L'armée prussienne aurait donc quitté Magdeburg le
8. Sur la route directe do Magdeburg à Brunswick par 01von9tàdt et Helm- 6tûdt. *
lonne du duc de Weimar pourrait prendre pour passer FElbe. Ainsi je laisserai à votre disposition tous les villages qui sont sur la droite de Gross-Rodensleben, de Nieder-Dodeleben et Diesdorf , pour être occupés par vos troupes, et je me chargerai de toute la gauche. Cependant s'il vous était possible de venir demain matin de bonne heure à Gross-Wanzleben et avant même que vos troupes fussent mises en mouvement, nous conviendrons des positions que les 2 corps d'armée devraient prendre. Au reste, je ne donnerai aucun ordre avant de vous avoir vu, et cela souffre d'autant moins d'inconvénients que la marche de demain sera courte. Vous me dites, mon cher Maréchal, que S. A. le Grand-duc de Berg a mis à votre disposition la division de dragons commandée par le général Klein. Le Prince m'en a écrit autant, et aujourd'hui j'ai envoyé sur divers points pour chercher cette division. Si demain matin j'ai l'avantage de vous voir, nous conviendrons de son service de manière qu'au besoin elle fasse pour tous les deux. Je vous réitère, mon cher Maréchal, l'assurance de mon parfait attachement.
Le ministre de la guerre m'a prévenu que depuis hier le maréchal Bernadotte avait pris position en avant de Aschersleben, d'où il fait occuper Bernburg et Calbe. Je crois que les maréchaux Lannes et Davout ont pris une autre direction ainsi que le maréchal Augereau, mais je n'ai rien de positif à ce sujet.
6* corps. 10* de chasseurs, Seehausen; quartier général, Hadmersleben; — 2* division, Grross-Germersleben, bivouac sur 2 lignes, la 1" entre Hadmersleben et Alikendorf, la 2« entre Alikendorf et Alsleben; — 3* division, Croppenstadt, bivouac sur 2 lignes, la 1" auprès de Grttningen, la 2e à Klein-Grttningen ; — 1* division de dragons, Egeln.
4* corps d'année. oedeb.
Hadmersleben, 21 octobre 1806.
Le Maréchal commandant en chef éprouve la plus vive peine d'être obligé à prendre des mesures de rigueur pour arrêter les fu-
nestes effets de l'indiscipline dans le corps d'armée ; mais le mal est si grand que le remède ne saurait être ni trop prompt ni trop violent. Les traces du corps d'armée sont marquées par l'incendie, la dévastation et par des crimes atroces qu'on a peine à concevoir. La voix des chefs est méconnue, la vie des officiers est souvent compromise et, pour comble de malheur, les ressources en subsistances que le pays offrait sont détruites du moment que les troupes françaises paraissent.
Pour remédier à cet état de choses et rendre la réputation des troupes du corps d'armée exempte de tout reproche, le Maréchal commandant en chef ordonne les dispositions suivantes :
Art. 1er. — Tout militaire qui sera arrêté dans une maison où il aura été commis du pillage, sera considéré comme auteur de ce délit et livré de suite à une commission militaire pour être jugé suivant toute la rigueur des lois.
Art. 2. — Tout militaire qui sera arrêté emportant des effets volés ou des meubles pour quelque usage que ce soit, sera considéré comme pillard et maraudeur et livré ensuite à une commission militaire.
Art. 3. — Tout militaire qui sera arrêté dans un village et à portée des maisons avec des torches ou une chandelle allumée à la main, sera considéré comme incendiaire et livré également à une commission militaire.
Art. 4. — Tous les 4 jours il sera fait une visite des sacs dans l'infanterie et des porte-manteaux dans l'artillerie et la cavalerie pour vérifier s'il n'est pas de militaires qui aient des effets pillés ou volés, et s'il n'en est pas qui aient de l'argent pris aux habitants ; ceux qui seront reconnus coupables d'un de ces délits seront sur-lechamp arrêtés et livrés à la commission. — JL.es effets et argent volés seront saisis pour être rendus.
Art. 5. — Les vivandières et blanchisseuses, les domestiques d'officiers et toutes autres personnes à la suite de l'armée, qui seront convaincues de pillage ou d'avoir recelé des effets volés, seront considérées comme auteurs du délit, et livrées également à la commission militaire. Pour cet effet il sera fait aussi tous les 4 jours une visite de leurs voitures.
