‹ Campagne de RussieChapitre 33 sur 33 · CORPS SANS DÉSIGNATION DES DIVISIONS AUXQUELLES ILS APPARTIENNENT · texte numérisé non relu

CORPS SANS DÉSIGNATION DES DIVISIONS AUXQUELLES ILS APPARTIENNENT

a) Le 10® régiment de chasseurs à pied.

b) Le 14® régiment de chasseurs à pied (1).

4 pièces d'artillerie à cheval

Emplacement

i Ougtilongh et aux enrirons (1) (19 juillet)

Le 20 juillet sur la rive droite du Bug près Krylow.

a) indiqué dans l'état du 23 mai comme faisant partie de la 9* division d'infanterie, général Jermolof 2» armée en première ligne.

b) indiqué dans le même état appartenant à la 15* division d'infanterie général Markow 2« armée en première ligne.

(1) Le déserteur a cependant déclaré que ces deux régiments étaient arrivés de Moldavie le 9 juillet.

Bulletin de la séance des ministres (extrait) (1)

Varsovie, 27 juillet (A E)

c Le suppléant du ministre de la guerre rapporte que le général Kozinski s*est rendu à Lublin d'après les ordres du conseil, qu'il est chargé de s'occuper de l'organisation des gardes nationales et de la force armée des départements de Lublin et de Siedlec. Il lui est envoyé des armes et de la cavalerie; on mettra à sa disposition les gardes de Radom et de Plock Le suppléant demande que ces dernières soient payées ou renvoyées dans leurs foyers. On observe que dans la conjoncture présente, renvoyer des gardes serait nuire à Tesprit public. Il doit être pris en conséquence un devis de leurs besoins les plus pressants.

Les nouvelles du Bug portent qu'on évalue à 1.000 hommes la cavalerie russe qui se trouve entre Brest et Terespol et cela d'après la quantité de fourrages qu'elle a consommée. Des déserteurs interrogés donnent aussi des renseignements très clairs et très intéressants sur la force et la coniposition de Tarmée de Lithuanie; leur interrogatoire a été soumis à l'ambassadeur.

La fourniture de chevaux marche lentement; on s'est adressé aux préfets de Cracovie et de Kalisz pour chercher à en acheter en Silésie. Les fournisseurs qui se sont présentés au ministère de Tintérieur n'inspirent aucune conflance ; on se trouve forcé de faire des achats partiels de chevaux lesquels demanderaient à être reçus à Varsovie; les livranciers ne voulant pas absolument se charger de les transporter à Méretsch. Il est convenu que Ton demandera à M. l'intendant général d'autoriser quelqu'un à recevoir ici les chevaux qui pourront être rassemblés.

Quant à l'avoine, les mille premiers boisseaux pourront peutêtre se trouver; la vieille avoine commençant à reparaître en quelques lieux, mais il faut absolument des fonds pour l'acquérir, car tout autre moyen de s'en procurer deviendrait inutile, vu que la moindre réquisition ferait cacher de nouveau le peu qui s'en trouve dans le pays. Les autres quantités seront livrées de quinze en quinze jours, chose que la moisson rendra de plus en plus facile. »

Uapport des frontières russes

Varsovie, '29 juillet (A \»

« Des lettres de Brody écrites en date du M du courant, mandent

«1) Joint îi la (i«''p»'cho du 28 juillet, n'' 40.

que la frontière russe qui était fermée pendant quelques jours a été ouverte de nouveau, et qu'on n'y met aucune entrave au passage des voyageurs.

Les denrées coloniales se transportent tous les jours de la Russie par Radzivilow h Brody, surtout du coton, on attendait aussi bientôt un transport de sucre et de café.

Le détachement autrichien qui se trouve à Brody a laissé passer pour la Russie le sieur Zevostan Potocki après lui avoir fait quelques difficultés. M^^ de Staël, accompagnée de M. Schlégel, vient de passer par la même ville pour la Russie d'où elle se rendra en Suède ou en Angleterre.

On doute à Brody que le traité de paix entre la Russie et la Turquie ait été notifié.

Les douaniers autrichiens ont reçu de nouveaux ordres secrets qui leur enjoignent de porter la plus grande attention aux personnes qui y viennent de la Pologne et de faire la plus stricte revision des papiers qu'elles ont sur elles : et s'il se trouvait qu'elles étaient porteurs de quelque imprimé ou de lettres cachetées, elles doivent être envoyées sans délai au chef-lieu du cercle le plus prochain avec les dites lettres et papiers.

Une personne arrivée de Volhynie d'où elle était partie depuis dix jours a apporté les nouvelles suivantes: Que le corps du général Topmasof cantonné aux environs de Loutsk était porté par les Russes à 60.000 hommes, mais qu'on peut l'évaluer avec certitude à 40.000 hommes. Que d'après les propos tenus par les officiers russes, sa destination était de pénétrer dans le duché de Varsovie et de pousser jusqu'à la Baltique pour se joindre à un débarquement d'Anglais et de Suédois et intercepter ainsi les communications de Tarmée française avec l'Allemagne. Que le corps du général Kutusof ne se trouve pas encore en Volhynie quoiqu'on ait préparé des quartiers pour ce général à Zasiav.

Que le général Ertel se trouvait aux environs de Kiev avec 20.000 hommes de milices levées dans l'intérieur de la Russie.

Que le prince Bagration devait opérer sa retraite sur la Volhynie.

Que les Russes débitaient que la retraite continuelle de leurs armées principales tenait h un grand plan d'opérations concerté depuis longtemps. Que la guerre véritable ne commencera que derrière le Dnieper et la Dvina, et qu'alors les Russes la feront à la manière des Espagnols.

Une lettre de Lublin datée du 27 de ce mois annonce que les forces russes qui de Hrubieszow s'étaient portées par Wlodawa vers

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GRAND DUCHÉ DE VAR=înVTF

Brest» se montent .V environ 7.ÎK>0 hoiiiuies dont ui ^W

consiste en cavalerie. Le tL^giment de Cosaques du > »i-

niskow fait partie de ce corps. Des déserteurs russes ont déehrs qu*il y a près de Kovel deux régiments de dra^j'ons et un de hussards.

Le sous-préfet de Hnibte^^zow a élé transporté avec tout son bureau d'nbord h Vladimir et ensuite à Jitomir» Le corps russe i qui sVst avancé vers Urent, est depuis con^tamnienl suivi de petits i détachements. Le 24 du courant, 3(X) hussards et autant de Co^a* ques sont «entrés dans Dubienko et ont continué de là leur marche | vers Wîodawa. La colonne qoi a pris la direction de Wlodawa %'er« j Slawaiîce doit Atre forte de 2 000 hommes. Sur Tautre rite du Qug, . il a dû passer un corps russe de 10.000 hommes dont 3 000 cava- ] liers avec 8 pièces de canon.

Il ny a maintenant à WlodawM que 100 Cosaques et TiO chaih ' seurs. D'après la déclaration d*un hus4»ard autrichien qui. ayant été ; fait prisonnier» s'est échappé le S3 du courant de Kovel, et est! arrivé fe 2ùk Chelm, le général Kamenski, s'est mis en marclie de la première de ces villes vers Kobrin, el un autre cûrp§ cumioandé par un général d*un grade supérieur dont on ignore le nom a dft te] remplacer.

On annonce en date du 28 de Uiala, que les troupes russea^ fant cavalerie qu^înfanterie ont passé le 27 au matin de TerespoU Brest et ont probablemenl tourné leur marche vers Kobrin^ pnisqa au soif | on a vu des feux de ce c6lé.

On a apporté de Wlodawa à Diala la nouvelle qu*on attend infailliblement h Terespol pour le 28 Tarrivée d'un corps ruiSê assez considérable.

D'après des lettres particulières 10.000 Russes se trouvaient aos environs de Brest et quelques centaines à Terespol,

Le 2â courant, 1 .000 Kussps sont entrés à Wlodawa, ils ont commencé par prendre 7 000 tonneaux de gel, Le 23» des troupes qu*ûO disait appartenir au corps du général Kutusof, étaient survenues aux environs de Wlodawa avec de rarlillerie el une oombnniM cavalerie.

Le â4, un détachement de â 000 tinsses devant faire partie du dit corps s*étail porté vers Kozankap et quelques milliers du l'autre eôlé du Bug ont pris la direction vers Brest,

Un suppose que ce mouvement est dirigé sur l'aile droite de Tannée du prince de Schwarzenberg. On ajoute que de pcUtiJ détacbemenU ont été envoyés vers Lublin el Parezovv et que, ^ min faisant, ils annonçaient leur marche vers V arsovie.

Le 25, d'autres petits détachements marchaient vers Slawatice.

Le 26, d*après les mômes nouvelles, un nouveau corps ennemi ayant passé par Kodense porta vers Brest pour se joindre à celui qui y était déjà.

On écrit de Dantzig en date du 24 courant que les troupes polonaises qui avaient quitté cette ville pour aller du côté de Memel, ont reçu Tordre de retourner, vu que les bâtiments de guerre russes, anglais et suédois se faisaient voir sur la Baltique aux environs de cette ville. »

Wlelhorflki à Bassano

Varsovie, 2 août (A E)

Conformément aux dispositions que renferme la lettre, que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'adresser en date du 25 juillet, j'ai donné ordre aux gardes nationales des départements de Cra* covie, Radom, Plock et Varsovie de se réunir dans le plus grand nombre possible à celles des départements de Lublin et de Siedlec, j'y ai fait joindre tous les volontaires qui pourraient se présenter. Le commandement de cette force armée a été confié au général de division Kozinski connu par ses talents, son activité et son zèle pour la chose publique. Je lui ai enjoint de prendre sur la totalité de ces gardes nationales un millier d'hommes pour remplacer le régiment qui est en garnison à Zamosc, et d'employer ce régiment conformément aux circonstances. Outre les deux pièces d'artillerie, attachées au régiment, j'ai fait tirer des deux compagnies d'artillerie, qui se trouvent h Zamosc, le nombre nécessaire d'officiers, sous-officiers et canonniers pour servir deux pièces de campagne de 6, je lui envoie d'ici deux pièces de 3 servies par l'artillerie à cheval. Je fais partir aussi un détachement de cavalerie de près de 200 hommes tirés des dépôts, qui joint h la cavalerie qu'il a déjà, fera un corps de 400 hommes de cavalerie à peu près. Quant à l'infanterie, je n'en ai point de disponible en ce moment-ci. Les dépôts ne sont composés que de conscrits dont l'habillement et Téquipement se confectionnent avec beaucoup de lenteur, faute des fonds nécessaires pour accélérer un objet aussi important.

Tout ce qui, dans ces dépôts, était en état d'entrer en campagne, je l'ai fait partir pour les corps à l'armée. D'après les ordres de Son Altesse Sérénissime le prince de Neuchàtel, j'ai été obligé d'envoyer dans le département de Lomza 616 hommes d'infanterie qui ont été habillés depuis le départ des premiers détachements pour l'armée. J*oserai8 là-dessus faire observer à Votre Excellence que ces

616 hommes seraient beaucoup plus utiles, je crois, sur les rives du Bug, que dans le département de Lomza, où ils pourraient être remplacés pour le service par les gardes .nationales, qui y sont en assez grand nombre et bien organisées.

Je compte que le corps qui se réunira sous les ordres du général Kozinski pourra monter à 6 ou 7 mille hommes. Je pourrai encore Taugmen ter à mesure que les dépôts tant d'infanterie que de cavalerie me fourniront des hommes habillés et équipés. Quant à l'armement, outre les fusils, qui ont été distribués Tannée dernière aux gardes nationales, j'ai mis à la disposition du général Kozinski 3.000 fusils et 20.000 cartouches d'infanterie; je lui en fournirai davantage à mesure qu'il en aura besoin . Avec cela, en s'entendant bien avec le général Reynier, le général Kozinski pourra remplir le double but indiqué dans la lettre de Votre Excellence.

M. le comte Merski m'a communiqué la lettre que Votre Excellence a bien voulu lui écrire, j'ai cru, pour mieux nous entendre et pour coopérer uniformément au but général, devoir lui communiquer celle que Votre Excellence m'a fait l'honneur de m'adresser; en conséquence nous sommes convenus avec le comte Merski que je lui donnerai un nombre suffisant d'officiers pour remplir la mission dont il est chargé, que le commandement du corps, qui pourra entrer en Volhynie, sera confié au général de brigade Potocki. Pour faciliter les opérations du comte Merski, je lui ai proposé d'employer le général de brigade Kropinski ancien militaire, très distingué par ses talents, sa probité, son zùle et un patriotisme à toute épreuve ; ce militaire pourra lui être d'autant plus utile, qu*il a son bien en Volhynie, qu'il est lié avoc ce qu'il y a de plus considérable dans ce pays, et estimé généralement par tout le monde.

J'attends les ordres ultérieurs, qu'il plaira à Votre Excellence de me transmettre en la priant de vouloir bien agréer l'assurance de mon respect. »

De Praclt à BasNano

Varsovio, 3 août ^A Ki

« J'ai l'honneur d'adresser à Votre Excellence deux rapports qui se confirment mutuellement sur le rassemblement des Russes en Volhynie.

Dans ma dépêche d'hier, j'insistais sur la nécessité d'éclairer les mouvements du corps du général Erlel placé sous Kiev ; il est, à ce qu'il paraît, venu au-devant des informations : car on l'annonce arrivé en Volhynie et se liant avec lo corps de Tormasof et celui

qui s*est rassemblé en Podolie. Si la totalité de ce corps portée en général de 40.000 h 50.000 hommes était jointe à Tormasof, à Kamenski et au corps annoncé de la Podolie cela formerait une très grande armée. Mais je suis loin de lui prêter d*aussl grandes forces, quoique, d'après la réunion de ce dernier, j'incline h porter actuellement la totalité du corps en Volbynie au-dessus de 50.000 hommes.

Sa Majesté le roi de Westphalie est parti à 5 heures après midi. Sa santé était meilleure, quoiqu'il ressentît encore quelques atteintes du mal qu'il avait apporté ici, de la dyssenterie.

La fête de Sa Majesté le roi de Saxe a été célébrée aujourd'hui ; ce matin il y a eu séance publique du conseil général de la confédération, messe et Te Deum auxquels toute l'ambassade a assisté .

J'ai donné un grand dtner, et ce soir il y a bal chez le préfet et illumination dans toute la ville ; on a profité de cette occasion pour jeter quelque éclat sur le rapport de la députation qui avait été à Dresde.

J'ai remarqué avec douleur la solitude des rues et le vide des églises et des salles; il n'y avait à peu près que ce qui ne pouvait pas se dispenser de paraître. Je n'en réfère rien contre l'esprit public, ni contre l'attachement du peuple pour Sa Majesté le roi de Saxe, loin de là ; je crois que la faute en appartient tout entière à la répétition des mêmes actes et à la connaissance générale de la chose qu'on a l'air d'annoncer. Ce n'est pas non plus après vingtcinq ans de grandes agitations politiques qu'on peut attendre de grands mouvements de la part des peuples, soit collectivement, soit isolément. Il y a alors plus d'obéissance et moins d'élan. C'est ici comme partout. >

Bulletin militaire (1)

Varsovie, 3 août (A E)

t Une lettre particulière de Lublin en date du30juillet marque que dans plusieurs endroits du département des détachements de Cosaques ont passé la frontière et s'étendant à une ou deux lieues ont ravagé le pays, ont forcé par les plus cruels traitements les habitants à déclarer où ils avaient caché leur argent.

Cette lettre ajoute que le même jour une nouvelle de la frontière assurait que les Russes, après avoir réuni tous les détachements

(1) Joint à la dépêche du 3 août.

de réserve dans le district de Tarnopol s'étaient joints au corps qui arrive de Podolie et dirigeaient leur marche par le chemin militaire sur Loutsk, Kovel et par le district de Vladimir.

11 paratt certain que le jeune comte BranickiJ'un des aides de camp de TEmpereur Alexandre, est attaché au corps du prince Scherbatof. On ajoute qu'il a levé sur ses terres un corps de 150 hommes auxquels il a donné le nom de ré-confédérés. »

De Fraclt à Bassano

Varsovie, 3 août (A E)

€ Sa Majesté le roi de Westphalie est parti aujourd'hui vers 5 heures après midi. Sa santé était plus satisfaisante.

Sa Majesté a cru, dans une conférence donnée aux ministres du Duché, devoir se plaindre plus particulièrement à Tun d'eux des rapports qui ont été faits sur la conduite de l'armée westphalienne par plusieurs autorités polonaises comme par de simples particuliers. C'est surtout avec M. le comte Malhuzewiez qu'elle s'en est entretenue.

Sa Majesté a défendu avec chaleur les troupes des torts qu'on leur avait imputés; elle a cherché à établir qu'ils se sont mieux conduits que les corps composant la Grande Armée, même les Français. Elle a fait h cette occasion un parallèle très détaillé entre les excès reprochés à ses troupes et ceux qui ont eu lieu dans les autres corps, m«}me sous les yeux de l'Empereur^ à Vilna, et sur toute la ligne du Niémen à la Dvina; elle a bhlmé très vivement ceux qui s'étaient permis des dénonciations contre les Westphaliens, elle a surtout exprimé une opinion défavorable contre M. le comte X*** qu'elle a traité d'aventurier sans considéralion comme sans jugement, auquel elle a attribué spécialement une dénonciation contre ses troupes, dont elle a voulu prouver la fausseté.

Du reste je dois dire à Votre Excellence que Sa Majesté ne m'a parlé que très superficiellement de ses sujets de plainte dans les diverses audiences qu'elle m'a accordées et qu'en laissant échapper les paroles suivantes : v Que ceux qui cherchaient à brouiller les frères méritaient d'être éloull'és », il n'est pas sorti de sa bouche un seul mot qui ne prouvait le zèle, l'enthousiasme, l'attachement le plus tendre et une espèce de culte pour la personne de l'Empereur.

A cet égard, j'ai trouvé le roi sur la même ligne où il était lorsque se rendant à l'armée, aucune circonstance pénible ne bornait l'essor du sentiment qu'il professait pour son auguste frère.

Je m'abstiens d'apposer aucun numéro à cette dépêche que j'adresse exclusivement à Votre Excellence. »

Wlelhorski (Extrait des rapports de Lublln en date du 31 Juillet et du 9 août)(l)

Varsovie, 5 aoilt (A E)

« Toutes les nouvelles que l'on reçoit de Brest s'accordent que les Russes,après la bataille qui a eu lieu entre Krupezyec et Kobrin^ont évacué BresL etTerespol ; mais on n'a pas vu sur la ligne de Brest leur retour en Volhynie.

Le préfet du département de Lublin a reçu du sous-préfet de Chelm en date du 30 juillet la nouvelle que les environs de Dubienko, Gussynne, Kulemezyce, Dorohyska, Swierze, Gniszow, Ruda et Lukowiek sont exposés à de fréquentes incursions des Cosaques, Kalmouks et Baschkirs ; les juifs de Wlodava ontrapporté qu'un corps russe fort de 20.000 hommes a passé, il y a huit jours par Ratno sur Divin ; ils assurent en même temps que toute l'armée ennemie dans ces endroits monte à 70.000 hommes. Ce rapport s'accorde avec la déclaration faite par un douanier qui s'est échappé le 23 de Kovel où il était enfermé.

M. Lubienski, chef de l'état major du général Kozinski annonce en date du 2 août, que toutes les nouvelles qui viennent du côté de Brest s'accordent à dire que les divisions de Kamenski, Lambert, du prince Scherbatof s'étendent depuis Brest jusqu'à Kobrin. Le prince Scherbatof commande l'aile gauche de cette armée ; sa division touche à nos frontières, elle pille nos citoyens, elle doit avoir 7,000 hommes, mais les autres divisions doivent être plus nombreuses, car toute cette armée, commandée par Tormasof est, à ce qu'on dit, de 30.000 hommes. Le 24 juillet, le prince Scher-. batof a passé par Brest, Kamenski s'est porté par Divin et Lambert l'a suivi de près »

Bulietin den séances de» ministres (extrait)

Varsovie, 4 août (A £) (<2)

« Les nouvelles de guerre portent que les Russes se sont montrés avec de l'infanterie à Terespol et que cent chevaux se dirigent sur Biala. D'après des lettres du général Reynier, le gros de leur armée

(1) Joint h la dépôche du 5 août.

(2) Joint à la déi)ôche <ju 5, £.« 46

avançait vers Volkovisk, d'autres renseignements plus positifs fonl croire qu'ils ont définitivement évacué Brest et Terespol ce qui cadre avec ie'mouvement sur la Lithuanie. Les Cosaques néanmoiDS continuent à piller dans le Duché. Le préfet de Siedlec mande que 20.000 Russes se dirigeaient par Ratno sur Divin. 11 paraît que c'est les mêmes qui ont eu un engagement à Kobri avec une brigade saxonne. D'après tous les renseignements, les divisions Scherbatof, Lambert et Kamenski se trouvaient entre cette dernière ville et Brest, elles sont fortes ensemble de 30.000 hommes. Tormasof avec un nombre égal de troupes occupe la Volhynie. Le général Erlelse trouve avec 20.000 hommes à Kiev. Son corps doit être formé de nouvelles levées, lesquelles sont déjà enrégimentées. Il doit avoir passé à Melatyn cinq régiments de hussards revenus de Moldavie. On observe combien rentrée des Russes en Lithuanie y empêchera et y paralysera (la fin manque).

Le corps du général Kozinski se rassemble. Les gardes nationales de Radom et de Gracovie forte chacune de 1.000 hommes se réunissent à Pulauy. Le département de Plock en fournira environ 300, celui de Varsovie chargé du service de la ville ne pourra en donner qu'un petit nombre. Ceux de Siedlec et de Lublin menacés en partie par l'ennemi en fourniront en proportion de leurs moyens. Les gardes de Lomza sont tellement insuffisantes au service du département, qu'on a été nécessité d'y envoyer 600 hommes de troupes de ligne. Le général Kozinski pourra réunir 6.000 hommes y compris la garnison de Zamosc.

La Grande Armée a livré plusieurs combats dont le résultat est 6.000 prisonniers, l'évacuation de Vitcbsk et une défaite de Bagration qui a perdu 2.000 ou 3.000 hommes du côté de Mohilev. Les Russes se retirent sur Smolensk.

Le suppléant du ministre de la guerre invité par M. le comte Morski de mettre à sa disposition des officiers, deux généraux, et celui de l'Intérieur, de régler un cours d'estafettes et d'autres articles demande une autorisation du conseil pour ces objets.

L'ambassadeur désire que toutes les fois que le comte Morski sera dans le cas de faire des demandes pour le service dont il est chargé, il y soit obtempéré autant que possible. La chose est arrêtée.

Le suppléant du ministre de Tintérieur annonce que TafTaire des chevaux n'est pas trop avancée. Les avoines et les farines seraient faciles à acquérir vu que les Autrichiens en ont de grands magasins à (déchiré) Ion pourrait acheter à très bas prix si Ton avait les fonds nécessaires.

Cet objet reporte Tattention du conseil sur les besoins innombrables du pays.

Le suppléant de la guerre demande 80.000 florins pour la confection des cartouches et Tachât du plomb nécessaire au corps du général Kozinski. Il représente que l'armée manque de souliers, qu'elle est dénuée de tout et qu'elle ne reçoit plus de solde.

Le ministre de Tintérieur déclare que le second terme du paiement de la viande sur pied fourni pour le compte de la Prusse est arrivé, et que si l'on manque le contrat est rompu. Tous les fournisseurs et les livranciers demandent le paiement d'une partie au moins de leur créance.

