendre le chemin par Potsdam, Brandenburg, Genthinburg à Magdeburg.

Un autre ordre, également en allemand, était adressé par le prince Eugène de Wurtemberg au capitaine de Blankenburg, directeur du train à Wittenberg, Dessau et environs, l'invitant à se retirer sur Berlin.

Ordre était donné le 20 octobre à 10 heures avant midi par le bureau de poste de l'armée à Magdeburg à tous les maîtres de poste de là à Wittenberg de faire aller les lettres pour M. de Polenz et M. de Blankenburg le plus vite possible. — Le postillon a passé à Zerbsl à 4 heures de l'après-midi, reparti à A heures un quart.

Ces dépêches et Tordre de la poste furent interceptés.

Saxons n'ont pas défendu, disant qu'ils étaient en paix avec nous. Le pont est dans le meilleur état.

U existe à Wittenberg un magasin contenant plus de 140,000 livres de poudre en bon état. On en a les clefs.

Les fortifications qui étaient autour de Wittenberg sont en grande partie détruites ; il faudrait beaucoup de travaux pour mettre cette place à l'abri d'un coup de main.

En conséquence de vos ordres, on a tracé et on travaillera de suite à une tête de pont1. Il serait à désirer qu'on envoyât quelques compagnies de sapeurs et des fonds pour cet objet. Je réclamerai aussi quelques officiers du génie, presque tous ceux du 3e corps ayant été blessés à l'affaire du 14.

Il y a dans tous les villages beaucoup de déserteurs prussiens et de traînards.

BAPPOBT DU CAPITAINE HULOT, DU ltr DE CHASSEURS, CHARGÉ DE LA RECONNAISSANCE BUE TOEQAU LE 20 OCTOBRE 1806 *.

La ville de Torgau est hors d'état de soutenir une attaque ; il n'existe de ses anciennes fortifications qu'un mauvais fossé et une muraille délabrée ; le tracé ne peut se découvrir, le château n'est nullement fortifié, mais il est très -propre pour établir un hôpital. Il faudrait beaucoup de temps et de dépenses pour mettre la ville et le château en état de se défendre quelques jours. Le pont est couvert et en très-bon état et le pont- le vis est également en très-bon état; il existe à la tête du pont, sur la rive droite de l'Elbe, un fort entièrement détruit, mais dont le tracé est encore très-apparent et pourrait être rétabli assez promptement pour couvrir le pont.

Il 7 a à Torgau 2 magasins à poudre et plusieurs magasins à vivres, dont je joins ici les états.

1. Les ouvrages furent tracés par le colonel Tousard et par le chef de bataillon Breuiile et éliauchés par les sapeurs dans la soirée. On y plaça les jours suivauis un grand nombre de paysans des villages voisins. (Journal du »« corps.)

9. Reconnaissance envoyée de Leipzig le 18 octobre à la fin de la journée. — Exécution de Tordre du Major général au maréchal Davout du 17. (Voir page 89.)

LE MARÉCHAL LANNES A L'EMPEREUR

Dessau, 30 octobre 1806.

J'ai eu l'honneur de prévenir V. M. que le pont serait rétabli dans une quarantaine d'heures. J'espère qu'il le sera demain àmidi. On travaille à force à la tête de pont. J'ai réuni assez de barques pour faire passer tout mon corps d'armée dans 3 heures de temps, supposé que le pont ne fût pas achevé, mais tout annonce qu'il le sera à midi. Je viens de quitter les ouvriers.

Le 17e léger, le bataillon d'élite, 2 pièces de canon et presque toute la cavalerie sont déjà de l'autre côté.

Si V. M. a d'autres corps à faire passer ici, elle peut les mettre en marche quand elle voudra.

J'ai ordonné au général Suchet de faire passer sa division demain une heure avant le jour. La division Gazan passera immédiatement après. Ainsi à 10 ou 11 heurea du matin le corps d'armée sera en entier de l'autre côté.

L'officier porteur de ma dépêche 1 est arrivé à 4 heures et demie et repart à 5 heures.

7e corps. Cavalerie légère, en avant de Dessau ; — quartier général, Dessan; — lre, 2° divisions, en arrière de Dessau à cheval sur la grande route *, — parc, en arrière du corps d'armée.

La 2° division de dragons part le 20 pour Dessau ; les brigades se réunissent à Ztirbig. La division prend position en arrière de Dessau. (Registre de correspondance du général Grouchy \)

1. Dépêche de l'Empereur de 1 1 heures et demie du matin. — L'officier partit probablement vers midi. Il mit 4 heures et demie pour faire ses 11 lieues, soit environ 10 kilomètres à l'heure. 11 put se servir des chevaux du piquet laissé à Zôrbig.

2. Pendant les opérations, on n'a pas le temps d'écrire chaque jour sur le journal des marches et opérations. Si on a le soin d'avoir pour sa correspondance un cahier d'enregistrement que l'offlcier de service a dans sa poche, comme celui dont on se servait à la réserve de cavalerie, on y inscrira chaque jour tous les détails concernant les ordres reçus, l'heure de leur réception, par qui apportés, les marches, les emplacemeuts et cantonnements, les opérations. Ces notes seront extrêmement utiles pour rédiger le journal dans

LE MARÉCHAL BERNADOTTE AU MAJOR GÉNÉRAL

Alsleben, 80 octobre 1806.