Lorsqu'une femme, vivandière ou blanchisseuse, aura pillé ou favorisé le pillage en recelant des effets volés, sa voiture sera conduite devant le régiment auquel elle appartient et livrée aux flammes avec tous les effets qui y seront contenus, ensuite la vivandière sera habillée de noir, promenée dans les camps et chassée de l'armée.
Art. 6. — Il est expressément défendu à tout militaire d'arrêter les voitures de transport que l'administration emploie, ni d'enlever
aucun cheval chez des particuliers. Ceux qui se permettront à l'avenir de semblables excès seront aussi considérés comme maraudeurs et livrés également à une commission militaire.
Art. 7. — A la réception du présent ordre, les commandants des régiments feront rassembler tous les chevaux pris dans le pays que des militaires emmènent, et ils les feront conduire à l'artillerie de leure divisions respectives.
Ne seront exceptés de cette disposition dans l'infanterie que les officiers auxquels la loi donne le droit d'avoir des chevaux, ainsi que ceux qui ont obtenu du Maréchal commandant en chef l'autorisation par écrit d'en conserver pour leur usage.
Art. 8. — Dans les marches tout militaire qui s'écartera de la colonne sans motif de service, et lorsque la troupe aura pris position tout militaire qui ira à la corvée sans être conduit par un homme armé, seront aussi considérés comme pillards et livrés comme tels à la commission militaire.
Art. 9. — Il est défendu à tout militaire faisant partie d'un corps, de loger dans les villages ni même d'y établir des chevaux d'officiers : tout le monde sans exception, même les musiciens, vivandières, etc., doit être au camp lorsque la troupe campe.
Art. 10. — Des ordres ont été donnés pour que toutes les corvées fassent conduites par des officiers et des gens armés. A l'avenir cette disposition sera exécutée dans sa plus grande rigueur, et lorsque les régiments enverront au bois, à l'eau, à la paille et à d'autres distributions, l'officier commandant la corvée fera réunir sur un point tous les objets qu'il doit prendre, vérifiera s'il n'y a pas des meubles ou effets pillés, et fera transporter au camp ce que la troupe sera en droit d'avoir.
L'officier commandant une corvée sera toujours responsable du dégât que la troupe commettra.
Art. 11. — Lorsqu'il y aura un incendie, toute la troupe prendra les armes jusqu'à ce que l'incendie soit éteint, et le régiment le plus a portée enverra un détachement d'hommes armés pour maintenir la police, et un détachement d'hommes sans armes pour travailler.
En cas d'incendie la troupe la plus près est toujours responsable de l'événement et c'est au chef qui la commande à prendre deB mesures de police pour le prévenir.
Art. 12. — Les militaires prévenus d'autres crimes tels qu'assassinat, viol et désobéissance envers les officiers, seront aussi livrés à une commission militaire.
Art. 13. — Les généraux de division sont autorisés à former des commissions militaires toutes les fois que des coupables seront arrêtés, et qu'en exécution du présent ordre il y aura lieu de les mettre en jugement.
214 campagne de p russe.
Art. 14. — Les commissions qu'on formera en exécution de cet ordre seront composées de 5 membres dont 1 colonel, 1 chef de bataillon ou d'escadron et 3 capitaines ; leur jugement sera Bans appel et exécuté à l'instant même devant la troupe assemblée.
Art. 15. — Le présent ordre sera lu tous les 4 jours à la tête des compagnies et MM. les généraux voudront bien prendre toutes les mesures nécessaires pour en assurer l'exécution.
Le Maréchal commandant en chef fait un appel à tous les officiers du corps d'armée, et il les conjure au nom de l'honneur et du sentiment, du zèle et du dévouement qui les anime pour le service de l'Empereur, de le seconder par tous leurs efforts pour rétablir l'ordre et la discipline dans le corps d'armée, afin que les troupes qui le composent soient toujours dignes de la confiance de l'Empereur et continuent à mériter ses grâces.
Mâl Soult.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GRAKD-DUC DE BERG
Dessau, 22 oclobro 1806.
L'Empereur, Monseigneur, me charge de vous prévenir que la division de dragons qui est avec le maréchal Soult doit y rester ainsi que celle qui a été divisée en 2, dont une partie est en arrière pour ramasser et balayer les partis ennemis ; quant au reste de votre cavalerie, elle doit se rendre à Dessau pour y passer le pont1.