L'ordonnateur (déchiré) désire avoir une avance

pour les frais des transports des magasins de Modlin. En un mot les besoins s'accumulent et les fonds manquent tout à fait.

Le ministre de la justice ajoute que les prisons commencent à s'ouvrir faute de pouvoir entretenir les prisonniers. Celui des finances déclare que ses ressources sont épuisées ; que le service est à la veille de s'arrêter, que la banqueroute est inévitable et qu'un prompt secours peut seul sauver l'Etat d'une désorganisation totale. 11 produit une lettre du roi de Saxe qui lui annonce avoir chargé son ministre le général Watzdorf de demander des secours à l'Empereur et par laquelle il lui ordonne d'en faire autant vis-à-vis de l'ambassadeur. Cette situation déplorable ne pouvant pas marcher de pair avec la régénération politique du pays, l'ambassadeur demande qu'il lui soit présenté une note à ce sujet et promet de l'appuyer fortement auprès de son souverain. »

Rapport militaire (1)

Varsovie, 5 août (A E) Siedicc, 3 aoflt

c Les patrouilles russes s'approchent de plus en plus de cette ville, mais les autorités sont décidées à ne se retirer que lorsque l'ennemi se sera avancé jusqu'à Droghitschin. On attend sous peu la pospolite de Lublin pour laquelle le général Kozinski a demandé qu'il soit formé des approvisionnements.

Le général Tormasof venant de Kovel s'est dirigé sur Kobrin par Ratno et Divin. Sa grande armée de réserve a été beaucoup diminuée depuis peu. Des corps considérables en ont été retirés et se

(1) Joint h la dépêche du 5 août» n» 46.

sont dirigés à marches forcées vers le Dnieper pour renforcer Tarmée du prince Bagration.

Dans le nombre des généraux qui ont passé à Brest, il faut encore citer le général Knorring.

3 tout

Les Saxons ont perdu dans TafTaire de Kobrin au moios 1.500 hommes et huit pièces de canon. Le général Kiengel a été fait prisonnier avec un grand nombre de soldats et officiers doot 600 à 700 ont été conduits à Brest.

Les deux rives du Bug, du côté de Wiodawa, sont dégarnies de Russes depuis cinq jours.

Une partie des troupes que le général Kutusof rassemblait en Volhynie et principalement aux environs de Zaslav, Ostrog, Kuniew, etc., a quitté cette province et se dirige vers la Podolie.

Des patrouilles de cavalerie russe ont paru ce matin à un mille de Biala sur la route de poste. »

Séance des ministres (bulletin)

Varsovie, 6 août (A E)

a Les nouvelles de guerre portent que les Russes sont à Bialyslock et à Tikotscbin. Dilîérents rapports font monter la force de leur armée de 40.000 à 60.000 hommes, iU doivent avoir laissé 10.000 hommes en Volhynie vis-à-vis d'Oustilough et llrubieszow, avec un parc considérable d'artillerie. 11 est probable que ces derniers s'avancent dans le département de Lublin pourdétruire les ressources du général Kozinski.

Le suppléant de la guerre dit lui avoir donné ordre de se replier sur Praga et Modlin en cas de besoin.

On observe combien il est important de mettre ces places en état de défense; il est convenu qu'on fera un appel à tous les préfets pour réunir le plus de garde nationale possible et tous les moyens de résistance; 800 hommes de celle de Varsovie pourront se porter sur la dernière de ces places.

On s'adressera au général Dutaillis pour se mettre en communication sur cet objet avec le général français Wedel qui y commande. Les transports de magasins, de troupes, de munitions qui se font sur Loinzaet sur Grodno, risquant d'èlre interceptés par Tennemi, il faudra aviser autant que possible à les sauver.

La position des alfa ires est telle que tous les efforts du pays et le peu de ressources que l'on peut réunir ne seront d'aucun secourSi si les Russes veulent se porter sérieusement sur le Duché.

GRAND DUCHÉ DE VARSOVIE 86t

La rëunioD seule des armées saxonne et autrichienne pourra arrêter la marche de Tennerai. La place de Zamosc risquant d'être attaquée, la garnison sera obligée d'y rentrer, ce qui diminuera encore la masse des ressources.

Ces considérations font faire un retour sur la triste situation du pays et des finances.

L'article des chevaux n'avance pas faute de fonds. Un livrancier de Posen s'engage à en fournir mille de cavalerie à Varsovie, au prix de 140 écus, mais sous la condition de recevoir d'avance le tiers de la somme. Tous les préfets déclarent qu'ils sont hors d'état de s'en procurer dans leurs départements, et qu'il n'y a que l'ouverture de la frontière de Galicie qui puisse faciliter cet achat.

Il doit en être écrit à M. l'intendant général.

Les avoines et les farines pourraient être achetées à bas prix à Varsovie et à Siedlec, mais le ministre des finances est si fort pressé de demandes urgentes surtout par le ministère de la guerre, qu'il ne sait auxquelles obtempérer. Les subsistances des hommes et des chevaux seraient néanmoins un objet aussi majeur que celui des travaux des places, quoique fortement recommandé par l'Empereur. Le suppléant de la guerre déclare qu'en tout cas, il ne pourra faire cesser ces travaux que d'après une autorisation précise et formelle pour mettre sa responsabilité à couvert.

L'ambassadeur répète encore qu'il a mis sous les yeux de son souverain les besoins et l'état déplorable de ce pays. •

De Pradt à Bassano

Varsovie, 8 août (A E)

« Ladépêcbe de Votre Excellence en date du 3 août m'est parvenue aujourd'hui à midi. J'impute ce retard au dérangement que l'effroi de l'approche des Russes a jeté sur les routes.

Le courrier de Votre Excellence pour Constantinople, voyageait avec un officier de la garde d'honneur de Vilna, est passé dans la nuit à Varsovie, il m*a dit avoir été manqué de peu par les coureurs de l'ennemi.

Ma lettre du 2 août et celles qui l'ont suivie répondent d'avance à celle que Votre Excellence me fait l'honneur de m'écrire en date du 3.

A ce sujet je prendrai la liberté de lui faire observer qu'il arrive souvent que la réponse à une demande antérieure se croise avec le nMumyellement peut-être un peu prompt de la même demande :

quelque retard suit néceesairement des correspundances faites & grande distance- Le rapport ci-jomt que le suppléant du ministre de La guein m'adresse et qu*il a lu ce matin au couseil des ministres complète le tableau militaire du pays.

Je prie. Votre Excellence^ d'observer : !•* que te nombre des malades à Zaraosc est effrayant et réduit beaucoup la garnison ; à« i]yu\ quelle que soit notre obéissance aux ordres de .Sa ÎVfaieslp et nninempressement à remplir ses înteutlans, cependant elle nepeutînte^ dire à ceux qui sont sur les lieux d'en n*^gler rexêcutioo de la iimMière que la prudence indique être à la fois la plus utile k son service et la plus conforme à ce que Sa iMajest«5 ordonnerait si eJle «^lait sur ki lieux ; ainsi quand Sa .Majesté presse l'exécutiou de son plan poar porter sur la rive droite du llug ou diviser en pelobins d'éclaireun la garnison de Zamosc, elle ne peut savoir mauvais gré de subor» donner le plan à l'état des forces connues comme à peu près certîiine» que l'ennemi peut opposer* Votre Excellence a pu voir par le bulle» lin joint h ma dernière dépêche, qu*elles s'élèvent h environ 10 OCM» hommes. Comment exposerions-nous devant un pareil ennemi 4.00Ô hommes de troupes réglées et autant de gardes nationales qui n'ont jamais vu Tennemi. Ce serait bien mal entendre le» intentions de Sa Majesté que de sacritler ainsi la seule défense du pays. A répoque même où 8a Majesté ordonnait ce mouvement, cette force n'existait pas; nous avons eu le bonheur de pressentir lei intentions de Sa Majesté et de travailler d'avance a l'exécuUon de ce qu'elle avait projeté loin de nous. Le ministre suppléant de la goerne a dit au conseil que le corps formé par le général Koïinski s^raiî prêt à agir dans huit ou dix jours, mais il faut que le temps aide et nous sommes désolés par la pluie ; la récolte souffre et le» ririères sont des mers.

J'ai renouvelé ce matin au conseil mes instantes questions sur l<$ achats d'avoine et de chevaux que Votre Excelleoce a contiés aux ministres des finances et de l'intérieur du Duché. Ils m'ont répondu avoir envoyé hier à Votre Excellence leur état de position. «Je n*( donc pas besoin de le répéter à Votre Excellence, puisque je n'aurais rien de nouveau h lui apprendre .le dois seuiemeol lof ' - --> der avec instance d'employer ses bons oMices pour que la j a i

des chevaux soit faite à Varsovie, que les agents français y soieu envoyés^ qu«^ les fonds y soit^nt faits ; car sûrement sans ces facilr^ tés, on n'aura pas de chevaux.

J*implore maintenant la bienveillance do Votre Excellence p«*uf faire remarquer h Sa Majesté que je n*ai point correspondit sur \c

opérations militaires avec M. le prince de Schwarzenberg. Je me suis borné à lui donner avis de l'entrée des Russes et j*ai laissé à M. le général Dutaillis le soin de s'entendre avec lui sur les mesures purement militaires. Mes instructions m'autorisent à correspondre avec les autorités autrichiennes à Lemberg; c'est ce que j'ai fait en écrivant à M. le comte de Goes gouverneur civil de la Galicie, pour lui annoncer la mission de M. Aubernon ; quant aux autorités militaires, je n'ai et n'ai pu avoir aucune correspondance avec aucune d'elles. Je désire beaucoup que cette explication soit portée à la connaissance de Sa Majesté.

Les lettres pour Vienne partent deux fois par semaine et arrivent de même dans cet ordre.

Arrivée : mercredi et samedi à une heure.

Départ : mercredi et samedi à six heures après midi.

M. le comte d'Els envoyé en courrier par M. le prince de Schwarzenberg qui a passé à Vilna le 4, vient de passer ici.

M. l'auditeur Cochelet est arrivé ici hier soir après avoir quitté Bialystock au moment où les Russes y entraient ; quoique je n'aie point d'ordres à lui intimer, cependant je crois devoir rengager à retourner dans la province de Bialystock afin d'être plus à portée d'y reprendre ses fonctions d'intendant, aussitôt que les circonstances le permettront.

J'ai l'honneur de Joindre ici :

i^ La copie d'un rapport du ministre de la police du Duché ;

2® Un bulletin militaire contenant l'extrait de la correspondance très insignifiante de lagent placé à Siedlec ;

3® Et un bulletin particulier. •

Rapport du ministre de la police (extrait) (1)

Varsovie, 6 août (A E)

« Les nouvelles de Lublin portent qu'après que le corps du général Tormasof se fut avancé vers Kobrin,il est resté près de Vladimir un corps d'infanterie russe de 5.000 hommes avec un parc d'artillerie considérable. La cavalerie n'est pas nombreuse et composée de Cosaques et de carabiniers. Il doit y avoir aux environs d'Oustilough deux régiments de hussards et de Cosaques, deux régiments de ces derniers doivent se trouver à Poczekay vis-à-vis de Krylow, et les Russes menacent de faire une nouvelle invasion avec toutes ces forces dans le département de Lublin.

(1) Jointe la dépêche du 7 août, n» 48,

Le préfet de Lomza mande en date du 4 co Reynier commandant l'armée saxonne s'est r Siediec et que le 31 il se trouvait à Roujana saxonne de 90.000 écus fut renvoyée le 4 à Lo fet de Tikotschin qui le môme jour fit partir lef Bchin vers Grodno excepté une partie, h peu que faute de chevaux, il a fait remonter la Nai

Le sous-préfet de Pultusk annonce par estai 11 heures du matin qu'à la nouvelle que les R de Lomza, la dite caisse saxonne qui était arrr fut expédiée le même jour à minuit pour Pult était pas encore au moment du départ de Test;

D'après des nouvelles du département de Lut Tormasof tout entier qui a marché le long du D dis qu'on attendait en Volhynie un nouveau Valachie.

Tous les Polonais qui ont été saisis par les Ri de Brest ont dû être renvoyés à Jitomir. »

BalleUn (1)

a Une lettre particulière du général Kozinsk: lis mande que des nuées de Cosaques borden Bug et interceptent de la manière la plus active munication avec la partie russe.

Sept cents soldats d'infanterie autrichiens pour compléter les régiments qui font partie di Schwarzenberg sont dans ce moment à Varsovi a cru devoir susprendre leur marche, d'après c la Lithuanie. il a pensé que dans le cas où ces ( une attaque sur quelque partie du duché, ces être employés utilement aussi longtemps qu'il c hie de leur faire rejoindre le corps auquel ils été vendu au banquier Irœnkel par le baron d» quantité d'avoine appartenant au gouvernemei bas prix auquel on accordait cette denrée, U duché avait voulu en faire l'acquisition ; le m rendue impossible. »

(1) Joint à la dépôche du 7 août.

GRAND DUCHK DK VARSOVIE 871

Perrière au sous-préfet de Tikotschin

Bielsk, 7 août (A E)

« Il est six heures du matin quand je reçois votre lettre du 6 août. Je vous remercie de l'empressement avec lequel vous m'avez Iransmis tous les renseignements que vous avez pu me procurer. J'ai eu les mômes,ce qui m'assure de la v«3rité.Un affidé qui a été à Zabloudov et h Malinka m'a rapporté que les Russes n'y étaient plus, c'est à Malinka qu'était leur quartier général le 3 et le 4 lorsqu'ils étalent dans l'intention de venir m'enlever. Le général russe qui se trouve coupé de son corps d'armée n'a avec lui qu'environ 1.000 hommes, tous Cosaques, hussards et lanciers. Ils ont passé h Zabloudov en partie, c'est-à-dire ceux qui ont étr de l'expédition de BialystocH, environ 600, et ils ont joint la forêt, se dirigeant vers Svislotsch, cependant je ne peux pas retourner à Bialystock sans avoir des troupes, parce que l'ennemi pourrait l'apprendre et cela l'attirerait encore.

Un officier autrichien qui a passé à Rialystock a dit que le corps autrichien vient de Slonim pour se rapprocher de nous : ce sera un peu plus tard pour nous soutenir, mais peut-être que cette bande errante tombera dans leurs mains.

J'attends les 900 ou 1.100 Autrichiens armés qui sont en marche pour rejoindre leur corps d'armée et qui devaient être le o ou le 6 à Droghitschin ; j'ai envoyé jusque-là au-devant d'eux pour accélérer leur marche et je les retiendrai tant que la bande ennemie ne sera pas détruite ou prise, car étant poursuivie, elle pourrait se rejeter encore une fois sur nous ; après quoi je garderai même une force suffisante jusqu'à ce qu'on m'ait enfin donné le nombre de troupes qui m'a été accordé par Sa Majesté et qui ne m'a pourtant pas été envoyé. Il est vrai que M. le général Reynier a eu besoin de tout son monde, mais si j'avais eu le bataillon entier et la compagnie de cavalerie qui m'avaient été annoncés, j'aurais pris ces débris russes qui ont, au contraire, tout désorganisé. Si les 100 hussards que vous m'annoncez, arrivent avant les Autrichiens que j'attends, je marcherai avec eux et ce qui me reste à Bielsk pour rétablir l'ordre à Bialystock et assurer cette communication.

Je vous prie de dire à M. von Diepenbrugge d'attendre que je sois à Bialystock pour y venir avec vos équipages ; s'il ne peut rester à Tikotschin, il peut pousser jusqu'à Ghorosziz où je l'enverrai prévenir de mon retour.

Je suis toujours errant pour déjouer l'espionnage ; voilà deux

nuits que je ne passe pas à Bielsk ; j'ai bivouaque dans les environs, I

Séance «lu conseil den minlstrei^

« Le générât Perrière doit s'être rendu de Bialyetock À Bielsk 1^ âl du courant. Les hôpitaux autrichiens se sont retirés & Droghit-I fichin. Les Russes paraissent s*élre portés sur celle province pari Voikovisk, Des déserteuis russes qu'on exîiuiin*^ aujourd'huÉ §t^Jimt[ dans te cas de donner de plus grands détails. Un petit dètacherneai| de Cosaques s'est montré à liiala. Les convois et les tr '^ qun

se portaient direcienient ù lîrodno, ont lilé sur Aii t^j

Busses ne se sont pas avancés plus loin qu';\ Iloroszeza. Le ff^nén&lj Kozinski rapporte que tout est tranquille du côlé du haut ïïug,ll u\ porte actuellement dans le liépjnternenl de Siedlec, L'arnierneDt] qui lui est conIJé pourra être réuni dans une huitaine de jours ; \tè\ gardes nationales de Cracovie sont déjà arrivées k leur destination, celles de Fladora sont réunies h Solek, celles de Posen» Hnïtu pI| Rroratjerg le seront k Varsovie.

Le suppl''*ant du ministre de la guerre met sous les yeux du cooseil un rapport fidèle de la situai ion déplorable tlu pays et du p€0| de moyens de défense présents; il en appert que îe Duchéîi'aà opposer sur tous les points, contre un ennemi intinîraent supérieur., que 4,842 hommes d*infanterie. 500 cavaliers, six pièces de canûol 6.000 gardes nationales. Les ptaces sontd'tns le plus triste élutJ dépourvues d'iipprovisionnemenis, dégarnies de canons, elles oft pourraient pas résister à une attaque sérieuse ; Modiin seule compte que i »301 hommes sur 0.000 au moins qu'il faut pour il défendre. Toutes les ressources ont été portées à la Grande Arm^eJ et il ne reste absolument rien qui puisse garantir d'une invasiOt[ rapide.

Ce rapport traduit en français doit être remis inefssamment i M, l'ambassadeur. Il désire uniquement qu'on y njouto des détail sur la formation du corps du général Kozinski sur l'époque réunion probable. et qu'on y dise queZamosc renferme l.!îO0i des sur une garnison de ^.OCKI hommes.

L*arrivée prochaine du maréchal Victor en Lilhuanie et qu6 succès des armées autrichiennes ei saxonnes peuvent seukaraé la position de ce pays»

I^e ministre des finances dit avoir écrit au duc de Bassaig sujet de rachat des chevaux ; il lui envoie copir de» comll

faites par le livrancier de Posen pour celte fourniture et des détails que le préfet de Kalisz lui donne sur la marche de cette affaire dans son département. Le soumissionnaire de Posen veut livrer 500 chevaux sur les lieux dans six semaines, et autant dans la quinzaine suivante. On pourrait peut-être en trouver 1.000 à Varsovie pour de l'argent comptant et en les recevant dans cette ville. 11 serait à désirer que M. l'intendant général envoyât ici des fonds et des agents chargés de ce service.

L'ambassadeur demande au ministre des extraits de ces pièces. • Le suppléant de l'intérieur rend également compte au duc de Bassano du progrès de la fourniture des avoines, celles qu'on vient de trouver à Siedlec et à Varsovie ne montent qu'à 200.000 boisseaux de France et sont destinées à restaurer les chevaux de cavalerie laissés au vert jusqu'à présent. Elles doivent être passées en compte au département de Lomza qui doit verser dans les magasins de Méretsch. Le préfet et les sous-préfets ont eu ordre de faire couper et battre au plus tôt la nouvelle avoine, et de la diriger sur ce point. Tous les achats faits dans les endroits susmentionnés, ne regardent point les 500.000 quintaux demandés par les autorités françaises, lesquels seront fournis sur la nouvelle récolte par le département de Lomza.

Gomme il existe uneconvention entre la France et l'Autriche pour l'extradition mutuelle des déserteurs et pour remboursement des frais de leur remise, le suppléant du ministre de la guerre prie M. l'ambassadeur de vouloir bien faire comprendre dans cet arrangement les déserteurs autrichiens qui se trouvent en grand nombre dans le Duché. 11 les dirigera d'abord sur Wieliczka et les fera probablement remettre aux autorités galiciennes.

Il est convenu qu'il présentera une note à ce sujet à la légation de France, ne pouvant pas traiter directement avec M. de Baum lequel n'est revêtu d'aucun caractère officiel.

II observe que d'après la convention les déserteurs polonais ne sont pas compris au nombre de ceux qui doivent être remis aux Autrichiens. »

Wielhorski au conseil des mioistres

Varsovie, 8 août (A E)

« Les circonstances où nous nous trouvons m'engagent à vous présenter, Messieurs, un tableau fidèle de l'état critique auquel nous sommes réduits et des mesures que j'ai prises autant pour

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retarder les malheurs qui nous menacent que ] che d'y avoir succombé sans gloire.

Un corps ennemi de 40.000 hommes qui se j (îrodno et peut-être sur Vilna, doit faire présu lui une réserve assez forte pour assurer ses den ne peut être qu'un corps d'armée considérable savons qu'il y a à peu près 10.000 hommes di Vladimir. Ce n'est certainement pas là cette r assurer la marche du corps de Tormasof. On encore en Voihynie un corps de 20.000 hommi général Krtei,mais nous ignorons ce qui pourra de la Moldavie, surtout si, comme il est probai Russie et la Porte est conclue.

D'après cet exposé des forces de l'ennemi, je tions les plus raisonnables que Ton puisse lui p de se rendre mattre d'une partie de la Lithuai deux buts essentiels pour lui, savoir: de (îoupei tion de la Grande Armée avec le reste de l'Huro le pays sur ses derrières pour lui ôter toutes le de retraite. Pour donner plus d'étendue et d'el sure, Ton doit croire que le corps de 10.000 hoi frontières est destiné, auf^sitôt que les forces aui en Voihynie, h entrer dans notre pays pour le c tous les magasins de la Grande Armée, qu'ils i réunis dans les places du Duché. Pendant ce Volhynio restera rassembh^e [)onr contenir le p forts détachements on Litliuanie. soit pour sout pour tel autre objet que les circonstances pourr(

Dans cet état des choses, je ne dois point voi sipurs, que Ton peut regarder comme nulles le mesures que nous avons à opposer. Cependant encore une fois devenir la victime de nos enn nous mettre dans le cas de pouvoir répéter a^ fameux : Tout est perdu sauf rhonneur.

Nos moyens de défense se bornent à la gai forte de

Au dépôt d'infanterie de Modlin, fort de . .

Troupes envoyées dans le département de Lomza

Total de l'infanterie . . .

Nos dépôts de cavalerie pourront fournir à peu

Deux pièces de 3 d'artillerie légère ; deux pièces de 6 d'artillerie à pied et deux pièces d'artillerie de régiment.

Voilà tout ce que nous avons en troupes de ligne.

Les gardes nationales et les levées fourniront un corps d'à peu près 6.000 hommes.

Voilà tout ce que nous avons à espérer et la seule force sur laquelle nous puissions compter.

Nos places de Zamosc, Modlin et Praga loin d'être achevées comme vous le savez, Messieurs^ sont tout au plus à Tabri d'un coup de main, mais nullement en état de soutenir, je ne dis pas un siège, mais même une attaque un peu sérieuse. L'armement de ces places n'est pas complet car il nous manque environ 52 bouches à feu dont 22 à Praga. On a si peu compté sur les événements qui arrivent que les approvisionnements de réserve en munitions ont été envoyés à Tarmée ; il n y a que trois jours que M. le Ministre des ûnances a mis à ma disposition une somme de 60.000 francs pour l'achat du plomb, de la serge et autres objets nécessaires pour la confection des gargousses et cartouches.