J'ai l'honneur de voua rendre compte que j'ai envoyé hier un régiment de cavalerie jusqu'à Aschersleben. La division Rivaud y sera aujourd'hui à 8 heures du matin et mes autres divisions pour midi1. Je pousserai une division jusqu'à Glisten et demain je me porterai sur Stassfurt et de là sur Egeln ou sur la grande route de Magdebourg, suivant les avis que je recevrai.

Les partis que j'ai envoyés au delà d' Aschersleben m'ont rendu compte que le prince Murât était arrivé àHalberstadt* et qu'on avait entendu quelques coups de canon du côté de Nordhausen.

La dépêche du Major général de 4 heures du matin fnt portée par le capitaine Scherb, officier d'ordonnance de l'Empereur, qui arriva à AUleben vers 8 heures du matin ayant mis 3 heures et demie ou 4 heures pour faire les 35 kilomètres qui séparent Halle d'Alsleben. La division Rivaud était déjà partie pour Aschersleben. Les 2 autres divisions, pour être à Archersleben à midi, avaient dû se mettre en marche, la division Drouet à 6 heures, la division Dupont à 5 heure*. A 8 heures la tête de la division Dupont n'avait pas encore dépaW; Alsleben ; la division Drouet était déjà engagée sur la route d' Aschersleben, mais sa tête n'avait pas dépassé SchakstUdt, 5 kilomètre* d'Alsleben, d'où un chemin rejoint la route d'Alsleben à Bernburg. Le mouvement sur Bernburg put donc s'effectuer sans retard.

Cavalerie légère , Neu-Gattersleben et environs; — 3* division, Mttnchen-Nienburg • \ — 1" division, sur les hauteurs en avant do

les jours de repos. Ainsi seront conservés une quantité de renseignements précieux pour l'histoire des troupes et de l'armée. J'en juge par ceux que j'ai retrouvés.

1. D'Alsleben à Aschersleben, 17 kil. ; la division Rivaud dut partir à 4 heures du matin d'Alsleben.

S. D' Aschersleben à Ditfurth, 20 kil. ; — à Halbcrstadt, 8S kil.

S. De Gnôlbzig à Mùnchen-Nleuburg, ju kil. ; — de Rothenburg à Bernburg, 35 kil.

Bernburg, rive gauche de la Saale ' ; — quartier général, Bernburg; — 2e division, Aschersleben ; — parc, Cônnern.

RENSEIONEMEXT8 DONNÉS PAR S. A. LE PRINCE BERNADOTTE A AL8LBBBX, LE 20 OCTOBRE.

Un régiment de cavalerie du maréchal Bernadotte a marché hier soir sur Aschersleben ; il a poussé ses reconnaissances bien au delà; un escadron de hussards prussiens s'était retiré dans la matinée d'hier d'Alsleben ; hier matin les dernières troupes placées à Nordhausen étaient composées de 3 bataillons d'Arnim, de Bringenfels et Tschammer et de 2 escadrons de Blticher et Eising sous les ordres du major Tschammer venant du pays de Mannsfeld.

On croit le Roi à Magdebourg, mais on présume qu'il n'y restera pas.

On a entendu quelques coups de canon hier matin à 10 heures du côté de Nordhausen ; ces coups de canon étaient dirigés sans doute contre les troupes commandées par le général-major Tschammer. Le prince Murât est arrivé avec 2,000 hommes de cavalerie et 200 d'infanterie à Halberstadt hier vers une heure après midi ; ce matin à 8 heures, la division du général Rivaud devait être rendue à Aschersleben.

Les deux autres divisions marchent sur Bernburg.

Le Capitaine officier d'ordonnance prèê S. M. l'Empereur et Bot,

Scherb.

ORDRE

80 octobre 1806.

Il est ordonné au général de brigade Beaumont de partir avec le 13e régiment pour se rendre à Egeln * où il prendra position et d'où il enverra reconnaître Magdeburg et Calbe. Il ne quittera point Egeln avant la rentrée de ses reconnaissances. Il est prévenu que la division Nansouty et celle Klein marchent sur le même point, la division Beaumont sur Cochstadt, la division d'Hautpoul sur Gro'ningen ainsi que la brigade Lasalle. Il donnera les nouvelles au

î. On passe la Saale à Bernburg sur un superbe ponl en bois. (Journal du ier corpi.)

*. D'Emeraleben à Egeln, 30 kil. ; — d'Egeln à Magdeburg, 86 kil.,— d'Egeln à Galbe, 97 kil.

Prince de 2 heures en 2 heures pour qu'il sache les mouvements de l'ennemi.

Général Belliard.

Ordre aux divisions Klein, Beaumont et d'Hautpoul de partir à 7 heures du matin ; — à la division Nansouty, de partir à 8 heures.

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