LE MAJOR GENERAL AU GENERAL LEMAROIS
. Dessau, 22 octobre 1806.
Par l'Empereur. — S. M. ordonne à son aide de camp le général de division Lemarois de se rendre àWittenberg pour y prendre le commandement de cette place et du pays avec le titre de gouverneur général *.
La place de Wittenberg devient le centre et le pivot de toutes les opérations de la Grande Armée, et le choix que l'Empereur fait de son aide de camp, le général Lemarois, pour être gouverneur de cette place, fait assez connaître
1. Réponse & la lettre du Grand-duc du 21, de Calbe, à 6 heuros et demie du soir. V. page 206.
2. Ordre lo 23 au commandant du 1er régiment de hussards de laisser pour •jours à Wittenberg, aux ordres du gouverneur, î maréchal-dos-logis, 1 brigadier et 10 hussards.
Pimportance que S. M. y attache pour ses opérations ultérieures.
M. le général Lemarois communiquera cet ordre à M. le maréchal Davout qui lui fera connaître tous ceux qui ont déjà été donnés relativement à la place de Wittenberg.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL DAVOUT
Dessau, 22 octobre 1806.
L'intention de l'Empereur, M. le Maréchal, est que vous dirigiez sur-le-champ1 votre corps d'armée sur Zahna, Juterbogk et Luckenwald. Cette dernière ville est à peu près à moitié chemin de Wittenberg à Berlin. Arrivé à Luckenwald, vous vous mettrez en communication avec Treuenbrietzen où sera le quartier général.
Vous ferez vos réquisitions de vivres à droite de la route et rien sur la gauche.
Vous ferez aujourd'hui 22 une très-petite journée ; il suffit d'indiquer votre marche et d'aller à Zahna.
La division de dragons Beker qui arrive à Wittenberg sera à vos ordres et suivra votre direction ; laissez-lui des ordres à son arrivée à Wittenberg.
L'intention de l'Empereur est que vous teniez bien ensemble cette division de dragons, que vous ne vous en serviez pas comme éclaireurs, mais bien pour qu'elle tombe ensemble sur les bataillons ennemis que vous pouvez rencontrer.
Vous direz au général Beker qu'il ne doit pas moins en-
i. C'es:-à-dire aussitôt la réception de cet ordre. Comme on le verra plus loin, lo mouvement commença à 5 heures du soir. L'ordre reçu, le maréchal Davout adressa de suite ses ordres aux généraux de division; comme les divisions étaient à s, 4 ou 5 kilomètres de Wittenberg, on doit compter environ 2 heures pour le commencement du mouvement depuis la réception de l'ordre du Major général, qui est donc arrivé à Wittenberg vers 2 heures et demie ou 8 heures. — Il y a 35 kilomètres de Dessau à Wittenberg par Wôrlitz, Selbitz, Bergwilz; soit 4 heures à raison de 9 kilomètres à llioure. L'officier est donc parti do Dessau vers 10 heures et demie ou il heures au plus tard, peut-être plus tôt ; ce qui permet de se rendre compte de l'heuro à laquelle l'Empereur a donné ses ordres.
voyer au prince Murât sa situation et les rapports qu'il aurait de l'ennemi.
LE MAJOR GENERAL AU GÉNÉRAL BEKEB
Dessau, 22 octobre 1806.
Le général Beker, en arrivant à Wittenberg, fera prendre les ordres du maréchal Davout, dont il doit suivre les mouvements et aller bivouaquer à une lieue en avant de Wittenberg.
l'empereur au grand-duc de berg.
Dessau, 22 octobre 1806.
Dans quelque endroit que vous passiez l'Elbe, dirigezvous en toute hâte sur Treuenbrietzen pour marcher sur Berlin. Je suppose qu'aujourd'hui vous serez à Dessau ou à la hauteur de Dessau ; que le 23 au soir vous ne serez pas éloigné du point que je vous désigne. Cependant ne crevez point vos chevaux. J'ai ordonné que toute la cavalerie saxonne mettrait pied à terre. J'ai laissé 1,000 hommes à pied ici à Oudinot pour les prendre ; s'il y a plus de 1 ,000 chevaux, chaque homme en prendra 2 ou 3. Mon intention est ([\xe cela marche sur Wittenberg où cela s'organisera.