Quant aux garnisons ! Qu'avons-nous à jeter dans ces places? Excepté Zamosc qui a une garnison suffisante, il nous faut au moins 6.000 hommes à Modlin et 1 .000 à Praga ; pour cela je n'ai, comme je l'ai dit plus haut, que 1.031 hommes ; il faudra donc y jeter des gardes nationales, mais comment compter sur la défense des gens qui n'ont jamais vu le feu et qui ne sont devenus soldats que par circonstance.

D'ailleurs si nous jetons notre garde nationale dans les places avec quoi tiendrons-nous la campagne ?

Il ne sera pas hors de propos de vous faire envisager, Messieurs, la position fâcheuse oii se trouve le général Kozinski. L'ennemi est maître de nos frontières depuis Grodno jusqu'à Krylow. 11 peut entrer dans notre pays sur autant de points qu'il le jugera convenable, tandis que le général Kozinski aura à peine de quoi faire des démonstrations sur un ou deux points. Mais quel point choisira-t-il pour cela. Voudra- t-il se porter sur le haut Bug entre Brest et Krylow, l'ennemi pourra être sur la Vistule bien avant lui. Voudra-t-il couvrir Varsovie et Modlin, alors il est obligé d'abandonner Zamosc et les deux départements de Siedlec et Lublin et par là même découvrir toute la haute Vistule que l'ennemi passera sans obstacle.

Je dois aussi vous rappeler, Messieurs, une réflexion de S. Ë. Monsieur l'Ambassadeur de France et qui me paraît aussi juste que sage, c'est que toutes les démonstrations que nous ferons sur nos frontières, loin d'épouvanter l'ennemi, ne feront que l'engager à

s'assurer de nos forces et A \f*B détruire aussi (ôt qu'il *tn anm pr conDaissarice, Dans ce cas» nous ne pouvons nous diësiinukr 4|ue toute notre infanterie et la cavalerie tirée des dépdts et destinée h renforcer Tarmée active tombera au pouvoir de iVnn**»!» et que toutes les dépen.ses pour rhabilleinent, l'équipement et r^rmeroeot nouvellement entreprises aux prix des dernif^res ressources du payi seront penines h jamais.

Je ne 6;uirais passer sous silence l'état de pénurie où va se troflvçr le r.orps réuni sous les ordres du général Kozinski, Déj?^ de toutes parts les gardes nationales demandent la solde qni leur est due dès la sortie de leur département, et je n'ai pas de quoi pay^r In suidé au peu de troupes de li^ne restées dans le pays : les magasins de vivres sont presque vides, de manière que cos gardes nationales non payées et mal nourries pourront bien nons qtntier au moment où nous aurons ïe plus besoin d elles.

Voilà, Messieurs» Télat exact de notre poMiiun ti voici les mesures que j'ai cru devair prenrlre.

Outre les lerardes nationales des déparlements de Siediec, l^ublio, Varsovie, Plock, Hadom et Cracovie qui doivent se réunir dans le département de Lublin» comme j'ai eu Thonneur de vous f»n rendre compte, j'ai fait diriger Celles de Posen, Kalisz et Bromberg«ur Varsovie d'où il sera aisé de leur prescrire une destination ultérieure, diaprés les circonstances. J*ai donné ordre au général | Kozinski de tirer de la f^arnison deZamosc un bnlaillon d*tnffinteri« de ligne qu'il remplacera par la garde nationale. Ce baUnllon lieadra 1b campagne autant qu'il le pourra et se portera linalemenl ^ Modiin pour y renforcer la garnison, Le général lui même avecloul ce qu'il aura de troupes se repliera sur Modiin et Prnga et formera les garnisons de ces deux places. Pour renfof*cer Tarmemeot de Praga, j'y ai fait porter quatre bouches à feu beaucoup maiûs nécessaires h Modiin*

J'ai fait retourner à Alodlin un transport de munitions de sept berlinoises qui se trouve à Pultusk et qui était destiné pour la Grande Armée.

En généralj'ai suspendu jusqu'à nouvel ordre tous les iransporis | tant de vivres que de munitions qui devaient partir de Mpdlin.

Enfin je fournirai au générut Kozinskî tout ce qui sera en mon pouvoir, mais vous savesî. Messieurs, quelle est IVtendue de mi» moyens, et si vous trouvez quelque chose à changer ou à ajoutera ces dispositions» j'attends les ordres du conseil toujours pn^t k 1«» j exécuter avec le zèle et l'empif^ssement qui doivent caractérinr tout Polonais quand il est question du bien de la patrie

P. S. — Je n'ai point inséré dans le contenu du mémoire un objet très essentiel^ c'est que la garnison de Zamosc compte tant dans les hôpitaux que dans la chambrée 1.200 malades. »

Rapport militaire

Varsovie, 8 août (A £) (1) Siediec, 4 août

c On reçoit de Wizna les nouvelles suivantes en date du 2. 11 n'y a plus de troupes russes stationnées à Wlodawa, mais il en paraît de temps en temps qui passent le Bug et retournent sur la rive droite peu après; on porte à 2.000 le nombre de Russes qui se trouvent encore sur cette rive et à 24.000 celui des Russes qui sont dans les environs de Brest.

Des déserteurs russes rapportent qu'ils ont quitté leurs corps parce qu'il était question défaire retourner toute l'armée vers le Dnieper.

Cependant d'autres avis annoncent que l'on va préparer à Brest un hôpital pour 3.000 malades ou blessés.

Un voyageur revenu de la Volhynie assure que les Russes transportent avec célérité au delà du Dnieper les immenses magasins qu'ils avaient dans cette province. A cet effet on a mis en réquisition tous les chevaux des seigneurs, des bourgeois et des paysans sans exception.

Il paraît qu'il y a maintenant trois corps russes en mouvement au delh du Bug, Tun qui manœuvre dans les environs de Kobrin; le second qui se rend sur le Dnieper et le troisième qui passe de Volhynie en Podolie.

Siedlec, le 6 août

Dans les journées du 2 et du 3 de ce mois plusieurs régiments russes ont quitté Kovel se dirigeant sur Kobrin.

Le général Lambert chef du régiment des hussards noirs d'Alexandre commande provisoirement une division de cavalerie qui était le i«' août près de Tschernavtschitschi.

La 15^ division d'infanterie russe qui s'est montrée près de Brest appartient au général Kamenski.

Des troupes russes sont entrées à Biala après avoir entouré la ville. Elles y ont surpris deux agents qui s'y trouvaient en observation et qui ont été conduits à Brest. C'est ce qui empêche d'avoir des détails sur le nombre et l'espèce des troupes qui ont fait ce mouvement. »

(1) Joint h la dépêche du 8 août.

Poniatowski an conseil des ministres

10 aoât MohileT (A E)

« Après avoir invité plusieurs fois le général Wielhorski, suppléant du ministre de la guerre^ à m'adresser les fonds nécessaires au V* corps, je reçois une réponse datée du 30 juillet par laquelle il m'informe qu'il n'espère point me satisfaire sur cet article, vu que le ministre des finances lui avait déclaré formellement qu il était hors d'état d*y souscrire.

Eloigné comme je le suis depuis quelque temps du centre des affaires, je ne suis pas à même déjuger assez exactement si la situation actuelle du pays et des finances leur permet de fournir aux besoins de Farmée : il me paraît néanmoins impossible qu'il ne soit rentré depuis trois mois aucun revenu au Trésor et, s'il a eu des fonds, quelque peu considérables qu'ils soient, je ne vois pas pourquoi l'armée serait seule privée d'y avoir part.

La carrière du soldat lui donne en tout temps les droits les plus forts à la protection particulière du gouvernement, mais il les nécessite et les réclame surtout au moment où il se voue aux fatigues et aux dangers de la guerre pour assurer au prix de son sang le repos de ses concitoyens. Je crois sans vanité que l'armée polonaise a rempli avec zèle tons ses devoirs; pourquoi donc, au lieu d'être traitée avec la bienveillance qu'elle mérite, se trouve-t-elle oubliée par son gouvernement?

Si cet abandon est motivé sur la supposition que le V* corps est soutenu par quelque autre canal, il est de mon devoir de prévenir le conseil des ministres que non seulement il n'a tiré aucune solde des caisses françaises, mais que môme il lui a été déclaré qu'il n aurait à attendre aucune remise de ce genre.

Il faut y ajouter que le soldat, fatigué depuis plusieurs semaines par des marches conliniielles, ne reçoit que la moitié, le quart ou point du tout des rations, tellement, que beaucoup d'entre eux sont morts de faim sur la route.

Si le conseil veut s'arrêter sur la situation des officiers, lesquels, exposés aux mêmes fatigues, se trouvent comparativement plus à plaindre que les soldats, il verra combien il est indispensable d'envoyer au V'' corps une partie au moins de sa solde. Je connais trop la justice et les luii*ières des personnes qui le composent pour douter un instant qu'ils ne veulent assurer à l'avenir cet envoi de fonds et s'occuper eHicacemeiit des besoins de l'armée au sujet desquels j'écris aujourd'hui au suppléant du ministre de la guerre. »

Bassano à l'Emperear

Kovno,27juin(?) (A N)

« Sire, un gentilhomme habitant un village voisin de Keidanouï est arrivé ici ce matin ; il rapporte que le général VVittgenstein s'est dirigé il y a trois jours sur Vilkomir ; il ne dit ni le numéro ni le nom des régiments et n'estime les troupes que Wittgenstein avait aux environs de Keidanouï qu'à 15.000 hommes.

Un chasseur parti ce matin de Janov m'a donné des détails plus étendus qui sont confirmés dans la note ci-jointe :

Un officier polonais que les Russes internaient depuis plusieurs mois à Vilna et qui s'est échappé jeudi de cette ville arrive aussi à rinstant. Je le ferai partir aussitôt quMI arrivera des chevaux pour se rendre auprès du général Sokolnicki. J'envoie en attendant à Votre Majesté l'extrait d'un rapport qu'il prépare en ce moment.

Je profite d'un courrier qu'expédie l'intendant général, i

Rapport (Joint)

€ Le 2« corps est commandé par le général Bagration, ce corps se trouve entre Vilna et Brest. Les habitants sont en général un peu russes par les opinions. L'Empereur a été mardi à une fête à Vilna à l'occasion de la paix des Russes avec les Turcs. Le grand-duc Constantin s'y trouvait aussi ; les gardes à pied et à cheval sont à Vilna ; de ces gardes, il y a sept régiments à Troki (vieux) qui est à quatre milles de Vilna ; le vieux Troki est à un mille de la nouvelle. Dans la nouvelle il y a 24.000 hommes dont deux brigades d'artillerie, le 20« régiment de chasseurs, les mousquetaires de Kaparski (3«) commandé par Woyia.Kina (?) qui est entré le 24 à Soumélichki. De

Troki est sorti le régiment de Gzernichowski (3«), Outschakqw, le régiment de Bourainski (3«), Dzyzyn (6«) ; le 21e (3«), le 23« de chasseurs, le régiment Kiemzolski, colonel Ëmilianov.

A un mille de vieux Troki, il y a à Vouisokoï Dvor :

Deux régiments de chasseurs,

Deux de Cosaques,

Trois régiments de mousquetaires,

Un grand magasin.

Vilna : Le régiment de Jekaterinoslaw (2* de l'ouest), colonel Poloutof,

Les cuirassiers dOrdinski (2® de Touest),

Les dragons de Riga, l^r corps.

Les hussards de Grodno l«r corps, général Kulnef (à rexception des Cosaques, ce général commande toute la cavalerie).

Le régiment de dragons de Kazan (1®'' corps),

Le régiment de dragons du général Hiller commandé par le colonel Karhapolski.

Janov. Us sont partis :

Quatre régiments d'infanterie.

Deux de cavalerie.

Tschehichki (lundi).

Six régiments d'infanterie,

Deux de cavalerie.

Le l*^'' corps est commandé par le prince d'Oldenbourg et est posté depuis Georgenbourg jusqu'à Vilna. A Vilna commandent l'Empereur et le général Barclay de Tolly. Tous les régiments qui étaient cantonnés près de Vilna et de Troki se sont rapprochés de Vilna.

Ces régiments sont forts de 2.000 hommes.

On dit que six ponts ont été jetés sur la Vilia près de Vilna. »

Bassano à Barclay de Tolly

Vilna, !•' juillet (A N)

« Les légations de Sa Majesté l'empereur Alexandreà Paris, à Berlin et dans d'autres résidences désirant se rendre en Russie. Sa Majesté souhaite connaître les intentions de votre souverain sur cet objet. Le départ de la légation de Sa Majesté à Pétersbourg, de ses consuls et des quatre ingénieurs français que l'empereur de Russie avait désirés et qu'il ne serait pas juste de retenir puisqu'ils ne sont allés

eo Russie que pour se conformer aux ordres qu*ils avaient reçus, en conséquence, ne doit éprouver aucun obstacle. J'enverrai des ordres aux généraux qui commandent sur la Vistule pour qu'ils laissent passer de même les légations et les divers agents de Sa Majesté l'empereur de Russie. Si le contraire devait arriver, il faudrait recourir à la voie de l'échange des légations respectives, ainsi que cela a eu lieu dans plusieurs circonstances. Si l'empereur Alexandre juge à propos d'adopter le premier parti, il sera nécessaire monsieur le comte, que vous vouliez bien en m'en informant me faire connaître les dispositions qui auront été prises à cet égard et la route que vous aurez fixée pour le retour des ambassadeurs, consuls et ingénieurs, afin que je prenne de mon côté des mesures semblables.

Je vous propose aussi, monsieur le comte, de faire un cartel d'échange des prisonniers, afin d'adoucir le plus possible les maux de la guerre. Si cette proposition est acceptée, faites-moi connaître le lieu qui vous paraîtra le plus convenable pour y envoyer les commissaires qui seront chargés de négocier et d'arrêter le cartel d'échange. »

Berthier à Bassano

Vilna, le 15 juillet (A N)

« Monsieur le duc de Bassano, TEmpereur me charge de vous envoyer la lettre que je viens de recevoir de M. le général Barclay de Tolly ainsi que le projet de réponse que Sa Majesté m'a dicté.

J'attendrai que vous m'ayez fait connaître les intentions définitives de l'Empereur avant d'expédier aucun ordre.

Je prie Votre Excellence de recevoir l'assurance de mahaute considération. ))

BerthJer (Projet de réponse à M. legrénéral Barclay de Tolly)

Vilna, (1) juillet (A N)

« Monsieur le général, je reçois votre réponse à la lettre du (1) Puisque Sa Majesté l'Empereur Alexandre a jugé convenable d'exposer son ambassadeur et toutes ses légations russes aux inconvénients d'un voyage par mer, je viens de donner des ordres pour que le prince Kourakin et toutes les légations russes soient retenus, jusqu'à ce qu'on puisse leur indiquer le point oh arrivera la frégate

(1) En blanc sur la minute.

russe qui ramène le général Lauriston : Sa Majesté voulant user de représailles à Tégard de votre ambassadeur et de toutes les légations russes, je vous serai obligé, monsieur, de me faire connaître le plus tôt possible le point où doit aborder la frégate russe : elle pourra à son retour ramener en Russie l'ambassadeur et les légations de Sa Majesté TEmpereur Alexandre. Toutefois, monsieur le comte, je ne puis m'empôcher de vous faire observer que cette manière d'envoyer les ambassadeurs est contraire aux droits des gens. »

Barclay de Toily à Berthier

(AN

« Dès que Sa Majesté l'empereur fut informée que l'ambassadeur de France ainsi que les envoyés de ses alliés avaient demandé leurs passeports, elle ordonna de leur préparer une frégate pour qu'ils puissent tous s'y embarquer et se diriger sur tel port, qu'ils jugeraient à propos de choisir.Sa Majesté impériale a cru devoir préférer ce mode, pour ne pas exposer ces légations aux inconvénients d'un voyage a travers le théâtre de la guerre, qui s'étend depuis la mer Baltique jusqu'aux rives du^Dniester. Toutes les dispositions prises à cet égard doivent être exécutées à l'heure qu'il est, et je suppose que ces missions ainsi que toutes les personnes qui y tiennent ont déjà quitté Pétersbourg Le prince Kourakin et nos ministres auprès des cours alliées de la France ont tous ordre de se diriger sur Vienne et Brody pour revenir par cette route en Russie ; aucun parmi eux ne peut donc avoir demandé à passer la Vistule.

Ouant au cartel d'échange que Votre Altesse me propose, jo n'ai aucune instruction de l'Empereur. Je m'empresserai de lui répondre aussitôt que Sa Majesté m'aura muni de ses ordres sur cet objet.

J'ai l'honneur d'offrir à Votre Altesse l'assurance de ma plus haute considération avec laquelle j'ai l'honneur d'être votre serviteur. »

Bassano à de Pradt

Vilna, 14 juillet (A E)

« Les marches très rapides de l'armée, l'obligation où l'on a été de nourrir les chevaux avec du vert a cause de l'éloignement des magasins qui n'avaient pas pu suivre, des pluies très froides qui ont surpris les chevaux après les fortes journées qu'ils avaient faites par des chaleurs excessives ont occasionné des perles excessives

DUC Dli BAïSîAiNU

HKi

surtout à rartiîîerie. Sa Majesté aurail exlrt^memenl besoin d'uoe remonte dunl IIMJO de cavalerie légère, 1.500 d'artillerie el 500 d'équipantes miliUiires, KUe désire que vous preniez les moyens les plus âSburés pour que le gouvernement du lluché se procure ces ii.OOO chevaux el les dirige sur MércUch où'la réception s'en fera.

Ce service est de Ui plus haute importance dans les circonstances actuelles. Il laul appuyer toutes les mesures que te ministre des ûnances jugera h propos de prendre pour assurer ce service; il peut Taire des réquisitions ou des marehés. S'il fail des marchés, les fonds seront mis à sa dispi»sition avec la plus grande régularité. Sa Majesté a demandé que les magasins d avoine de Modiîn el de Pullusk lussent dirigés sur le quartier général ; elle juge convenable que vuus chargiez M. Tordonnateur d*Aubernon de celle opération,

Elle désire aussi que le ministre des Unances prenne les mesures nécessaires pour procurer àraraîée500,(X)0 boisseaux d'avoine qui seront dirigés siu Méret»ch; si les premiers tOO.OOO d'avoine par^ viennent promplement, les chevaux auront de l'avoine et pourrunt ie refaire et ce liera déjà un important résultat.

Il sera ulile qu'un de vos auditeurs soit chargé de veillera Tcxpédition, au Iran^sport el aux arrivages de cette denrée si précieuse dans les circonstances. Vous voudrez bien lui recommander ainsi qu'à M. le l'hevalier d'Aubernon de correspondre régulièn nient avec vous et d une manière succincte avec 1 iniendant général par l'estafette deGrodno sur ces deux allaires indépendamment des comptes qu ils avaient h vous rendre.

Sa Majesté délire que les routes militaires de Varsovie àGrodno soient organisées de manière que les troupes trouvent dans toutes les étapes du pain pour les hommes <ît de l'avoine pour les chevaux ; c*est la seule manière d'éviter des désordres et de prévenir des pertes considérables. »

Uai§i«ano à I^Emperetir

VUnt. f S IqUM (A N|

T^'ai n^t;ii ce matin la lettre que Votre Majesté a daigné m*écrire de Sventsianuuï hier ie 17.

Ses ordres sont exécutés»

Le commissaire des guerres qui fail les fonctions d*ordonnateur est prévenu de la direction qu*il doit donner aux convois par Mikhaîlicbki ; il n'en est pas encore arrivé.

Trois jeunes gens du pays partent ce soir Ton pour Nesvij, l'aatre pour Finsk et Tautre pour s'approcher de Bobrouisk autant qu*U

884 DUC DK BASSANO

lui sera possible. Ces sortes de mission qui n*ont d'intérêt que lorsqu'elles sont faites avec rapidité sont encore très gênées dans ce moment par les difficultés que trouvent les particuliers à se transporter d'un lieu dans un autre. Il ne s*est rien passé dans la ville de particulier ; il n'est rien arrivé de nouveau à ma connaissance.

J'avais eu l'honneur d'écrire à Votre Majesté que M. le comte Voltan n'apportait aucun renseignement utile et que cependant je lui avais demandé une note sur le peu qu'il savait ; cette note qui est ci-jointe ne mérite en effet aucune attention. »

Bassano à l'Emperear

Vilna, 18 jniilet (A N)

« Je reçois en même temps deux dépêches de l'ambassadeur de Votre Majesté à Varsovie.

Pour ne pas retarder le départ de M. de Galtz, je ne fais point d'extrait de ces dépêches et je me borne à adresser à Votre Majesté les pièces qui ont quelque intérêt sous le rapport militaire. De deax lettres de l'ambassadeur J'une n'est d'ailleurs qu'une lettre d'envoi. L'autre est une réponse très détaillée à mes dépêches du 6 et du 7 juillet qui contiennent des observations critiques et de nouvelles instructions sur la marche de l'ambassadeur. Il se justifie principalement par le succès qu'il a obtenu, et je dois dire h Votre Majesté que tous les rapports, ceux même de M. Bignon et tous les faits confirment que le mouvement à Varsovie a été dirigé avec succès, que l'enthousiasme a été porté au plus haut degré, qu'il se soutient, qu'il se propage, qu'il agit partout où la connaissance de ce qui s'est passé parvient et que l'effet que Votre Majesté voulait a été produit.

Il est de trop bonne heure encore pour que j'aie quelques rapports à faire à Votre Majesté sur Vilna. »

BasHano à Cambacérèi»

Vilnn, 18 juillet (A N)

t Sa Majesté est partie avant-hier à il heures du soir pour se diriger du côté de la Dvina. Pendant le temps de son séjour ici, elle avait fait manœuvrer sur les deux armées russes qu'elle a coupées. Leur jonction paraissait devenue impossible, et il semblait que la V* armée, celle où se trouve en personne l'empereur .Alexandre, s'arrêtait enfin et faisait même quelques mouvements offen^ys.

Sa Majesté dans une lettre qu'elle m'a écrite de Sventsianouï, m'annonce que ces petits mouvements n'auront probablement pas de suite.EIle continue ses grandes opérations à se porter sur Gloubokoé où elle doit arriver aujourd'hui. Sa santé était parfaite et tout paraissait en général marcher selon ses vues.

La 2® armée débordée en tète par le prince d'Eckmûhl et vivement poursuivie par le roi de Westphalie, les Polonais et les Autrichiens ne pourra peut-être pas éviter une bataille.

Pendant Tabsence de Sa Majesté, j'écrirai régulièrement à Votre Altesse Sérénissime, je lui donnerai les nouvelles que j'apprendrai, mais n'étant pas présent aux événements, mes informations n'auront pas assez d'exactitude pour que je ne doive pas vous prier, monseigneur, de ne les communiquer qu'avec la réserve que vous jugerez convenable. Mon but est de prévenir les inquiétudes que vous pourriez concevoir à une si grande distance et de faire une chose qui puisse vous être agréable. »

Bassano à l*Emperear

Vilna, 19 juillet (A N)

a Je n'ai rien encore à mander à Votre Majesté.

II n'y a ici d'autres nouvelles que celles qui ont été répandues par un courrier du roi de Westphalie passé ce matin. Il a dit que toutes les forces opposées à Bagration sont réunies et qu'on est au moment d'une grande bataille. Je crois que c'est aussi par lui qu'on a su que le roi de Westphalie avait quitté l'armée et qu'il était en route pour se rendre auprès de Votre Majesté.

Un comte Mostowski arrivé de Sventsianouï a donné sur les Russes, sur leurs dispositions d'esprit et particulièrement sur le grandduc Constantin des détails que je ne rapporte point à Votre Majesté. Elle les aura appris de la mère de ce polonais, madame Mostowska, que Votre Majesté a daigné recevoir à Sventsianouï.

M. le commissaire ordonnateur Boilleau est arrivé hier soir; il s'occupe à prendre connaissance de la situation du pays ; il n'en paraît pas satisfait et il est disposé à presser vivement les diverses autorités.

J'envoie à Votre Majesté le dernier journal des opérations de la commission du gouvernement.

J'y joins la note de quelques habitants du pays dont approche votre armée, qui sont recommandables par un zèle et un dévouement reconnus. Les Borka et les Weissenhof, dont les deux familles sont réunies par des alliances, passent particulièrement pour des hommes bien distingués et dignes de toute confiance ».

lla««atio A rEoiperear

f J'ai reçu la lettre que Votre Majesté a daîgoé m'écrlre le 18 de Gtonbokoé ; je me suis occupé sur-le-champ de TexécuMon de ses ordres.

La commission du gouvernement va charger Ja commi^sioD adoii'* nintrative de Minsk* de faire faire Tinventaire des taagasins de sel de Borisov et d'y placer des agents,

D après la constitution de ce magasin, il doit contenir 50.000 pouds ou deux millions de livres de sel ; celte ressource sera importante, car celte ressource comniençait à man^iuer. On va tirer p<mr Vilna le sel qui est h Minsk où il sera remplacé par eelut de liorw sov*

J*avais fait faire un mémoire sur celte partie de radmîciislmtioQ chez les Russes; la traduction du polonais en françaifi fi*est pas terminée, je li joindrai h ma lettre de demain si elle conlicnt des détails de quelque intérêt,

La commission du gouvernement s*occupe du chois des dépatéat des commissaires que Votre Majesté ordonne dVnvuyer dans }f*n districts d Orcha et de Mohilev. Elle est dans Tinlention de choisir :

V Le prince Louis lladzlvil qui est dans ses terres entre Nesvij et Minëk el qui est le propriétaire le plus considi*rahle de la Russie Blanche ; 2* le prince ï'aul Sapieha que le prince Alcxanfiro Sapieha a proposé lui même comme ayant beaucoup d'înllueore dans ce pays où il a administré pendant longtemps les terres immeufies du prince Fran<;ois Sapieha. Je n'ai point encore les informa lions que j'ai demandées sur les causes de Tesprit qui s'est luanifesté à Tolotschin. On ne s'étonne point que le premier aspect du pays qui a été séparé lor* du premier partage, soit plus ruiise que polonais; ce pays a été plus ménagé par l'armée, on ne doute pas cependant que toutes les grandes familles ne soient polonaises et ne se mon* trent en conséquence. Le prince Sangulzko qui e^i Aupr^ da Votre Majesté est le meilleur commissaire à envoyer h Tolotechin qui lui appartient.

Les divers imprimés qui devaient être publiés ne loot pif parvenus dans le pays, parce que les moyens d*^ ont manqué. La noajmis&ion du gouvernement m rétat-major général im nombre assez considérable d*ex«iiipbiii«B de ta proclamation adressée aux Polonais qui sont au service d« Russie; elle n'avait pas alors d'autre voie pour les faire parvenir-

Od réimprime à force les principales pièces; je n'ai d'autres moyens que les courriers pour les envoyer sur les différentes directions que Votre Majesté m'a prescrites ; leur expédition commencera demain.

J'ai engagé la commission du gouvernement à envoyer des commissaires dans toutes les directions du district de Vilna et à prescrire la même mesure dans tous les autres districts pour dresser un état de la situation de tous les villages et des ressources qui s'y trouvent en blé, en farine, en bétail et en chevaux, afin d'avoir une connaissance exacte pour diriger et vérifier les réquisitions; cette disposition commence à s'exécuter.

Il n'y a pas ici d'autres nouvelles que celles qui ont été apportées par les deux courriers arrivés successivement de Romanovo où le général Latour-Maubourg a eu sa dernière affaire avec l'arrièregarde de Bagration.

P. S. — Un officier envoyé par le général Marchand avec des dépêches pour le prince de Neufchâtel arrive ; il nô trouve pas de cheval à la poste pour continuer sa route, je me suis chargé de ses dépêches que j'adresse au major général.

Il n'y a pas eu d'événement de ce côté. Le roi de Westphalie quittant l'armée était, lors de son passage, à Korélitschi avec sa garde; on disait qu'il allait à Varsovie.

Ce n'est pas le prince Eustache Sanguizko, mais c'est son cousin qui est propriétaire de Tolotschin. Le prince Eustache peut toujours être utile, son nom ayant une grande considération dans le pays.

Le siège des grandes propriétés du prince Louis Radzivil qui vient d'être nornmé commissaire est à Borisov ; elles s'étendent jusqu'au Dnieper.

Le prince François Sapieha a le chef-lieu de ses propriétés, qui sont aussi très étendues, à StaroY Biekhov au-dessous de Mohilev. Le prince Paul Sapieha qui sera envoyé comme commissaire les a administrées longtemps et y est avantageusement connu. •

Bassano à l'Empereur

Vilna, 30 juillet (AN)

« J'ai reçu hier à 6 heures du soir la lettre que Votre Majesté a daigné m'écrire le 19 au matin.

Elle m'ordonnait :

1° D'envoyer un courrier au duc deTarente qui est en Samogitie pour lui faire connaître l'évacuation du camp retranché de Drissa et la retraite de l'ennemi et le presser de se porter sur la Dvina

entre Dinabourg et Jakobstadt pour jeter un pont sur cette rivière;

2° D'annoncer les mêmes nouvelles au prince d'Eckmûhl en y ajoutant que le vice-roi marche sur Kamen, mais que les Russes ayant commencé leur mouvement de retraite de Drissa le 16, il faut que le prince d'Eckmûhl marche bien éclairé sur sa gauche ;

3* D'envoyer les mêmes nouvelles au roi de Westphalie et au prince Poniatowski, aûn de presser leurs mouvements.

Les ordres de Votre Majesté ont été exécutés sur-le-champ ; deux courriers du pays étaient expédiés à 7 heures pour le prince d'Eckmûhl et le duc de Tarente ; un officier qui avait apporté des dépêches du prince Joseph qui ont été remises à Tun des aides de camp de Votre Majesté, je crois M. d*Albe, a été réexpédié sur-le-champ. Je comptais réexpédier de même pour Tarmée du roi de Westphalie un officier qui avait apporté des dépêches du général Marchand pour le major général. On ne pouvait pas le trouver, il me faisait attendre et j'ai expédié un courrier extraordinaire, homme très intelligent que j'ai chargé en même temps de la lettre très pressée du prince de Neufchàtel pour le roi qui m'est arrivée à minuit. J'ai prescrit dans la supposition où l'armée du roi serait en avant et où Sa Majesté ne s'y trouverait plus, comme je pouvais le penser d'après les nouvelles répandues ici, de remettre les lettres au général chef de l'état-major. •

Bas^ano à Davoat

Vilna, -20 jiiiUet (A N)

« L'ennemi a évacué son camp retranché de Drissa et brûlé tous ses ponts ; il paraît que ce sont les mouvements sur Vitebsk et sur le Dnieper qui l'ont décidé à cette évacuation.

Sa Majesti' m'ordonne de vous communiquer officiellement ces nouvelles et de vous faire connaître que le Vice Roi marche sur Kamen et que les Russes ayant commencé leurs mouvements de retraite de Drissa, le 10, il est nécessaire que vous marchiez bien éclairé sur votre gauche (1).

Je communique les mêmes nouvelles au roi de Westphalie et au prince Poniatowski pour qu'ils pressent leur marche. »

BasNano à Davoat

Vilna, QO juillet (A N>

« C'est d'après l'ordre de Sa Majesté que j'envoie M. Towianski

(1) Mémo d»''|)(*('hf au roi do We«5tphalie et à Poniatowski (A N).

à Bobrouisk, s'il peut y parvenir, avec ordre de rejoindre sans délai en m'apportant tous les renseignementsqu'il aura pu recueillir sur sa roule.

Je prie Votre Excellence de lui accorder l'appui et la protection dont il pourrait avoir besoin. »

Instruction pour M. Towlanski

Vilna, 20 juillet (A N)

€ L'objet de la mission de M. Towianski est de remettre en toute diligence la dépèche dont il est chargé pour le prince d'Ëckmûhl.

Ce premier objet rempli, il s'occupera du deuxième qui est d'avoir des renseignements sur ce qui se passe dans le pays, sur les armées russes, les dispositions des habitants, Tétat du pays sous le rapport des routes, des communications, des subsistances, des ressources en chevaux et en bestiaux et des récoltes. M. Towianski ira à Bobrouisk et entrera dans cette ville, si elle est occupée par les Français ; s'il ne peujt pas y parvenir, il s'en approchera autant qu'il lui sera possible et il reviendra ensuite pour rendre compte de sa mission.

Il la remplira avec autant de célérité que ses moyens de voyager pourront le permettre. »

Bassano à Victor

Vilna, 20 juillet (A N)

« Sa Majesté est informée par des rapports faits au prince de Neufchàtel que l'ordre a ^té donnée toutes les régences par le gouvernement prussien d'armer et d'équiper secrètement les gardes nationales dont l'organisation doit être terminée pour le 3 août prochain. On assure que la Silésie seule aurait par celte mesure et à cette époque de 20 000 à 25.000 hommes sous les armes.

Sa Majesté ne croit pas pouvoir tolérer cet armement dont elle ne reconnaît pas la nécessité Elle me prescrit de faire connaître ses dispositions à cet égard à M le comte de Saint-Marsan et à Votre Excellence. M. de Saint-Marsan doit entrer en explication à ce sujet avec le chancelier et demander que tout soit tranquille en Prusse et que tout reste sur le pied accoutumé. Sa Majesté m'ordonne Monsieur le maréchal, de vous faire connaître ses intentions, afin que vous puissiez les suivre, agir dans le inôme sens que M. de Saint-Marsan et vous opposer à tout armement extraordinaire. »

Bassano à Saint-Marsan

Yilna, 00 juillet (A E)

« Une lettre écrite de Glogau au prince de Neuchàtel parle général de division comte Seras rend compte de la demande faite officiellement au gouverneur par la régence de Lignitz et en conséquence des ordres de cette régence, par le bourgmestre de Glogau pour l'organisation d'un régiment de garde nationale qui doit être armé et équipé pour le 3 août.

On ajoute que cette mesure est générale en Prusse ; que la Silésie seule doit avoir sous les armes un corps indiqué de 20 à 25 mille hommes; que le conseiller de la régence de Glogau M. de Krug avait défendu au bourgmestre de faire part de celte mesure au comte Seras, indiquant que Tintention du gouvernement était que cette organisation se fît secrètement.

On assure enfin que toutes les régences ont reçu les mêmes ordres et doivent les mettre h exécution pour le môme jour, et que déjà la garde nationale de Berlin est de 9.000 hommes.

Cet armement général ne pourra que donner beaucoup de défiance à Sa Majesté. Klle ne peut pas le voir avec indifférence ; elle ne pourrait pas le soulfrir et elle serait obligée de faire marcher un corps de troupes tiré de ses derrières pour désarmer la Prusse et l'occuper militairement.

Il est donc indispensable, monsieur le comleque vous ayez sur le champ une explication sérieuse av«^c le chancelier et que vous exigiez, sans admettre aucune excuse. quelle qu'elle puisse être, que ces dispositions soient révoquées sur le champ etque tout reste tranquille.

.récris par ordre de Sa Majesté à M. le duc de Bellune pour lui faire connaître qu'il ne doit pas soulTrir qu'on arme la population dans son gouvernement. *.

Saint-^larNan à BasNano

Berlin, 27 juillet (A E)

« J'ai reçu hier à la campagne de monsieur le baron de Hardeoberg. où je dinais avec monsieur le maréchal duc de Bellune, la dépècfio de votre excellence datée de Vilnale 20 du courant relative à la prétendue organisation d'une garde nationale qui devrait être armée et équipée dans toute la Prusse pour le 3 août.

Monsieur le Gouverneur de Glogau a été apparemment induit en

erreur par de faux avis ; on n'a jamais songé ni à équiper ni h armer une garde nationale en Prusse.

Ensuite de l'article 7 de la convention n® 4 du 24 février dernier, le roi a rappelé un ordre publié à la fin de 1810 relatif à la formation d'une garde bourgeoise et destinée au maintien du bon ordre ; mais elle devait être très peu nombreuse ; elle n'était créée que pour les villes, h l'instarde celle qui est h Berlin, et le roi avait Ç\xé pour rinauguration de celte institution le 3 août jour de sa naissance.

Loin qu'il doive y avoir du secret sur cet objet, ces gardes bourgeoises doivent être naturellement sous les ordres innmédiats et directs des commandants français partout oi3i il y en a. Si les commandants français ne les jugent pas nécessaires, elles ne doivent point être organisées, et il en était de môme pour Glogau où le nombre des gardes devait être de 138 ou de 140.

Les prétendus neuf mille hommes de Berlin se réduisent à quelques centaines de bourgeois qui montent la garde sous les ordres de monsieur le général Durutte et qui ne sont pas même armés, n'ayant que des sabres, et cela parce que les bourgeois voudraient des carabines au lieu de fusils que le roi leur destinait.

En Silésie où Ton dit que 20 à 25.000 hommes doivent être armés, on n'est même pas parvenu encore h organiser un homme de cette môme garde bourgeoise dans les villes où elle serait nécessaire, attendu que c'est un objet de dépense pour les bourgeois et les artisans qui doivent la composer, et qu'ils ne se soucient pas de la faire.

Voilà monseigneur le véritable état de cette affaire laquelle n'a paru importante que par l'espèce de mystère que le conseiller de Régence de Glogau a mis à faire cet aveu à monsieur le comte Seras, qui lui-même, par ce motif, a peut-être prêté l'oreille aux dénonciations que des malveillants se permettent encore. Mais le mystère était d'autant plus inutile et déplacé que la garde bourgeoise de Glogau ne peut être commandée que par le gouverneur français.

M. le comte Seras avait déjà communiqué ces notions à M. le maréchal duc de Bellune qui m'en avait fait part, quoiqu*il eût vu, par ce qui se passait sous ses yeux à Berlin, combien cet avis était dénué de fondement.

J'en avais dès lors parlé à M. le baron de Hardenberg qui s'était proposé de rechercher le motif qui avait pu induire le bourgmestre de Glogau ou le conseiller de régence à regarder comme mystérieux un objet connu de tout le monde et qui ne pouvait avoir d'exécution qu'avec l'agrément de celui à qui on disait que l'on voulait en faire un mystère.

Je me suis fait un devoir de dire hier à ce ministre que Sa Majesté l'Empereur ayant reçu les mêmes avis parvenus ces jours passés à M. le duc de Bellune, m'avait fait ordonner de déclarer sur-le-champ qu'il ne souffrirait aucune sorte d'armement sur ses derrières.

J'ai cru ne pas devoir omettre de faire connaître cette détermination bien prononcée de Sa Majesté pour que l'on se pénètre bien ici de l'importance d'éviter tout ce qui pourrait donner le moindre ombrage, quoique celte observation de ma part ne me parut pas applicable à l'état présent des choses.

Le baron de Hardenberg m'a renouvelé toutes les protestations les plus formelles et les plus positives de l'entier dévouement du roi à la cause de Sa Majesté Impériale et de celui qu*il professe particulièrement ; il m'a exprimé vivement, que le vœu principal de son maître était d'obtenir la confiance de TEmpereur ; qne j'avais pu voir par la satisfaction que le roi m'a témoignée lui-même les jours passés (j'ai eu l'honneur de le mander à Votre Excellence par ma dépèche n® 99 du 23 de ce mois) à l'occasion de la mention faite de ces troupes dans les Bulletins, combien Sa Majesté désire que Sa Majesté 1. et R. en soit satisfaite, il a ajouté que depuis, de nouveaux rapports étaient arrivés au roi, contenant des éloges que M. le prince de Neufchâtel avait faits de ces mêmes troupes, et que Sa Majesté en avait eu la plus grande joie. Que non seulement on n'avait ni la volonté ni l'idée de faire des armements quelconques, mais qu'il n'y avait pas même moyen d'avoir le nécessaire pour le maintien du bon ordre ; que la gendarmerie dont la force devait être de 3.000 hommes n'arrivait pas encore à 800 hommes, qu'elle était partout soumise aux généraux français, et en quelques endroits comme à Kœnigsberg organisée par eux, que d'autre part on surveillait avec beaucoup de soins toutes les personnes qu'on peut soupçonner contraires au parti adopté par le roi et qu'enlin une preuve complète, s'il en était encore besoin de la loyauté du gouvernement, c'est que l'on voit avec plaisir une armée de réserve considérable, stationnée dans ces provinces, que le cas arrivant d'un débarquement que l'on voudrait tenter, cette armée pourrait au moins prévenir les mouvements intérieurs qui naîtraient peutêtre de cette tentative et qui seraient excités par quelques mauvaises têtes.

J'ai l'honneur d'être avec ma haute considération, Monseigneur, de Votre excellence le très humble serviteur. »

BaNsano à Macdonald

Vilna, 20 juillet (A G)

« L'ennemi a évacué son camp retranché de Drissa et brûlé tous ses ponts. Il parait que ce sont les mouvements sur Yitebsk et sur le Dnieper qui Tont décidé à cette évacuation.

Sa Majesté m'ordonne de vous faire connaître officiellement cette nouvelle et de vous presser de vous porter sur la Dvina entre Dinabourg et Jakobstadt, conformément à vos instructions, afin de jeter un pont sur la Dvina o.

Bassano à PEmperenr

Vilna,21 juillet (A N)

f M. le baron Faia (?) me fait connaître que Votre Majesté désire que, si je reçois de Varsovie des nouvelles qui me fassent penser que le Duché est sérieusement menacé, j'en prévienne sur-le-champ le général Reynier qui est resté à Nesvij. Je serai attentif à toutes les nouvelles qui me parviendront et exact à me conformer à vos ordres.

Jusqu'à présent et à la date du 16 juillet, on n'avait aucune inquiétude à Varsovie. Je détache de la dépêche de ce jour de M. l'ambassadeur qui ne contient que des détails inutiles à mettre sous les yeux de Votre Majesté, quatre pièces dont il parait résulter que Tennemi loin de vouloir attaquer se retire, et que le général Tormasof est loin d'avoir des forces suffisantes pour former une entreprise. »

Bassano à IVapoléon

Vilna,81juiUet(AN)

t J'ai reçu la lettre que Votre Majesté a daigné m'écrire le 19 de ce mois en menvoyant la lettre du général Seras qui annonce d'une manière positive les levées de gardes nationales qui se font en Prusse. J'ai retenu l'estafette qui m'a apporté cette lettre, afin de la charger de dépèches que j'ai écrites en me conformant exactement aux ordres de Votre Majesté à M. le comte de Saint-Marsan et à M. le duc de Bellune. M. le comte de Saint-Marsan exigera un contreordre immédiat et M. le duc de Bellune s'opposera atout armement extraordinaire, d

89i DUC DE BASSANO

Doc de Bassano à rEmp<

« J*ai fait traduire et copier la proclama Tolly pour l'envoyer à toutes les cours.

Vote Majesté daigne m'annoncer par le réponse à faire imprimer à Vilna et à Fi réponse qui sera pour moi le guide le plui ministres de Votre Majesté le sens dans lei ment devrait ajouter à cette publication une l'indignation que lui inspire une démarche ministre avilit son caractère et outrage le se duquel il prétend agir. »

Bassano à Savary

« Mon cher duc, les afTaires vont toujoi reste qu'une seule chose à désirer, c'est qi atteindre enfln les Russes.

Cependant si on ne les atteint pas, c'est \ pereur qui les oblige par la prodigieuse bat à abandonner toutes les positions sur lesqu Par exemple, ils n'ont pas défendu le Niem Ta passé dans le moment précis où ils se pr mouvement pour le passer eux-mêmes. Il superbe position de Troki, parce que l'Empj des forces imposantes au moment où leur a per. lis n'ont pas défendu les approches dt le plus stratégique que Ton connaisse, selon Jomini, notre gouverneur, parce que l'Empe le temps de placer une seule pièce de cano hauteurs qui forment successivement deux c inexpugnables. Ils abandonnent la Dvina et qui leur ont coûte si cher, parce que TEm marches auv eux et fait tomber cette positi pas la position formidable d'Orcha entre la qui aurait couvert les routes de Pétersbou sort des armes devait décider de la desti parce que l'Empereur a fait occuper Orch( que l'armée qui a été contrainte d'évacuer

ait pu y envoyer un seul piquet. Nous avons trouvé dans cette bourgade des magasins immenses.

Nous avons passé le Boryslhùne ; et l'on court en ce moment après un convoi de 130 pièces de canon qui rétrogradait sur Smoiensk. Nous devons occuper Mohilev.

Bagration n'a pas pu gagner Bobrouisk et Ton ne sait pas encore quelle direction il aura suivi, si l'armée qui le poursuit lui aura laissé la liberté du choix. »

BaiBisano à Cambacères

Vilna, 21 juiUet(A N)

cr Les nouvelles que je reçois de Sa Majesté sont encore datées de Gloubokoé le 20. Voici la situation actuelle des affaires militaires : nous sommes entrés h Orcha où nous avons trouvé des munitions immenses, nous avons passé le Borysthène (le Dnieper) ; un convoi de 430 pièces de canon qui rétrogradait sur Smoiensk est poursuivi et aura de la peine à s'échapper. L*armée du prince d'Eckmûhl doit être en ce moment à Mohilev. Le prince Bagration dépassé de plusieurs marches a dû être obligé de renoncer à gagner Bobrouisk et d'abandonner Texécution des ordres qu'il avait reçus, de faire tous seselforts pour se réunir h l'armée de l'Empereur Alexandre, mouvement dont l'exécution est devenue impossible.

Monseigneur, l'estafette part, je n'ai pas le temps d'ajouter un mot, mais (i l'exception de la satisfaction que l'Empereur éprouve de la situation des choses, je n'ai rien à ajouter de plus.

P. S. Votre Altesse ne trouvera les noms que je cite dans ma lettre que si elle a sous les yeux une carte de Russie traduite par le dépôt de la guerre et que le ministre lui a probablement déjà remise. Tous les noms russes sont défigurés dans cette carte, mais comme elle est la seule dont l'armée se serve, Votre Altesse y trouvera les noms que nous sommes dans le cas de citer. »

Bassano à TEmpereur

Vilna, 22 juillet (A N)

« Votre Majesté dans ses lettres du 20, m'ordonne de lui répondre sur plusieurs points.

Pourquoi n'a-t-on pas placé dans la commission du gouvernement M. Thysenhaus ?

Les colonels des régiments qui doivent lever la Lithuanie sont-ils nommés ?

896 DDC DE BASSANO

A-l-on fait choix de grands prupriétaires et capables de faire de grands sacrifices pou priî^ que des gens sans crédit ?