La masse de cavalerie marche toujours avec la colonne d'armée la plus avancée, la plus importante, celle qui est le plus près de l'ennemi. Au début de la poursuite elle précède la colonne de .gauche, celle qui suit l'armée prussienne dans sa retraite vers son lieu de rassemblement. La colonne du centre, qui a suivi la route la plus directe sur Berlin, devance à son tour la colonne de gauche arrêtée (levant Magdeburg ; le Commandant de l'armée appelle en toute hâte la masse de cavalerie pour prendre la tête de son centre qui s'élève snrle flanc de l'ennemi. La cavalerie a harcelé dans sa retraite l'armée battue et l'a empêchée de s'arrêter, de se rassembler ; maintenant elle prend la traverse pour lui couper la route.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL AUGEREAU
Dessau, 22 octobre 1806.
Vous traverserez, M. le Maréchal, avec votre corps d'armée Wittenberg et vous bivouaquerez à une demi-lieue en avant sur la route de Berlin.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL LANNES
Dessau, 22 octobre 1806.
Vous traverserez, M. le Maréchal, Wittenberg avec les troupes qui sont à la rive gauche de l'Elbe. Vous irez bivouaquer à une lieue en avant de Wittenberg et vous continuerez demain votre route pour vous réunir à Treuenbrietzen ; quant aux troupes de votre corps d'armée qui sont à la rive droite de l'Elbe, elles marcheront aujourd'hui autant qu'elles le pourront, pour se réunir demain à vous à Treuenbrietzen.
J'expédie des ordres directs au général Victor. Néanmoins envoyez un officier d'état-major.
Ordre au général Victor pour que les troupes qui sont à la rive droite de l'Elbe se rendent le plus tôt possible à Treuenbrietzen pour se réunir au reste du 5* corps.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU GRAND-DUC DE BERG
Dessau, 22 octobre 1806.
L'Empereur ordonne, mon Prince, qu'aussitôt votre arrivée vous passiez le pont de Dessau avec votre cavalerie pour vous rendre le plus tôt possible à Treuenbrietzen où. sera le quartier général.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL BERNADOTTE
Dessau, 22 octobre 1806.
L'Empereur ordonne, M. le Maréchal, qu'aussitôt votre arrivée à Dessau, vous passiez le pont sans vous arrêter pour
bivouaquer sur la rive droite de l'Elbe ; vous dirigerez les bivouacs sur la route de Coswig ; vous enverrez également des reconnaissances sur la route de Magdeburg. Aussitôt votre arrivée vous enverrez un officier à Wittenberg pour recevoir des ordres.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL SOULT
Dessau, 22 octobre 1806.
•Fai l'honneur de vous prévenir, M. le Maréchal, que les corps des maréchaux Lannes, Davout et Augereau sont aujourd'hui à Wittenberg; le général Lemarois, aide de camp de l'Empereur, vient d'être nommé gouverneur de cette place. S. M. a ordonné qu'on travaille avec la plus grande activité à fortifier Wittenberg qui va devenir le centre et le pivot de la Grande Armée, comme Erfurtle sera de nos derrières en cas de retraite.
L'Empereur vous recommande de ne pas avoir trop de confiance, de tenir votre corps d'armée bien réuni, de vous concerter toujours avec le maréchal Ney, de manière que si l'ennemi vous attaquait par un mouvement brusque et inopiné, le maréchal Ney se trouve en état de vous soutenir 1.
D n'est pas certain que l'ennemi n'ait laissé à Magdeburg qu'une garnison ; il pourrait y avoir encore un corps d'armée.
S. M. ordonne que vous fassiez ramasser tous les moyens qui sont sur l'Elbe pour y faire jeter un pont à une lieue et demie ou 2 lieues au-dessus de cette place afin de pouvoir communiquer avec l'armée et que vous puissiez porter votre cavalerie sur l'une ou l'autre rive à volonté, et que vous puissiez de même porter votre corps d'armée, aussitôt que l'Empereur le jugera convenable, sur Berlin en passant par
1. Aussi longtemps qu'un corps d'armée peut être exposé à une attaque, le Commandant en chef ne doit pas le laisser isolé ; la prudence veut qu'il le fasse appuyer par un autre corps d'armée.