Lors de réleclion que Votre Majesté a faî des canditlats propres .-l entrer dans le goii lia us u eu Ir^s peu de suffraj^es, Cela est vei s'est fait beaucoup d'ennemis et de ce (jii'ai utile et moins dangereux à la tête de l'admini ment de Vilna ou il y a plus besoin d^exéciitÉ Ce qu*il y a de vrai, c'est que AI. Thysenhadi cause de 1h Pologne, qui a été longtemps p Kasan, les a flattés et les a servis quand il oJ pour éviter de nouvelles catastrophes et pof qui est considérable. Lorsque Vôtre iMajesté des Qienibres de la i-ommissiuQ du gniiveri présenté M. Thysenhaus, parce qu on a dît ser Tadministration de Vilna au momeotoù blir et que M. l hysenhaus serait difficile k t. mais il est niécnnlent. il voit plus lesdillica Il a besoin d être consolé par des lémoignaf fais à cet égard tout ce qui dépend de moi.

Votre Majesté a nommé quatre colonels d ûels d'infanterie. Tous ces colonels ont été ( gens les plus riches de la Lithuante, L*un < été Je lilsdeM, Thyseuhaus. Les autres sont Lithuanien d'un grand nom et d'une grandi et travaille avec activité. M. Kaiecki, riche tie, U est arrivé et s'occupe de sa formatioi famille la plus riche et la phjs inlluente de I Bisping appartenant à ja première famille ( Prsczdziecki, riche propriétaire des environs arrivé ce matin. \L Stanislas C^a|iskî, de la^ la plus inlluente de Minsk. En choisissant i cherché s*Us avoient des services militaires,* leur patriotisme on n'a considéré que leur i Un colonel moins riche est M. André Gbodï^ de Votre Majesté, mais il supplée à ses mo et par la considération attachée h son nom et colonel qui n'est pas dans la même catégop gadier général Wawricki, on le croyait pi effet ; mais on sY'tait surtout décidé pourso comme militaire et comme t*olonais etparc4

nable de mettre en avant le frère du fameux général Wawricki que les Russes ont enlevé. Si vous approuvez un arrangement dont il serait charmé, la commission du gouvernement le chargera comme général de l'inspection et de la formation des quatre régiments de cavalerie. Il est entièrement propre à ce service et son régiment sera donné à un jeune homme riche. Je prends en ce moment des informations sur le sieur Lubicki qui, selon quelques rapports, a déjà levé SOO cavaliers au moment de l'entrée des Autrichiens à Pinsk et qui s'en est servi pour sauver les magasins. Je proposerai incessamment à Votre Majesté cette disposition qui Jusqu'à présent, me paratt très bonne.

Les majors, les chefs d'escadron ou de bataillon ou les capitaines de tous les régiments ont été nommés par Votre Majesté. Ils ont été choisis parmi des hommes très distingués qui ont appartenu aux anciennes légions ou qui ont déjà fait plusieurs campagnes depuis 4807. On compte parmi eux le prince Giedroyc, les Kaminski, Gut^ takowski, Zabielo, Stroski, Poltau, Trembicki, Sezierski, etc., etc., appartenant tous à des familles aisées et d'une grande considération. Tous ces officiers ont été prévenus de leur nomination ; les distances sont considérables Jes communications sont peu faciles et ils ne peuvent arriver que successivement ; la formation marchera beaucoup plus vite quand ils seront à leur poste. La levée de la conscription est ordonnée pour le 3 août. »

Bassano à TEmperenr >

Vilna, « juillet (A N)

c J'ai reçu la proclamation russe trouvée aux avant-postes et la réponse d'un grenadier français. On s'occupe des traductions en français, en polonais, en allemand et en russe. Les impressions commenceront aussitôt que les imprimeries de la ville qui sont toutes employées auront fini le tirage des proclamations des principales pièces de la confédération et de la proclamation du gouvernement provisoire à la Russie blanche. Les commissaires pour Mohilev et pour Vitebsk n'attendent que cette proclamation pour partir. »

Bassano à TEmpereiir

Vilna, 22 juillet (A N)

€ J'envoie les nouvelles que Votre Majesté a daigné me transmettre, au duc de Tarente, au général Ileynier et au prince de Schwarzenberg qui doit être à Nesvij le 28 ; j'y joins les duplicata des

lettres que j'ai écrites avant-hier par ordre de Votre Majesté au duc de Tarente et au prince de Schwarzenberg. »

Bassano à TEmpereur

VUna, 28 juillet (A N)

« J'envoie à Votre Majesté la lettre que m'écrit l'archeTôque de Malines à la date du 48 avec les détails qui y sont joints au sujet des mouvements des Russes sur le duché de Varsovie.

Au moment où l'estafette allait partir, j'ai reçu la confirmation de ces nouvelles par un officier expédié de Varsovie. Tous les détails dont Tambassadeur m'envoie copie sont contenus dans la lettre qu'il adresse h Votre Majesté, et qui est ci-jointe ; cette lettre de l'ambassadeur est du 19.

Je fais repartir sur-le-champ Tofficier polonais et je l'envoie à M. le général Reynier, avec la copie des rapports joints aux lettres de Tambassadeur du 48 au 19. 11 continuera sa route par Varsovie et se chargera des instructions que, dans cette circonstance, le général Reynier jugera à propos de donner. »

Bassano à l'Emperear

VilDa, 32 juillet (A N)

« Je rends compte à Votre Majesté par une lettre de ce jour de ce qui a été fait pour préparer l'organisation des régiments lithuaniens.

Votre Majesté me mande que ces gens-ci sont lents et paraissent n'avoir pas d'argent et m'ordonne de suppléer ;ï tout ; je les excite de mon mieux et la régence me seconde avec activité.

Quant à l'argent, Votre Majesté m'y autorisant, je lèverai cette difficulté, mais je crois qu'il faut avant tout laisser les riches colonels prendre des engagements pour les dépenses dont ils peuvent se charger. Si Ton voyait tout do suite que Votre Majesté est disposée à donner de l'argent, on croirait cette ressource inépuisable et on n'en chercbei ail pas d'autres

Le colonel ("ihodkiewicz se trouve dîins une position h pari, c'est le plus zélé et le moins riches j'engagerai la commission à venir secrètement à son secours et je lui en fournirai les moyens. C'est surtout là que l'argent de Votre Majesté serait bien placé et bien employé.

La prompte arrivée des armes est indispensable ; on donne en étoffes du pays de mauvaises vestes et des bonnets de police aux

nouvelles levées^ on leur donne des pantalons de toile ; ils peuvent attendre ainsi leur habillement, mais ils ne se croiront soldats que quand ils auront des fusils.

On avait fait espérer à Votre Majesté des bataillons de gardechasse, cette espérance avait été donnée par le général M oranski qui est au quartier général.

Un des Ois de M. Tysenhaus qui jouit de sa fortune demande à servir. Je lui ai fait entendre qu'il pouvait être colonel s'il voulait lever un régiment de chasseurs. 11 s'occupe d'un projet : si Fexécution en est probable^ je proposerai à Votre Majesté sa nomination, i

Bassano à Cambacérès

Vilna, 22 juillet (A N)

« Sa Majesté était encore à Gloubokoé le 21 juillet. L'Empereur Alexandre était le 18 à Vilebsk. Un aide de camp qu'il envoyait à Orcha pour faire évacuer les magasins y a été pris. Le bruit courait que l'Empereur Alexandre portait son quartier général à Nevel. »

Bassano à Macdonald

Vilna, 22 juillet (A G)

f Je VOUS envoie le duplicata d'une dépêche importante que j'ai eu l'honneur de vous écrire le 20 de ce mois au soir.

J'y ajoute les dernières nouvelles que je reçois de Sa Majesté, qui était encore de sa personne à Gloubokoé le même jour.

Nous sommes entrés à Orcha, où nous avons trouvé des magasins immenses. Nous avons passé le Borysthène, et l'on courait après un convoi de 130 pièces de canon qui rétrogradait sur Smolensk. Nous devions être à la date du 20 à Mohilev. Le prince Bagration n'a pas pu gagner Bobrouisk ; il a été forcé de passer plus bas.

Je vous écrirai par tous les moyens que je pourrai me procurer, lorsqu'il y aura quelque chose d'important. Donnez-moi aussi de vos nouvelles. Etant au centre de la correspondance, je pourrai les faire parvenir promptement et sûrement à sa Majesté ».

Bassano à Reynier

Vilna, 22 juillet (A G)

« Sa Majesté m'a ordonné de vous prévenir dans le cas où je recevrais des Dopvelles qui me feraient penser que Varsovie serait

nï^C HE BASSANO

si^neusemenl mr*nait:. \ uiis *H«3S, monsieur le cornl de Timporlnac»^ des mouvemenU rie l'enrieiiii. et exactement les mteotions de Sa Majesté en vous û ee qui viendra k ma connaiâganee. J

.rai en conséqut'nce rhonneurde^'ous adresser qui me sont parvenues avec vos dépi^ches des 18 cet effet le m«5me oHicier qui est nrrivi> de Va puiçise se charger des instructions que vous auri général Wielhorski.

Quant à la situation actuelle de la «îrande Armé le comte, les détails que j'ai reçus de Sa Majea entrés a Orcha où nous avons trouvé des m% nous avons paseé le Boryslhène et on courait a 130 pièces de canon qui rélrogividail sur Sniole être h Mohilev le 30. l/enneini a évacue dès le i6j ohé de Driesa et brûlé tous ses ponts ; le prince pu gajçnèf Hobrouisk. Sa Majesté était encore de h Gloubukoé. Ktant ici le centre de la correspond je vous prie de nrenvoyer des nouvelles de lous viendraient à votre connaissance et de m'inform ments« atln que je puisse toujours savoir où voufl: très, soit lorsque j'aurai des nouvelles à vous d j'aurai des ordres de Sa Majesté k vous transmet

Veuillez ordonner aussi aux officiers que vous traverseraient Vllna soit en allant au quarti revenant de passer chez moi.

Je mets sous ce pli des lettres que j écris de Westphalie el au prince de Schwarzenberg. A plaisance, monsieur le comte, de les leur faire pa se trouver Tun et l'autre assez h votre portée ►.

Leiorfrne crhlinille ù Itits^uioo

Gloubnf

u Me voilà au quartier .général, et je m'empresi L'Empereur partira probablement dlci celte nul blir h Ouchatsch et de là à Kameo La garde qui moment prend celte direction.

Les Russes ont décidément abandonné toute la' Drissa et détruisent tons les ouvrages auxqueli depuis si longtemps. On n*en aura pu atteindre garde. Le général Colbert a poussé des rcronnai

DUC DE BASSANO 90t

delà du Dnieper vers Mohilev. Nous sommes à Orcha. II paraîtrait que Tarmée de Barclay de Tolly et compagnie a fait un faux mouvement qui lui a fait perdre du temps et du terrain et nous a fait gagner l'un et l'autre. L'ennemi a cru pouvoir, en remontant la Dvina, arriver entre Polotsk et Vitebsk de manière à se placer entre l'Empereur et le prince d'Eckmûhl. Ce projet n*a pas réussi ; cette fausse manœuvre a encore ajouté à la confusion et au désordre qui paraissent régner dans le conseil de l'Empereur de Russie. Ainsi ces messieurs n'en veulent décidément pas de ce côté-ci. L'Empereur ne paraît pas vouloir leur donner le temps de se reconnaître. Je pense, moi, qu'il sera incessamment à Vitebsk et je crains, Monseigneur, d'aller jusque-là sans mon ministre ; ce sera loin, mais ce ne sera peut-être pas bien long. Tout le corps d'armée bavarois vient de passer par Gloubokoé marchant vers Ouchatsch.

Si vous venez par Sventsianouï, vous serez bien content du pays qui est très beau et bien cultivé et plus ménagé que tout ce que nous avons vu depuis Kovno. Les villages ont leurs habitants et les habitants ont encore leurs cochons et leurs poules, cependant ils se plaignent d'avoir été pillés. Les bonnes gens ne savent pas ce que c'est. Vous verrez à Postavouï un très beau château appartenant au comte Tysenhaus. On a dévasté sottement le parc et dérangé les appartements, mais les meubles et les vitres ne sont pas brisés et c'est quelque chose. Après Postavouï, on retrouve la route militaire de Mikhaïlichki. C'est assez vous dire. Les Russes ont emmené tout le bétail et les chevaux qu'ils ont pu prendre ; s'ils ont laissé quelque chose c'est parce qu'ils étaient très pressés.

Je dois encore ajouter pour vous faire préférer la route de Sventsianouï à Gloubokoé, par Louïntoupouï, Cerintchany,Komaï, Postavouï et Danilovitschi, que le chemin est excellent. A chaque repos, nos gens trouvent à couper du foin, mais pour de l'avoine, nima, du pain, nima. de la viande, nima. Si vous restez à Gloubokoé une demi-journée, on pourra, parle moyen de juifs, renouveler la réquisition.

L'Empereur est logé au couvent des Carmes ; c*est là que je conseille à Votre Excellence de se faire conduire en arrivant.

La noblesse du district de Disna est enchantée que l'Empereur se soit arrêté aussi longtemps dans la ville de Gloubokoé. U y a ici une députation qui a été présentée à Sa Majesté et à qui j'ai vu signer sous une grange l'acte d'accession à la confédération. Il y a dans le nombre un comte Brzestowsky, parent de votre veuve, c'est an brave polonais, patriote et parlant français. Ces messieurs s'occupaient ce matin d'une proclamation adressée à la jeunesse du

pays pour l'engager à former une garde pour l'Empereur. Ce monsieur Brzestowsky a une grande terre de l'autre côté de la Dvina, il s'en moque. Le district de Vilna va, je crois, envoyer une députation à Gloubokoé.

J'ai été, pendant ma route, souvent dans le cas de regretter de n'avoir pas en polonais, tous les actes de la diète de Varsovie et de la confédération de Vilna. Vous ferez peut-être bien, Monseigneur, d'en faire mettre dans un coin de votre voiture ainsi qu'une collection de gazettes de Vilna jusqu'au jour de votre départ. Si vous jugez à propos de m'envoyer quelques feuilles, je trouverais certainement à les bien placer.

Adieu, Monseigneur, si je n'ai pas l'honneur de vous écrire demain d'ici, c'est que j'en serai parti. Votre Excellence a dû recevoir de moi une lettre que j'avais laissée à la poste de Sventsianouï. »

Bassano à l*Emperear

Vilna, 23 juiUet (A N)

a J'ai reçu la lettre que Votre Majesté a daigné m'écrire de Gloubokoé le 21 .

Je suis exactement, conformément à ses ordres, ma correspondance avec le prince archichancelier, le ministre de la police et avec les généraux de Sa Majesté, de sorte qu'ils ont des informations exactes et journaliè^res.

Un seul des courriers expédiés pour l'expédition des ordres que Votre Majesté m'avait donnés par la lettre du 17 juillet est de retour. Il a remis à Novogrodek dans la journée du 21 la lettre que j'adressai au roi de Westphalie et celle très pressée que le prince de Neuchâtel lui écrivait. Le roi ne m'a pas répondu, mais il a remis le 22 au courrier la lettre ci-jointe pour le prince de Neuchdtel. »

Bassano à l*Empercur

Vilna, -ÎS juillet (A N)

« Je transmets à Votre Majesté les dépêches qui me sont apportées par un courrier de C.onstantinople.

Le Grand Seigneur a ratifié le traité conditionnellement ; c'est-i\dire que sur huit articles qui ne sont pas connus d'une manière satisfaisante, il en a modifié ou rejeté trois.

Le courrier qui aura apporté cette nouvelle à l'Empereur Alexandre l'aura trouvé dans une position où il ne pouvait pas se montrer

difficile sur les conditioDs. On peut donc prévoir qu'il aura accepté les modifications exigées par le Grand Seigneur.

J'envoie aussi à Votre Majesté une lettre de M. Le Doux qui répond à une de mes dépêches de Thorn, et qui s'est cru autorisé par cette dépêche à déclarer que les hostilités étaient commencées. Elles Tétaient en effet au moment où il parlait et l'assurance qu'il a donnée et qui a été transmise à Constantinople n*aura pas tardé à être confirmée. »

Ban^ano à Cambacérès

Vilna, 23 juillet (A N)

c Votre Altesse reçoit sans doute par ce même courrier le hui« tième bulletin ; ma correspondance ne peut donc rien lui fournir aujourdhui dont elle ne soit informée directement. Je puis cependant ajouter la nouvelle certaine de l'occupation de Mohilev par le prince d'Eckmiihl ; il est entré dans cette ville le 20 à 5 heures du soir ; il y a trouvé des magasins ; l'entrée de la place a été défendue par 2.000 hommes qui ont été culbutés et écharpés ; on en a pris la moitié avec 20 officiers. L'Empereur est parti le 22 à 9 heures du soir pour Orcha et Kamen. i

Bassano à de Pradt

Vilna, 23 juillet (A E)

<c J'ai reçu vos dépêches jusqu'au n^ 33 inclusivement.

Je me suis hâté de faire passer à Sa Majesté les détails qu'elles renferment sur des mouvements offensifs des Russes. Sa Majesté les avait prévus. Pour me conformer aux ordres qui m'étaient parvenus depuis plusieurs jours, j'ai communiqué ces renseignements à M. le général Reynier qui commande le VU® corps et qui a été laissé en arrière pour couvrir Varsovie. J'ai chargé de mes dépêches le même officier qui a été porteur des vôtres, afin qu'il puisse en revenant auprès de vous, vous informer des dispositions que le général Reynier aura faites. Je ne vous demande point, M. l'ambassadeur, de m'écrire chaque jour, Votre Excellence sent mieux que moi combien la circonstance actuelle donne de prix à sa correspondance.

Les affaires militaires nous donnent de ce côté-ci une parfaite sécurité. Nos armées sont depuis plusieurs jours à Orcha où elles ont trouvé des magasins considérables. Un aide-de-camp de l'empereur Alexandre y arrivait pour les faire évacuer au moment où nos

troupes s'en emparaient. Il ii pt<- jm i>. i.^-s iins^^fb ^mù camp rclranche de Drissu» brûlé leurs ponts et abandon nt' leuri positions de la Dvina» L'empereur Alexandre était le IH h Vrtfliàk et le 20 il avait son ♦juartier général à Xerel îV plus de cent ver*U» au nord de Vilebak. D'un autre côté le princr d'Eckmtlhl avait dépassé Bobrouit^k et porté son avant-garde sur le Dnieper. Le prince liagration s'étail vu forcé de chercher à pnsser plus bas. Rien n'annonce i]ue les deux armées russes puissent parv^^nir df sitôt iV se réunir. Le pays où Tarmée se trouve actueileai^ai wl fort abondant.

J'ai reçu les exemplaires que vous m avez envoyés des bulletins de la diète. Je vous prie de continuer ces envois. Il eût été convenable de ne pas se servir de la dénomination du huIlHiin nin ilial être réservé aux bulletins de la Grande Année.

La dépulation envoyée auprès du roi de Saxe rendra saun duute un compte oHiciel de sa réception. Je désire pouvoir bienlût le faire imprîmer en polonais dan^ la gazette de Vilna. iy

Biiï^«atia à rEiD|»orear

Vilnft. -24 jalIlfMA \\

i J*ai reçu cette nuit les lettres que Votre Majesté m'a fait l'honneur de m*écnre de Gloubokoé le 22 au soir

J'expédie conformément h ses ordres un cofur i*er snr du pays nu maréchal duc de Tarenteet un autre au général Reyoier*

J*aî déjà prié Tun et Tautre de se mettre en communication avec moi.

J'écris au ministre de la guerre du duché de Varsovie pour la formation de la colonne mobile qui doil être composée du régiroeolde la garnison de Zamosc qui sera remplacé pardeshommesdes dépAts, et par Tarmement d'autant de volontaires et de troupes diverses qu'il sera possible d'en réunir, afm d'opérer en Volhynie lorsque Ia9« et la 13e division russes auront évacué le pays.

Je donne au général Ueynier les détails anciens et nouveaux que j*ai sur le corps de Tormasof.

J'ai senti toute l'iraporlance qu'il y avait à ce que des nouvellfi désarmée parvinssent fréquemment à Constantinople. J*ai fait partir deuxcnurriers depuis le ï^.

J'enverrai désormais des ofûcierspolonais ainsi que Votnî Majesté Tordonne et si je puis m'en procurer de sûrs. Les res^^oorces de^ différenls genres sont ici extrêmement rares.

Je crois devoir, d'après les dernières nouvelles que j'ai traiisiiaisc^

à Votre Majesté, différer d'expédier des ordres positifs pour l'ambassadeur que la confédération de Varsovie nommait à Gonstantinople. Si la Porte a fait la paix avec la Russie, une démarche aussi éclatante me paraîtrait sans objet.

La commission du g-ouvernement de Lithuanie n*a point encore réussi à établir ses moyens de correspondance et d'action dans tout le pays ; elle est arrêtée par les moindres difficultés ; elle ne connaît point ses ressources, elle n'en tire point de parti ; je la presse, je t'excite, je la tourmente pour la faire agir ; la municipalité marche lentement, la commission administrative à la tète de laquelle est M. Tysenhaus trouve des obstacles partout et la commission du gouvernement qui commande, donne des ordres qu*on n'exécute point. Je vais réunir aujourd'hui toutes ces autorités ensemble et leur tenir en commun le môme langage que j'ai tenu à chacune en particulier. Je leur ferai sentir non seulement l'importance qu'elles doivent mettre à l'exécution des ordres de Votre Majesté, mais l'intérêt qu'il y a pour elles-mêmes à ce qu'ils soient promptement exécutés.

Je vais faire connaître au général Jomini et au commissaire des guerres les dispositions que Votre Majesté me charge de leur notifier.

Je ne dirais point à Votre Majesté ce que je vais faire si l'estafette était passée un peu plus tard ; j'ai cru devoir commencer l'exécution de vos ordres par les expéditions au duc de Tarente, au général Reynier et à Varsovie. On est occupé de la traduction en allemand, en polonais et en russe des notes sur la proclamation du général Barclay de Tolly. Cette proclamation, les notes, la proclamation trouvée aux avant-postes avec la réponse d'un grenadier seront insérées au «Journal de l'Kmpirewdans l'ordre que Votre Majesté prescrit : c'est-à-dire en commençant par ces dernières pièces »

Basflano à Macdonald

Vilna, 24 juillet (A G)

« Le prince d'Eckmûhl est entré le 20 à 5 heures du soir à Mohilev. Il y a trouvé des magasins. L'entrée de la place a été défendue par 2.000 hommes qui ont été culbutés et écharpés et dont on a pris la moitié. Il paraît que la 26® division, qui fait la tète de l'armée de Bagration, marchait sur Mohilev.

On croit que l'empereur Alexandre était encore le 19 à Vitebsk. Le roi de Naples s'est porté sur Polotsk et inonde toute la rive droite de la Dvina de sa cavalerie. Il est probable que la grande

906 DUC DK BASSANO

armée russe a évacué en toute hâte ses positions de fa Dvina et s'est mise en marches forcées, de peur que le chemin de Moscou ne lui fût coupé.

Sa Majesté l'Empereur et Roi est parti de Gloubokoé le 22 à 9 heures du soir, pour porter son quartier général àKamen.

En m'ordonnnnt de communiquer ces nouvelles à Voire Excellence, Sa Majesté me prescrit de vous faire connaître les dispositions suivantes.

On dit h Sa Majesté que l'ennemi n'a laissé que trois bataillons à Dinabourg. Si cela est vrai. Elle désire, monsieur le maréchal, que vous investissiez la place. Si cela n'est pas, ets'il y a des forces plus considérables, Elle désire que vous observiez Dinabourg. Elle juge convenable que vous fassiez un pont, afin d éloigner tout ce que l'ennemi aurait laissé sur la rive droite.

L'équipage de siège est amené à Tilsit. Sa Majesté suppose que vous l'aurez fait débarquer et mis en mouvement pour pouvoir commencer le siège de Riga.

La première brigade de la division Daendels doit être arrivée à Labiau. Sa Majesté approuve que, si vous en avez besoin, vous l'approchiez de Tilsit.

Le IX^ corps, commandé par le duc de Bellune, sera du 8 au 9 août à Tilsit. Ce corps est composé de trois divisions formant plus de 30.000 hommes. Sa Majesté pense que dans le cas où vous en auriez besoin, vous pourriez envoyer h sa rencontre et presser sa marche si les circonstances le rendaient nécessaire,

Les courriers que je vous ai ei)V()y(''s. monsieur le maréchal, ne revieiinenl point, il serait bien important cependant que je puisse donner de vos noiiv(»lles à rEmpt^eiir, et lui faire connaître que mes lettres vous sont parvenues, ('ue communication régulière établie entre vous et moi serait utile. Los directions que vous me donneriez pour la marche de ma correspondance le seraient également. Ne jugeriez- vous pas h propos de tenir ici auprès de moi deux officiers de votre état-major, que j'expédierais à mesure que je recevrais des nouvelles et qui seraient successivement remplacés ? »

BnNHuno à Keynicr

Vilna, '24 juillet (A G)

(( ... (1) Telles sont, monsieur le comte, les nouvelles que jereçois en ce moment de Sa Majesté : je vous les fais passer alin de vous

i) L(M*()nimcno«'rn(»nt de <'t'ttc hîttro est !»:• mémo «lue celui «i.» la lettre adressée à Maodonald, jus(ju'aux mots : « Kn m'ordonnaiit. . . »

mettre au courant des événements. Sa Majesté me prescrit de vous inviter de vous mettre de votre côté en communication par courrier avec moi. Si vous pouvez môme m'envoyer ici deux ofûciers de votre état- major ma correspondance avec vous en serait plus facile et plus sûre. Gela peut avoir beaucoup d'importance dans telles circonstances probables.

Il n'est point inutile non plus que vous veuilliez bien me tenir au courant de votre position. Voici comment je la conçois d'après ce que Sa Majesté m'a fait l'honneur de m'écrire.

Votre droite est à Brest et Kobrin, votre cenire à Droghitschin et votre gauche à Pinsk. Vous êtes donc à portée de protéger le Grand-' Duché et d'entrer dans la Volhynie. Sa Majesté vous a autorisé à cette opération si vous le jugez convenable. Si les circonstances vous déterminent h cette dernière opération, il serait utile que vous voulussiez bien m'en prévenir afin que je donnasse dans le Duché des directions conformes aux instructions que j'ai reçues de Sa Majesté.

Je vous écrirai exactement, monsieur le comte, et je serai très empressé de recevoir de vos nouvelles. »

Bassano à Reynier

Vilna, 24 juillet (A G)

« Les dernières lettres que je viens de recevoir de Varsovie et qui sont datées du 20 à 8 heures du soir ne contiennent aucun nouveau détail sur le mouvement que les Russes paraissent avoir fait sur le Bug. Si ces mouvements avaient été sérieux, il est probable que trente-six heures ne se seraient pas écoulées sans qu'ils fussent confirmés et sans qu'on en eût quelques faits positifs à rapporter; quelques milliers de Cosaques auront suffi pour donner l'alarme ; et jusqu'à ce qu'on recueille de nouveaux renseignements, il est permis de croire qu'il n'y a pas eu autre chose.

Sa Majesté me prescrit de vous communiquer ce que je sais sur le corps de Tormasof. Mes rapports sont déjà anciens. Les Russes devaient avoir trois réserves, une seule paraissait moins chimérique que les deux autres ; il était possible que Tormasof eût la 27^ division venue il y a quelques mois de l'intérieur de la Russie où elle a été formée avec des recrues. Cette division devait être composée comme il semble :

Des mousquetaires d'Odessa,

de Simbirski, de Tarnopol,

de Vilna,

des chasseurs n** 49.

Artillerie de campagne.

En supposant que chaque régiment a trois bataillons, celte division pourrait avoir à peu près 9.000 hommes.

Le général Tormasof pourrait avoir avec cette division quelques régiments de cavalerie donton ne connaît pas remplacement et qui doivent être quelque part : tels que les dragons de Dorpat, de Siberski, deSlarodat, de Smolensk, de Serpuchow avec les hussards d*01viopol, ce qui ferait à peu près 3.500 hommes de cavalerie sous les armes. Toute sa force serait donc d'environ 12.000 hommes. Sa Majesté ne pense pas cependant qu'elle excède 9.000 hommes d'assez mauvaises troupes.

Il serait utile, monsieur le comte, que vous voulussiez bien me faire connaître ce que vous savez sur les 9® et 15*^ divisions qui ont été en Podolie et en Volhynie et qui paraissaient être sous les ordres du général Markof. Il paraît probable que ce corps dont j*ai l'honneur de vous envoyer la composition sur une feuille à part, et qui formait l'extrême gauche de la seconde armée russe, aura suivi le mouvement de retraite du prince Bagration. Sa Majesté pense que si cela était, on ferait une bonne opération en en proûtant pour insurger la Volhynie, en faisant fournir à cet effet par Varsovie quelques milliers d'hommes et un certain nombre de volontaires. J'écris pour cet objet au gouvernement du Duché, je lui ai écrit en même temps pour l'engager à envoyer àZamosc, en supposant que celte place n'a plus à craindre un siPige, mille hommes de dépôt qui renjplaceraient lo régiment dont se compose la garnison de cette place. Ce régiment dont on ferait une colonne mobile avec trois ou quatre pièces de canon et une centaine de chevaux protégerait le pays et pourrait vous être utile. »

Itassano à Savary

Vilna. '2f. juillet (A \)

« Je vous envoie des pièces qui, selon l'intention de Sa Majesté, doivent être insérées dans le « Journal de l'Kmpire ».

Voici d'après ses instructions l'ordre qui doit être suivi. On fera paraître d'abord et dans la même feuille la proclamation des Busses trouvée aux avant-postes avec la réponse d'un grenadier français.

On fera paraître le lendemain l'appel aux Allemands signé par Barclay de Tolly immédiatemeni à la suite, et le même jour la

réponse d'un Allemand. L'appel aux Allemands doit être imprimé en allemand comme étant Toriginal et ensuite en français comme traduction.

Le lendemain du jour où ces pièces auront paru dans le « Journal de l'Empire », Sa Majesté désire qu'elles soient copiées pour le « Moniteur ».

On peut les placer dans Tun et l'autre de ces journaux sous la rubrique de Vilna le 20 juillet. »

Bassano à l'Empereur

Vilna, 26 juillet (A N)

c Je transmets à Votre Majesté une dépêche que je viens de recevoir de Varsovie, j'y laisse jointes toutes les pièces que l'ambassadeur envoie comme propres à appuyer l'opinion où il est que l'ennemi a 50.000 hommes sur le Bug. Je sépare les autres pièces qui ne sont que de protocole et qui n'ont aucun rapport aux affaires militaires.

J'envoie la copie des pièces à M. le général Reynier.

J'écris à l'ambassadeur pour conûrmer de nouveau les ordres que je lui ai transmis en exécution de la lettre que Votre Majesté a daigné m'écrire le 22.

Je ne puis lui cacher l'opinion où je suis que les choses ont été exagérées à Varsovie par la peur ; que ce mal n'est point encore passé, puisqu'au lieu de s'attacher à la seule chose démontrée que l'ennemi n'a pas fait entrer dans le Duché plus de 1.500 hommes sans autre but que le pillage, on s'efforce de se persuader qu'il y a 50.000 hommes prêts à fondre sur le pays, qu'on a fait tout ce qu'il fallait pour attirer l'ennemi en paralysant le mouvement des habitants ainsi que celui du préfet de Lublin et du sous-préfet de Chelm qui étant sur les lieux devaient être crus sur parole, lorsqu'ils demandaient à se porter en avant avec la population armée ; qu'au lieu de soutenir un mouvement si avantageux^ même lorsqu'il n'y aurait pas eu de danger présent, on ne s'est occupé qu'à donner des ordres de retraite, qu'à organiser la fuite des autorités et qu'à porter le découragement où il aurait été si facile d'exciter l'enthour siasme. J'engage l'ambassadeur à faire quitter au plus tôt cette attitude pusillanime, à donner au gouvernement une tout autre direction et à profiter du moment où il peut tenir le pays en haleine pour organiser promptement une force nationale qui, selon l'intention de Sa Majesté, mettrait la frontière à l'abri des partisans ennemis et donnerait en peu de jours le moyen de disposer de quelques

milliers d'hommes et d'un bon nombre de volontaires d'élite pour concourir à Topération de la Volhynie. Je discute enûn avec Tambassadeur ce qui, dans les rapports par lesquels il forme son opinion, me paraissait de nature à devoir lui en donner une tout opposée et je lui prouve par ses rapports mAmes que la supposition d'une force ennemie disponible de 50.000 hommes est contraire à toute vraisemblance ; je remarque de plus que de tels rapports qui ne présentent rien de circonstancié, qui ne nomment ni les corps, ni les officiers prouvent que tous les moyens d'information ont été négligés. A la première nouvelle des fausses dispositions du ministère, j'avais écrit dans le même sens à l'ambassadeur, j'avais cru pouvoir blâmer tout ce qu'on a fait et engager à faire tout le contraire. Je demande aujourd'hui qu'on profite du zèle du préfet de Lublin et du sous-préfet de Chelm ; qu'on les autorise à agir comme ils se le proposaient, et qu'on leur en donne les moyens en leur envoyant des officiers et des armes. Je demande qu*on se conduise de même à l'égard du général Haucke qui commande a Zamosc et qu'on lui envoie tons les hommes de cavalerie dont on pourra disposer en prenant dans les dépôts et les vétérans, pour le service actif tous les hommes exercés,qui dans le duché de Varsovie,conime ailleurs, sont sans doute employés sans utilité à des services non militaires dans l'intérieur. Je recommande enfin de nouveau Texë* cution des dispositions que Votre Majesté m'a chargé de prescrire à l'ambassadeur et au suppléant du ministre de la guerre.

J'ai reçu celte nuit la lettre que Votre Majesté a daigné m'écrire de Kamen le 2i\ j'informe le prince Poniatowski du mouvement de l'armée et je l'invite de nouveau à pousser sa marche »

BiiNsano ù Wiclhormki

Vilna, '2r> juillet (A Et

« Sa Majesté, en laissant le \ 11° corps entre Brest, Kobrin et Pinsk a eu Tmlenlion de couvrir le duché de Varsovie, dans le cas où les grandes manœuvres feraient relluer quehjucsi troupes ennemies sur la frontière du Duché. Cette précaution sera probablement inutile. Mais quoi qu'il en puisse être, ces corps oe seront pas sans utilité, soit dans cette supposition, soit dans le cas plus probable où l'on pourrait entrer en Volhynie pour insurger le pays.

Sa Majesté m'a prescrit de vous inviter à prendre les dispositions suivantes pour concourir à ce double objet. Vous avez des fusils à Zamosc et h Varsovie, employez en de i h 5.000 à armer les garde»

DUC DE BASSANO 9ii

nationales des frontières pour défendre le pays et repousser les Cosaques.

Mettez-vous aussi en mesure de pouvoir fournir quelques milliers d'hommes et un certain nombre de volontaires qui entreraient en Volhynie et combineraient leurs mouvements avec ceux du général Reynier.

La garnison de Zamosc étant trop forte, puisqu'il y a un régiment et qu'on ne doit plus avoir la crainte d'un siège ; il serait convenable d'envoyer dans cette place un millier d'hommes des dépôts pour remplacer ce régiment pour en former une colonne mobile avec trois ou quatre pièces de canon. Celte colonne k laquelle on joindrait une centaine d'hommes à cheval, pourrait être employée à tous événements pour protéger le pays et serait très utile au général Reynier, tnnt dans les circonstances actuelles que dans les circonstances à venir.

Je suis donc chargé, Monsieur le général, de vous inviter :

1° A rendre disponible comme je viens de vous le dire le régiment entier qui forme la garnison de Zamosc;

2** A armer 4 k 5.000 hommes de garde nationale et h fournir de Varsovie quelques milliers de soldats et de volontaires pour coopérer avec le général Reynier soit à défendre le Duché soit à occuper la Volhynie.

Faites-moi connaître, Monsieur le général, les dispositions que vous aurez prises afin que j'en rende compte à Sa Majesté ».

Bassano à de Pracit

Vilna, 25 jaillet (A E)

« Je n'ai rien reçu de vous depuis votre dépêche du 20. J'en conclus qu'il n'y a rien de nouveau et que les alarmes que l'on avait conçues ne se réalisent point. Vous n'avez en conséquence plus eu à vous occuper du projet de retraite du conseil des ministres et de l'ambassade de Sa Majesté. Il me paraît convenable que si de nouvelles circonstances analogues faisaient naftre de semblables idées au conseil des ministres, vous vous occupassiez à repousser des précautions dont le seul «soupçon serait un mal véritable. S'il pouvait arriver qu'il fut question d'évacuer Varsovie, supposition dont je ne vous aurais jamais entretenu, si vous ne m'en parliez point, le conseil des ministres doit être le dernier à quitter son poste. Il serait toujours temps de prendre un parti aussi extrême lorsque l'ennemi serait maître de Modlin et de Prague et aurait commencé à jeter des bombes dans Varsovie. Les hommes qui gouvernent

DUC or BASSXNO

doiveni ciunner rpiempl^» fJ** i.i !•-*>< mu jm» »*i m^ ( veiiletil soutenir |p i*<)Mni*^ f^i cr»ni?rrver In confiai gouverneDi.

"Min»;! i.iu

Les ftusses dâti> .a j qu'un petit nutnbre Je mauvaises troupes â jeter ^ et les habitants du Duché avec le courage qui les i à organiser, tout serait bon contre la canaille que nie.

Mais quelque iiit^prts que mérilent des troupes i est bon de prolîter de riinpression du muinent p< prit public du Duché un mouvement qui ne ser^ Profilez donc des circonstances et ei goi

nais à tenir le pays en haleine et h .^ L»r force nationale qui mette la frontière h Tabri d Cosaques. Cette organisation ne sera pas tu'tt^ dont il s^ttgit, mais elle se trouvera toute prête po coup plus probable et également important

L'Krnpereur en laissant le général Ueynier en p^ le Duché d<* Vai*sovie lut a préparé une autre de position qu'il occupe: sa droite est i\ Brest et Ko Droghitschin et sa gauche à Pinsk. Vous voyez t qu'il peut couvrir le Duché de Varsovie, il e^t à p Voihynie ; Sa Mtyesté Ta laissé le maHre de faire le juge convonable, ce qui arrivera aussil«>t qu'il les iï^ et 15" divisions russes ont évacue la Vol h pense que si l'on pouvait fournir de Varsovie { d'hommes et beaucoup de volontaires pour ina serait une très bonne opération. La ^:arn)âon de plus à craindre un siège serait trop l'orle» il convi le régiment qui se trouve dans cette place fût > millier d'hommes des dépôts de Tarmée du Duel une colonne mobile à laquelle on joiodr;i*l une cei avec trois ou quatre pièces de canon. Cette co même temps a protéger le pays et à favoriser V Voihynie ; elle serait aussi fort utile au général Rê; ce sujet au ministre de la guerre a Varsovie. Oj Zam(»sc et à Varsovie, et rien n'empêche dèa à servir pour armer les gardes nationales des fronl très suftisanles dans tous les cas pourdér«.*ndre ger les Cosaques. Exigez Monsieur TAmbassadeu soient promptèment prises en ce sens.

Sa Majesté a quitté Gloubokoé le :22dece mois

DUC DK BASSANO 913

pour se porter à Karaen, le prince d'Eckmûhl est entré le 20 à 5 heures après-midi à Mohilev. Il y a trouvé des magasins; l'entrée de la place a été défendue par 2.000 hommes qui ont été culbutés et écharpésr et dont on a pris la moitié. Il paraît que la Grande Armée russe s'est mise en marche forcée pour que l'Empereur ne lui coupe pas le chemin de Moscou. Le roi de Naples s'est porté sur Polotsk et inonde avec sa cavalerie toute la rive droite de la Dvina. Il paraît que Tennemi n'a laissé que trois bataillons à Dinabourg.

Lorsque de si grandes manœuvres ont lieu et que les affaires sont dans une telle situation, il est bien peu vraisemblable que TenDemi ne concentre pas toutes ses forces et les laisse éparpillées de manière à pouvoir inquiéter le Duché de Varsovie. Une entreprise qui aurait cet objet ne pourrait jamais être sérieuse n.

Bassano à l*Empereur

Vilna, 26 jaiUet (A N)

« M. le général de Watzdorf envoyé par le roi de Saxe auprèsdu quartier général de Votre Majesté n'a pas trouvé à Kovno les ordres qui devaient l'engager à y rester, ou bien il se sera annoncé comme chargé de dépêches pour Votre Majesté, et c'est ce qui aura déterminé à le laisser passer. Il était en effet porteur de la lettre ci-jointe par laquelle le roi faisait connaître à Votre Majesté son acte d'acceptation à la Confédération. J'ai engagé M de Wattsdorffà ne pas aller plus loin et à rester ici.

J'ai demandé il y a plusieurs jours à Tarchevéque de Malines la communication du rapport qui aura été fait par les députations envoyées au roi de Saxe, afin de pouvoir faire imprimer ce rapport, la réponse du roi et son acte d'acceptation dans le « Journal de Vilna ».

Bassano à l'Empereur

Vilna, 26 juiUet (A N)

« J'ai eu des entretiens très sérieux avec la commission du gouvernement, la commission administrative et la municipalité. Ces diverses autorités s'occupent des mesures nécessaires pour pourvoir avec efficacité à la subsistance de la garnison etdes hôpitaux et des troupes de passage. J'ai demandé un rapport détaillé sur les mesures qui auront été prises, je le mettrai sous les yeux de Votre Majesté ; je crois que mes instances ont fait impression et ne seront pas sans résultat.

J'ai visité hier et aujourd'hui tous les hôpitaux dans le plus grand détail, ils m'ont paru pourvus de vivres en quantité suffisante et d'assez bonne qualité à l'exception cependant du pain, qui serait assez bon, si la manutention était meilleure. J'ai porté mes plaintes à ce sujet aux commissaires des guerres. Quant aux fournitures, trois hôpitaux seulement sont dans un état tolérable. Je me suis plaint au gouvernement de la situation des autres ; on m*a répondu qu'on travaillait avec activité aux fournitures qu'on doit livrer. Ces ateliers étaient fermés aujourd'hui parce que c^est dimanche. J'ai fait remarquer qu'il y aurait plus de véritable piété à travailler pour les malades qu'à remplir les églises. Je verrai demain les ateliers, je les suivrai chaque jour et je ne laisserai pas languir plus longtemps ce service d'un si grand intérêt. M. Desgenettes qui m'a accompagné proposera la formation d'hôpitaux spéciaux pour séparer les vénériens des galeux qui sont avec les fiévreux et les blessés qui sont aussi dans les mêmes locaux que les malades de toute espèce. •

Bassano à Poniatowski

Vilna, 26 juiUet (A N)

« J'ai l'honneur de vous faire connaître lesnouvellesque je reçois de Sa Majesté en date du 24 juillet. Elle m'écrit qu'elle est arrivée à Kamen, que le vice roi esta Babinovitschi et que l'ennemi paraît être à Vitebsk. Sa Majesté ajoute: nous y marchons. Le prince Bagration paraît être entre Mohilev et Bobrouisk.

En terminant sa lettre Sa Majesté témoigne le désir que vous accélériez votre marche le plus possible. Les nouvelles que je reçois de Varsovie prouvent qu'on a pris l'alarme bien légèrement, et que les forces ennemies qui ont passé le Bug consistent tout au plus en i .500 hommes qui n'ont pas eu ordre d'avancer, et dont le mouvement n'a d'autre but que le pillage, d

Bassano à Reyoier

Vilna, \iQ juUlct (A <i»

« J'ai l'honneur de vous envoyer la copie des rapports que je reçois de Varsovie. Ils prouvent, selon moi, qu'il n'y a autre chose au delà du Bug que 1.200 h 1.500 pillards qui n'osent point avancer et qui auraient fui à la première démonstration. J'écris cependant à l'ambassadeur et j'insiste fortement pour qu'on autorise les dispositions proposées par le préfet de Lublin et le commandant de Zamosc.

DUC DE BASSANO 9i5

Je demande qu'on profite de cette fausse alarme pour porter sur le Bug tous les moyens dont on peut disposer, soit en troupes régulières, s'il y en a, soit en gardes nationales, soit en levées de volontaires. Lorsqu'ils y seront arrivés et que les pillards ennemis auront disparu, on choisira parmi les troupes et les levées quelques milliers d'hommes d'élite qui puissent concourir à Topération de la Volhynie.

Je vous prie, monsieur le comte, de faire continuer à mon courrier sa marche sur Varsovie et de vouloir bien donner à l'ambassadeur les détails qui seront à votre connaissance.

Sa Majesté m'écrit h la date du 24 juillet qu'elle est arrivée à Kamen, que le vice-roi est à Babinovitschi et que l'ennemi paraît être à Vitebsk. Sa Majesté ajoute : Nous y marchons. Le prince Bagration paraît être entre Mohilev et Bobrouisk.

Auriez-vous la complaisance, monsieur le comte, de faire parvenir par la correspondance militaire les lettres ci-jointes au prince Poniatowski et au prince de Schwarzenberg ? Elles ont pour objet de faire connaître les dispositions de Sa Majesté, d

Bassano à de Pradt

Vilna, 36 juillet (A £)

a Je reçois la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 22 en y joignant des rapports que vous considérez comme propres à appuyer l'opinion où vous êtes que l'ennemi a 50.000 hommes qui peuvent menacer le duché de Varsovie.

Je transmets sur le champ votre lettre et ces rapports à Sa Majesté.

Je doute que votre opinion lui paraisse appuyée par ces pièces. Le bulletin militaire est le seul qui donne 32.000 hommes à l'armée de Tormasof et 15.000 au corps de Kamenski, ce qui ferait en effet près de 50.000 hommes. Ce bulletin est daté de Brest, mais comme il n'est pas signé on ne sait pas quel degré de confiance il mérite. L'auteur de cette pièce n'établit pas la force qu'il suppose comme un fait positif. Il se sert même de cette expression : «On estime»; et, comme s'il craignait qu'on ne fût pas en garde contre les bruits qu'il rapporte, il n'oublie pas de dire qu'on répand à Brest les bruits les plus ridicules sur l'approche des Russes II paraît aussi appliquer cette qualification à l'appréciation de leurs forces. Un autre rapport fait par un homme connu et du métier(le général Haucke), dit positivement que selon les déserteurs russes, le corps de Tormasof n'est composé que de 12.000 hommes. Il ne porte également qu'à 12.000 hommes

un corps dapà lequel il fâil lîgurci" le ^oufrai K;iniën5.kF, génénil de di vision, t't qui est évïâennnenl celui que vous ;ipp<lts le corps de Kamenskî ; ainsi selon ce rapport les 50.000 bomme< seraient réduits à ta. 000 puisque les 12.000 hommeB de Kamenski étaient partis le 10 du courant de Wyszna se portant Tt?r» Minsk et doivent iHre tnaintenant bien loin du Duché ; te rai tlaucke dit aussi qu'il est impossible de savoir si le génèriji i^Tmasof avec ses 12.000 horumes avance ou non, d'où on est en droit de conclure qu'il n'est pas positif que le Duché soit menacé iiiAm^ par le corps de Torumsof, L'opinion du içérM^ral Haucke surlaforc^ de ce corps, s'ïiccorde d'ailleurs parfaitentent ave<*. les renseigne ments que TEntpereur a reçus et dans lesquels il met de U C4>0* fiance.