le pont que vous aurez construit. S'il y a une grande île, il serait à propos de choisir ce point pour la construction de votre pont 5 cette île deviendrait une place forte qui serait le refuge du corps qui observerait Magdeburg, et, s'il entrait dans le projet de S. M. d'affaiblir tellement ce corps qu'il ne fût que la moitié ou le tiers de la garnison ennemie , il ne serait plus question que de fortifier les 2 têtes de pont qu'il serait facile d'arranger de manière à soutenir plusieurs jours de tranchée ouverte ; par ce moyen l'Empereur serait toujours certain d'avoir un pont sur l'Elbe outre celui de Wittenberg, et ce pont ne lui emploierait pas plus de troupes, puisqu'il est obligé de placer un corps d'observation devant Magdeburg qui sera le corps qui en même temps gardera le pont. Cet endroit une fois choisi, on construira dans l'île des fours et des magasins capables de nourrir plusieurs jours l'armée.
Comme la guerre peut être longue, M. le Maréchal, et qu'elle peut se compliquer, vous devez sentir l'importance de toutes ces dispositions1.
Ayez soin que votre division de dragons et celle de cavalerie légère ne diminuent pas ; pour cet effet procurez-vous 200 ou 300 chevaux dans les pays environnants pour remplacer les chevaux blessés.
Le maréchal Bernadotte passe l'Elbe à Dessau où nous avons passé le pont.
Il tarde à l'Empereur de savoir que vous avez jeté votre pont et que vous avez intercepté avec votre cavalerie la route de Magdeburg à Berlin, et si, comme tout porte à le penser, quand l'ennemi verra que notre mouvement est décidé pour marcher sur l'Oder, il se décide à évacuer Magdeburg en y laissant une garnison convenable, vous devez vous tenir prêt à marcher avec votre corps d'armée *.
1. Le Commandant de l'armée songe toujours, même après la victoire, aux complications que peut amener un échec.
2. L'Empereur a hâte que le 4e corps soit en état de passer à la rive droite, pour pouvoir le joindre dans le cas où l'armée ennemie évacuerait Magdeburg. Il ignore que le mouvement de Hohenloho est déjà commencé depuis le 21. — La cavalerie du 4e corps arriverait trop tard pour intercepter la route de Magdeburg à Berlin.
LE MAJOR GÉNÉRAL AU MARÉCHAL NEY
Dessau, 22 oclobro 1806.
L'Empereur, M- le Maréchal, me charge de vous recommander que vous ayez à vous concerter avec M. le maréchal Soult pour l'appuyer et le soutenir afin de culbuter l'ennemi s'il osait l'attaquer.
Le maréchal Soult vous fera part des dispositions que l'Empereur lui a ordonnées ; incessamment vous recevrez de nouveaux ordres.
l'empereur au major général.
Dessau, 22 octobre 1806.
Il sera envoyé un sous-inspecteur dans le pays de Brunswick, avec une patrouille de dragons, pour en prendre possession. Les armes du Duc seront ôtées partout et ses soldats désarmés. Le scellé sera mis sur les caisses, et ce pays sera en tout traité comme pays de conquête. Si le Duc s'y trouve, il sera fait prisonnier, ainsi que tous les officiers, et on les acheminera sur France, hormis le Duc, s'il est malade, lequel sera traité avec tous les égards dus à un général blessé.
l'empereur au général clarke.
Dessau, 22 octobre 180.6.
Je désire que vous m'envoyiez l'état des prisonniers qui ont été faits et de ceux qui ont été délivrés par les partis ennemis. Instruisez-moi exactement du moment où le corps du maréchal Mortier commencera à arriver à Fulde. Je lui ai ordonné de porter une avant-garde sur Eisenach. Donnez tous les ordres et prenez toutes les mesures pour que les canons, armes et munitions de la place de Weimar et tous ceux qui sont épars sur les champs de bataille, soient concen-
très à Erfurt. Je vous ai envoyé le 14e de ligne pour renforcer votre garnison ; mais vous devez sentir le besoin que j'ai de ce régiment. Du moment donc que le maréchal Mortier sera arrivé, que mes derrières seront tranquilles, et que ce régiment ne vous sera plus nécessaire, renvoyez-le en toute diligence sur Wittenberg. J'ai ordonné que plusieurs patrouilles de chasseurs et de hussards parcourussent vos environs. Il est convenable que, lorsqu'ils ne vous seront plus nécessaires, vous les dirigiez également sur Wittenberg.^ Ecrivez-moi tous les jours pour m'instruire de ce qui se passe sur mes derrières '.
l'empereur a m. cambacérès.