11 n*y a donc M, l'Ambassadeur qu'une seule chose k peu près prouvée, c'est qu'il y a contre le Duché au plu** 1.20(1 ou 1.500 hommes qui ont pusse le Hug pour piller el qui nunt aucun nnif d'avancer : tous les rapports paraissent s'accorder sur ce poînl

11 est dés lors diflicile de comprendre commenl des forces si peu considérables ont fait concevoir l'idée d'un si i^rand danger ; o>mment au lieu d'encouraju^er te zèle du prt^fet de Lublin el du sous* préfet de Clielm» d'armer la population, de rassembler les gardes» nationales et de les porter sur le Bug, on a ordonné au commaodaQt de place de Lublin de se retirer vers la Vislule avec toutes les gardes nationales rassemblées. Le préfet me paraît avoir purT tit raison Jnrsqull dit qti'il fallait les faire avancer sur le Hm i <• quil assure que la sûreté de lu ligne de la Vislule ne sentit pot compromise, et que Tarrivée des gardes à Pulavy oe serait pas retardée d'une minute en cas de besoin.

Ces mesures, monsieur l'Ambassadeur, étaient très boaoef et j*hésite d^autant moins à prendre sur moi de vous invitera eog le conseil des Ministres k les ordonner* ainsi que celles qm col proposées par le général Haucke,, que les unes et les autres se reo* contrent exactement avec ce que j'ai eu rhonneur de vous fail connaître hier des interilions de Sa Majesté.

.le ne vous parle plus du projet de retraite de l'ambassade, du ministère et dos autoritéSi du projet de proclamation, eotio de ta de projets soudains qui paraissent avoir été suggérés paj* un ! ment reconnu de tout temps pour un mauvais conseiller. J*ai i rhonneur de vous manifester mon opinion à cet é.g»rd par i tre d'hier, el celte opinion cH la seule qui me paraisse appuyée] les derniers rapports que vous m'aveît fait passer.

Je ne reviens sur cette lettre que pour vuu& (!onfirmer tôtii^ I

invitations qu'elle contient et vous prier d'insister fortement à cet égard auprès des ministres.

Rassurer les esprits, mais en même temps obtenir qu'on profite des circonstances pour inspirer un de ces nobles mouvements si familiers à la nation polonaise, pour armer huit à dix mille hommes et les porter sur la frontière, pour chasser cette petite troupe de pillards russes et pour avoir ensuite le moyen de prendre parmi les braves qui auront marché, quelques milliers de troupes régulières s'il y en a, et de volontaires d'élite pour concourir à l'opération de la Volhynie. 11 sera fort beau, monsieur l'Ambassadeur, de voir un archevêque, rappeler un général suppléant du ministre de la guerre à la sécurité et à la fermeté.

Le général Haucke demande un détachement de 300 hommes de cavalerie. Sa Majesté m'avait ordonné de demander qu'on lui donnât quelques centaines de cavaliers. La demande du général sera donc nécessairement accueillie. Les moyens d'y satisfaire se trouveront facilement dans les dépôts et en retirant, des places même de la capitale, les cavaliers montés que, dans le Duché comme partout ailleurs, on a probablement laissés par condescendance soit aux commandants de place, soit aux autorités civiles et militaires pour un service d'ordonnance qui n'a rien de commun avec le service actif.

Je vous prie, monsieur l'Ambassadeur, de m'envoyer avec votre première dépêche: 1° un état exact des canons, fusils, etc., qui restent dans les arsenaux ; 2^ du nombre et de l'emplacement des troupes de toutes armes qui restent dans le Duché, soit comme garnison, soit comme dépôt des corps, soit à tout autre titre. Je vous prie aussi de joindre à vos rapports journaliers les détails les plus circonstanciés sur la force des gardes nationales de toutes les levées et des troupes de toute nature qui seront mises en mouvement.

Vous disiez dans une de vos précédentes lettres qui est encore sous les yeux de Sa Majesté qu'on serait informé de la situation véritable des forces russes si le plan d'informations que vous avez proposé était exécuté. Vous êtes si positivement autorisé à faire à cet égard tout ce qui peut conduire à obtenir des renseignements utiles que je ne vous crois nullement dans le cas de demander des instructions. Cette partie du service que Sa Majesté attend de vous a donné lieu à un article très étendu de vos instructions d'où il résulte une autorisation illimitée. Il aurait été fort à désirer que ce service n'eût pas éprouvé d'interruption. Les rapports que vous m'envoyez sont

9i8 DUC DE BASSANO

iDsufOsaDts ; ils ne contiennent ni les numéros des divisions, ni les noms des régiments. »

Leiorgrne d'ide^ille

KameD, midi % juillet (Â N)

f L'estafette qui prendra ma lettre à son passage ne vous portera vraisemblablement pas d'autres nouvelles que celles que j'ai pu recueillir ici. En tous cas voici les miennes. L'Empereur est parti d'ici avant-hier matin pour Béchenkovitschi, petite ville sur la rive gauche de la Dvina. L'armée du prince vice-roi était arrivée la veille à Kamen par la route de Lepel. Elle n'a fait que traverser la ville pour aller en avant. Il y a eu une rencontre dans laquelle le colonel Lacroix, aide de camp du prince, a reçu une balle dans la cuisse. On a pris du canon à l'ennemi ; suivant quelques rapports trente pièces, suivant d'autres dix. La garde poursuit sa marche et sera ce soir à huit lieues d'ici près de la Dvina. Le corps d'armée bavarois était hier à midi à Ouchatsch. J'y ai rencontré le général Wredeqai m'a fait mille questions ; il m*a invité à dtner ; tout cela parce que je suis un de vos auditeurs ; aussi je crois devoir vous en faire le rapport. Ce général m'a chargé de le rappeler à votre souvenir. Il y a de bien mauvais chemins depuis Gloubokoé ; ce n'est qu'ici qu'on trouve la route de poste qui conduit à Vitebsk .Kamen est un vilain petit amas de mauvaises baraques ; si Votre Excellence s'y arre^te, elle fera bien de se faire conduire k la maison de M. Pokosz un peu à gauche de la route avant d'entrer dans la ville.

Lorsque j'ai reçu la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 22, M. Fain était parti. Quant à la carte, je n'en trouverai certainement pas h emprunter, elle est rare même parmi les généraux en chef. Le général Wrede ne l'a pas, mais. Monseigneur, si j'étais sûr d'une bonne occasion pour Vilna par la route que vous tiendrez, je vous enverrais les cartes que vous m'avez laissées ; je m'arrangerais comme je pourrais de Torigirtal russe. Je voyage depuis deux jours avec le paquet cacheté à votre adresse. L'estafette ne peut s'en charger. Je guette un officier. »

Bassano à l'Empereur

Vilna, ^ juillet {A N>

« Les dépêches que je reçois de Varsovie en date du 24 juillet annoncent qu'au premier mouvement de la garnison de Zamose, les détachements de troupes ennemies qui étaient entrées dans le Duché

ont repassé le Bug. Les rapports qui coustatent cette évacuation soDt ci-joints.

L'ambassadeur rend compte des dispositions qui sont faites par le gouvernement de Varsovie pour la livraison de trois mille chevaux et des cinq cent mille quintaux d'avoine que Votre Majesté à demandés et pour l'évacuation sur Méretsch des avoines déjà existantes dans les magasins de Modlin et de Pultusk. Cette dernière opération s'effectue; quant aux deux autres, les dispositions préparatoires du ministère ne sont qu'indiquées par l'ambassadeur qui se réfère au bulletin des ministres joint aux pièces. »

Bassano à CambacérèA

Vilna, 27 juillet (A N)

« J'ai reçu une lettre de Sa Majesté de Kamen le 24; il paraissait que l'ennemi se concentrait à Vitebsk et que l'armée marchait sur ce point ; le vice-roi était à Babinovitschi ; le prince d'Eckmûhl suivait ses opérations du côté de Mohilev ; on croyait que le prince Bagration était entre cette ville et Bobrouisk.

Sa Majesté jouissait constamment d'une bonne santé. »

Bassano à Macdonald

Vilna. 27 joillet (A G)

« Je ne vois revenir aucun des courriers que je vous ai expédiés le 20, le 22 et le 24. J'ai l'honneur d'envoyer à Votre Excellence de nouvelles copies des lettres dont ils étaient chargés. Je vous prie, monsieur le duc, de me faire parvenir le plus tôt possible un accusé de réception.

Voici les dernières nouvelles que j'ai reçues de Sa Majesté.

Elle m'écrit en date du 24 juillet qu'elle est arrivée à Kamen ; que le vice-roi est à Babinovitschi et que l'ennemi paraît être à Vitebsk. Sa Majesté ajoute : nous y marchons. Le prince Bagration paraît être entre Mohilev et Bobrouisk.

Votre Excellence aura peut-être appris que le Grand-Duché s'était cru sérieusement menacé par des forces russes qu'on supposait considérables. Les nouvelles que je reçois de Varsovie prouvent qu'on a pris l'alarme bien légèrement et que les forces ennemies qui ont passé le Bug consistent tout au plus en 1.500 hommes qui n'ont pas eu l'ordre d'avancer et dont le mouvement n'a eu d'autre but que le pillage. »

Leiorgrnc d'ideville

Béchenkovitschi, 37 juillet (A N)

< On se bat depuis avant-hier devant Ostrovo de ce côté-ci de la Dvina. Les blessés arrivent ; le corps russe qui tient ne paraît être qu'une avanl-garde commandée par Ouvarof. J'ai vu une soixantaine de prisonniers russes entre autres le major des dragons de Nejinsk blessé. Le colonel de ce régiment est maintenant M. de Zoquesky, notre prisonnier de Domoa. L'empereur Alexandre ni le grand-duc ne se trouvaient à l'armée de Barclay de Toi ly qui est à Vitebsk. On espère qu'il y aura près de cette ville une bataille.

Les Russes ne comprennent pas les mouvements de leurs chefs ; ils sont étonnés de trouver Tarmée française en aussi bon état ; on leur disait que la cavalerie n'avait plus de chevaux, que les trois quarts de l'infanterie étaient restés en route et que les canons ne pourraient pas arriver. Le colonel du 12« régiment a été blessé grièvement. Le colonel Lacroix est ici. L'Empereur était hier à l'armée pendant qu'on se battait. Aujourd'hui le général Dumas vient de recevoir une lettre du prince de Neuchâtel datée du camp impérial sous Vitebsk. »

Dac de Bassano à l'Emperear

Vilna. -28 jaillet (A N)

« J'envoie à Votre Majesté les réponses que je viens de recevoir du duc fie Tarente.

Les deux courriers du pays que j'avais envoyés le 20 et le 22 ne sont pas rentrés, mais un officier de la garde d'honneur que j'avais expédié le 24 revient à l'instant el m'apporte cette correspondance (i).

J'avais encore hier expédié un officier polonais au duc de Tarente avec les duplicata de mes lettres du 20, et du 22 et le duplicata de ma lettre du 24. Jusqu'à la date d'hier 27, le duc de Tarente va se trouver parfaitement informé de tout ce qui se passe.

Je lui donne avis, pour lui seul, par un autre officier de la garde d'honneur qui va partir, de ce que Sa Majesté a daigné m'écrire de Béchenkovitschi le 25.

En voyant que ce maréchal ne communiquait pas directement avec le quartier général, il m'a paru conforme à l'usage de Votre Majesté, et j'ai cru qu'Userait dans son intention que le duc de

(1) Lettres du maréchal Macdonald du 20, et du :24.

Tarente fût averti des grands événements qui se préparent. Ils ne seront annoncés à aucune autre personne ni ici ni hors d*ici.

Les services commencent à être assurés dans la ville par les moyens de l'administration du pavs.

La télé des convois expédiés de Kovno par eau- arrivera demain. Les bateaux auront mis vingt-cinq jours pour remonter; ils en mettent cinq pour redescendre.

Le comte Hogendorp, gouverneur, vient d'arriver et n'a pas trouvé ici ses instructions, mais quand je lui aurai fait connaître l'organisation du payset Pétatdes choses, il y suppléera facilement.»

Bassanoà TEmpereur

Vilna, 2S Juillet (A N)

f Au moment où Testafette va partir, je reçois la lettre que Votre Majesté a daigné m'écrire de Béchenkovitschi le 26.

Je vais refaire ma lettre pour le duc de Tarente d'après les ordres que me transmet Votre Majesté.

Je vais expédier des courriers au prince de Schwarzenberg et au général Reynier. J'enverrai en même temps les lettres du prince de . Neuchâtel h Varsovie et au roi de Westphalie.

Les fidèles serviteurs de Votre Majesté n'osent pas arrêter leur pensée sur cette malheureuse disposition d'esprit qui fait rencontrer à Votre Majesté des chagrins et des obstacles où elle ne devrait trouver que des sentiments dignes de ses bienfaits et dévouement sans réserve. »

BaHsano à de Pradt

Vilnu, -28 juillet (A £)

« J'ai reçu hier soir votre lettre du 24 juillet, n^ 37.

Vous m'annoncez que les dispositions des ministres pour les opérations relatives à la fourniture de 3 000 chevaux et de 5.000 boisseaux d'avoine sont très favorables : je vous prie de les maintenir et môme de les exciter dans cet esprit et de me communiquer aussitôt qu'ils l'auront arrêté, leur plan pour l'exécution des intentions de Sa Majesté. Les services dont il s'agit sont extrêmement urgents, mais comme vous le remarquez avec bien de la raison, les difficultés doivent être grandes pour trouver des chevaux qui aient les qualités exigées et qui cependant sont indispensables.

Je désirerais qu'il fût possible à l'avenir, quand vous me trans-

mettrez des actes susceptibles de publicité, de joindre une copie polonaise à la traduction que vous m'envoyez.

«rai transmis à Sa Majesté les rapports qui annoncent la retraite des Russes qui avaient passé le Bug. Vous observerez, monsieur l'ambassadeur, que cette retraite ne change rien au fond de la question de Texistence et de la force des corps russes sur la frontière. Je pense en effet, comme vous, que cette question est importante et que nous n'avons pas môme les principaux éléments de la solution. Je vous prie d'employer tous les moyens possibles pour me les procurer et de vouloir bien me faire parvenir ceux que vous aurez adoptés. Vous ne pouvez être arrêté ni par le choix ni par la dépense, une latitude absolue vous étant donnée sous tous les rapports.

La dernière lettre que j'ai reçue de Sa Majesté est datée de Béchenkovitschi le 25 ; il paraissait que l'ennemi nous attendait à Vitebsk. Sa Majesté manœuvrait sur ce point ; il paraissait aussi que le prince Bagration était entre Bobrouisk et Mohilev ; Tarmée du prince d'Eckmûhl occupait celte dernière place ; il n'y avait pas eu d'autres événements que l'occupation d'un pays fort étendu et la prise de beaucoup de magasins. »

Bassano à I^Empcrear

Vilna, '29 juillet (AN)

<' Je transmets à Votre Majesté les lettres que je reçois du duc de Tarente et du prince de Schwar/enberg.

(]elle du duc de Tarente est la m^me dont j'ai reçu hier le duplicata. Mais il n'y avait pas de double du paquet adressé au major général.

Le prince de Schwarzenberg repond de Stalovitschi (1) le if) à la lettre que je lui ai écrite le 20. ('.ette lettre lui annonçait l'évacuation du camp retranché de Drissa et l'invitait à pres^ser sa marche. »

BaNNano à l'Empereur

Vilna, 29 juillet (A N)

(( Je rerois par le retour d'un de mes courriers la lettre et le rapport ci-joint du général lleynier (2)

(1) Voir lorniî II, page 2.*>5.

<2) Lettre duf^énéral Reynier du 27. Voir Tome II page 281.

DUC De BASSANO 923

Une estafette arrive en môme temps de Varsovie, je lui fais continuer sur-le-champ sa marche pour porter à votre Majesté la lettre et les rapports du général Reynier et les détails ci-joints que m'envoie l'ambassadeur avec une dépêche insignifiante du 26 juillet.

Le courrier qui revient de chez le général Reynier est parti quelques heures après que ces dépêches étaient écrites. Je joins ici le rapport de ce qu'il a appris des officiers jusqu'au moment de son départ (1). »

Réponse du prince de Sohwarzenbergr à la lettre de Tambassadeur

DéTiatkovitschi, 9-2 juillet (A N)

f Le prince ne peut rien pour secourir le Duché. 11 fera seulement quelques démonstrations sur Pinsk avec une division le 24 et le 25. Il doit exécuter les ordres de l'Empereur qui l'appelle à Nesvij. »

Réponse du roi de Westphalie à rambasfuuleur

Biélitsa, 22 juillet (AN)

f Le roi n'a pas de troupes avec lui ; il écrit au général Reynier de marcher sur Praga. Il suppose que les Autrichiens suivront ce mouvement. Il sera de sa personne dans quatre jours à Varsovie. 11 conseille, si l'on doit évacuer cette capitale, de faire retirer l'ambassade et le gouvernement sur Modiin (2) ».

BaHNano à Reynier

Vilna, 98 juillet (A G)

« Je reçois à deux heures de distance deux lettres de Sa Majesté

(1) Rapport: « Lo rourrior a reçu les dôpôches du général Reynier à 4 heures, à deux lieues d'Anlopol ; elles étaient prêtes depuis une heure aprèsniidi, mais on avait jui^é convenable de le faire attendre avant de l'expédier.

Le général Klengel avec une brigade d'environ 4.000 à 5.000 hommes avait été engagé près do Kompizycc (?) avec les Russes dès 3 heures du matin : à 10 heures, il fut obligé de ployer et perdit du terrain jusqu'au moment où lo général Rcynir^r arriva pour protéger la retraite. Vers les 2 heures, il se trouvait à la hauttmr de Kobrm. Le village fut brûlé et la retraite du général Klengel a continué jus(|u'à Proujanouï où il est arrivé à 7 heures.

On disait que le général Kamenski commandant le corps rusFe, avait 25.000 hommes sou>« ses ordres, que le général Tormasof qui, à ce qu'on assurait, était à peu de lieues du champ de bataille, avait 30.000 hommes sous ses ordres. »

(2) Cette pièce et les deux suivantes sont jointes à la lettre précédente du duc de Bassano.

datées de Béchenkovitschi, le 25 et le 26. Je m' communiquer les nouvelles qu'elles contiennent. 1 ment destinées à vous tenir au courant de ce qui point à être transmises à d'autres qu'à vous ; é grands événements, il vaut mieux qu'ils ne soû ces d'avance et qu'on apprenne en même temps résultats.

Sa Majesté était, le 26, au moment de partir devant Vitebsk, où elle compte entrer bientôt. Si est réuni tient dans cette position, Sa Majesté livi après-demain, c'est-à-dire aujourd'hui.

On disait FEmpereur Alexandre à Smolensk. La a pris, le 25, dans une aiïaire d'avant-garde, 12 p 800 hommes. Dans cette affaire les hussards de la russe ont perdu 300 hommes. Le généra] Osterm« corps d armt^e, composé de deux divisions, qui se U Vitebsk et avec lequel on a eu affaire. On est port* divisions régulières cherchent à gagner Moscou. I miihl a eu, dans la journée du 23, à Mohilev, un tête de l'armée du prince Bagration, qui l'a attaqué vouloir lui passer sur le corps. Non seulement été repoussée, mais le prince d'Rckmûhl n'a enga( bataillons. [1 n'a éprouvé aucune perte, et celle i assez considérable L'armée polonaise et les Westpfc le prince d'Eckmuhl. En général les affaires ne aller. Le pays est beau, la récolte superbe, et Ton i quoi vivre. »

Bai^Mano À Maedonald

Vih

« Je re^!ois à l'instant les lettres que vous m'ave de m'écrire le :26 en réponse aux miennes des 20,22 mes qui avaient ét^î chargés de mes dépèches du 2( point encore rentrés.

Je fais {)asser à l'instant par l'estafette votre paq nèral et j'envoie à l'Empereur les originaux même vous m'avez écrite-;.

Je reçois à l'instant deux lettres de Sa Majesté di kovilski le 2.*) et le 20. Sa Majesté était le 26 au ne pour se porter devant Vitebsk où Elle compte ei l'ennemi qui s'y est réuni, tient dans cette position, S

une bataille après demain, c'estii-dire aujourd'hui. On disait TEmpereur Alexandre à Smolensk. La cavalerie légère prit le 25 dans une affaire d'avant-garde, 12 pièces de canon et 800 hommes. Dans cette affaire les hussards de la garde impériale russe ont perdu 300 hommes. Le général Osterman commande le corps d'armée compt>sé de deux divisions qui se trouvent en avant de Vitebsk et avec lequel on a eu affaire.

On est porté à penser que les divisions régulières cherchent à gagner Moscou. Le prince d'Ëckmuhl a eu, dans la journée du 23, à Mohilev, une affaire avec la tête de l'armée du prince Bagration qui l'a attaqué et qui paraissait vouloir lui passer sur le corps. Non seulement cette attaque a été repoussée, mais le prince d'Eckmûhl n'a engagé que dix de ses bataillons. Il n'a éprouvé aucune perte et celle de l'ennemi a été assez considérable. L'armée polonaise et les Westphaliens rejoignent le prince d'Eckmûhl. En général, les affaires ne sauraient mieux aller. Le pays est beau, la récolte superbe et l'on trouve partout de quoi vivre.

Sa Majesté m'ordonne, Monsieur le Maréchal, de vous communiquer ces nouvelles que vous ne devez point publier, parce qu'étant à la veille de grands événements, il vaut mieux qu'ils ne soient pas annoncés d'avance et qu'on les apprenne en même temps que leurs résultats.

Elle me charge, en même temps, de vous faire connaître qu'Elle attend avec impatience d'apprendre que vous avez passé la Dvina y ceimé Dinabourg et fait avancer f équipage de siège contre Riga,

Vous voyez. Monsieur le Maréchal, qu'il faut que vous fassiez jusqu'à l'impossible, et que si jamais une circonstance aussi importante est venue trouver un général aussi dépourvu de moyens, il n'en fut aussi jamais o^ il eut plus besoin de trouver dans son dévouement et dans son activité de quoi suppléer à tout. Au reste. Sa Majesté se trouvera informée très à propos des obstacles que vous rencontrerez pour l'exécution de ses ordres. »

Bassano à Cambacérès

Vilnu, -29 juillet (AN)

t Je reçois de Sa Majesté une nouvelle lettre datée de Béchenkovitschi le 26 ; Sa Majesté était au moment de partir pour se diriger sur Vitebsk. II y avait eu la veille en avant de Vitebsk une fort belle affaire d'avant-garde. Deux jours auparavant une autre affaire aussi fort avantageuse avait eu lieu devant Mohilev entre quelques bataillons du prince d'Eckmûhl et des troupes de l'armée du prince

Bagration. L'armée polonaise elles Westphaliens avaient fait jonction avec le prince d'Eckmûhi. Sa Majesté m'écrivait ces propres mots : ft Mes affaires ne sauraient mieux aller ». Le pays où se trouve l'armée est toujours très beau et tbumissait abondamment à sa subsistance. »

Bassano à Savary

Vilna, 29 juiUet (A N)

• . . . (i) C'est la cavalerie légère qui a eu l'affaire en avant de Vitebsk^ elle a pris douze pièces de canon et 800 hommes, elle a tué 300 hommes aux hussards de la garde russe. L'affaire du prince d'Eckmiihl a eu lieu parce que le prince Bagration voulait lui passer sur le corps.

Tout se prépare aussi pour de grands événements, ne laissez pas publier le peu de détails que je vous donne. On a eu peur à Varsovie il y a quelques jours, on y voyait déjà arriver i.200 ou 3.500 Cosaques qui avaient passé le Bug et qui ont rétrogradé; la peur sera plus sérieuse aujourd'hui que Kamenski est entré à Brest et a attaqué le général Reynier qui est chargé de couvrir Varsovie. J'attends des nouvelles de ce côté qui n'est pas celui où se traitera la grande question, Kamenski ne peut avoir qu'une division et les troupes russes qui n'ont pu rejoindre l'armée de Bagration. »

Ba^iNaiio à l'Empereur

Vilna, 30 juiUet (A N)

« J'ai reçu ce malin la lettre que M. le duc de Frioul m'a adressée par ordre de Votre Majcîsté du bivouac devant Vitebsk, le 27 au soir.

J'ai écrit aussitôt à Paris pour donner des nouvelles de Votre Majesté et de l'armée, conformément à ce qui m'<Hait prescrit dans la lettre de M. le duc de Frioul. J'ai tAché cependant de concilier l'intention où était Votre Majesté qu'on eût de ses nouvelles avoc la réserve convenable, pour qu'ainsi qu'Elle me l'avait ordonné par sa lettre du 25 ; les grands événements qui doivent avoir lieu soient à peine annoncés, et qu'on en apprenne en m<^me temps les résultats.

Quoique j'aie la certitude que les ordres de Votre Majesté pour le duc de Tarente soient déjà parvenus par trois voies et à trois épo-

(1) La première parti»^ d»» cotte lottic réprto t^xtuolloïnont la pn'(v«i»>iitr.

DUC DE HASSANO 927

ques différentes, je lui envoie encore un officier de la garde d'honneur pour lui faire connaître ilérativementque Votre Majesté attend avec impatience la nouvelle qu'il a passé la Dvina et qu'il a mis en marche les équipages de siège.

Les rapports ci joints de quatre de mes envoyés dont deux sont revenus du quartier général du duc de Tarente et deux du quartier général du prince de Schwarzenberg et du général Reynier, contiennent des détails dont je ne peux juger ici l'utilité, je les envoie .à Votre Majesté.

Je lui transmets en même temps les lettres que je viens de recevoir du prince d'Eckmiihl et du prince de Schwarzenberg.

Je place sous ce pli une dépêche du prince de Schwarzenberg pour le major général. L'officier porteur de cette lettre n'avait pas de détails à y ajouter.

Un officier arrive en même temps porteur de deux dépèches du général Latour-Maubourg pour le major général, je prends et joins ici ses dépêches qui arriveront plus vite par estafette.

Cet officier est parti le 27'deGlou8k à sept railles de Bobrouisk.

Le général Latour-Maubourg croyait qu'il n'y avait que deux mille hommes à Bobrouisk.

Le prince Poniatowski qui s'était séparé du général Latour-Maubourg à Sloutsk, devait être arrivé au départ de cet officier à Golynka qui est à trois milles au-dessous de Bobrouisk.

J'attends aujourd'hui des nouvelles du général Reynier. Le prince de Schwarzenberg n'en avait aucune au départ de son courrier.

La commission du gouvernement a pris un peu plus d'activité. Elle a assuré le pain pour douze jours. Elle espère mettre incessamment les vivres-viande et les fourrages dans la même situation. Elle organise ses troupes et ses levées. Elle s'occupe avec plus de suite de ce qui regarde les hôpitaux. Chaque jour sa direction s'améliore.

Le consul de Votre Majesté à Riga a été amené en rade de Dantzig par un parlementaire russe le 2i de ce mois ; selon les ordres que j'ai donnés, il se rendra en toute diligence ici. •

Bassano à Macdonald

Vilna, 30 juillet (A G)

« Sa Majesté, dans une nouvelle lettre qu'Elle m'a fait l'honneur de m'écrire du bivouac devant Vitebsk le 27 juillet au soir, s'ex-

prime de la manière suivante : « Je désire que vous écriviez à Mon- « sieur le duc de Tarente que j'attends avec impatience la nouvelle « qu'il a passé la Dvina et qu'il a mis en marche Téquipage de siège. •

Mes précédentes lettres ont déjà porté à Votre Excellence la môme recommandation. Elle y a répondu et votre réponse, monsieur le maréchal, est sous les yeux de l'Empereur. Je ne crois pas moins devoir vous transmettre les instances réitérées de Sa iMajeslé c'est d'ailleurs pour moi l'occasion de vous communiquer les dernières nouvelles qui me sont parvenues.

' L'armée en se battant depuis trois jours et en repoussant l'ennemi est arrivée devant Vitebsk. Tous les corps devaient être réunis dans la nuit du 27 au 28 et il devait y avoir une bataille le 28, si Tennemi tenait dans la position qu'il a prise devant nous pour couvrir Vitebsk ; dans les différents combats qui ont eu lieu le 26 et le 27 et dans lesquels nous n'avons eu que peu de troupes engagées, les Russes ont été vigoureusement repoussés. On leur a fait des prisonniers et pris plusieurs pièces de canon.

Nous avons perdu le général Roussel ; il a été tué par une patrouille et par accident Le colonel du génie Liedot a été tué dans une reconnaissance. Le colonel du 92" a également été tué. •

P. S. — Adieu mon cher général les lettres de France ne m'apportent rien qui vous intéresse.

BasNaoo à de Pradt

Vilna. 30 juillet (A El

« Je reçois des lettres de Sa Majesté écrites dans la journée du il et datées du camp devant Vitebsk. Toute noire armée était en mouvement et devait se trouver réunie pour le lendemain. 11 y avait eu quelques affaires d'avant-garde fort brillantes. On ne savait pas encore si l'ennomi se déciderait à tenir pour cerner Vitebsk et à recevoir une bonne bataille. Il ne paraissait pas que l'Empereur Alexandre et le grand-duc se trouvassent à l'année. Les prisonniers qu'on interroge disent tous qu'ils ne comprennent rien aux manœuvres de leur chef. Ils sont d'autant plus étonnés du bon état dans lequel ils voient l'armée française qu'on avait eu soin de faire répandre dans toutes les chambrées que les truis quarts de l'infanterie étai''nt restés en arrière, que la cavalerie n'avait plus de chevaux ctquele:> canons ne pourraient pas arriver.

Je n'ai point de nouvelles de ce qui se passe h Mohilev où le prince

d^Eckmûhl a réuni toutes ses forces à celles que commandait le roi de Westphalie et à Tarmée polonaise. S'il y avait un événement sérieux, il contribuerait probablement à dégager Brest et le général Reynier en attirant Kamenski au secours de Bagration.

Je suis bien impatient d'avoir des nouvelles de Varsovie.

U me paraît à peu près certain que le roi deWestpbalie retourne à Gassel où l'appellent les affaires de son royaume. Si cela est, vous ferez bien, monsieur Tambassadeur, d'occuper sur-le-cbamp le palais de Brûbl. Je vous engage cependant à ne rien précipiter et à ne pas laisser entrevoir au roi que vous avez connaissance de son projet de départ.

Je vous engage aussi à ne point donner de publicité à ce que je vous dis de notre position devant Yitebsk. L'habitude du pays où vous êtes est telle, qu'au lieu de la possibilité d'une grande bataille on dirait bientôt que cette bataille a été livrée et on ferait des comptes exagérés qui ôteraient d'avance la fleur et l'éclat des événements. r>

Basisano à l'Empereur

VUna, 31 juillet (A N)

c Je transmets à Votre Majesté des lettres que je reçois du général Reynier.

11 me demande d'écrire au prince de Scbwarzenberg pour l'engager à son secours ; je ne puis me mêler de pareilles affaires. Le prince de Scbwarzenberg ne ferait aucun cas de cette démarche, s'il a des instructions contraires ; elle serait d'ailleurs inutile si, comme le dit le général Reynier, les premières instructions du prince sont précises.

J'informe le prince de Scbwarzenberg des nouvelles que M. Méneval me donne de Vitebsk par ordre de Votre Majesté.

J'écris à Paris.

Je n'ai rien reçu hier de Varsovie. »

Bassano à Cambacérès

Vilna, 31 juillet (A N)

« Sa Majesté avait campé devant Vitebsk le 27. Elle est entrée dans cette ville le lendemain matin. Il y a eu dans les journées du 26 et du 27 différents combats dans lesquels nous n'avons eu que peu de troupes engagées et où les Russes ont été constamment battus ; partout où ils ont été rencontrés on a enlevé leurs positions.

fiâû

DCn DR ÎUSSANO

en tuÔB et prisonniers. Notre perlo peut i'I mai : deux généraux russes ool été tués. quelque tempe, que Tennemi recevrait une ba^ défendre sa position « et il pnralt qu'il &e retira^l puis plusieurs jours I Empereur Alexandre 6l| tantio s'étaient rendus. »

ItniisjiJio au iirltir^^ Itonrb^

<i L'ennemi continue toujours sa retraite; oal drait h Vitelisk où il avait r^uni une partie dei deux jours de combats partiels qui lui ont coûté j et 7.(KM> a 8JX)0 bommeâ. il a abandoone' cet matin. 1/Empereur est entré h V' iteb&k ; il parât encore faire sa jonction avec le prince Bagr&l lensk ; c'est probablement liV qu'il acceptera la combats de c<?8 jours derniers ne nous ont pa 500 bommes et aucun officier de marque. Le g^ colonel du Kh;^ a vlé tue par aceideiït en faisan! Laa affaires vont trrs bî^n sur loua ti'^i^ puints.

BuaMMiDQ au liaroo de Serra

Vllu

€ J'ai rhonneur de vous envoyer une petite ne Tout va très bien excepté du côté des Saxons. Le été nltaqué h Kobrjn le 27 par des forces tellement i parait qu*il n'a pas pu se soutenir assez loDg(em{ i que le général Reynier vint à son secours. Le feu a d'ailleurs nui h sa défense et après avoir pi d'hommes il s'est rendu ; c'est du moins ce qui résij que je reî,:oisdu général Keynier à la date du 28. 11 c communication du général Klengel et il n'était infa que par les gens du pays. Le général ïteyniara dfl nuit du â8 au 29 à Kartouzka Bériouza où il aura il doit prendre ensuite position sur la Tasioîdm Jloujana. »

DUC DE BASàANO 931

Bassano à de Pradt

VilDS, 3 août (A £)

« J'ai eu l'honneur de vous écrire le 25 juillet pour vous faire connaître Jes intentions de Sa Majesté au sujet de l'armement qu'il lui paraît convenable qu'on fasse dans le duché de Varsovie. J'ai écrit le môme jour et sur le même objet au ministre de la guerre. Sa Majesté m'ordonne aujourd'hui d'insister de nouveau tant pour la formation de la garnison de Zamosc en une colonne mobile à laquelle on joindrait 300 chevaux et six pièces de canon que sur la levée d'un corps aussi considérable qu'il sera possible de volontaires et de garde nationale. Je vous prie de relire ma lettre du 25 et la partie de celle du 26 qui est relative à la même matière et de répondre le plus tôt possible à Tune et à l'autre en me faisant connaître les dispositions qui ont été ordonnées par le gouverne-i ment. Sa Majesté voudrait surtout que, sans aucun délai, le beau régiment de la garnison de Zamosc avec 300 chevaux et six pièces de canon entrât en Volhynie et rôdât en colonne mobile sur la frontière .

Sa Majesté, par sa dernière lettre qui est datée de Vitebsk le 3i juillet me prescrit de vous inviter à ne pas correspondre avec les généraux sur les opérations militaires. Elle me donne cet ordre à l'occasion de votre lettre au prince de Schwarzenberg. Elle aurait trouvé plus convenable et tout h fait naturel que dans une telle circonstance vous vous fussiez adressé au général Dutaillis commandant militaire à Varsovie, qui est autorisé à de semblables communications. Cette lettre aurait eu plus de poids, ainsi que celle que le général aurait écrite au commandant de Lemberg. Le mode que vous avez préféré n^est pas sans inconvénients, et vous n'êtes point assez sûr de votre influence sur de semblables matières pour que votre dignité comme ambassadeur n'en soit pas compromise. Je n'ai rien reçu de M. le général Reynier depuis la lettre que j'ai eu l'honneur de vous écrire, et il n'y a pas eu à la Grande Armée d'autre événement important que celui de la prise de Dinabourg. Les Russes qui ne se sont pas trouvés assez forts pour combattre à V"iteb8k avaient cependant cherché à réunir le plus de moyens possible. Us avaient en conséquence attiré à eux une partie de la garc^îson de Dinabourg. Le duc de Tarente s'est aperçu de cette évac^jation partielle. Il en a profité, et le 30juillet il a enlevé de vive force la place de Dinabourg. Ainsi on a vu tomber en un seul jour C2 ctte forteresse qui a coûté tant d*argent et tant d*hommes à la

ÎK12

liussie, et qii'elk^ avait piusrrïU^e a I ii^urope corooie ua de boulevards.

J'aurai l'hoDneur, monsieur rambaiisadeur, de vou« envoyer* Ta venir men lettres pour M. le comte Otto. Je vous prier * * hIii|1 faire passer par la poste ordinaire. Veuillez me faire i k]

poste de Vienne part de Varsovie tous les jours ou qaeld ^ot I jours de son départ.

Je vous pi ie aussi <le m'ccrire le plus régulti^remeni possible «tri la marche des alFaires les plus importantes dont la suite vousi confiée et que je vais vous rappeler,

La levée dos 3,000 chevaux,

L'expi^dition des avoines.

Le formation des troupes tant de la garnison de Zamosc que des dépôts et des levées de volontaires et de garde nationale qui doivent se diriger vers le Bug,

Enfin la situation exacte des troupes de toutes armes qui $<• inm- ' vcront dans le duché de Varsovie ou sur la frontière. i>

lla*«Maiiu à Rcyiiier

Viitii. 5 OLùûi {X N|

« J'ai eu l'honneur de vous écrire hier qu'eo exécution des ordl' de Sa Majesté, j'écrivais au prince de Schwarzenberg pour qu'il vous appuie vigoureusement, 8a Majesté vient de me faire confiaitre par une autre lettre datée de Vitebsk le 2 août que les deux corps réunis seraient sous les ordres du prince de Schwary.enheriî qui commande le corps le plus nombreux. Vous jugerex» luonsi^tir le comte, ce qu'il y a de convenance politique et milttuire dftiis cette détermination. Sa Majesté a sans doute pensé qu*uD tel témoignage de confiance ajouterait à la vigueur des efforts quelle attend des troupes de son allié.

J*ai cru devoir vous informer de cette disposition, afin que ta cou* naissance ne vous en soit pas donnée par une autre voie.

Il n*y a rien de nouveau à la Grande Armée, rennemî wt retiifi en toute hâte sur Smolensk, Nos postes ont été jusqu'à Nevel; liOf avant-postes sont aux 3/4de chemin de Smolensk,

Le duc de Tarente va avoir un pont de radeaux À Dlnabourg; il a déjà fait passer sur un pont provisoire de Ti > el de la

cavalerie. Il y a eu dès le il à quelque distance d* - ne fort htlk alfaire dans laquelle les Itusses ont perdu un drapeau el 400 hûm* mes faits prisonniers. Le nombre des tués et d'' * xy^

sidérable, Une autre affaire a eu lieu le prenn cit

sortie commandée par le général Lé vis a été vigoureusement repoussëe. Les faubourgs de Riga non seulement du côté de la tête de pont, mais aussi du côté de Pétersbourg sont en flamme ; aussi la plus grande et la plus belle partie de cette ville est déjà détruite.

P. S. — Vous savez, monsieur le comte, qu'aux termes du traité d'alliance le corps autricbien ne pouvait être sous un autre commandement immédiat que celui de l'Empereur. »

Bassano à de Pradt

Yilna, 5août(A £)

« J'ai reçu aujourd'hui la lettre que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire le 3 de ce mois. Je l'ai envoyée à l'Empereur avec les rapports militaires qui y étaient joints. Ces rapports ne contiennent rien de précis, et je crains, monsieur l'ambassadeur, que tes explications que vous donnez pour établir comment il se fait que vous n'avez pas d'informations plus précises sur la situation actuelle de l'ennemi satisfassent entièrement Sa Majesté.

Vous me dites, monsieur l'ambassadeur, que les dispositions que je vous avais invité h faire prendre pour la défense du Duché étant adoptées d'avance, Sa Majesté sera fort aise d'avoir été devinée puisque cela aura fait gagner du temps pour l'exécution ; mais il reste à désirer, monsieur l'ambassadeur, que vous entriez dans plus de détails, que vous fassiez donner, pour me transmettre, des états de situation arme par arme, homme par homme, des garnisons, dépôts, gardes nationales, volontaires qui se trouvent armés dans le duché de Varsovie et de ceux qui sont mis en mouvement vers la frontière de la Volhynie. Les détails ne fatiguent point l'Empereur qui sait saisir un si grand ensemble. Ils lui sont même indispensables pour qu'il se forme une idée nette et qui lui devienne propre de l'état de situation des choses. Ce qui pourrait fatiguer un autre, le soulage. Il ne se forme qu'ainsi les impressions qui restent et les idées qui se placent immédiatement dans son esprit; tandis qu'en lui disant qu'on a fait ce qu'il a demandé, il faut qu'il cherche à se rappeler ce qu'il a demandé et il ne trouve qu'une phrase là où il cherche des choses précises. Je conçois, monsieur l'ambassadeur, que vous ne pouvez pas entrer vous-même dans de tels détails et qu'ils ne sauraient se graver dans votre souvenir, mais vous pouvez exiger des ministres qu'ils vous les donnent et qu'ils vous fournissent sur chaque partie des états, des tableaux, des rapports que vous m'enverrez.

Dans la dernière lettre de l'Empereur, je vois qu'en parlant des

moyens que le Duché peut offrir, il désigne les bataillons de ;çardc chasses. Je n'y avais pas penst'» ; je savais cependant que dans la campagne de 1809, c'était en employant cette espèce de troupe très facile à lever, qu'on était parvenu à contrarier et même à arrêter les mouvements des Autrichiens.

.récris par ordre de TRmporeur au prince de Schwarzenberg qu'il réunit le Vll<^ corps sous son commandement. Je lui transmets des instructions sur des opérations qui doivent être vigoureuses et décisives et qui peuvent le conduire même en Voihynie. Il serait donc bien utile que le Duché fit h propos tous les efforts qu'il peut faire. Kngagez le ministre de la guerre et même le général Dutaillis h correspondre avec le prince de Schwarzenberg

Il n'y a rien de nouveau h la Grande Armée ; Tennemi s'est retiré en toute hAte sur Smolensk Nos postes ont été jusqu'à Nevel, nos avant-postes sont aux trois quarts du chemin de Smolensk. Nous n'avons toujours rien de précis sur les forces de Kamenski et de Tormasof. Cherchez tous les moyens possiL)le8 et n'épargnez pas l'argent pour vous procurer des instructions au lieu d'assertions vagues et non justifiées ; obtenez des numéros de divisions, des noms de généraux, de colonels et de régiments. Ce n'est qu'ainsi qu'on peut établir une comparaison utile enlre les différents rapports.

Les Prussiens ont eu deux engagements très vigoureux avec les Uiisses: dans lo premier qui a eu lieu le 21 juillet, ils ont battu le général l^^ssen à Kkau ou Kchoff. Ils ont ensuite investi Riga. Dans le deuxième qui est du pr-ernier de ce mois, ils ont repoussé vii:«nireusement une forte soilie commandée par le général Levis. Les Russes ont mis lo feu aux faubourgs de Riga du coté do la tiHe de pont. Lo peuple avide de pillage a aussi porté l'incendie dans les autros faubourgs, de sorte que la meille«:re partie de celte malheiirouse ville est déjà brûlée. »

K.'iNsano À de Pradt

Vilna, 7 uo-il {.K Ki

0 Je n'ai rien reou de vous depuis avant hier. Votre derniers lettre v.sl du !»''' de ce mois. Je compte en recevoir aujourd'hui : je vous oiivoi»' un connior pour vous mottro au courant dos nouvellt> do Tartnéc. Sa Mujosl»'» Ta misoon quartier de ralValcliissoment pour reposer sa (tavaiorio «'t réunir les troupes qui se trouvaient oncor»' on airiore.

Lo duo <le Re.i^^^io a eu le M), le 'A\ juillet et le l**"" aoiU des coin-

bats avec le prince Witfgenstein el le prince Repnin : il les a complètement battus et leur a pris quatorze pièces de canon, fait 3.000 prisonniers et tué 2.000 à 3 000 hommes.

L'ennemi paraît s'être entièrement retiré sur Smolensk» il fera dans peu de jours sa jonction avec Bagration^ mais il paraît qu'ayant laissé derrière lui les deux divisions qui sont devant vous, il n'amènera pas un grand renfort. Une lettre sans signature écrite au comte Louis de Saint-Priest à Drissa, probablement par son frère et datée d'Ourietsché à vingt-quatre verstes de Sloutsk le 15 juillet (S. Il) annonce un grand découragement et une profonde tristesse ; j'ai remarqué dans cette lettre ce passage : « voilà la suite nécessaire des premiers mouvements, ceux qui les ont conseillés en sont responsables devant la postérité : le plus à plaindre de tout ceci, c'est TEmpereur dont la position est affreuse ; je n'ose plus lui écrire parce que je lui ai prédit tout ce qui nous arrive et je sais très bien qu'il est lui-même très affecté ; tu peux montrer cette lettre à Tolstoï et lui dire que pour peu qu'il examine les ennemis qui nous environnent, il pourra juger si c'est à nous à faire des diversions en faveur de la réarmée avec 40.000 hommes contre 120.000 j). Sa Majesté a jugé convenable de s'arrêter pour donner un peu de repos à l'armée et organiser les magasins.

La position de Tarmée au 4 août était comme il suit :

Le quartier général h Vitebsk avec quatre ponts sur la Dvina.

Le 1V« corps à Souraj occupant Velij, Porietsché etOusviat.

Le roi de Naples à Roudnïa avec les trois premiers corps de cavalerie.

Le l**" corps à l'embouchure de la Hérézina dans le Borislbène avec deux ponts sur ce dernier fleuve, un pont sur la Bérézino et de doubles têtes de ponts.

Le lll« corps du duc d'Elchingen à Lïozna.

Le VIII® corps du duc d'Abrantès :i Orcha avec deux ponts et des têtes de pont entre le Boristhène.

Le prince Paniatowski à Mohiiew avec deux ponts et des têtes de pont entre le Boristhène.

Le II** corps du duc de Reggio sur la Drissa en avant de Pololsk sur la route de Sebej.

Le quatrième corps de cavalerie avec une division d'infanterie commandée par le général La Tour Maubourg devant Bobrouisk et Mozouir.

Le X« corps commandé par le duc de Tarente à Dinabourg devant Riga.

Le IX^ corps commandé par le duc de Bellune se réunit à Tilsit.

Le Xl^ corps commandé par le duc de Castiglione est à Stettin.

Vous connaissez la position du prince de Schwar^Dberg et du yil<) corps, j'espère bientôt recevoir de bonnes nouvelles de ce côté. »

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