Dessau, 22 octobre 1806.
Mon cousin, j'ai passé l'Elbe. — Toutes mes affaires vont au mieux. Le roi de Prusse, toute son armée et la nation prussienne demandent à grands cris la paix. Je serai probablement à Berlin dans quelques jours. J'ai remarqué que, le même jour où vous faisiez votre publication au Sénat, je remportais la grande bataille d'Iéna.
l'empereur au roi de hollande.
Dessau, 82 octobre 1806.
Je reçois votre lettre du 14 ; c'était le jour de la bataille d'Iéna. Le prince de Wurtemberg n'est point devant vous ; il a été attaqué et défait à Halle ; la moitié de son corps a été prise. Je vous ai envoyé, par un officier et par la voie de Mayence, des instructions pour votre direction sur Gôttingen et pour l'occupation de tous les pays prussiens du nord. Envoyez-moi la formation de votre corps d'armée, auquel je joins un corps de près de 12,000 hommes. Je vous ai fait
1. Tous les gouverneurs de province, commandants de place, commandants d'armes, doivent écrire tous les jours au Commandant de Tannée. Les aides de camp de l'Empereur n'y manquaient pas.
connaître qu'il fallait le partager en 2 divisions ; faites-moi connaître son organisation et le jour où il arrivera sur le Weser. Les Prussiens n'ont pas 1,500 hommes de garnison à Nienburg sur le Weser. J'ai lieu de penser qu'ils n'ont à Hameln que juste ce qui est nécessaire pour la garnison.
Le corps qui est à Paris ne mettra pas 12 jours pour se rendre en Hollande ; si cela est nécessaire, il ne mettra que 4 jours et s'y rendra en poste. J'ai fait venir de Paris à Mayence, et cela est beaucoup plus loin, un corps de 8,000 hommes en 4 jours.
Ma position ici est on ne peut pas meilleure : la Prusse demande la paix à force ; son armée est détruite ; j'ai passé l'Elbe ; je serai dans 3 jours à Berlin.
l'empereur au maréchal mortier.
Dessau, 28 octobre 1806.
Vob 3 régiments d'infanterie légère et les 2 régiments italiens doivent, à l'heure qu'il est, être arrivés ; vous devez avoir également vos 12 ou 18 pièces d'artillerie, et être en position à Fulde. Aussitôt que vous serez arrivé là, envoyezmoi votre état de situation par un de vos aides de camp, afin que je vous fasse passer des instructions sur vos opérations ultérieures.
l'empereur a h. de talleyrand.
Dessau, 22 octobre 1806.
Je pense que, du moment que vous serez assuré que te maréchal Mortier est arrivé à Fulde avec son corps d'armée, il n'y a pas d'inconvénient que vous vous dirigiez sur Erfurt, et de là sur Wittenberg et Berlin.
Immédiatement après la bataille, le roi de Prusse m'a envoyé un aide de camp avec une lettre. Aujourd'hui il m'envoie le marquis de Lucchesini. Je l'ai fait rester aux avantpostes, et j'ai envoyé Duroc voir ce qu'il veut. J'attends son
retour. Le Roi me paraît tout-à-fait décidé à s'arranger ; je le ferai ; mais cela ne m'empêchera pas d'aller à Berlin, où je pense que je serai dans 4 ou 5 jours.
l'empereur au général junot.
Dcssau, 22 octobre 1806.
Je reçois votre lettre du 14. Je vois avec plaisir que vous vous occupez de l'instruction et de l'administration des régiments que je vous ai laissés. Le 15e offre 2,400 hommes ; c'est un beau résultat, s'ils sont instruits. Je vous ai recommandé, je crois, de les faire tirer à la cible, de veiller à ce qu'ils aient 2 paires de souliers dans le sac et une paire aux pieds, et à ce qu'ils aient leurs capotes. Complétez donc vos régiments de Paris en prenant des conscrits de la réserve de Paris et des départements environnants. Je dois avoir donné un grand nombre de recrues au 58e et atf 15e. J'ai donné la retraite aux vieux officiers du 1er régiment de Paris dont vous m'avez envoyé l'état. Vous ne m'avez pas envoyé l'état de situation des 2*, 4e et 12e régiments d'infanterie légère.